Questions sociétales : si nous distinguions « éthique » et « morale » ?
« Ethique » et « morale » sont des mots souvent considérés comme synonymes. Il me semble pourtant qu’il existe un certain nombre de nuances aussi intéressantes qu’importantes. C’est en tout cas ce que m’ont inspiré les discussions récentes sur plusieurs questions dites sociétales, et m’a amené à réfléchir à ce qui pouvait distinguer ces deux notions l’une de l’autre…
Je ne suis pas un philosophe, et je vais le prouver une fois de plus. Parfois, certains faits du quotidien ou de l'actualité m'inspirent des réflexions sans doute trop profondes pour ce que j'ai les moyens d'en faire. Mais ca ne m'empêche pas d'essayer de théoriser pour finir avec une opinion personnelle qui peut se débattre.
Ce qui suit est donc complètement arbitraire, ne passe par aucune forme d'analyse étymologique (qui me donnerait sans doute tort) et est complètement biaisé du simple fait qu'il s'agit d'un avis basé sur ma propre perception et compréhension des notions d'éthique et de morale.
Ainsi, je suivais dernièrement les discussions sur le "mariage gay", et lisais les réactions d'hommes et femmes politiques, ainsi que les commentaires d'internautes.
J'ai commencé par m'agacer de l’espèce de stigmatisation imposée par les media qui titrent presque systématiquement "mariage gay ou mariage homosexuel" plutôt que "mariage pour tous", comme pour faire du sensationnel en apposant deux termes qui veulent sembler antinomiques. Je pense d'autre part que la mise en avant de la terminologie "mariage pour tous" permettrait de changer un peu la nature du débat, de la rendre moins polémique, mais c'est un autre sujet.
Et puis, l'appel des évêques de France à la prière universelle pour les messes de l'Assomption (rien de préjudiciable jusqu'ici) avec un passage demandant que les enfants "cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère". Evidemment, cela s'appelle jeter de l'huile sur le feu, ce qui donne l'occasion à la classe politique de réagir, par exemple le secrétaire national du PRG chargé de la laïcité, Pascal-Eric Lalmy qui a affirmé comprendre l'initiative de l'Eglise comme "une prière nationale unique pour mobiliser les opposants à la législation sur le mariage homosexuel". Bon, d'autres pourraient dire que cela s'appelle juste donner son avis, et que même au nom de la laïcité on ne peut pas enlever à l'Eglise, ou tout autre institution religieuse, la liberté de s'exprimer notamment par l'appel à la prière, même universelle.
Et là, c'est le drame : me voila projeté dans une réflexion sur l'éthique et la morale, et la remise en question de l'idée communément admise que les deux sont synonymes. A la base de cette réflexion, il y a sans doute une simple mise en parallèle avec l'expression "faire la morale" qui me pousse à réfléchir à l'éthique différemment. La réaction de l'Eglise me parait en effet moralisatrice, traditionaliste, dogmatique, fondée sur des normes qui résonnent comme des leçons de vérité universelle et absolue sur le bien et le mal.
Une réaction éthique aurait peut-être davantage pris en compte les conséquences de cette déclaration sur l'humain, sur ceux qui sont concernés directement et concrètement, plutôt que pour ceux qui sont gênés dans leurs références et leurs idées préconçues.
Je vois donc éthique rimer avec laïque et humaniste, un comportement qui privilégie les conséquences aux intentions et qui porte un jugement analytique permettant à chacun de refuser ou de s'opposer aux normes établies au nom d'un sentiment personnel sur ce qui est juste ou positif. C'est l'exercice de la liberté individuelle dans le respect d'autrui : la liberté responsable.
J'ai trouvé ce texte sur le rôle de l'éthique particulièrement inspiré, et me permets donc de le citer ci-dessous :
"Lorsque les valeurs morales, règles et devoirs effectifs sont assujettis à une analyse éthique, leur relation avec les intérêts humains essentiels communs à tous, quel que soit leur contexte culturel, est particulièrement importante. Les valeurs morales peuvent évoluer et le raisonnement moral pose la question de savoir si les pratiques qui sont légitimées traditionnellement ou de fait par la religion, le droit ou la politique valent la peine d'être reconnues. En effet, l'évolution de l'éthique depuis 100 ans a été caractérisée par une tendance à réexaminer et renverser les conventions morales qui présidaient à l'interaction entre les sexes, entre les êtres humains et les animaux et entre les êtres humains et leur environnement."
Ces quelques lignes sont lourdes de sens et couvrent un large éventail de questions contemporaines en définissant l'éthique comme ayant "tendance à réexaminer et renverser les conventions morales qui présidaient à l'interaction entre les sexes, entre les êtres humains et les animaux et entre les êtres humains et leur environnement" ca valait le coup d'être répété.
Ainsi, est-ce faire preuve d’éthique que de faire barrage à l’évolution et la modernisation de la définition du couple, du mariage, de la famille ?
L'éthique examine et la morale repose sur des conventions (ou des valeurs qui elles peuvent évoluer)... parlons-nous vraiment de la même chose, ou pouvons-nous y voir une distinction de l'ordre de celle qui existe entre humanisme et traditionalisme ?
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Question très intéressante qui a déjà fait couler des litres d’encre. C’est chez Comte-Sponville que j’ai trouvé cette courte synthèse qui me paraît assez satisfaisante :
(« Morale ou éthique ? », in Lettre internationale, n° 28, 1991, repris dans Valeur et vérité (Études cyniques), op. cit., p. 183 à 205.)
« J’aboutissais, entre autres, aux deux définitions suivantes, qui ne sont que des conventions terminologiques (le sens des mots non plus n’est pas un absolu), mais qui me paraissent toujours utiles et éclairantes : Par morale, j’entends le discours normatif et impératif qui résulte de l’opposition du Bien et du Mal, considérés comme valeurs absolues ou transcendantes : c’est l’ensemble de nos devoirs. La morale répond à la question « Que dois-je faire ? ». Elle se veut une et universelle. Elle tend vers la vertu et culmine dans la sainteté (au sens de Kant : au sens où une volonté sainte est une volonté conforme en tout à la loi morale). Et par éthique, j’entends tout discours normatif – mais non impératif, ou sans autres impératifs qu’hypothétiques – qui résulte de l’opposition du bon et du mauvais, considérés comme valeurs relatives : c’est l’ensemble réfléchi de nos désirs. Une éthique répond à la question « Comment vivre ? ». Elle est toujours particulière à un individu ou à un groupe. C’est un art de vivre : elle tend le plus souvent vers le bonheur et culmine dans la sagesse (p. 191-192). »
Où on voit clairement que la morale est incluse dans l’éthique. La question « comment vivre » étant bien plus large que la question « que dois-je faire ».
Plus simple encore pour « tenter » de distinguer les deux :
- la morale est toujours sociale (groupe ici, groupe la bas) et procède par liste de commandements, de dogmes et d’interdits....
- l’éthique est PERSONNELLE, et n’est imposée que par vous-même (libre arbitre), ainsi, sur une île déserte, seul, donc sans devoir répondre à quiconque de quelque acte qui soit, vous ne ferez pas ce que seule votre CONSCIENCE vous interdit et non pas la « peur » de « DÉSOBÉIR » à des lois, sociales, sociétales ou religieuses !
Voilà donc brièvement l’idée que je me fais de cette différence.
L’éthique et la morale, en d’autres temps perçus comme le sabre et le goupillon...
L’éthique est ’ définie ’ par ceux qui s’en prévalent, tout comme la morale...
Elle permettent toutes deux des actions dans un ’ cadre ’ qui peut être illégal, et surtout sont tellement subjectives que par exemple l’auteur pense sincèrement que les ’ démocrates ’ Nord-Américains ne sont pas républicains de par même la constitution envers qui ils ont fait allégeance par naissance ou par serment...
Je trouve par contre que le terme « mariage pour tous » est impropre au projet, car il n’agit pas par exemple d’accorder le mariage entre un père et sa fille mais bien entre deux personnes de même sexe (qu’ils soient homos ou pas d’ailleurs).
Personnellement, j’ai l’impression que l’auteur cherche à s’affranchir de la morale pour mener à un vague remplaçant de celle-ci qui pourrait tout justifier sous prétexte d’évolution. Plus de bien, plus de mal, tout est possible et advienne que pourra sous prétexte de liberté et de modernité.
A ce moment, à quoi bon vouloir de l’éthique puisque tout serait ordonné aux changements et aux « évolutions » des moeurs ? Autant abandonner tout de suite les questions d’éthique et laissons tout évoluer à sa guise. Ce qui est interdit aujourd’hui le sera donc certainement demain (alors autant ne rien interdire, mai 68 style).
Dictionnaire de l’Académie Française (1er réflexe à avoir, plutôt que le site de l’ONU concernant la bouffe et l’agriculture) et les deux ne sont pas synonymes, même si fortement connexes :
(1)ÉTHIQUE adj. et n. f. XIIIe siècle, comme substantif ; XVIe siècle, comme adjectif. Emprunté, par l’intermédiaire du bas latin ethica, de même sens, du grec êthikos, « qui concerne les mœurs, moral ». I. Adj. Qui a rapport aux conduites humaines et aux valeurs qui les fondent. Les valeurs éthiques. Les préceptes, les jugements éthiques. II. N. f. 1. Réflexion relative aux conduites humaines et aux valeurs qui les fondent, menée en vue d’établir une doctrine, une science de la morale.
(3)MORALE n. f. XVIIe siècle. Forme féminine substantivée de moral I. 1. Ensemble des règles, des principes selon lesquels on dirige sa vie, sa conduite, ses mœurs, considéré relativement au bien et au mal.
Maintenant, concernant le mariage et avant toute considération éthique ou morale, le dictionnaire de l’Académie définit le mariage comme suit :
(1)MARIAGE n. m. XIIe siècle. Dérivé de marier . 1. Union légitime d’un homme et d’une femme, formée par l’échange des consentements que recueille publiquement le représentant de l’autorité civile.
La loi n’a pas à changer la définition des mots de la langue mais la loi doit se fonder sur les mots. Sinon plus rien ne veut plus rien dire et c’est n’importe quoi.
D’autre part, « mariage pour tous » c’est déjà en place et peu importe votre sexualité, vous avez le droit de vous marier avec une personne du sexe opposé.
C’est exactement pour cela que je ne me suis pas attache a la definition du dictionnaire ou a l’etymologie parce que je ne voulais pas limiter l’article ou les commentaires a l’idee que l’on etait oblige de discuter dans le cadre des limites imposees par la definition des mots. Une langue evolue, elle est vivante, certains mots ont plusieurs definitions selon le contexte et d’autres mots sont meme inventes, ajoutes a notre vocabulaire. Ceci n’a absolument rien a voir, a mon avis, avec un style mai 68, mais effectivement, je ne crois pas au conservatisme lexical plus qu’a aucune autre forme de conservatisme. Il faut respecter des regles a partir du moment ou l’on a aussi la liberte des les critiquer et les faire evoluer.
bien vu l’auteur........ je ne suis pas un philosophe non plus, mais il suffit d’ouvrir 2 pages en vis-à-vis d’un dico pour « morale » et pour « éthique » pour constater que cela ne parle pas de la même chose.
Il me semble évident à moi aussi que la « morale » est plus restrictive, a trait aux « moeurs » (très connoté chez nous sur la bonne « tenue » des hommes et des femmes, au sexe, à la pudeur et pudibonderie), à la notion du « bien » et du « mal » (très connoté sur la religion, les règles strictes).
« Ethique » se rapporte au « système » de valeurs et de principes de vie, à la « théorie », à la « science »...... elle me paraît donc surplomber la « morale », plus particulière, traditionnelle, étroite, voire « bourgeoise »..........
Je dirais que l’éthique englobe la/les morales, elle est plus universaliste, plus humaniste, donc, oui, plus laïque, je suis d’accord.........
L’éthique diffère de la morale en
ce que l’éthique est une synthèse additive et la morale une
synthèse soustractive.
La différence est du même ordre
concernant les couleurs : dans la vie ordinaire, on est en
synthèse soustractive, le soleil donne le blanc, c’est-à-dire
toutes les couleurs simultanées et c’est par soustraction qu’on
obtient les autres couleurs — ce qui a fait dire de façon amusante
“la Terre est bleue comme une orange” — alors qu’en télévision,
c’est l’inverse, l’écran est noir par défaut et l’on ajoute les
couleurs.
C’est ce qui explique que dans le
cercle des couleurs, les trois couleurs primaires en synthèse
soustractive sont cyan, magenta, jaune alors qu’en synthèse additive,
c’est rouge, vert, bleu.
La morale soustrait : tu ne
feras pas ceci, tu ne feras pas cela.
L’éthique ajoute : le meilleur
exemple est évidemment l’Éthique
de Spinoza, Spinoza part de quelques définitions et axiomes et
ajoute sans cesse des propositions démontrées ordine geometrico,
selon l’ordre géométrique, c’est-à-dire sur la base des
propositions précédentes vérifiées et considérées comme
valides.
Ce n’est pas du tout le même
principe même si l’on a tendance à considérer ces deux mots comme
synonymes.
Par Leo Le Sage(---.---.---.106)27 août 2012 12:25
@AUTEUR/Olivier Des Mots Crates
Je ne suis pas philosophe et ne suis pas enclin à le devenir, sous une forme ou une autre.
La morale me donne parfois l’illusion d’être un sous ensemble de l’éthique.
Dans d’autres cas, la morale semble être le résultat de l’application de l’éthique.
Et parfois j’ai l’impression que les deux sont différents mais qu’il y a une intersection qui les relient ensembles.
Ce qui me fait dire que tout dépend du sujet...
Cordialement
Leo Le Sage
(Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)
L’éthique et la morale, en d’autres temps perçus comme le sabre et le goupillon...
L’éthique est ’ définie ’ par ceux qui s’en prévalent, tout comme la morale...
Elle permettent toutes deux des actions dans un ’ cadre ’ qui peut être illégal, et surtout sont tellement subjectives que par exemple l’auteur pense sincèrement que les ’ démocrates ’ Nord-Américains ne sont pas républicains de par même la constitution envers qui ils ont fait allégeance par naissance ou par serment...
Question très intéressante qui a déjà fait couler des litres d’encre. C’est chez Comte-Sponville que j’ai trouvé cette courte synthèse qui me paraît assez satisfaisante :
(« Morale ou éthique ? », in Lettre internationale, n° 28, 1991, repris dans Valeur et vérité (Études cyniques), op. cit., p. 183 à 205.)
« J’aboutissais, entre autres, aux deux définitions suivantes, qui ne sont que des conventions terminologiques (le sens des mots non plus n’est pas un absolu), mais qui me paraissent toujours utiles et éclairantes : Par morale, j’entends le discours normatif et impératif qui résulte de l’opposition du Bien et du Mal, considérés comme valeurs absolues ou transcendantes : c’est l’ensemble de nos devoirs. La morale répond à la question « Que dois-je faire ? ». Elle se veut une et universelle. Elle tend vers la vertu et culmine dans la sainteté (au sens de Kant : au sens où une volonté sainte est une volonté conforme en tout à la loi morale). Et par éthique, j’entends tout discours normatif – mais non impératif, ou sans autres impératifs qu’hypothétiques – qui résulte de l’opposition du bon et du mauvais, considérés comme valeurs relatives : c’est l’ensemble réfléchi de nos désirs. Une éthique répond à la question « Comment vivre ? ». Elle est toujours particulière à un individu ou à un groupe. C’est un art de vivre : elle tend le plus souvent vers le bonheur et culmine dans la sagesse (p. 191-192). »
Où on voit clairement que la morale est incluse dans l’éthique. La question « comment vivre » étant bien plus large que la question « que dois-je faire ».
Plus simple encore pour « tenter » de distinguer les deux :
- la morale est toujours sociale (groupe ici, groupe la bas) et procède par liste de commandements, de dogmes et d’interdits....
- l’éthique est PERSONNELLE, et n’est imposée que par vous-même (libre arbitre), ainsi, sur une île déserte, seul, donc sans devoir répondre à quiconque de quelque acte qui soit, vous ne ferez pas ce que seule votre CONSCIENCE vous interdit et non pas la « peur » de « DÉSOBÉIR » à des lois, sociales, sociétales ou religieuses !
Voilà donc brièvement l’idée que je me fais de cette différence.
Je trouve par contre que le terme « mariage pour tous » est impropre au projet, car il n’agit pas par exemple d’accorder le mariage entre un père et sa fille mais bien entre deux personnes de même sexe (qu’ils soient homos ou pas d’ailleurs).
Par schweizer.ch(---.---.---.52)27 août 2012 19:02
« ... car il n’agit pas par exemple d’accorder le mariage entre un père et sa fille... »
Ca viendra puisque, très rapidement, on ne comprendra plus que deux adultes consentants qui s’aiment ne puissent afficher leurs tendres sentiments à la face du soleil.
C’est l’une des prochaines tranches du salami « libération sexuelle ».
D’ailleurs, actuellement déjà, on ne voit pas au nom de quoi, une fois le mariage homosexuel adopté, on pourrait l’interdire à un père et à son fils.
Par schweizer.ch(---.---.---.52)27 août 2012 18:57
« ...mariage gay ou mariage homosexuel » plutôt que « mariage pour tous »...«
Mariage pour tous, c’est déjà le cas maintenat. Le mariage n’est refusé, j’imagine, qu’à certains malades mentaux internés qui représenteraient un danger pour son conjoint à chaque rencontre.
Il ne me surprendrait que ces c... de Norvégiens autorisassent, un de ces jours, Breivik à convoler, et même à faire des petits. Il ne doit pas manquer d’admiratrices, les pires monstres en ont toujours.
»La réaction de l’Eglise me parait en effet moralisatrice, traditionaliste, dogmatique, fondée sur des normes qui résonnent comme des leçons de vérité universelle et absolue sur le bien et le mal."
Une religion, ce n’est pas un parti politique qui actualise son programme pour séduire davantage ou d’autres catégories d’électeurs.
Beaucoup de commentaires très intéressants, merci à tous de vos contributions. J’ai été assez favorablement surpris par le fait que nous ayons largement exprimé une forme de consensus, en majorité. Nous sommes d’accord qu’il y a une différence, et même sur la nature de cette différence. Je me suis permis de reprendre certaines idées pour en faire une sorte de synthèse à ce stade :
Morale :
·Une définition : discours normatif et impératif qui résulte de l’opposition du Bien et du Mal, considérés comme valeurs absolues ou transcendantes : c’est l’ensemble de nos devoirs. La morale répond à la question « Que dois-je faire ? ». Elle se veut une et universelle. Elle tend vers la vertu et culmine dans la sainteté
·Liée à la notion de « bien » et de « mal »
·Procède par liste de commandements, de dogmes et d’interdits
Ethique :
·Une définition : discours normatif – mais non impératif, ou sans autres impératifs qu’hypothétiques – qui résulte de l’opposition du bon et du mauvais, considérés comme valeurs relatives : c’est l’ensemble réfléchi de nos désirs. Une éthique répond à la question « Comment vivre ? ». Elle est toujours particulière à un individu ou à un groupe. C’est un art de vivre : elle tend le plus souvent vers le bonheur et culmine dans la sagesse.
·Liée à l’idée de « faire du bien ou du mal », à l’impact positif ou négatif de nos actes
·L’éthique est PERSONNELLE, et n’est imposée que par vous-même (libre arbitre), ne pas faire ce que votre CONSCIENCE vous interdit et non pas la « peur » de « DÉSOBÉIR » à des lois, sociales, sociétales ou religieuses
Relations entre les deux :
Les deux sont différents mais qu’il y a une intersection qui les relient ensembles.
·La morale soustrait, l’éthique ajoute
·L’éthique englobe ou surplombe la/les morales, elle est plus universaliste, plus humaniste
·La morale est incluse dans l’éthique. La question « comment vivre » étant bien plus large que la question « que dois-je faire »
·La morale semble être le résultat de l’application de l’éthique.
Bonsoir, Tout d’abord, c’est très mignon cette histoire de lier 68 et la « libération sexuelle » avec un débat sur les différents accès au mariage... Alors que justement, à cette époque, c’est le mariage lui-même qui était mis en cause et voué à disparaître. Ceci pour remarquer la confusion des débats. La morale et la loi : ceux qui lient les deux veulent-ils vraiment dire que la loi leur apparaît toujours comme moralement satisfaisante ? Sans rire.. ??? Un slogan : « Le défaut avec la morale, c’est que c’est toujours celle des autres ». En résumé, la morale est une affaire personnelle, à usage intime, une application des lignes tracées par l’éthique que l’on se donne. Quant aux propos qui prétendent stigmatiser le comportement d’autrui ou légiférer pour tous, c’est simplement ce que Nietzsche nomme la « moraline »... et c’est poison !!!
Texte intéressant, d’abord en cela qu’il a engendré un très beau fil de commentaires !
Je vois là une preuve supplémentaire du fait qu’il y a une intelligence collective qui est encore largement sous-employée et qui pourrait donner de beaux fruits bien mûrs avec un minimum de coordination.