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Reformons la démocratie, vive la révolution !

Tant que le capitalisme peut pratiquer l’exploitation sociale dans un cadre dit « démocratique », il tolère des ilots de liberté. Mais dès lors que cette exploitation sociale devient compliquée, le capitalisme impose ses lois de façon plus autoritaire. Le capitalisme contient toujours en lui cette propension à durcir ses institutions. Tout le malentendu vient du fait que l’on a appelé « démocratie » ces espaces de liberté qui sont la presse, les élections, l’assemblée parlementaire, etc…. En fait, ces espaces de « liberté » n’existent que s’ils sont dûment contrôlés par le système. Autant dire que ces espaces de liberté ne subsistent que tant qu’ils sont des leurres.

Tandis qu’on fait gentiment voter les citoyens sur des « programmes » réformistes, les officines prennent la température quant au risque d’éventuels mouvements sociaux de grande ampleur. Ces officines détiennent un authentique savoir quant à la situation sociale et anticipent les réponses à opposer. Ne doutons pas un seul instant de leur capacité à pouvoir maîtriser des situations « risquées ». Il n’est plus question du beau gosse formé par les grandes écoles à papa et faisant rempart de son attaché-case. Mais bel et bien d’une police et d’une armée formées à l’anti-insurrection, augmentées de structures parallèles et beaucoup moins amateurs que les SAC et les CDR. Tout parti révolutionnaire se devrait d’évoquer cette grave question. Il en va de la liberté, voire de la vie, des militants engagés.

Le capitalisme fonctionne doublement sur le couple oppression/exploitation. C’est son état « naturel ». Et l’on parle de fascisme à partir d’une quantité (trop) voyante d’oppression, mise en place pour continuer l’exploitation. On définit trop souvent le fascisme comme une rupture, or il n’est pas rupture, mais l’aménagement des conditions de l’exploitation qui continue dans un contexte autre. Le fascisme est la roue de secours du capitalisme.

C’est proprement ce qui s’appelle la lutte des classes. Les salariés, avec la classe ouvrière, luttent pour gagner des droits sociaux. Le patronat inlassablement tente (et parvient) de/à récupérer ce qu’il a dû concéder. Toute l’Histoire des sociétés humaines est l’Histoire de cette lutte des classes. C’est encore le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi il importe de ne pas céder aux sirènes réformistes qui s’appuient sur l’idée que nous avons atteint un niveau de démocratie permettant de conquérir des droits nouveaux par le jeu électoral et institutionnel. L’Etat est l’Etat de la grande bourgeoisie qui ne se laissera JAMAIS déposséder. Les conquêtes (toutes les conquêtes) s’obtiendront par la lutte de classe consciente et agissante. Et plus le niveau d’exigence des travailleurs sera élevé, plus le risque d’affrontement violent augmentera. Car en définitive se posera INELUCTABLEMENT la question du renversement du capitalisme et de son remplacement par le socialisme. Ce renversement sera social (ce sont les salariés qui imposeront une société conforme à leurs intérêts) et politique (il sera nécessaire de renverser l’Etat pour lui substituer l’Etat socialiste).

Aussi ai-je un regard critique vis-à-vis du phénomène Front de Gauche : il ne pose pas du tout la question du soulèvement populaire dans la lutte pour renverser le système capitaliste et l’Etat bourgeois. Au contraire, il crée l’illusion que la « démocratie » permettra des conquêtes sociales. La bourgeoisie ne renonce jamais et elle ne renoncera pas. Le Front de Gauche ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Ce qui fait hésiter les travailleurs, c’est la peur précisément, de l’affrontement violent. Le peuple se laisse convaincre par ces illusions sociale-démocrates car il espère faire l’économie de l’affrontement de classe et de la révolution.

Mais le recours à la violence révolutionnaire n’est pas un rêve romantique, c’est une nécessité historique.

Ecrit par Yapadaxan sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/30/democratie-reforme-et-revolution/




par ROBERT GIL (son site) jeudi 21 juin 2012 - 60 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par citoyenrené (---.---.---.153) 21 juin 2012 11:16
    citoyenrené

    et bien , bonne analyse, qui va droit au but

    particulièrement pertinent le fascisme comme prolongement « naturel » du capitalisme

    une refonte du système institutionnel pour aller enfin vers la démocratie ( et non l’état représentatif) peut elle advenir sans révolution ’violente’ ? par idéalisme je l’espère

    relisant actuellement « les raisins de la colère » de Steinbeck, (formidable), je trouve des parallèles avec la situation présente, avec votre article

  • Par citoyenrené (---.---.---.153) 21 juin 2012 12:35
    citoyenrené

    faudrait s’entendre sur le mot « démocratie »

    vous semblez faire allusion au gouvernement représentatif, ce qui n’a rien à voir avec la démocratie, cf discours de Sieyès

    Emmanuel-Joseph Sieyès, un des « barons » de la Revolution française, Discours du 7 septembre 1789 :"Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer.

    S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique.

    Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants."
  • Par citoyenrené (---.---.---.153) 21 juin 2012 12:49
    citoyenrené

    « La nature essentielle du capitalisme est l’harmonie sociale »

    vous avez appris ça en cours ? l’esclavagisme du travailleur amené par l’ultra-libéralisme, le total mépris de notre environnement par ce même capitalisme, la répartition 1% 99% richesse / population en est chaque jour la preuve...tu parles d’une harmonie ton truc

    vous avez l’air aussi calé la dessus que sur le sens du mot « démocratie »

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