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Retour à Gergovie

M. le Directeur régional des affaires culturelles d'Auvergne,

Dans un dossier de presse publié sur votre site, vous soulignez très justement le grand intérêt que les habitants de Clermont-Ferrand portent à l'histoire antique de leur ville http://www.auvergne.culture.gouv.fr.... J'en veux pour preuve le succès remporté par la visite du chantier de fouilles de la place Jaude dont l'objectif principal était de mettre au jour l'ancienne place du marché public. Les quatre ou cinq blocs sculptés découverts, vestiges possibles d'une "luxueuse" vespasienne antique, couronnent les efforts des archéologues pour un coût tout de même assez conséquent de 1 385 393 euros. En revanche, comme vous êtes bien obligé de le constater, aucun indice probant, aucune preuve, n'a été trouvé concernant une localisation, à cet endroit, du fameux temple de Vasso Galate dont parle Grégoire de Tours (1). 

Soucieux que je suis, comme tout bon contribuable, de la bonne utilisation des deniers publics, je me permets de vous rappeler ma lettre en date du 1/02/2005. Dans cette lettre - copie à la Sous-direction de l'archéologie - je vous rappelais les différents courriers que je vous ai adressés en 1993 avec mon ouvrage "Histoire de Gergovie" tout en attirant votre attention sur les très modestes sondages que je vous proposais de faire pour vérifier mes propositions. En mettant en effet Gergovie au Crest, il suffisait, entre autres, de repérer avec un simple détecteur à métaux la conduite en plomb qui allait du four antique à l'église du Crest où Sidoïne Apollinaire situait ses bains chauds... et le fameux temple de Vasso galate.

Comme certains archéologues l'ont constaté, j'ai expliqué mes travaux de recherche dans de nombreux articles publiés sur Agoravox. Je regrette, bien évidemment, que M. Matthieu .... ait nié mes propositions tout en refusant le débat. Il n'empêche que les preuves sont là et que chaque nouvel article que j'écris confirme mes propositions tout en révélant des remises en cause et des nouveautés insoupçonnées.

C'est ainsi que mon dernier article m'a permis de réinterpréter une médaille de l'époque du Bas-Empire. Dans l'ignorance du lieu représenté, on a pris l'habitude de l'expliquer ainsi : "quatre soldats sacrifiant sur un trépied devant la porte d'un camp". http://www.muenzauktion.at/poinsign...

En fait de camp, il s'agit plutôt d'une muraille ; et même d'une haute muraille, et même d'une muraille garnie de tours. A noter que sur cet exemplaire, on en compte huit alors que sur l'exemplaire de mon article  précédent, seules six sont représentées. Ce type de médaille est relativement fréquent. La frappe a été faite séparemment pour chacun des membres de la tétrarchie impériale comme l'indique, à l'envers, les noms, soit de Dioclétien, soit de Maximien, soit de Constance, soit de Galère. De toute évidence, les quatre personnages qui sacrifient sur l'autel sont les quatre tétrarques. Ils rendent hommage à la valeur militaire de leurs soldats - virtus militum - grâce  auxquels ils ont vaincu la Gaule, une fois de plus, plus de trois cents ans après la victoire de César. Ils sacrifient devant l'oppidum de Gergovie, là où je le situe, sur l'éperon du Crest, un oppidum ovale un peu déformé, la partie plus rectiligne, particulièrement abrupte, étant au sud. Comment ne pas faire le rapprochement avec ce que le vieux cadastre du Crest et le dessin de Guillaume Revel nous montrent ? Comment ne pas penser à la hauteur de la muraille qu'évoque César et qu'évoquent également les chapiteaux de Notre-Dame du Port ? Des chapiteaux qui montrent en outre le palais de Vercingétorix, côté face sud. Oui, nous avons là, dans ces quatre documents, tout ce qu'il faut savoir pour reconstruire l'oppidum de Gergovie. http://www.lecrest.fr/fr/informatio...

http://bibracte.com/mon_histoire_de...

Dans sa lettre du 20/01/2005, Mme Balsamo, chargée alors de la Sous-direction de l'archéologie, m'avait fait savoir que les informations dont je dispose concernant le site que je propose pour Gergovie pourraient vous être de la plus grande utilité. Depuis cette date, je pense que vous avez eu largement le temps d'examiner mes propositions.

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction du texte de César, telle que je la donne en l'appliquant sur l'éperon du Crest ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr... et http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction du texte de Grégoire de Tours concernant le temple de Vasso galate http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction des écrits de Sidoïne Apollinaire concernant son domaine d'Avitacus ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé un historien de l'art roman ou des historiens de l'art roman qui contredisent, arguments à l'appui, ou approuvent mes nouvelles datations, attributions, interprétations des églises du Crest, Blesle, Lavaudieu, Notre-Dame du Port, Brioude, Orcival et j'en passe ?

Avez-vous pris connaissance de mon interprétation du tympan de Sainte-Foy de Conques, http://www.agoravox.fr/tribune-libr... et de mon explication du vase de Vix ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Allez-vous enfin comprendre que je n'ai aucune complaisance à avoir à l'égard de MM. Goudineau, Guichard, Matthieu Poux, Inrap etc. vu que ce "corps intermédiaire" ne se soucie que de lui-même, et cela au risque de la mauvaise foi.

Je suis bien d'accord que madame Balsamo aurait pu traiter l'affaire elle-même, mais probablement a-t-elle préféré que l'affaire soit traitée à votre niveau et que l'information remonte par la voie hiérarchique. Je crains, dans ce cas, que vous soyez en porte-à-faux.

L'affaire est d'importance.

En effet, la période historique dite "des empereurs gaulois" est particulièrement obscure en raison de la rareté des documents. Mes remises en cause apportent un éclairage tout à fait nouveau en révélant durant cette période une fièvre de construction de bâtiments religieux que l'on avait jusque-là attribués au Moyen-âge.

C'est un nouveau regard qu'il faut dorénavant porter sur cette période que l'on considère, bien à tort, comme une période d'anarchie du fait de la scission des empereurs gaulois. Or, si certains textes nous éclairent sur ces empereurs et sur le pays éduen qui les hébergeait, nous n'avons rien de tel pour le pays arverne.

Mes remises en question nous révèlent plusieurs choses très importantes. D'abord la permanence de nos anciennes cités gauloises de Bibracte et de Gergovie, mais sous les  noms d'Augustodunum et d'Augustonemetum. Ensuite, un druidisme gaulois qui perdure mais qui évolue sous l'influence, certes, de l'hellénisme mais aussi d'un judaïsme qui devient de plus en plus présent après la conquête de César. Tout cela, je l'ai expliqué dans mes ouvrages publiés dans les années 90 et dans mes articles Agoravox (2). Ce judaïsme essénien et messianique, qui se représente un Jésus dans le ciel, suppose l'existence d'une diaspora juive particulièrement active, d'où le soulèvement, en 70, de Vindex et de la Gaule contre Néron, en même temps que Jérusalem entrait en résistance. Ci-joint : cathédrale de Chalon-sur-Saône, la population de Chalon au pied de son Christ du ciel.

Or, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, au lieu d'anarchie, les édifices religieux construits dans la Gaule de cette époque témoignent d'une extraordinaire floraison architecturale et sculpturale tout en nous dressant le tableau d'une société qui semble assez bien fonctionner.

A Notre-Dame du Port, à droite, le chapiteau de Stéphanus nous indique, on ne peut plus clairement, que ce sont des bienfaiteurs qui ont permis la construction de l'église (un chapiteau par riche citoyen, les non contributeurs étant accusés d'avarice). Par analogie, à Conques, c'est le personnage couronné, à gauche. Dans le premier cas, les bienfaiteurs "Etienne/Stephanus" sont les héllénistes convertis au judaïsme (et ensuite au christianisme comme le dit l'évangile). Dans le deuxième cas, c'est une communauté juive qui se place dans la lignée de David.

Notre médaille commémorative nous dit, par son image, que les tétrarques ont mené une guerre, en pays arverne, jusqu'à la prise de Gergovie. Les textes et les chapiteaux de la cathédrale d'Autun nous disent, en revanche, qu'ils sont venus en libérateurs du pays éduen contre les Gaulois rebelles. Difficile de ne pas voir, dans ce contraste, la perdurance dans le temps de la rivalité entre Gergovie et Bibracte.

La reconquête romaine a bien évidemment changé la donne. Or, curieusement, si le pays éduen a choisi une réorientation de son espérance christique vers le "natalis imperio" une naissance à l'empire - Constantin dans la cathédrale d'Autun, Julien dans la basilique de Vézelay - le pays arverne a préféré la réorienter dans une dévotion à Gergovie/Marie (Notre-Dame du Port).

Ce ne sera qu'à partir du concile de Nicée que l'Orient cherchera à imposer le christianisme que l'on connait tandis que l'arianisme se trouvera condamné en tant qu'hérésie.

Peut-on parler d'arianisme pour la Gaule d'avant Dioclétien ? Je ne le pense pourtant pas. L'arianisme ne viendra qu'après. En fait, j'hésite et ne sais pas très bien quel nom donner à cette croyance de l'époque des empereurs gaulois en un Jésus du ciel : judaïsme essénien ? christianisme éduen, arverne ? Judéodruidisme, je ne sais pas.

Ce que je sais, en revanche, c'est qu'il existe dans notre patrimoine un énorme potentiel de richesses cachées et que c'est bien dommage que de laisser la lampe sous le boisseau.

J'ai l'honneur de vous demander, M. le Directeur régional des affaires culturelles d'Auvergne, de bien vouloir transmettre ces informations à M. le Ministre de la Culture accompagnées de votre avis circonstancié.

Signé : Emile Mourey, simple citoyen et contribuable, www.bibracte.com

Note 1 : Le Fond de Jaude a été fouillé en 1980 préalablement à la construction du Centre Jaude, en 1995 (Carré Jaude 1), et durant huit mois l'an dernier. On a ici englouti une somme monstrueuse sans que l'on ait trouvé grand chose (article : "Des latrines à 500 00 euros" http://www.infomagazine.com/article...

Note 2 : Placé en dépôt à la librairie "Volcans d'Auvergne" de Clermont-Ferrand, mon ouvrage "Histoire de Gergovie" a été vilipendé par le journal La Montagne puis brûlé.

Note 3 : Pour en savoir plus : http://membres.multimania.fr/ascot/...

Note 4 : Le documentaire prôné par l'équipe Goudineau en faveur de Merdogne : "Archéologie d'une bataille" http://www.paxaugusta.net/1Animatio....

Extraits en partie de mes ouvrages. Extraits photos www.romanes.com et www.art-roman.net.




par Emile Mourey (son site) lundi 5 mars 2012 - 31 réactions
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