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Réchauffement : climat de science ?

Le désormais célèbre Climate Gate a ravivé le débat sur l’origine des changements climatiques et pose la question de la manière dont est parfois conduite la science.

La science est un processus d’accumulation de la connaissance par la critique : des théories ou des hypothèses sont proposées et examinées (du point de vue de leur cohérence interne et de leur adéquation avec les observations). Les théories mauvaises sont écartées ou améliorées : la science « avance » dans un processus d’essai-erreur-correction. Il existe alors à tout moment du processus scientifique deux catégories de débats. Ceux qui sont réglés parce que toutes les preuves ont été apportées pour corroborer les hypothèses ou théories dominantes et que la critique a cessé (la Terre n’est pas plate, et aucun scientifique ne revient sur cette question). Ceux qui sont encore ouverts et nécessitent que le processus critique continue.

Le débat sur le réchauffement climatique relève de la deuxième catégorie : la climatologie est d’abord une science du complexe qui est loin d’avoir intégré tous les déterminants de l’évolution du climat (comme les nuages par exemple). Ensuite, il existe un débat entre scientifiques respectables sur la question des causes du réchauffement, avec, il est vrai, une minorité (estimant que l’activité solaire ou celle des océans sont des facteurs majeurs de l’évolution du climat) face à une majorité. Le débat est d’ailleurs tel que l’Académie française des sciences le 25 novembre s’est refusée à trancher tant les divergences de ses membres étaient importantes.

Ici, le concept de « consensus scientifique » est problématique. Veut-il dire vérité ? Celle-ci ne serait alors plus déterminée à l’aune de preuves et de falsification de théories, mais de ce que « croit » la majorité des scientifiques à un moment t. Dans les années 1950 le consensus était qu’il n’y avait pas de dérive des continents… Vingt ans plus tard c’était l’inverse, parce que de nouvelles preuves avaient été apportées. Les difficultés à trouver des preuves et à apporter la critique, ainsi que parfois l’utilisation commune de données de mauvaise qualité et des mêmes modèles peuvent expliquer le consensus erroné. Le consensus s’explique aussi par des raisons sociologiques : effets de réseau, « reproduction » par la formation même des jeunes scientifiques, non exposition de ces derniers aux théories minoritaires, intérêts économiques (en termes de financements de la recherche) à soutenir le consensus. D’où parfois un affaiblissement du processus critique de la science et l’amplification « non-scientifique » du consensus.

La climatologie est une science incomplète et il y a débat sur la question du réchauffement  : il est donc illégitime, voire anti-scientifique, de proclamer que la question est réglée. Or c’est ce que disent certains chercheurs affiliés au GIEC, comme Thomas Stocker, qui qualifie les sceptiques de l’origine anthropique du réchauffement de « négateurs ». Pour Raymond Pierrehumbert les sceptiques de la courbe de Mann sont les « Chevaliers de l’ordre de la Terre plate ». Des journalistes ont comparé les sceptiques à une espèce de religieux. Voilà donc qu’on inverse les rôles : alors que le scepticisme est la qualité première en sciences, les sceptiques (au sein d’une science incomplète et en débat) seraient désormais … des dogmatiques.

Il y a plus grave. Les emails, récemment dévoilés, entre des membres du Climatic Research Unit, notamment son directeur Phil Jones, et, entre autres, Michael Mann (auteur de la courbe terrifiante en forme de crosse de hockey) démontrent que ces « climato-alarmistes » se sont livré à des pratiques scientifiques douteuses : manipulation de données, refus de dévoiler des données, tentatives de corruption des responsables de la loi sur la liberté de l’information britannique, pressions sur des pairs et des revues publiant des thèses opposées... Point important : ces scientifiques contrôlaient les données utilisées par les scientifiques du monde entier. M. Mann est depuis peu sous le coup d’une enquête de son université (Pennsylviana State University, USA) et des scientifiques du GIEC ont demandé son éviction du GIEC.

Enfin, la thèse du GIEC pose que le CO2 produit par l’activité humaine entraine un réchauffement climatique par l’effet « serre » de ce gaz. La concentration de C02 dans l’atmosphère est passée d’environ 270 à 387 ppm (partie par million) en un siècle. Le réchauffement au cours du XX° siècle, qui n’est pas exceptionnel dans l’histoire (cf. l’optimum médiéval), est de l’ordre de 0,74°C. Cela suffit-il à en tirer une causalité ? Premièrement les mesures du niveau de CO2 et de température depuis des milliers d’années, issues des carottes glaciaires, indiquent que les variations de CO2 suivent les variations de températures : un sens de causalité inverse à celui du GIEC. Il est possible que la causalité soit inversée aujourd’hui du fait d’un effet de seuil dans la concentration de CO2. Mais alors deuxièmement, pourquoi le réchauffement climatique annoncé se fait attendre depuis une décennie puisque les températures se sont stabilisées alors que la concentration de CO2 a augmenté ? Les dix dernières années ne confirment donc pas la théorie du GIEC.

Nous sommes donc en présence (1) d’un débat scientifique réel non clos sur le réchauffement qu’on tente visiblement d’étouffer ; (2) de fraude scientifique de la part de certains climato-alarmistes du GIEC, de premier plan et contrôlant les données et (3) d’une théorie du GIEC qui n’est pas confirmée par les observations. La raison, ou le "principe de précaution", porte à conclure qu’il est trop tôt pour prendre, au niveau national et international, des mesures fondées sur un soit-disant consensus scientifique, qui détournent des ressources de problèmes écologiques réels, certains et actuels et auront des conséquences développementales considérables. Laissons faire la science.

Emmanuel Martin est analyste sur UnMondeLibre.org.
 
par Emmanuel Martin (son site) lundi 7 décembre 2009 - 59 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 7 décembre 2009 11:23


    Bon article !

    En route vers le gouvernement mondial en passant par Copenhague !

    Cohn Bendit a désormais sa tribune libre au Nouvel Obs : tout se met en place avec, en arrière-plan, ce crétin de Borloo bien trop extasié pour ne pas être de la combine.

    Un réchauffement d’origine solaire ?... on n’y pense même plus !

    Là, encore et comme ailleurs, celui qui doutera ou souhaitera uniquement débattre ne sera qu’un négationniste.

    L’effet de serre agissant tel une chambre... à gaz ! le remettre en question n’est certes pas faire le bon Shoah !

    Désormais, ils vont mettre les bouchées doubles, avant d’être totalement démasqués !
    On assiste au "Crépuscule des élites" qui, sentant la partie leur échapper, nous préparent une belle dictature au motif d’un Bien commun, sécuritaire, écologique, sanitaire et autres.

    Big Brother sera vêtu de vert, c’est certain !

  • Par Emmanuel Martin (xxx.xxx.xxx.107) 7 décembre 2009 17:10

    Merci pour tous ces commentaires.
    Oui, je suis libéral. Non je ne suis pas financé par l’industrie fossile. Oui j’ai beaucoup écrit sur la crise qui n’est pas si "libérale" que ça. Non, je ne suis pas climatologue. Oui, je peux y comprendre quelque chose. Non je ne suis pas borné comme certains dans ces commentaires. Démontrez moi que le CO2 est responsable du réchauffement et je signe. Pour l’instant la théorie est au mieux réfutée (mais quand on a été conditionné, c’est dur de se défaire de l’idéologie...). Démontrez moi aussi qu’il faut inverser les priorités en traitant un problème incertain dans le futur plutôt que des problèmes certains (eaux, eaux usées, déchets) d’aujourd’hui. je suis un sceptique : donc ouvert.
    Ensuite, commentateurs avisés, je vous suggère de réfléchir à cette question : quel autre lobby va profiter de la disparition du thermique ? Et oui... mes amis "libéraux" du nucléaire, vous avez trouvé. Et la France est numéro 1 : vous comprenez alors pourquoi Sarko, qui confond effet de serre et trou dans la couche d’ozone, n’a rien dit sur les crises démocratiques au Niger et au Gabon (vous voyez de quoi je parle ?..). Puis ça permettra à la France de tenir pas mal de pays par les c(bip) de l’énergie comme la RUssie le fait avec le gaz. Les écolos apprécieront sans doute ?
    Ensuite, mes amis "libéraux" Al Gore avec Generation Investment Management, Maurice Strong et Rejendra Pauchari du GIEC-Bourse climatique de CHicago et Goldman Sachs vont s’en mettre plein les poches quand on aura mis des plafonds de carbonesur les marchés carbone, grâce à cette belle invention qu’est la jolie finance climatique.
    Il faudrait aussi parler des intérêts des labos pro-réchauffement.
    Le climategate n’existe pas ? Si vous voulez ! c’est bientôt Noël, à genoux les petits enfants...
    Amen, la messe est dite de toutes façons. OOps j’allais oublier... http://unfccc.int/resource/docs/200... C’est le doc des négociations. J’imagine que p. 23, annexe 12 quand on parle de l’établissement d’un gouvernement (au niveau mondial au vu du traité), c’est de la conspiration libérale.
    Emmanuel Martin (comme tout le monde le sait, vilain libéral conspirationniste anti-environnement, pollueur et auteur de ce torchon de vulgate libérale...)

  • Par Antitroll (xxx.xxx.xxx.122) 7 décembre 2009 20:51

    @ agora-intox,

    L’auteur sait réfléchir et écrire, lui. Toi, tu as de la bouillie pour chat sous tes bigoudis.

    Tes "milliers de scientifique bardés de diplômes" ne sont que quelques dizaines. Parmi eux, il y a ceux qui savent qu’ils sont des escrocs - des salauds donc - et ceux qui n’ont rien compris au film, des incompétents.

    Et toi, tu te crois de gauche alors que tu n’es que le pauvre roquet d’Al Gore et Goldman Sachs ? A moins que tu ne sois payé pour couler AgoraVox en vomissant tes injures ?

    Dégage si tu ne sais pas respecter les gens.

  • Par pavlov (xxx.xxx.xxx.7) 7 décembre 2009 16:44

    Ce qu’il y a de plus surprenant, c’est ce tour de passe-passe par lequel les principaux auteurs de la pollution actuelle et de ses dégâts (quels qu’ils soient), c’est à dire le capitalisme et tous les systèmes productivistes associés, ont trouvés le parfait coupable insaisissable : le CO2.

    Et à voir les commentaires ça fonctionne à merveille.
    Al Gore et les pétrolières vont se faire des fortunes sur notre dos avec le marché du carbone, et c’est tellement gros que ça passe tout seul. Inquiétant !
    Continuez à débattre indéfiniment, c’est ce qu’il veulent, et pendant ce temps ils mettent en place leur nouvel ordre mondial et la pollution, la vrai (celle de la société de consommation), n’est pas prête de disparaître...

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