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Accueil du site > Tribune Libre > Référendum populaire ? Référendum populiste ?

Référendum populaire ? Référendum populiste ?

Pour certains bons esprits, il n'était pas pensable de laisser à la porte, Platon et le pays qui a inventé la démocratie. C'était la seule raison pour admettre la Grèce à l’Union européenne et à la zone euro. Les Grecs anciens ont inventé la démocratie. Les Grecs modernes ne sont peut-être que des métèques.
On peut les admettre dans la cité sans qu'il soit nécessaire de tenir compte de leur vote que ce soit dans le cadre de la démocratie représentative, élection d'Aléxis Tsipras, ou de la démocratie directe, référendum du 5 juillet 2015.

Bruxelles

Pour l'Union européenne, il y a deux sortes de référendum sur les questions européennes. Quelle que soit la question. Ceux auxquels les peuples répondent «  oui  », les référendums démocratiques, populaires et ceux auxquels ils disent «  non  », les référendums populistes.

Pour les « non  » populistes, deux solutions : faire revoter les électeurs pour qu'ils disent « oui  » lors d'un référendum qui devient populaire. Ou se passer de référendum en utilisant la voie parlementaire, démocratique.
On ne fait jamais revoter un peuple qui s'est prononcé pour le « oui  », car la réponse est démocratique et donc définitive. De plus, on ne sait jamais, en cas de nouveau vote, le référendum pourrait virer au populisme.

David Cameron, Premier ministre du pays auquel on doit la démocratie parlementaire, a inventé le chantage au référendum pour obtenir ce qu'il désire.
S'il n'obtenait pas satisfaction, il répondrait « non  » au référendum qu'il organiserait. Ayant obtenu satisfaction, il répondra « oui  ».
Ce référendum sera donc démocratique et populaire ou populiste suivant le résultat !

Ayant posé ses conditions, David Cameron s'est dépensé en rencontres avec ses collègues, chefs d’État ou de gouvernement mais aussi avec les différents présidents de l'Union européenne, mis en place par ces mêmes chefs d’État et de gouvernement. Mais il a refusé l'invitation de s'exprimer publiquement devant le Parlement européen, seule instance européenne élue, préférant rencontrer, à huis-clos, son président et les présidents des groupes politiques.

Il va maintenant défendre son projet devant le peuple britannique. Ce référendum comporte un aspect plébiscitaire pour ou contre David Cameron. Notion qui fait bondir tout démocrate sincère mais qui, ici, est mise en sourdine.

En fait, ce référendum est, avant tout, politicien. David Cameron a gagné les dernières élections législatives avec sa promesse de référendum pour couper l'herbe sous les pieds de l'UKIP (United Kingdom independence party). Nombre d'électeurs ont pensé que voter pour les Conservateurs était la seule possibilité d'être consultés sur l'appartenance à l'Union européenne.

Le pari de David Cameron sera dénoué le 23 juin. Quel que soit le résultat, il sera probablement suivi d'élections législatives.
Si le « non  » l'emporte, il devra présenter sa démission.
Si c'est le « oui  », il en profitera, vraisemblablement, pour déclencher des élections législatives et essayer d'obtenir sur la lancée une majorité confortable à la Chambre des communes. Et, ainsi, se renforcer face aux opposants et à l'Union européenne pour les négociations nécessaires à l'application des avantages obtenus.

Il faut, au moins, reconnaître à David Cameron le mérite d'avoir fait ce qu'il avait annoncé lors de sa campagne électorale. Ce n'est pas le cas de tous les chefs d’État ou de gouvernement de l'Union européenne.

Bien entendu, les autres peuples de l'Union européenne n'auront rien à dire sur cet accord euro-britannique qui porte cependant sur la nature de l'Union européenne et intéresse l'ensemble des peuples de l'Union européenne.

Pour la Grèce, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, avait dit : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens  ». Le rappellera-t-il à pour le Royaume-Uni ?


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6 réactions à cet article    


  • Donbar 22 février 12:37

    Brexit : what does the YES need, Mr Raffarin ?


    • vachefolle vachefolle 22 février 14:14

      Il faudra aussi que les gens comprennent (y compris l’auteur) que le vote d’une population ou de ses représentants ne doit pas outrepasser excessivement la durée de leur mandat.

      En un mot, il n’est pas deontologiquement et démocratiquement acceptable de se prononcer sur des choix politiques engageant la nation ou le peuple excessivement au delà de son mandat électoral. Si on appliquait ce principe, il serait interdit a un gouvernement, élu pour 5 ans , de décider de directions/choix impactant la société pour 50 ans. C’est pourtant ce qui a été fait pour le nucléaire ou le rattachement européen. D’où la nécessité de demander au peuple son avis dans ces cas de figures. Il serait aussi interdit a un gouvernement d’endetter la france pour 20 ans !

      Mais même Dans le cas d’un vote populaire, dans quelle mesure la population d’un instant peut décider de choix aussi fondamentaux que l’attachement a l’Europe ou à l’euro, quasi irrévocable, en engageant ses générations futures ?

      En quoi la population britannique d’aujourd’hui peut-elle prendre en otage ses trois prochaines générations, par un choix aussi fondamental que la sortie de l’UE ?

      On pourra me répondre que ces générations auront la possibilité de revenir sur ces choix, en ré adhérant a nouveau, mais l’objectif des générations actuelles n’est pas celles des générations futures.

      C’est une question ? Faut-il interdire aux vieux de voter lorsque la décision qu’ils prennent ne les engagent pas ?! Faut-il donner un poids différent aux votes en fonction de l’age ?

      Quelle serait la bonne réponse ?


      • Paul ORIOL 22 février 19:21

        @vachefolle
        Je pense qu’il n’y a pas de bonne réponse. Ni individuelle, ni collective.
        Un électeur n’est pas un individu, un électron libre... C’est une personne qui a un présent, un passé, un avenir, une profession, une famille, une conception du monde...
        L’électeur vote en fonction de tout cela et de bien d’autres choses. Il ne vote pas que pour ses 5 années à venir. Qui peut dire qu’il a 5 ans à vivre ? Savez-vous si vous serez vivant demain ? Quel que soit votre âge...
        Pour réaliser un projet technique ou politique, personnel ou collectif, combien faut-il de temps ?
        La personne appartient à un monde. Un mode continu, dans le temps et dans l’espace. Ce qui lui donne le droit de vote, c’est le droit de vote des autres. Contemporains, prédécesseurs, successeurs.

        Avez-vous de enfants ? Si vous en avez, de quel droit ? Quel avenir pouvez-vous leur assurer ?


      • Oxi gene. Oxi gene. 23 février 09:02

        « L’électeur vote en fonction de tout cela et de bien d’autres choses »

        Il n’est que de voir les intentions de votes variant au fil de l’actualité ou des coups médiatiques de nos marionnettes...
        Certains électeurs n’ont aucune conscience politique, aucune conviction, au point que la couleur d’ une simple affiche peut faire varier leur choix et les faire changer d’opinion plus facilement que de marque de lessive.


        • Le p'tit Charles Le p’tit Charles 29 février 08:02

          (il n’était pas pensable de laisser à la porte, Platon et le pays qui a inventé la démocratie. ) sauf qu’à la même époque ce pays était en guerre et faisait des milliers de morts pour instaurer la « démocratie »... ?

          Bizarre comme truc non... ?

          • Paul ORIOL 29 février 08:21

            Il y avait aussi des métèques, des esclaves, et les femmes...
            Que se passait-il à coté ? Et avant ? Et après ?

            On peut dire la même chose de toute les démocraties...

            Je ne tiens pas à défendre Athènes, je suis trop ignorant pour cela.
            Je reprenais seulement une raison, peu raisonnable, invoquée par certains.
            Bien à vous

            Paul

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