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Rencontres sur internet : critères, présupposés et conditions à remplir...

Enregistrement sur une dizaine de sites de rencontres sur les conseils de ses amies, divorcées tout comme elle : "Ne reste pas toute seule ! Avec internet, c’est le plus efficace et le plus rapide si tu veux rencontrer des hommes ! Suis mon conseil ! Tu verras !"

Durant les premières années qui ont suivi son divorce, internet aura été son seul moyen d’organiser ses relations.

Une dizaine de pseudos choisis à la hâte ; très vite incapable d’assurer le suivi de toutes ces inscriptions - bien en peine qu’elle était d’en retrouver les adresses pour relever ses messages -, les sites de rencontres avec lesquels elle a pu garder le contact ont suffi : les propositions sont arrivées par dizaines ; une chaîne ininterrompue de sollicitations, toutes plus pressantes les unes que les autres, dans une palette de possibilités infinies de rencontres.

Si choisir c’est exclure, rencontrer c’est effectuer une sélection cruelle et le plus souvent, sans état d’âme. Une nouvelle expérience porteuse de tous les dangers ces rencontres ! Expérience de soi vis-à-vis des autres et vice versa. Et là, notre belle souveraineté du moi peut en prendre un sacré coup, et notre ego, hurler au supplice.

***

Au moment de la rencontre, jamais la distinction entre le dedans et le dehors n’aura été aussi prononcée, aussi vive, aussi pertinente et aussi nécessaire pour quiconque souhaite éviter le rejet et l’échec.

Critères, présupposés et conditions à remplir

Pour les hommes : être libres, nouvellement divorcés ou bien célibataires ; avoir une bonne situation ; quant au physique, les femmes leur pardonneront plus facilement les quelques imperfections dues à leur âge si ces dernières se limitent à l’embonpoint et à quelques cheveux en moins.

Quand il s’agit d’établir une relation amoureuse sur le moyen et long terme, les femmes sans enfants à charge seront les plus chanceuses ; les autres devront redoubler d’énergie afin de relativiser les inconvénients de cette charge jusqu’à les faire disparaître comme par enchantement : charge et enfants compris.

Pour couper court à toute demande de précisions, et pour ne plus avoir à y revenir, certaines femmes aborderont le sujet en ces termes : "Ils sont grands maintenant, ils peuvent se débrouiller, vous savez !" Comprenez : ils ont entre 15 et 17 ans et sont très certainement en pleine crise d’adolescence. Ce qui les rend sans doute débrouillards mais... invivables.

Discrétion oblige : on n’en soufflera mot.

D’autres mentionneront une relation privilégiée : "Avec ma fille et mon fils, c’est un peu comme si j’étais leur copine". Ce qui signifie le plus souvent : j’ai renoncé à élever mes enfants maintenant qu’ils ont pris le dessus sur moi qui suis seule ; leur père étant le plus souvent absent ou indisponible ou bien encore, trop éloigné.

Les hommes, eux, ne parleront pas de leurs enfants pour n’avoir pas grand-chose à en dire, sinon qu’ils les aiment puisque c’est leur ex qui, le plus souvent, assume au quotidien la responsabilité et la charge de cet amour elliptique, discret et tout en nuances, chez ces pères absents.

Autant que faire se peut, et pour ce qu’il est possible d’en savoir tant que l’on n’a pas fait plus ample connaissance, on se rencontre dans sa classe - comprenez : dans sa tranche de salaire - ou bien, à défaut d’un même salaire, dans ce qu’on estime être ses repères culturels et dans le cadre d’affinités supposées identiques ou bien parallèles.

Ce qu’il faudra cacher pendant la période qui précède la rencontre - période dont on ne saurait faire l’économie, sinon au risque de perdre son temps -, pour les femmes : les rondeurs.

Les hommes les plus avertis leur demanderont leur tour de taille ; au-delà de 40 : méfiance. Les femmes ne manqueront pas de mentionner une taille moindre : un 44 deviendra un 42 bien tassé.

Après les enfants et les rondeurs, la ménopause devra elle aussi demeurer cachée ; ménopause qui porte en elle l’idée qu’au lit, une femme ménopausée est une femme sans envie, sans talent, sans enthousiasme et, par voie de conséquence, sans inspiration.

Certains hommes devront dissimuler, dans la mesure du possible, une origine ethnique porteuse de préjugés qui les condamnent très vite à l’oubli. Ces derniers devront déployer des efforts surhumains pour rassurer et séduire. En cas d’échec, ils devront chasser là où ces stigmates identitaires n’en sont pas : chez celle ou celui qui les partage avant de les subir et d’en assumer tant bien que mal, toutes les conséquences. Entre victimes, on se sert les coudes, à n’en point douter.

D’autres encore devront taire leurs appréhensions face à la performance qu’on attendra d’eux tôt ou tard ; appréhensions d’hommes fraîchement sortis d’un divorce douloureux ; des hommes au mieux, fragilisés, au pire, traumatisés dans leur masculinité. Sans doute, gardent-ils en mémoire quelques vérités bien sonnées et, très certainement aussi, quelques mensonges lors des dernières confidences que leur ex. n’aura pas manqué de leur hurler au visage, dans le fracas des comment, des pourquoi et des depuis combien de temps... qui mèneront le couple à la séparation et le mari trompé à demander le divorce.

Pour tous ces êtres en quête d’absolu, sinon d’aventures, mieux vaut ne pas parler d’un petit salaire - surtout pour les hommes -, ni du chômage ou du RMI - plus tolérés lorsque ce sont les femmes qui sont touchées. Un logement dans une ville, dans un quartier, un département qui ne jouit pas de la meilleure des réputations devra être tu.

Car, ce qu’il faut dissimuler, les craintes qu’il faut apaiser, c’est le potentiel de dépendance et de nuisances que l’on peut représenter et la peur de n’avoir que les inconvénients de cette nouvelle rencontre, et l’autre, que les avantages. Régression pour l’un, promotion pour l’autre... plus notre situation est précaire, plus il est important d’afficher une situation confortable, tout en sachant qu’il sera toujours temps de faire les comptes une fois qu’un lien aura été établi avec le nouveau partenaire.

Et c’est alors qu’ils partent, l’espoir en poche, eux tous occupés à remettre cent fois l’ouvrage sur le métier : celui de leur vie et d’une existence après laquelle ils ne cessent de courir depuis qu’il leur faut en construire une autre, sous l’arc tout-puissant et tendu dans leur détermination, sans relâche, à la rencontre des meilleurs, des pires, des farfelus, des fiévreux ; les uns bardés de certitudes, les autres, incertains et fébriles.

D’autres prennent la route sans enthousiasme, un rien blasés, la peur au ventre pour les novices, le trac même après des mois ou des années d’expérience, et pour certains d’entre eux, hommes et femmes confondus, habités par tous les ressentiments possibles envers le sexe opposé : ressentiments qu’ils chercheront à dissimuler autant que faire se peut.

D’autres encore : les avisés ! Circonspects, d’une méfiance maladive, ils égrènent méthodiquement les personnalités des uns et des autres jusqu’à en oublier l’objet même de la rencontre : établir un lien, s’investir dans une nouvelle relation. Rigoureux mais... tête en l’air, ceux-là.

Le moral en guenille, certains s’accordent encore une dernière chance ; baroud d’honneur avant de baisser définitivement le rideau, chargés de tout le poids des rencontres passées qui ont débouché sur des frustrations sans nombre, des déceptions cruelles, trompés, manipulés, chahutés, baladés sur des distances à vous couper le souffle, même pour les plus sportifs d’entre eux ; et, puis, les impénitents qui n’hésitent pas à plonger dans l’eau, même glacée, tête la première, en aveugle, quitte à en sortir défaits et déchirés une fois de plus mais... jamais de trop, semble-t-il.

Copyright © Serge ULESKI. Tous droits réservés.

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    Par Vincent (xxx.xxx.xxx.252) 4 mars 2008 11:07

    Ouais, bon je ne partage pas tout à fait votre analyse, vous vous êtes pris un râteau hier ou quoi ?

     

    Pour avoir fréquenté assidûment ces sites il y a maintenant quelques années, de 2001 à 2003 date à laquelle j’ai rencontré la maman de notre petite fille et ma future femme, à l’époque, je ne fréquentais pas ces site dans le but de me « caser », non ce que je voulais , c’était avant tout sortir du contexte du boulot, car ayant passer quelques temps en dehors de ma région d’origine, le retour fût difficile, les anciens potes étudiants dispersés, il ne restait quel e cercle restreint de collègues de boulot pour les sorties, et à la longue ça pèse, après avoir écumé un bon nombre de bar, passé des soirées à aborder des nanas qui dès que l’on engage la conversation s’offusquent,  j’ai pris la décision de m’inscrire sur plusieurs sites.

     

    Alors bien sûr cela ne « paye » pas tout de suite, il faut affûter son argumentaire, mais au final, ce que je recherchais avant tout était l’élargissement de mon cercle d’amis, ce fût le cas, ce qui était assez marrant ce qu’au fur et à mesure que des amitiés se liaient nous avons formé une petite communauté de personnes qui se rencontrez sur le ternet avant de se rencontrer physiquement. Comme la ville où j’habite a un centre ville assez petit, il était amusant de voir des personnes que vous aviez rencontrées  quelques jours avant en compagnies d’autres personnes. Ainsi de fil en aiguilles nous avons tissé un réseau, échangé des contacts, passés de très bonnes soirée, pour au final maintenant que cela est passé ne pas avoir gardé de contact.

     

    Il m’arrive d’en recroisé certains et certaines, on se dit bonjour et c’est tout.

     

    En conclusion, je pense que le ternet et un très bon filtre, il fait gagner du temps, ne serait-ce qu’au travers du vocabulaire employé au cours des échanges mailistiques

     

    Cela permet déjà de faire un tri, plus profond que l’habituel tri sélectif effectué sur le physique, d’ailleurs pour le physique, cela reste la plus part du temps la grande inconnue, car bon nombre de nanas ne mettent pas leur photos, ou trichent largement.

     

    Enfin il est assez simple d’envoyer deux où trois mails dans la journée lorsque vous êtes au taf. Ainsi vous ne perdez plus de temps en recherche de contact en début de soirée.

     

    Finalement cette période m’a bien plu, c’était une sorte d’aventure, de remise en question de soit même et forte en échange. J’ai rencontré pas mal de personnes, en m’interdisant de les catégoriser, toutes différentes avec et sans enfants, de différentes origines et j’ai appris pas mal car je le précise le but n’était pas de rencontrer l’âme sœur, mais de se refaire un réseau connaissances, et il est vrai que parmi ce réseau j’ai rencontré ma future femme mais bon c’est du bol.

     

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    Par Vincent (xxx.xxx.xxx.252) 4 mars 2008 17:17

    Ben le meilleur moyen de ne pas être déçu est de passer rapidement au stade de la rencontre, ça ne sert à rien d’échanger des mails durant des jours et des jours avant de se rencontrer physiquement.

    C’est la méthode que j’avais fini par employer, un ou deux mails pas plus, je rejetais systématiquement les messages en mode texto, ou bourrés de fautes d’orthographe, non pas que je sois un crac, mais bon il y a certaines limites.

    Puis si au bout de quelques messages le courant passait, on trouvait vite un créneau pour aller boire une mousse en terrasse.

    Le ternet m’a évité de me prendre des râteaux au comptoir, c’est tout, cela permettait de faire le premier pas entre guillemets, pas plus, au pire vous passiez quelques temps à vous faire chier avec un personnes inintéressante, au mieux, ben comme moi, vous créez une relation et une petite famille heureuse.

    Nous étions un couple Meetic, nous somme une famille ordinaire maintenant.

    Il faut se servir des moyens de communications actuels, nous sommes dans une société hyper médiatique et communicante plein de célibataires pour x raisons, professionnels, échec amoureux, …..et bizarrement dès que vous allez aborder une nana qui sera la plus part du temps en groupe, pour lui offrir un verre, vous vous faîtes remballer par celle-ci ou une de ses copines, qui en croyant faire un bon mot se prive ou prive sa copine d’un possible échange.

    Et le soir, bilan de la soirée, vous avez refait le monde entre pote, mais au final connu personne d’autre ; alors vous vous collez plein d’espoir derrière votre clavier à la recherche de l’être idéal.

    Si seulement nous acceptions plus souvent  les conversations qui s’engagent sur des futilités au comptoir sans avoir forcement en tête que la personne d’en face tente une drague à deux balleS, nous vivrions un peu mieux, enfin c’est l’état d’esprit dans lequel j’étais (et j’y suis toujours) au moment où j’ai rencontré maman de notre petite fille. Je m’en porte très bien et je suis capable de discuter de tout et de rien avec n’importe qui sans que cela me gène ou que je me sente agressé. Je pense être ouvert, et c’est ce qui  manque à mon avis à la plus part d’entre nous.

     

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    Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 4 mars 2008 12:04
    Forest Ent

    Bien écrit, bien observé, intelligent, mais un peu lugubre. Quel regard désabusé ! Il y a bien quand même quelque chose de positif à dire sur l’être humain ?

  • vote :
    Par Martin Lucas (xxx.xxx.xxx.58) 4 mars 2008 12:22
    Martin Lucas

    Il ya du vrai dans ce que vous dites. Cependant, comme le dit Vincent, le net est aussi un moyen de sortir de son milieu, tout en pouvant sélectionner assez rapidement les personnes avec lesquelles on a des chances de s’entendre.

    Contrairement à ce que vous prétendez, les repoussoirs ne sont pas toujours physiques (et les hommes qui aiment les femmes charnues, ou l’inverse, ça existe).

    Etre lourd et malpoli, ou ne pas savoir lire les signes d’impatience chez quelqu’un peut vraiment peser dans les critères de sélection d’autres gens. De cela résulte souvent une incompréhension totale de la part de l’éconduit(e).

    Va-t-on taxer de discrimination ceux -celles- qui ne veulent pas parler aux cons - connes ? Sachant qu’on est toujours le con d’un autre, chacun doit pouvoir trouver chaussure à son pied, s’il ne fait pas trop preuve d’aveuglement.

    Enfin, vous avez à peine évoqué le véritable problème de ces sites : l’incitation, que dis-je, l’addiction à l’inconstance. En effet, comment peut-on rester avec quelqu’un longtemps si on peut toujours trouver, plus beau, plus jeune, plus ceci ou plus cela, en farfouillant un peu sur le net ? Le donjuanisme était jusque là une tare réservée aux plus aguerris des dragueurs, mais avec le net, qui fait voler en éclat l’inhibition, il est devenu un sport national.

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