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Accueil du site > Tribune Libre > Questions de genre (1) : la politique orwellienne

Questions de genre (1) : la politique orwellienne

La société de complémentarité est suspectée d’encourager à l’inégalité des sexes parce qu’elle favorise des stéréotypes ou des modèles de comportements fixes et cloisonnés. Dans l’imagerie dominante matraquée depuis quelques années, une femme ne pourrait être autre chose que mère et boniche, un homme que héros et maître absolu. Quelle imagination ! L’univers manichéen et simpliste de la bande dessinée est entré dans la sociologie.

Intérêt et limites du décloisonnement

Comparons les deux systèmes d’organisation sociale connus : le système de relatif cloisonnement, et de répartition des rôles et espaces de pouvoir, connu sous le nom de « patriarcat », dont la complémentarité entre femmes et hommes est un des piliers, et celui du décloisonnement des rôles, appelé aussi « égalité » ou « parité », dont l’indifférenciation des sexes et genres est un autre pilier.

Le système de répartition cloisonne, parfois de manière étanche, l’accès à certains champs d’activité. On ne peut pas être ET père ET aventurier, par exemple, comme on ne peut être ET mère ET aviatrice ou ET femme ET maçonne. Le cloisonnement est entre autres un moyen de développer la performance et l'identité individuelles ou catégorielles. Penser par catégorie a fait avancer la connaissance du monde et ne peut être évacué des processus cognitifs. Au XXe siècle on a entamé une période de décloisonnement : les métiers et les fonctions dans la société ne sont plus réservés aux unes ou aux autres. Ils sont accessibles à tous et toutes, ou presque. Cela va même plus loin puisque non seulement les activités professionnelles sont décloisonnées, mais on tente aussi de décloisonner la structuration sexuée de l’individu. Il n’y aurait pas de femme en soi, pas d’homme en soi. Ces identités seraient des choix individuels ou imposés par la société. Ainsi Judith Butler parle du genre performatif : « L’humain ne naît pas avec un genre fixe et naturel, mais ce genre se réalise jour après jour à travers les normes et les contraintes, et c’est de cette répétition quotidienne qu’il tire son apparente stabilité cohérence et naturalité qui sert ainsi de base au cadre hétéronormatif et hétérosexiste. »

Il est possible que l’on touche ici les limites du décloisonnement. Il y a une intrusion dans l’intime. La théorie de Butler peut même être considérée comme un abus psychologique ou un viol de l’intime. Mais aussi une question non réglée : quelle est la part de la culture et celle de la nature dans notre espèce ? On voit que Butler, et d’autres féministes lesbiennes américaines promotrices de la déconstruction des genres, refusent qu’il y ait un lien, une continuité entre le sexe biologique et le genre culturel. Elles refusent que le biologique puisse être en quelque sorte la raison majeure du genre culturel. Un homme devrait pouvoir se déclarer femme selon son propre désir, en dehors de toute causalité naturelle, de toute appartenance catégorielle biologique, de tout unité psycho-corporelle de l’humain. La preuve en serait l’homosexualité et le transgenre.

En réalité ce ne sont pas des preuves car si l’homosexualité se développe chez des personnes hétérosexuelles, celles-ci, une fois ancrées dans leur orientation, ne redeviennent pas hétérosexuelles - ou de manière exceptionnelle. L’attraction homosexuelle ne semble pas être un choix fluide mais un impératif, une caractéristique figée, une attraction plus forte que la volonté. Il n’y a donc pas la fluidité de choix que suppose Judith Butler. La seule fluidité serait la bisexualité, mais je n’ai connu aucune personne bisexuelle s’affirmant homo ou trans. La norme sociale étant établie par le plus grand nombre, quelques pourcents de personnes bisexuelles - ou homosexuelles - ne peuvent annuler la prévalence hétérosexuelle et lui être opposée de manière égalitaire. Il genre,orientation sexuelle,biologie,culture,femme,homme,féminisme,lgbt,homosexualité,butler,norme,poiuvoir,libéralisme,marxisme,foucault,orwell,1984,queen,mercury,coming out,égalité,patriarcat,père,mère,paranoïa,hétérosexuel,émancipationn’y a égalité que d’individus devant la justice et les droits civiques fondamentaux, mais il n’y a pas d’égalité quantitative ni dans la finalité reproductrice - celle-ci étant la caractéristique majeure, irréductible, de l’hétérosexualité.


La paranoïa orwellienne

Je lis sur un blog féministe : « J’ai appris à l’université que l’hétérosexualité est une construction sociale dans un cours sur l’homosexualité. » Cela résume assez bien la question. La présence de tels cours à l’université ne saurait à elle seule valider une théorie. Elle ne saurait pas plus légitimer le fait que les cours sur l’homosexualité sont des entreprises de déconstruction, des agressions contre la norme hétérosexuelle. Les groupes intéressés à mener cette agression, les LGBT, sont directement associés aux féministes par le lesbianisme et c’est donc le masculin qui est visé dans cette théorie.

Le philosophe Michel Foucault, dans ses études sur la sexualité, constate l’importance prise par le sexe depuis le XVIIIe siècle. Foucault visait à émanciper le discours sur les sexualités dites périphériques, ou minoritaires.

« La sexualité n’est ici qu’un exemple d’un problème général que je poursuis depuis plus de quinze ans et qui me poursuit depuis plus de quinze ans. C’est le problème qui détermine presque tous mes livres. Comment dans les sociétés occidentales, la production de discours chargés (au moins pour un temps déterminé) d’une valeur de vérité est-elle liée aux différents mécanismes et institutions du pouvoir ? » (in Sexualité et vérité)

On doit réaliser que le XXe siècle fut largement sous l’emprise de penseurs marxistes ou marxisants, dont la seule grille d’analyse était la relation au Pouvoir. L’hérétosexualité serait normative ? C’est l’oppression orchestrée par le Pouvoir. L’émancipation par rapport au Pouvoir consisterait en une sexualité totalement libérée et définie uniquement par l’individu. Quel est ce « Pouvoir » oppressif ? Actuellement on ne sait plus. C’est un peu le « Pouvoir » selon Orwell, un pouvoir façon 1984, caché, diffus, omniprésent. Considérer le trouble légitime que l'homosexualité suscite dans la société (je ne parle pas ici des agressions qui sont des crimes) comme l'expression d'une oppression homophobe participe à la vision paranoïaque d'un pouvoir orwellien.

Le libéralisme sous-jacent à la liberté individuelle, et en lutte contre ce pouvoir, est en réalité un marxisme déguisé et décomposé, où la norme collective n’est plus une classe - quoique la volonté de s’appuyer sur des minorités sexuelles dites opprimées montre que la collectivisation n’est pas loin. La norme collective n’est plus que la somme de normes individuelles multiformes, sans théorisation ou réalité sociologique particulières. Mais l’aboutissement de l’émancipation sexuelle privera ce marxisme-là de tout support idéologique dès que toutes les minorités seront émancipée.

Les femmes sont bien sûr considérées comme une de ces minorités aliénées et opprimées, laissant entendre que pendant les millions d’années de civilisation en construction elles n’auraient jamais choisi volontairement de statut.


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Cette vision des femmes fait bien sûr l’impasse sur le fait que les hommes aussi seraient, dans la même idéologie, opprimés sexuellement : la doxa ne peut admettre les hommes que comme oppresseurs, pas comme opprimés. D’autre part en établissant un lien artificiel entre condition féminine, lesbianisme et transgenre, on donne à des ultra-minorités une caisse d’amplification incroyable et hors du réel. Et bien sûr, par le glissement opéré dans les années 1960, les hommes seraient les oppresseurs. On a ainsi créé de toute pièce un nouveau stéréotype aussi absurde que simpliste et relevant plus d’une sorte de réflexe et d’automatisme de la pensée que d’une démonstration : la domination masculine. A cela s’est ajouté le culte généralisé des victimes face à une oppression invisible : on peut maintenant tout mettre dans ce schéma : victime (toutes)-hommes oppresseurs.

Les personnes homosexuelles et trans font partie des troupes opprimées luttant contre le pouvoir - qui est forcément le pouvoir mâle hétérosexuel puisque c’est le seul qui ne serait pas défini comme opprimé. L’aboutissement logique de cette lutte vers toutes les libertés sera le mariage incestueux, la pédophilie et la zoophilie. Alors tous les individus seront libres de choisir leur orientation sexuelle. Car dans la logique marxisante il faut comprendre l’interdit de l’inceste et les autres interdits comme des oppressions normatives du pouvoir. Et ceux parmi les gay qui s’opposeraient à cette libéralisation ne seraient que des conformistes, oppresseurs et normalisateurs, des idiots utiles du pouvoir orwellien. Aucune naturalité ne devrait en effet imposer aux individus un comportement dont le seul fondement serait l’oppression.

On réalise ici que deux voies s’ouvrent dorénavant à la réflexion du XXIe siècle :

- soit une libéralisation totale des moeurs, sans plus aucune limite particulière - la notion par exemple de majorité sexuelle, ou d’espèce, n’étant dès lors que des aspects de l’oppression générale, (mais ce point de vue est trop rejeté par la société « oppressive » pour oser s’affirmer ouvertement, au point où les théories des années 1970 justifiant la pédophilie sont aujourd’hui qualifiées de débordements) ;

- soit repenser globalement tout ce qui s’est dit depuis plus de 50 ans sur la sexualité et les relations hommes-femmes en enlevant délibérément la référence au pouvoir. On pourrait tenter d’explorer un « en-soi » de la sexualité et de sa finalité, hors du contexte socio-politique, hors du gimmik « oppression », en considérant toutes les injonctions à ce sujet comme des stratégies de survie et de développement de l’espèce. On pourrait en explorer les limites sous un angle anthropologique, sanitaire, spirituel, symbolique, que sais-je !


En finir avec le « coming out »genre,orientation sexuelle,biologie,culture,femme,homme,féminisme,lgbt,homosexualité,butler,norme,poiuvoir,libéralisme,marxisme,foucault,orwell,1984,queen,mercury,coming out,égalité,patriarcat,père,mère,paranoïa,hétérosexuel,émancipation

Car la sexualité, bien que soumise à des nombreuses règles sociales contraignantes, reste de l’ordre du plus intime de l’être avec les sentiments. La mettre en relation aussi étroite et dépendante du pouvoir c’est la vendre au pouvoir, c’est mettre fin à la notion de vie privée.

La révolution culturelle à venir s’emploiera donc entre autres à détacher la sexualité du pouvoir et cherchera dans les injonctions religieuses ou morales une utilité dont le sens est au-delà de l’oppression en tant que but d’une classe dominante sur une classe dominée.

Les Etats n’auront plus à libéraliser ou faire accepter toute pratique parce que cela appartiendra à l’individu et non au groupe. Actuellement la mouvance marxiste du libéralisme des moeurs donne à l’Etat, et au pouvoir de la société, un rôle excessif. Par exemple le coming out, terme utilisé surtout dans la révélation de son orientation homosexuelle, s’apparente parfois à une sorte de confession publique, un déni de son droit à une libre intimité. Il donne à la société un pouvoir exorbitant sur l’individu tout en prétendant justement faire échec au jugement que cette société porterait sur son orientation.

Un coming out est forcément un acte politique d’allégeance à sa catégorie puisqu’il sert à contrecarrer le Pouvoir. C’est un signe d’un autre pouvoir orwellien, dicté par une oligarchie LGBT invisible sur ses « sujets », imposant même un drapeau volé aux hippies (arc-en-ciel). Un pouvoir et un drapeau ne sont pas venus tout seuls : il y a derrière une organisation qui agende la guerre à l'hétérosexualité et impose des nouvelles normes comme l'égalité de représentation hétéros-homos. Quelle série américaine n'a pas aujourd'hui son homo de service ? Or on n'a de compte à rendre à personne sur notre intimité, et la société n'a pas à valider le coming out d'une personne. J'écris valider car sous couvert de tolérance ou de libéralisme on voit à l'oeuvre un paternalisme, une sorte d'autorisation morale qui ne dit pas son nom. Ou encore une forme de politique orwellienne où l'intime est traqué partout comme un élément trop subversif - pour tout pouvoir, fut-il un pouvoir LGBT - pour être laissé au seul individu. Son intime doit être exposé pour être contrôlé. La société est devenue une télé-réalité, une exhibition permanente. Par ce spectacle qu'est le coming out, LGBT et société en général contrôlent les sexualités minoritaires.

En réalité la plupart des individus se foutent bien des coming out et de l’homosexualité par exemple d’un Freddy Mercury, feu chanteur génial du groupe Queen et figure baroque exceptionnelle de la pop music, ou d’autres. Le coming out est une oppression imposée (ou au moins un acte fortement incité) aux personnes homosexuelles par le pouvoir LGBT et ses dictateurs, reconstituant et reprenant à leur compte le schéma dominant-dominé.

A suivre.


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30 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 11 février 2014 08:28

    rumeur et mensonge sont actuellement les deux mamelles de l’extreme droite integriste...

    Voir : LA RUMEUR ET LE MENSONGE


    • Aldous Aldous 11 février 2014 09:39

      Quel Tartuffe ce Rober Gil !

      Cachez moi cette téhorie du genre que je ne saurais voir !

      Pourtant elle etait assumée il n’y a pas longtemps par les même qui jurent leur grand Architecte qu’elle n’existe pas. Y’a l’feu à la loge ?


      "Un genre androgyne

      Depuis qu’il existe, l’être humain se manifeste à travers le genre masculin et le genre féminin, qui incluent respectivement les hommes et les femmes. De nos jours encore, ces deux genres sont très marqués sur le plan psychologique, en ce sens qu’il y a des façons de penser et de ressentir plutôt masculines, et d’autres plutôt féminines. Sous l’effet de l’évolu- tion, les hommes et les femmes en viendront à vivre au diapason de pensées et d’émotions communes. Autrement dit, ce que Jung désignait sous les mots « animus » et « anima » s’équili- brera à travers un genre androgyne. Précisons que cet androgynat n’aura rien d’anatomique, car aussi longtemps qu’ils vivront sur Terre, les hommes seront de sexe masculin et les fem- mes de sexe féminin."

      Quel bon gros Tartuffe ce Rober Gil ! smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 12 février 2014 13:00

      Aldousque,


       « Cachez moi cette théorie du genre que je ne saurais voir ! »
      Non pas du tout. Ce n’est pas une théorie, c’est de la pratique. Cela étant dit :

      « .. ;assumée il n’y a pas longtemps par les même qui jurent leur grand Architecte qu’elle n’existe pas. Y’a l’feu à la loge ? »

      Quel grand Architecte ? La nature ? Si c’est d’elle dont on parle, il y a de tout dans cette nature.
      Des monogames, des polygames, des monoandres, des polyandres, des neutres, des androgynes, des... hermaphrodites, 
      En d’autres mots, il faut de tout pour faire un monde. 
      Le fait que je voie le lien des roses croix n’y change rien.

      Quel bon gros aveugle vous faites !

    • ahtupic ahtupic 11 février 2014 08:34

      Hitler a fait mettre une étoile sur les Juifs
      Nos gouvernements veulent étiqueter chaque individu suivant leur prétendu genre.
      Pour la même raison ??


      • claude-michel claude-michel 11 février 2014 08:38

        Article bizarre et incompréhensible pour 98% de la population... ?

        Les valeurs et les fondements de notre société ont foutu le camp...
        On fabrique des robots sans neurones pour mieux les asservir...Triste époque...

        • fcpgismo fcpgismo 11 février 2014 10:23
          Hommelibre derrière ce pseudo se cache un IMPOSTEUR tremble car nous Homosexuelles homosexuels LGBT on se reproduit pour anéantir par l’amour ton obscurantisme.
          Pour libérer tes enfants et petits enfants de tes frustrations et refoulement.
          François Chambon Enfant asexué : adolescent tendance hétérosexuel : adulte homosexuel. Préférence sexuel la liberté les hommes sont beaux,les Femmes sont belles et j’ai le choix contrairement à toi enfermé dans tes certitudes maladives.

          • Aldous Aldous 11 février 2014 11:33

            « tremble car nous Homosexuelles homosexuels LGBT on se reproduit »


            Ha ah ah ! Merci, ça a fait ma journée. Un bon conseil : N’insiste tout de même pas trop si ça ne vient pas tout de suite, tu risques d’avoir du mal à t’asseoir ! smiley

          • viva 11 février 2014 13:06

            On ne touche pas aux gosses. Les parents vont devenir méchants et ils auront raison.

            C’est une loi contre le prosélytisme homosexuel qu’il va falloir mettre en place.
             Il ne faut pas confondre tolérance et respect de la dignité et acceptation d’une société qui formaterais les individus pour en faire de la chair fraiche disponible. Je dis attention !!! 


            • bakerstreet bakerstreet 11 février 2014 13:26

              Hier stigmatisées, les minorités sexuelles, pour qualifier les homos, le pourcentage voulant encore dire parfois plus que la rhétorique...poussent à la roue. 


              Hier stigmatisées, elles entendent en finir une fois pour toutes avec ce moule, ou archétype, qu’est le genre, et laisser l’individu exprimer son choix, quand à sa nature...
              La novlangue prétendant qu’il ne sera plus enfermé dans un concept aliénant, et donc plus libre. 

              C’est la victoire de l’individu sur le groupe, de l’égo sur la société, à travers un discours falsificateur, simpliste, militant, et quasi religieux, empruntant les mots et les usages de la science, à travers une série d’études prétendument scientifiques mais qui lui tourne le dos, se voulant comme autant de sceaux imposés dans la cire.

              La tolérance doit nous guider, et l’on ne peut que se féliciter de l’évolution de la société. Mais on ne peut s’interroger que devant ce discours obscur, militant, qui entend nier ce que l’on sait de la nature, et de ce qu’il faut bien nommer la norme, qui existe là comme ailleurs, à charge à chacun d’assumer sa différence, plutôt que de nier le cadre général !

              • viva 11 février 2014 13:33

                Je comprend que les homos sont emmerdés de ne pas pouvoir se taper tout ceux ou celles qu’ils les entoure.

                Vivre au milieu d’une très grande majorité de personne qui ne partage pas leur sexualité doit être frustrant.
                Mais c’est ainsi, il y un maximun de d’individus qu’ils ne peuvent espérer avoir.

                • trevize trevize 11 février 2014 14:19

                  Trop d’irrationnel chez les détracteurs.
                  De deux choses l’une :

                  1. soit le genre est une construction sociale (au moins en partie)
                  2. soit il ne l’est pas du tout, et c’est acquis à la naissance

                  Si c’est 1), alors ça paraît logique d’en toucher deux mots aux enfants à l’école

                  Si c’est 2) alors ce cours de théorie du genre sera comme la plupart des autres cours : du temps de perdu pour vos bambins. ça n’aura aucun pouvoir, aucun effet, si le genre est acquis à la naissance.

                  Maintenant, parler de orwell ou de bourrage de crâne, ça montre bien que même les détracteurs savent que c’est au moins un petit peu une construction sociale, et qu’ils considèrent que c’est leur droit régalien de décider quel type de bourrage de crâne imposer à leurs enfants (qui seraient la propriété des parents, entend-on ici ou là), qu’ils ont sûrement eux-même quelques petits problèmes personnels concernant ces questions, qu’ils ont une trouille bleue que leur fils chéri ait envie de devenir coiffeur.


                  • trevize trevize 11 février 2014 14:22

                    Au-delà de ça, on sent surtout la peur des gens qui sentent que la société se transforme de plus en plus vite ; c’est bien légitime, les changements ça fait peur, surtout quand on comprend pas ce qui se passe, mais ça n’est pas en niant ou en attaquant les différences qu’on avancera vers la solution.


                  • trevize trevize 11 février 2014 14:25

                    Maintenant, il serait temps de parler d’autre chose, ça va faire 2 semaines au moins qu’on entend parler que de ça, la loi ne passera pas, c’est fait, et de toutes façons elle est bien inutile je pense, la plupart des enfants de cette génération savent bien trouver les informations dont ils ont besoin sur internet. 

                    Et je comprend pas comment vous tombez dans le panneau à chaque fois, cette loi n’a pas été faite pour passer et être appliquée, mais juste pour déchaîner les passions, laisser la peur s’exprimer, la purger au lieu de la laisser pourrir dans le coeur des Hommes.


                  • hommelibre hommelibre 11 février 2014 16:11

                    Le genre est en partie une construction sociale, fondé sur la différence des sexes et en prolongement culturel de celle-ci. Il n’est pas une réalité autonome, un « en-soi ».

                    En parler à l’école ? A quel âge ? De quelle manière ? Selon quelle théorie ? Dans quel cadre et dans quel but ?

                    Quand un exercice de maths dans un manuel allemand de maths dit (de mémoire) : « Pierre et Paul découpent leur gâteau de mariage en x parts... » c’est du bourrage de crâne, oui.

                    La norme dominante est hétéro, l’évolution de la société n’est pas de gommer cela.

                    Les enfants ne sont en tout cas pas la propriété de l’Etat.

                    A lire les sites militants gays, on tombe vite sur les attaques contre le « mâle blanc hétérosexuel », sur l’abominable « hétéronormativité » et sur le vilain « patriarcat ». Les LGBT sont les idiots utiles des féministes radicales misandres. Les attaques contre la masculinité restent le fond de commerce. Alors voilà, il y a bien une lutte idéologique qui passe par le gender, entre autres.


                  • Oursquipense Oursquipense 11 février 2014 16:31

                    Vous oubliez peut-être un 3) le genre n’existe pas.

                    La grande arnaque de la « théorie du genre » est en fait d’avoir seriné ces termes pendant quelques années pour ensuite dire : « Mais non, il n’y a pas de théorie...mais le genre lui il existe, c’est une évidence reconnue par des scientifiques, des sociologues. Toute société produit du genre. Donc le genre ça existe et nous allons l’enseigner. »
                     
                    Voici une définition du genre :

                    "Le genre peut se définir de la manière suivante[10] :

                    « [U]n système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). »

                    Le genre se distingue donc du sexe[11] : il va au delà des attributs biologiques pour s’intéresser à la différence sociale. Le concept de genre permet donc de penser les relations entre femmes et hommes en termes de rapports sociaux."

                    Si le genre existe bien on voit clairement qu’il s’agit d’un outil de sociologue. C’est quelque chose qui n’est pas accessible facilement sur le plan intellectuel, même à des adultes. Que des personnes politiques se réfèrent aux études de genre (relevant d’une science aussi molle que l’économie par exemple), pourquoi pas ? Maintenant quelle est la pertinence de communiquer à des enfants un concept que bien des adultes ne peuvent maîtriser ? Qu’est-ce qu’un gamin de 8 ans pourrait bien comprendre à un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées ?

                    Et pour revenir sur mon 3) il serait plutôt :

                    3 ) si le genre existe il est d’une nature si mouvante, de par sa définition même, que le temps qu’on l’étudie il a déjà changé de forme.

                    Oui, finalement le genre en lui-même n’a rien de diabolique. Maintenant baser une partie de l’éducation sur des fondations en sable mouvant, ça semble beaucoup plus discutable. 


                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:31

                    Trevize,

                     Quand je lis «  les changements ça fait peur » en parlant de l’homosexualité, cela fait plutôt réchauffé.
                     Cela a toujours existé et c’est maintenant que la France se pose des questions de ce genre (pardon pour le mot). smiley
                     

                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:33

                    En plus vous oubliez l’hermaphroditisme dans la nature.


                  • trevize trevize 11 février 2014 17:09

                    « En parler à l’école ? A quel âge ? De quelle manière ? Selon quelle théorie ? Dans quel cadre et dans quel but ? »

                    Dans le but d’informer peut-être ? Juste pour en finir avec la peur de la différence (la peur engendre la haine), pour éviter que des enfants, arrivés à l’âge adulte, se sentent « anormaux » parce qu’ils ne collent pas à votre « norme dominante » que vous voudriez imposer ? Pas besoin de science ou de théorie pour enseigner ces choses-là.

                    Quand un exercice de maths dans un manuel allemand de maths dit (de mémoire) : « Pierre et Paul découpent leur gâteau de mariage en x parts... » c’est du bourrage de crâne, oui.

                    Ha c’est vrai oui, rien que d’avoir lu ça, je sens que je deviens gay. Je ne vois pas en quoi c’est plus du bourrage de crâne que si c’est Pierre et Sophie ? à la limite, on pourrait s’inquiéter si tous les problèmes du livre de maths mettaient en scène des protagonistes homo, mais ça m’étonnerait franchement que ça soit le cas.

                    La norme dominante est hétéro, l’évolution de la société n’est pas de gommer cela.

                    Il n’est pas question de gommer quoique ce soit, juste de révéler quelques détails du tableau, détails qui sont présents même si vous ne voulez pas les voir. Et le simple fait de parler de norme montre bien que nous parlons de constructions humaines, et qu’il est donc question d’un groupe de personnes qui sent son pouvoir, son emprise sur le monde s’amenuiser, et ça leur fait peur. Tout cela est bien humain, mais ce qui l’est encore plus c’est de chercher à la dépasser. Eduquer ses enfants, les préparer pour l’avenir, c’est leur donner une image du monde la plus complète et précise qui soit, vous ne les aiderez pas en occultant les détails qui vous chagrinent, et ça ne les fera pas disparaître non plus.

                    Les enfants ne sont la propriété de personne ! Celui qui maltraite ses enfants, celui qui veut leur inculquer l’intolérance ou la violence, se les fera retirer et ce n’est que justice.

                    « A lire les sites militants gays... »

                    Ils en ont pris plein la tronche pendant des millénaires, et maintenant encore, alors je suis pas étonné qu’on lise tout et n’importe quoi sur ces sites... Apprenez à relativiser, il faut pas prendre tout ça pour argent comptant, laissez-les parler, c’est pas parce qu’ils sont remontés que l’état va instaurer demain la dictature homo, et c’est pas en jetant de l’huile sur le feu et en leur refusant le droit d’exister que vous ferez avancer le shmilblick.


                  • trevize trevize 11 février 2014 17:26

                    @ oursquipense
                    Les enfants sont bien plus malins que ce qu’on peut croire. Peut-être que ces notions sont difficilement compréhensibles par des adultes parce que notre esprit est totalement ankylosé, et que par paresse (ou aveuglement ?) intellectuel(le) on préfère ne pas y penser. Leur donner juste quelques informations pour qu’ils sachent que le modèle qu’ils trouvent dans leur famille, quelque soit ce modèle, n’est pas une norme ni une fatalité, ça me paraît plutôt bénéfique.

                    @ L’enfoiré Le changement dont je parlais est plus un changement de société, à savoir que maintenant, on punit l’homophobie, les homos ont le droit de se marier, donc ils deviennent plus visibles, et c’est ça qui fait peur aux catho-islamo-traditionnalo-boulets. Le monde autour d’eux change de façon visible, ils perdent leurs repères et ils n’ont plus l’impression d’exister, et ils s’opposent. Sans compter le fait que maintenant qu’il y a le mariage homo, ils ont l’impression de s’être fait léser. Comme si on leur avait pris un truc pour le donner à l’Autre, ou comme si l’Autre avait reçu un cadeau et pas eux. Mentalité d’enfant gâté.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 17:42

                    Le mariage homo est dans la loi depuis 11 ans chez nous.

                    Est-ce que cela a fait une révolution, un bouleversement ?
                    Absolument pas.
                    Alors parler de peur, c’est se chatouiller pour se faire rire, à mon avis.

                  • alinea Alinea 11 février 2014 17:57

                    Mais le genre n’est pas une construction sociale ! ce sont les attributs et attributions que l’on réserve à l’un ou l’autre qui en sont !
                    On n’a qu’à réserver les métiers qui jusque là étaient dévolus aux femmes, aux hommes, et inversement ! et on verra bien ! smiley


                  • trevize trevize 11 février 2014 18:20

                    @ L’enfoiré

                    Je n’aurais pas parlé de peur si on ne s’était pas tapé des mois de manifestations à la noix, et les démonstrations de haines qui vont avec, contre cette histoire de mariage homo. Il faut bien que les gens se sentent menacés pour en être réduits à faire ça ?
                    Pour quelle raison peut-on avoir envie de s’opposer au fait que des gens s’aiment, et qu’ils aient le désir d’avoir les même droits que les autres, dans un pays dont la devise commence par le mot Egalité ? Ils se sentent lésés, ils ont leur petite vision d’un monde où tout le monde est comme eux, et quand ils s’aperçoivent que c’est pas le cas, ils tombent dans la peur et le déni et ils cassent les nouilles à toute la France pendant des mois.

                    Est ce que vous avez eu 6 mois de manifestations quand cette loi est passée en Belgique il y a 11 ans ?

                    @ Alinea
                    « On n’a qu’à réserver les métiers qui jusque là étaient dévolus aux femmes, aux hommes, et inversement ! et on verra bien ! »
                    Mais le sujet n’est pas de réserver quelque métier que ce soit à qui que ce soit, le but c’est justement de faire exploser ces constructions qui n’ont rien de légitime, pour que chaque personne puisse définir elle-même qui elle est, plutôt que de se faire modeler son identité, et reproduire des schémas qui remontent à beaucoup trop longtemps.


                  • alinea Alinea 11 février 2014 19:28

                    Mais mon pauvre ami, nous sommes tous modelés par quelque chose, nous ne naissons pas de rien ! si je suis moulée par : papa part travailler, maman fait un gâteau, ou bien par maman part travailler, papa fait un gâteau : où est le progrès ?
                    Faut arrêter de déconner ! nous faisons ce que nous voulons du terreau d’où l’on sort : c’est ça qu’il faut vouloir, pas changer le terreau au gré de l’humeur des uns ou des autres, au gré de la mode ou de celui qui cause le plus fort !


                  • trevize trevize 11 février 2014 20:10

                    « nous faisons ce que nous voulons du terreau d’où l’on sort  » c’est précisément le but : faire comprendre aux petites filles que, même si à la maison papa boit des bières devant le foot en rentrant du travail pendant que maman fait le ménage et la popote, ça n’a rien d’immuable, et qu’elle a tout le fait le droit d’espérer quelque chose d’autre.

                    Il ne s’agit pas de changer le terreau mais d’aider les jeunes à prendre conscience que le terreau est beaucoup plus riche que ce qu’ils peuvent penser.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 12 février 2014 12:40

                    « Est ce que vous avez eu 6 mois de manifestations quand cette loi est passée en Belgique il y a 11 ans ? »


                    Absolument pas. Mais la France a toujours des particularités.
                    Le pays des Droits de l’Ohm (unité de résistance, pour rappel) smiley


                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:26

                    Tout est dans cette phrase : « Or on n’a de compte à rendre à personne sur notre intimité, et la société n’a pas à valider le coming out d’une personne. »



                    • viva 11 février 2014 17:39

                      Je pense que les LBGT n’ont pas fini de s’en prendre plein la gueule si ils font du prosélytisme auprès des gosses.


                      • alinea Alinea 11 février 2014 17:59

                        J’aurais juste envie de comprendre pourquoi ils/elles ( il faudra trouver un autre pronom quand même !) ont envie que tout le monde leur ressemble et pourquoi ils/elles ont envie de ressembler à tout le monde ! si c’est pas du conformisme, je n’y connais rien !


                      • Abraxas Abraxas 12 février 2014 00:45

                        Félicitation à vous pour cet article qui apporte un peu de bon sens et d’intelligence, dans un débat verrouillé par des sectaires et idiots, de tous bords. Je vais de ce pas faire du copier-coller à outrance pour propager votre bonne parole.

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