Il paraît que l’UMP et au château on ait compris le message : et vlan prends ça dans les dents à faire sauter quelques canines ! Alors ça grince à l’UMP. Leur leader charismatique, qui a emmené avec banderoles et cris de joie le troupeau de joyeux drilles au bord du précipice depuis 3 ans et vient de les y pousser. Alors là évidemment le sauveur Universel, l’Economiste interplanétaire, le Stratège olympien, le Dynamique omniscient, ça ne la fait plus. Cependant ce ne sont que des élections, bien qu’à résonance nationales, qui ne sont que locales et qui ne changent que peu de chose (une région de plus à gauche mais une conservée à l’UMP et une autre gagnée - la Réunion) car cela n’apporte pas plus de pouvoir à la gauche, pas plus de trompettes et donc qu’avec ce même outil électoral cela n’a pas empêché 2007. L’UMP - faut-il le rappeler - est encore majoritaire à l’Assemblée nationale.
Il me semble que cette analyse qui est faite, cette analyse globale qui nous dit que UMP défaite historique (mot que j’emploie avec délectation puisque c’est un des chouchous de l’amoureux de Carlita qu’il utilise chaque fois qu’il fait un discours à portée interstellaire) et une victoire de la gauche (ou même du PS ou même de la Martine) est un peu courte.
Que le Lider Massimo fût dans l’œil du cyclone, c’est indéniable. Le fin stratège s’est ramassé la gamelle du millénaire, ça pour sûr. Il a conduit la droite à son plus bas historique (bis repetita placent) de la Vé (je crois là-dessus sur parole les journalistes car j’ai eu la flemme de vérifier, alors ce n’est pas une certitude car très souvent ils sont si fainéants - ou malhonnêtes c’est possible aussi - qu’ils disent sans avoir cherché des choses assez différentes de la vérité qui sort nue du puits), en tout cas à un score qui n’a rien d’une élection du chef du polit buro. Pour s’en convaincre il suffit de jeter un œil, n’importe lequel, tous les ministres ont reçu la déculottée de leur vie. Mention spéciale (ce qui me réjouit le cœur) pour Valérie Létard avec ses 25,9 % qui fait le plus mauvais sore du second tour pour la majorité sarkozyaque. Ah oui, au fait, Valérie Létard non seulement elle est ministre (claque pour le Guide Illuminant) mais aussi éminente personnalité du Nouveau centre. La conclusion qui s’impose avec tous ces ministres engagés, dont le Premier d’entre eux, le Kaiser Sarkoko qui a fait campagne jusqu’à ce que les sondages lui donnent à réfléchir et qu’il fasse comme à son habitude, c’est-à-dire courage fuyons ne s’étant plus mêlé à la dernière ligne droite de peur d’en recevoir une (de droite) ce qui n’a évidemment rien changé aux futurs commentaires de sa pleine et entière responsabilité de ce fiasco. De ce côté-là de l’analyse, pas de souci : Knock Out du grand Mamamouchi.
En revanche là où cela se complique c’est la victoire du PS et plus généralement de la gauche. La science nous apprend une de ses merveilles qui s’appelle les vases comunicants. Si l’un est au plus bas, par effet hydraulique l’autre est au plus haut. Une forte désaffection de l’UMP et de ses multiples alliés (La gauche moderne, les progressistes, le nouveau centre, le Pari Radical, le Parti Chrétien Démocrate, CPNT (on dirait TNT !), MPF tous dans l’ordre de la profession de foi dans le Rhône) une ribambelle, ce qui fait que ce minable score saucissonné ne donne que des miettes à tous ces partis devenus d’un coup groupusculaires et crépusculaires, a apporté une poussée de droite à gauche égale au volume du corps électoral déplacé (Eurêka a dit l’autre avec un autre postulat lui aussi scientifique quoiqu’humide). Mais si on prend une loupe comme Galilée sa lunette astronomique on se rend compte que ce n’es pas le soleil qui tourne autour de la terre mais bien l’inverse. En d’autres mots tout n’est pas si simple. On peut ajouter à cette salade électorale quelques ingrédients qui poussent à réfléchir. Les voici tout droit sortis du réfrigérateur :
- une abstention plus forte de 4 points que les élections antérieures
- le Front National qui fait une moyenne de 17,5 %
- le score impérial (facile je sais) de Royal
- la victoire quoique moins forte que prévue de Frêche en Septimanie
- la victoire en Alsace de l’UMP
- le score important de :
* Front de gauche en Limousin de 13,3 % à 19,6 % ou de 36 634 voix à 56 089 soit + 53 % en voix
* EE en Bretagne de 12,21 % à 17,57 % ou de 134 161 voix à 207 435 soit + 54 % en voix
* MoDem en Aquitaine de 10,43 % à 15,65 % ou de 112 737 à 178 852 soit + 59 % en voix
Juste pour mon plaisir personnel Jean Lassalle fait la plus forte progression en voix (+59 %) et aussi la plus forte progression en pourcentage (+ 50 % contre 47 et 43). Je n’en tire ici aucune conclusion pour le MoDem. C’est juste un peu de baume au cœur que je vous fais avec tant de générosité partager.
Si on tient compte que le PS détenait l’immense majorité des régions et qu’il existe une sorte de prime au sortant, si on copte que la progression de la gauche est souvent inférieure à la somme des voix potentielles (en pourcentage et non en bulletins car l’abstention a été moindre), et donc qu’en plus de la prime au sortant (voir l’UMP en Alsace dans la déconfiture générale) c’est une machine électoraliste à disposition avec des relais puissants dans les régions, on peut raisonnablement penser que ce n’est pas un triomphe du PS, et ce d’autant plus si on n’oublie pas les scores de Royal ni de Frêche. Du reste Frêche se sent pousser des ailes, à son âge ce n’est pas bon signe, en voulant créer un grand parti démocrate à l’américaine.
Pour moi, tout en prenant quelques précautions oratoires bien que ce soit à l’écrit, il y a un autre signe dans ces élections. Si vous rapprochez entre elles les informations que j’ai mises plus haut : forte abstention, score majeur d’individualités, score élevé tant du FN que toutes les autres listes (FdeG, EE et MoDem) qui démontrent que quand il y a un choix crédible la possibilité offerte est saisie et le tout dans une défiante jamais atteinte dans ce pouvoir, c’est que les Français cherchent une autre voie. En tout cas si on ajoute abstention et le score des listes alternatives les deux mastodontes UMP et PS mâtiné d’EE on arrive à 60 % contre 40 ces 40 étant partagé en 24 (PS) et 16 (UMP et Cie). Dans ce cas comment peut-on parler de victoire de la gauche avec 24 % contre 60 pour le reste du monde ? Du côté de l’UMP la question ne se pose même pas.