• jeudi 23 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > « Résistant et Fils de »
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(24 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

« Résistant et Fils de »

Un "Appel des résistants à un vote d'espoir" (1) paru le 14 mars dans Libération invite les électeurs à voter a la prochaine présidentielle pour le candidat socialiste, François Hollande.

Les signataires, S. Hessel et R. Aubrac, s'identifient comme Résistants, parlant au nom de la Résistance Francaise qui a oeuvré de 1940 à 1944 pour abattre l'opresseur Allemand et nazi.

Plus curieusement ils mettent en scéne les "fils de résistants" et les "résistants" et les instrumentalisent dans la lutte contre "le systéme financier" et le "racisme".

"Fils de résistants" ? Curieusement cette qualité de "fils de..." voue t-elle à faire partie d'une nouvelle aristocratie ? Nouvelle aristocratie appliquant, en sus, la loi Salique : "Fils de ...", nous est-il bien précisé , et non pas "Enfants de...". Le sexe féminin est donc exclu de ce nouveau cénacle. 

Et pourquoi donc ces fils de résistants devraient ils assumer un rôle particulier, voire "supérieur", dans notre société ? Les immigrés récemment devenus Français, dont, et pour cause, les parents n'ont jamais été impliqués dans cette histoire antérieure à leur arrivée sont aussi légitimes pour juger des évolutions de notre société à partir du moment où ils s'estiment "Français" et qu'ils assument de ce simple fait l'histoire de la France. Et pourquoi les autres Français qui de maniére plus large n'ont jamais estimé bon de se faire dûment estampillés "résistants" , malgré leurs états de service, devraient ils être , de fait, exclus de ce cénacle où , parés d'inéffables vertues, présideraient S. Hessel et M. Aubrac ? Et va t-il falloir entamer une chasse aux enfants de collabos et de "tondues" au nom d'une pureté intellectuelle qu'ils ne pourraient posséder ? Devrons nous les priver de droit de vote, par exemple ?

Par ailleurs en ce qui concerne les signataires de cet appel , estampillés comme authentiques Résistants, souvenons nous qu' ils n'ont fait que leur devoir, comme des centaines de milliers d'autres, des maquis du Vercors à ceux des Gliéres, des forces FFL de Bir-Hakeim à celles qui libérérent Strasbourg...

Qu'ils se soient particuliérement signalés à ce moment de notre histoire, ou qu'ils aient été signalés pour des motifs divers, ne leur donne aucun droit de se prévaloir de ce statut pour nous indiquer le "bon choix", comme aurait dit un ancien Président. Ils ont été récompensés comme il se doit , et les médailles et hochets dont ils se parent en font foi.

Nous rappellerons que dans la Résistance telle qu'elle fut durant le second conflit mondial nous trouvons des personnages d'une autre stature et d'une autre intégrité morale que nos signataires pré-cités.

Je citerai, entre autres, Jacques Soustelle, Georges Bidault, Yves Godart, Georges Guingoin (2)...Ces personnes ont eu une attitude héroique à la tête des mouvements de Résistance ou dans les maquis. Devrions nous pour autant, eu égard à leur stature de Résistant, nous fier à leur diktat ? Certes non. Aurions nous du rejoindre l'OAS parce que Soustelle ou Bidault nous y incitaient ? Aurions nous dû rejoindre le PC parce que Guingoin nous y invitait ?

"La vieillesse est un nauffrage" a dit quelqu'un. La vérité consisterait plutot à accuser l'idolatrie dont font l'objet certaines personnalités . Pétain, vainqueur de Verdun , vénéré par des millions de Français pour son intégrité et son courage durant la guerre de 1914-1918 s'est révélé être un traitre en 1940-1945.... Des millions de Français se sont laissé abuser par une image d'Epinal soigneusement travaillée et mise en scéne durant des dizaines d'années aprés la 1ére guerre mondiale.

Laissons donc messieurs Hessel et Aubrac à leur glorieux passé. Qu'ils participent comme nous, et avec nous, à notre présent et notre avenir. Qu'ils en soient les acteurs au même titre que le plus humble d'entre nous.

Quant à l'imagerie sainte déployée autour de ces personnages et de leurs propos, de leurs appels, contentons nous de la considérer avec le scepticisme amusé réservé aux sectateurs de l'Oignon ou autres Mandaroms encore en activité.

Pour notre vote à la Présidentielle 2012, fions nous à notre jugement et à nos convictions, et uniquement à ceux-ci.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/03/14/les-resistants-aubrac-et-hessel-appellent-a-voter-hollande-vote-d-espoir_166775

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Soustelle , http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bidault , 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Godard_(officier) , http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Guingouin




par VICTOR LAZLO jeudi 15 mars 2012 - 13 réactions
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(24 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par jaja (---.---.---.129) 15 mars 2012 11:52
    jaja

    Puisque vous citez Georges Guingouin ceux qui ne connaissent pas le « Premier maquisard de France » peuvent lire cet article... Dans ces rencontres avec les militants cet homme se prononçait pour l’autogestion de la société et était bien loin du candidat Hollande et de toute la clique de politiciens « socialistes » que l’on connait aujourd’hui....
    Il est décédé quasiment inconnu il n’y a pas si longtemps alors que ce fut sans aucun doute l’un des plus grands résistants de France...

    Le héros rebelleRouge n° 2133, 10/11/2005

    Le 27 octobre 2005, Georges Guingouin disparaissait. Premier maquisard de France et libérateur de Limoges, il eut également à affronter la répression stalinienne. Guingouin fut un résistant social, qui peut servir d’exemple à tous ceux qui luttent aujourd’hui pour « un juste développement humain ».

    Le colonel Guingouin est avant tout connu pour ses hauts faits d’armes. Il sait organiser, entre 1940 et 1944, jusqu’à 20 000 hommes en Limousin et il livre notamment les combats héroïques au mont Gargan contre les unités hitlériennes du général Ottenbacher. Sans son action, qui fixe sur le sol limousin une division blindée entière, le débarquement de Normandie eut certainement été un échec, comme le reconnaîtra lui-même le commandant en chef des forces alliées d’alors, le général américain Dwight Eisenhower. Pour sa contribution à la libération de la France et de l’Europe, Guingouin se voit décerner l’acte de reconnaissance de la nation américaine, et De Gaulle le fait compagnon de la Libération, une distinction rarissime pour un communiste.

    Car Guingouin n’est pas qu’un stratège et un patriote, c’est un communiste. Natif de Magnac-Laval, dans la campagne haut-viennoise, il se définit lui-même comme un descendant du mouvement syndical et révolutionnaire du Limousin et de l’Occitanie. Il est fils de ce pays où les bergers lisent Marx, sous l’influence des maçons de la Creuse - des gueux crevant de faim qui, montant à Paris pour survivre, en ont rapporté le socialisme.

    « Préfet du maquis »

    C’est donc naturellement qu’il s’est tourné vers le Parti communiste (PCF). Il adhère en 1935 au rayon d’Eymoutiers1, tout près de Saint-Gilles-les-Forêts, où il officie comme instituteur. Et c’est aussi naturellement, comme responsable de son rayon, qu’il prend le maquis, le 18 juin 1940 (sans avoir écouté la radio !), avec quelques-uns de ses camarades. Distributions clandestines de tracts sur le marché d’Eymoutiers, destructions de machines à faire des bottes de foin et sabotages de fabriques travaillant pour l’occupant : on ne compte plus les actions de « Lou Grand »2 qui se proclame « préfet du maquis ». Cela ne plaît guère à l’occupant. Mais cela ne plaît pas plus au PCF qui, du fait du Pacte germano-soviétique, proscrit tout acte de résistance. Le parti tente de ramener à la raison « le fou qui vit dans les bois », sans succès. Puis, c’est une tentative de liquidation physique. Devant ce nouvel échec, on tente de le mettre au placard en lui proposant une promotion à la direction des Francs-tireurs partisans (FTP) du Puy-de-Dôme. Il refuse.

    En juin 1944, alors que le parti estime que toute résistance valable doit être ouvrière et urbaine, et qu’il ordonne aux communistes, par la voix de Léon Mauvais, de prendre les villes, « Lou Grand » ne se soumet pas. Il sait qu’un assaut serait coûteux en vies humaines et que la ville risquerait d’être reprise et soumise à des représailles terribles. Cette nouvelle désobéissance lui est vivement reprochée. À ce moment-là, d’autres villes de la région seront prises par les maquisards, puis perdues, comme Tulle, où 99 otages sont pendus. Encore une fois, les faits ont donné raison à Guingouin contre le parti. Et c’est sans effusion de sang qu’il prends Limoges, au mois d’août, après avoir encerclé la ville et négocié la reddition du général allemand Gleiniger.

    À ce moment, Guingouin est au faîte de la gloire et le parti doit se résoudre à le soutenir, au moins publiquement. C’est ainsi que le PCF remporte les élections municipales de 1945 à Limoges, une ville tenue par les socialistes depuis 1912. L’ex-« préfet du maquis » s’installe donc à la mairie et met en pratique ses idées. Il finance de grands travaux (complexe sportif, cités ouvrières, voirie...) dans l’intérêt des classes populaires limougeaudes, et il encourage la vie associative (patronages laïques, « samedis rouges »). Pour faire face aux problèmes du logement, il crée un service municipal, chargé de réquisitionner des habitations privées, et il soutient l’occupation des casernes par les comités locaux, qui comptent y faire des appartements.

    L’ancien maire, Léon Betoulle, qui, député, a voté, en 1940, les pleins pouvoirs à Pétain, ne désespère pas cependant de retrouver sa place. Et lorsque, deux ans plus tard, de nouvelles élections sont convoquées, Guingouin est battu, victime d’une union sacrée entre les staliniens et les socialistes. Le vœu du bourgeois attentiste Betoulle est exaucé.

    Mais cela ne suffit pas. Ceux qui l’ont battu politiquement veulent l’abattre, le détruire, casser son prestige. C’est ainsi qu’il sera brisé, au sein du parti, par Duclos et Thorez3. Comme Marty et Tillon4, il est écarté des directions, avant d’être exclu, en 1952, comme «  titiste »5 et « ennemi de la pire espèce ». À l’extérieur, les socialistes déclenchent la curée. L’un d’eux, le normalien Jean Le Bail, publie dans Le Populaire du Centre une série d’articles intitulés «  Limousin, terre d’épouvante ». Dans ce feuilleton, qui devient quotidien, le dirigeant de la SFIO6 déterre des affaires classées, et il attribue chaque jour un nouveau crime à la Résistance.

    Calomnie

    À chaque fois, Guingouin est pointé du doigt. La balle est alors dans le camp de la justice, qui ouvre une instruction et emprisonne le libérateur de Limoges. C’est l’Affaire Guingouin7 qui commence ! Le héros se retrouve en position d’accusé. On tente même de le « suicider » dans sa cellule de Brive. Il restera plusieurs jours entre la vie et la mort. On tente alors de le faire passer pour fou. Grâce à la détermination de ses proches et de deux jeunes avocats (Roland Dumas et Robert Badinter), il est libéré après quelques semaines. Il mettra tout de même cinq ans à se laver de l’injure et de la calomnie, jusqu’au moment où, en 1959, le procureur du tribunal de Lyon déclare « ne pas comprendre, en son âme et conscience, qu’on ait pu engager des poursuites contre Georges Guingouin ».

    Instituteur jusqu’à sa retraite, Georges Guingouin s’est établi près de Troyes. Il revient cependant sur la terre limousine périodiquement, notamment pour assister aux cérémonies du mont Gargan. C’est de là qu’il lance, en 1992, son appel à voter « non » au traité de Maastricht. Dans ses entrevues avec des camarades du cercle Gramsci ou de la LCR de Limoges, il se revendique régulièrement de l’autogestion, se réclamant à la fois de Pierre Leroux qui, en 1845, avait créé la première coopérative en Creuse, de la féministe Pauline Roland ou de Rosa Luxemburg, pour sa critique de la bureaucratie. Analysant la situation actuelle, il s’exprime ainsi, en 2002, après la naissance des mouvements altermondialistes à la suite des rassemblements de Seattle, Gênes et Porto Alegre : « Il y a un foisonnement, c’est certain. Du moment qu’en haut, il y a un échec, à la base, il y a une recherche. Tout le problème, c’est de savoir quand les masses peuvent faire basculer la situation. Mais ça, personne ne le sait. »

  • Par arobase (---.---.---.252) 15 mars 2012 18:37

    kerjean

    il n’y a pas de militants sans partis. estimer le militants et détester le parti c’est un non sens.

    le militants agissent dans le cadre du parti et quand ils ne sont plus d’accord avec ils le quittent.
    alors ils ne sont plus militants.

    il peut y avoir des problèmes de personnes au sein du PCF comme partout, et même dans les familles, mais les militants que je connais parlent de leur parti en termes affectifs. j’ai rarement vu une telle fraternité que chez eux, et ceux que je connais sont des gens remarquables.

    Ils n’ont plus beaucoup d’influence dans l’opinion. c’est peut être pour ça que tout va si bien et que la finance a pris le pouvoir en Europe. faute de réelle opposition.
  • Par al.terre.natif (---.---.---.250) 15 mars 2012 11:36

    Entièrement d’accord. L’appel de Hessel sur « indignez vous » est très intéressant, mais n’amène nullement à la conclusion que Hollande est la solution ... au contraire !

  • Par lolet (---.---.---.244) 15 mars 2012 15:49
    lolet

    Il n’y aurait qu’à demander comment et par qui est fabriqué l’argent pour faire tomber le masque de Hollande ...

    je trouve triste que des anciens combattants n’aient toujours pas identifiés leur ennemi !!!!

    Après avoir perdu leurs frères d’armes, ils n’ont même pas eu le temps de démonter les rouages de l’esclavage....

    C’est triste, d’autant plus que leur sacrifice aura permit à une génération de vivre à peu près correctement ... bénéficier d’une retraite, de la sécu, ...

    pour nous c’est mort : les dominants, les nouveaux Saigneurs font la guerre à but « démocratique » (et culbuto dit koi ?), volent et se mettent tout le fric dans les poches, soutiennent les banques, les financiers, les semenciers, ...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération