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Retour à Gergovie

M. le Directeur régional des affaires culturelles d'Auvergne,

Dans un dossier de presse publié sur votre site, vous soulignez très justement le grand intérêt que les habitants de Clermont-Ferrand portent à l'histoire antique de leur ville http://www.auvergne.culture.gouv.fr.... J'en veux pour preuve le succès remporté par la visite du chantier de fouilles de la place Jaude dont l'objectif principal était de mettre au jour l'ancienne place du marché public. Les quatre ou cinq blocs sculptés découverts, vestiges possibles d'une "luxueuse" vespasienne antique, couronnent les efforts des archéologues pour un coût tout de même assez conséquent de 1 385 393 euros. En revanche, comme vous êtes bien obligé de le constater, aucun indice probant, aucune preuve, n'a été trouvé concernant une localisation, à cet endroit, du fameux temple de Vasso Galate dont parle Grégoire de Tours (1). 

Soucieux que je suis, comme tout bon contribuable, de la bonne utilisation des deniers publics, je me permets de vous rappeler ma lettre en date du 1/02/2005. Dans cette lettre - copie à la Sous-direction de l'archéologie - je vous rappelais les différents courriers que je vous ai adressés en 1993 avec mon ouvrage "Histoire de Gergovie" tout en attirant votre attention sur les très modestes sondages que je vous proposais de faire pour vérifier mes propositions. En mettant en effet Gergovie au Crest, il suffisait, entre autres, de repérer avec un simple détecteur à métaux la conduite en plomb qui allait du four antique à l'église du Crest où Sidoïne Apollinaire situait ses bains chauds... et le fameux temple de Vasso galate.

Comme certains archéologues l'ont constaté, j'ai expliqué mes travaux de recherche dans de nombreux articles publiés sur Agoravox. Je regrette, bien évidemment, que M. Matthieu .... ait nié mes propositions tout en refusant le débat. Il n'empêche que les preuves sont là et que chaque nouvel article que j'écris confirme mes propositions tout en révélant des remises en cause et des nouveautés insoupçonnées.

C'est ainsi que mon dernier article m'a permis de réinterpréter une médaille de l'époque du Bas-Empire. Dans l'ignorance du lieu représenté, on a pris l'habitude de l'expliquer ainsi : "quatre soldats sacrifiant sur un trépied devant la porte d'un camp". http://www.muenzauktion.at/poinsign...

En fait de camp, il s'agit plutôt d'une muraille ; et même d'une haute muraille, et même d'une muraille garnie de tours. A noter que sur cet exemplaire, on en compte huit alors que sur l'exemplaire de mon article  précédent, seules six sont représentées. Ce type de médaille est relativement fréquent. La frappe a été faite séparemment pour chacun des membres de la tétrarchie impériale comme l'indique, à l'envers, les noms, soit de Dioclétien, soit de Maximien, soit de Constance, soit de Galère. De toute évidence, les quatre personnages qui sacrifient sur l'autel sont les quatre tétrarques. Ils rendent hommage à la valeur militaire de leurs soldats - virtus militum - grâce  auxquels ils ont vaincu la Gaule, une fois de plus, plus de trois cents ans après la victoire de César. Ils sacrifient devant l'oppidum de Gergovie, là où je le situe, sur l'éperon du Crest, un oppidum ovale un peu déformé, la partie plus rectiligne, particulièrement abrupte, étant au sud. Comment ne pas faire le rapprochement avec ce que le vieux cadastre du Crest et le dessin de Guillaume Revel nous montrent ? Comment ne pas penser à la hauteur de la muraille qu'évoque César et qu'évoquent également les chapiteaux de Notre-Dame du Port ? Des chapiteaux qui montrent en outre le palais de Vercingétorix, côté face sud. Oui, nous avons là, dans ces quatre documents, tout ce qu'il faut savoir pour reconstruire l'oppidum de Gergovie. http://www.lecrest.fr/fr/informatio...

http://bibracte.com/mon_histoire_de...

Dans sa lettre du 20/01/2005, Mme Balsamo, chargée alors de la Sous-direction de l'archéologie, m'avait fait savoir que les informations dont je dispose concernant le site que je propose pour Gergovie pourraient vous être de la plus grande utilité. Depuis cette date, je pense que vous avez eu largement le temps d'examiner mes propositions.

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction du texte de César, telle que je la donne en l'appliquant sur l'éperon du Crest ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr... et http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction du texte de Grégoire de Tours concernant le temple de Vasso galate http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé le latiniste ou les latinistes qui contredisent ou approuvent ma traduction des écrits de Sidoïne Apollinaire concernant son domaine d'Avitacus ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Avez-vous trouvé un historien de l'art roman ou des historiens de l'art roman qui contredisent, arguments à l'appui, ou approuvent mes nouvelles datations, attributions, interprétations des églises du Crest, Blesle, Lavaudieu, Notre-Dame du Port, Brioude, Orcival et j'en passe ?

Avez-vous pris connaissance de mon interprétation du tympan de Sainte-Foy de Conques, http://www.agoravox.fr/tribune-libr... et de mon explication du vase de Vix ? http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Allez-vous enfin comprendre que je n'ai aucune complaisance à avoir à l'égard de MM. Goudineau, Guichard, Matthieu Poux, Inrap etc. vu que ce "corps intermédiaire" ne se soucie que de lui-même, et cela au risque de la mauvaise foi.

Je suis bien d'accord que madame Balsamo aurait pu traiter l'affaire elle-même, mais probablement a-t-elle préféré que l'affaire soit traitée à votre niveau et que l'information remonte par la voie hiérarchique. Je crains, dans ce cas, que vous soyez en porte-à-faux.

L'affaire est d'importance.

En effet, la période historique dite "des empereurs gaulois" est particulièrement obscure en raison de la rareté des documents. Mes remises en cause apportent un éclairage tout à fait nouveau en révélant durant cette période une fièvre de construction de bâtiments religieux que l'on avait jusque-là attribués au Moyen-âge.

C'est un nouveau regard qu'il faut dorénavant porter sur cette période que l'on considère, bien à tort, comme une période d'anarchie du fait de la scission des empereurs gaulois. Or, si certains textes nous éclairent sur ces empereurs et sur le pays éduen qui les hébergeait, nous n'avons rien de tel pour le pays arverne.

Mes remises en question nous révèlent plusieurs choses très importantes. D'abord la permanence de nos anciennes cités gauloises de Bibracte et de Gergovie, mais sous les  noms d'Augustodunum et d'Augustonemetum. Ensuite, un druidisme gaulois qui perdure mais qui évolue sous l'influence, certes, de l'hellénisme mais aussi d'un judaïsme qui devient de plus en plus présent après la conquête de César. Tout cela, je l'ai expliqué dans mes ouvrages publiés dans les années 90 et dans mes articles Agoravox (2). Ce judaïsme essénien et messianique, qui se représente un Jésus dans le ciel, suppose l'existence d'une diaspora juive particulièrement active, d'où le soulèvement, en 70, de Vindex et de la Gaule contre Néron, en même temps que Jérusalem entrait en résistance. Ci-joint : cathédrale de Chalon-sur-Saône, la population de Chalon au pied de son Christ du ciel.

Or, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, au lieu d'anarchie, les édifices religieux construits dans la Gaule de cette époque témoignent d'une extraordinaire floraison architecturale et sculpturale tout en nous dressant le tableau d'une société qui semble assez bien fonctionner.

A Notre-Dame du Port, à droite, le chapiteau de Stéphanus nous indique, on ne peut plus clairement, que ce sont des bienfaiteurs qui ont permis la construction de l'église (un chapiteau par riche citoyen, les non contributeurs étant accusés d'avarice). Par analogie, à Conques, c'est le personnage couronné, à gauche. Dans le premier cas, les bienfaiteurs "Etienne/Stephanus" sont les héllénistes convertis au judaïsme (et ensuite au christianisme comme le dit l'évangile). Dans le deuxième cas, c'est une communauté juive qui se place dans la lignée de David.

Notre médaille commémorative nous dit, par son image, que les tétrarques ont mené une guerre, en pays arverne, jusqu'à la prise de Gergovie. Les textes et les chapiteaux de la cathédrale d'Autun nous disent, en revanche, qu'ils sont venus en libérateurs du pays éduen contre les Gaulois rebelles. Difficile de ne pas voir, dans ce contraste, la perdurance dans le temps de la rivalité entre Gergovie et Bibracte.

La reconquête romaine a bien évidemment changé la donne. Or, curieusement, si le pays éduen a choisi une réorientation de son espérance christique vers le "natalis imperio" une naissance à l'empire - Constantin dans la cathédrale d'Autun, Julien dans la basilique de Vézelay - le pays arverne a préféré la réorienter dans une dévotion à Gergovie/Marie (Notre-Dame du Port).

Ce ne sera qu'à partir du concile de Nicée que l'Orient cherchera à imposer le christianisme que l'on connait tandis que l'arianisme se trouvera condamné en tant qu'hérésie.

Peut-on parler d'arianisme pour la Gaule d'avant Dioclétien ? Je ne le pense pourtant pas. L'arianisme ne viendra qu'après. En fait, j'hésite et ne sais pas très bien quel nom donner à cette croyance de l'époque des empereurs gaulois en un Jésus du ciel : judaïsme essénien ? christianisme éduen, arverne ? Judéodruidisme, je ne sais pas.

Ce que je sais, en revanche, c'est qu'il existe dans notre patrimoine un énorme potentiel de richesses cachées et que c'est bien dommage que de laisser la lampe sous le boisseau.

J'ai l'honneur de vous demander, M. le Directeur régional des affaires culturelles d'Auvergne, de bien vouloir transmettre ces informations à M. le Ministre de la Culture accompagnées de votre avis circonstancié.

Signé : Emile Mourey, simple citoyen et contribuable, www.bibracte.com

Note 1 : Le Fond de Jaude a été fouillé en 1980 préalablement à la construction du Centre Jaude, en 1995 (Carré Jaude 1), et durant huit mois l'an dernier. On a ici englouti une somme monstrueuse sans que l'on ait trouvé grand chose (article : "Des latrines à 500 00 euros" http://www.infomagazine.com/article...

Note 2 : Placé en dépôt à la librairie "Volcans d'Auvergne" de Clermont-Ferrand, mon ouvrage "Histoire de Gergovie" a été vilipendé par le journal La Montagne puis brûlé.

Note 3 : Pour en savoir plus : http://membres.multimania.fr/ascot/...

Note 4 : Le documentaire prôné par l'équipe Goudineau en faveur de Merdogne : "Archéologie d'une bataille" http://www.paxaugusta.net/1Animatio....

Extraits en partie de mes ouvrages. Extraits photos www.romanes.com et www.art-roman.net.



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Réactions à cet article

  • Par Soi Même (---.---.---.146) 5 mars 2012 10:36

    Vous commencez à devenir raisonnable, vous dites - ( je ne sais pas.) dommage que vous l’appliquez pas aux restes de vos théories ! Il n’est pas interdit d’avoir des hypothèses, ce n’est pas pour cela que c’est des certitudes mis c’est la vérité.

    Je conseillerait vivement de lire .

    Art Sacré
    Cahiers de Rencontre avec le Patrimoine religieux vol. 16
    La sculpture, de l’Antiquité tardive
    à l’aube de la Renaissance
    2002 - 176 p. - 21 x 29,7 - 24 € ISBN 2-911948-16-5
    Auteurs
    Eliane DUMOTIER-SIGWALT ; François GARNIER ; Michel MAUPOIX ;
    Raymond OURSEL ; Marc DU POUGET.
    Présentation
    De la Provence antique à la Bourgogne romane, en passant par les
    chemins de Saint-Jacques (Neuvy-Saint-Sépulchre, Estella), ce recueil
    d’études propose diverses réflexions sur l’évolution de la sculpture de
    l’antiquité tardive à l’aube de la Renaissance.
    Art Sacré
    Cahiers de Rencontre avec le Patrimoine religieux vol. 17
    Visages de lumière, Sculptures du Musée diocésain
    d’art religieux de Blois.
    Les Jacobins Catalogue d’exposition
    Les Jacobins nov. 2002-sept. 2003
    2002 - 304 p. - 21 x 29,7 - 33 € ISBN 2-911948-17-3
    Auteurs
    Marie-France BAUDOUX ; Sophie BELLANCOURT ; Chanoine André
    COUFFRANT ; Mgr Maurice DE GERMINY ; Sophie LAMIRAULT-SORIN ;
    Marie LATOUR-FALAISE ; Christelle MAITRE-JARREAU ; Michel MAUPOIX ;
    Geneviève MESTIVIER ; Nicole PATUREAU ; Odette PILEUX ; Evelyne
    THOMAS ; Martine TISSIER DE MALLERAIS ; Mgr Philippe VERRIER.
    Présentation
    Consacré au catalogue des sculptures du Musée diocésain d’art religieux de
    Blois, cet ouvrage présente un ensemble de plus de 250 oeuvres formant une
    riche collection présentée de manière thématique (Christ, Vierge, anges, apôtres,
    saints). Elle comporte des sculptures de l’époque romane jusqu’aux créations
    contemporaines.

    Et un autre livre du même auteur.

    François Garnier

    Thésaurus iconographique

    Système descriptif des représentations

    ministère de la Culture.
    Paris : Le Léopard d’or, 1984. -240 p. ; 30 cm. - III./François Garnier et Véronique Labbé.
    Br. : 150 F.

     

    Par Christiane Baryla

     

    Le livre de François Garnier arrive très à propos comme une des pièces importantes d’un débat de méthode ouvert aujourd’hui à propos des bibliothèques et de leurs fonds d’images. Le thésaurus iconographique représente une oeuvre en soi tout à fait exceptionnelle dont nul, au sein de notre profession, ne peut esquiver la lecture. L’émergence multi-médias, surtout la nécessaire mise en valeur de fonds jusqu’ici laissés en jachère sont des raisons qui poussent impérativement tout bibliothécaire à s’intéresser au classement, à la diffusion et à l’accès aux images. Toutefois, nous ne pensons pas qu’il soit possible de traiter à statut égal d’une part le compte rendu de l’ouvrage lui-même, d’autre part l’exposé d’un débat plus large mais fondamental, issu des problèmes posés par l’automatisation. Nous avons donc volontairement subdivisé cet article en deux parties, totalement indépendantes l’une de l’autre.


    Bonne érudition.




  • Par gordon71 (---.---.---.128) 5 mars 2012 14:09
    gordon71

    Bonjour Emile


    quelle pugnacité, vous ne lâchez pas facilement vous.

    Vous m’avez donné envie de m’intéresser au sujet et à cette période de l’histoire finalement très vite survolée dans nos manuels scolaires.

    du coup je cherche des infos et des documents sur l’organisation du « pays » éduen 

    je m’aperçois que cette tribu, loin des images d’épinal, n’était pas autarcique et repliée sur elle même avait énormément développé les échanges commerciaux, notamment avec Rome 
    du coup je me pose la question de son organisation territoriale, de quoi avait elle besoin :

    d’un réseau de voies de communication pour transporter les hommes et les marchandises, routes et voies navigables d’où la position idéale de Chalon base logistique sur la Saône( comme aujourd’hui)

    de places fortes pour défendre le territoire, l’époque est aux invasions, il faut défendre sa peau

    dans cette optique ne peut on penser que les nobles éduens ont autant besoin du mont beuvray, à l’extrême ouest de leur territoire, que du mont saint vincent qui surveille plutôt le sud et la vallée de la Grosne ?

     est ce qu’il faut absolument choisir l’un ou l’autre emplacement comme cité mère ou penser en terme de réseau de cités avec pour chacune une vocation (militaire commerciale, religieuse)


    autrement dit les éduens étaient ils « jacobins » ou plutôt « Girondins » ?




    • Par Antenor (---.---.---.146) 5 mars 2012 17:21
      Antenor

      Il faut faire attention à l’échelle où on se place. Du point de vue de la superficie, l’équivalent gaulois d’une cité italienne, c’est le pagus (une trentaine de kilomètres de diamètres).

      L’équivalent italien des « royaumes » éduens ou arvernes de Gaule, ce sont les « Ligues » latines, ligures ou étrusques.

      Romains et Albains avaient beau être Latins, cela ne les empêchaient pas d’être rivaux et parfois de se faire la guerre. Il en allait probablement de même au sein des « peuples » arvernes ou éduens. Les pagus éduens se tiraient sans doute la bourre entre eux. Idem en Auvergne avec la rivalité entre entre Riom et Clermont.

  • Par gordon71 (---.---.---.128) 5 mars 2012 14:15
    gordon71

    oui je sais, là je suis un peu hors sujet, j’ai un train de retard...




  • Par Antenor (---.---.---.146) 5 mars 2012 17:09
    Antenor

    Dans un registre légèrement différent, on peut se demander si le Puy de Montaudou et son théâtre n’étaient pas le centre politique/Médiolanum du pagus de Clermont.

    http://www.augustonemetum.fr/News/Info-433/Le-theatre-de-Montaudou.html

    Un pagus faisait environ trente kilomètre de diamètre. Or, à une trentaine de km au nord du Puy de Montaudou, on trouve également près de Riom le lieu-dit Montautoux (Commune de Davayat).

    Etymologiquement Montaudou/Montautoux pourrait se décomposer en « Mons Toutates » : la montagne du peuple.

    Concernant Gergovie, il semble logique de la placer sur le site d’une grande citadelle du pagus de Clermont. Cela se joue donc probablement entre Montrognon, Opme et Le Crest.

  • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 5 mars 2012 18:23
    Emile Mourey

    Merci de votre soutien.

    Profitons de l’existence d’Agoravox pour dénoncer les corps intermédiaires, technostructures, oligarchies qui nous gouvernent et qui creusent toujours davantage notre dette. Plus de 1385000 euros dépensés ici pour rien, 35 millions dépensés au mont Beuvray pour une opération qui se révèle aujourd’hui non rentable. C’est la seule bonne façon de faire de la politique. 
  • Par Matthieu Poux (---.---.---.49) 7 mars 2012 13:22
    Matthieu Poux

    Sans oublier, M. Mourey, le site de Corent et ses quelque centaines de milliers d’euros alloués par l’état et les collectivités en l’espace de dix ans de fouilles, qui se sont soldées par des résultats quasi nuls !
    A force de vous lire et tenter de suivre vos mouvements stratégiques, les « corps intermédiaires » en attrapent des cors au pied...

    • Par Antenor (---.---.---.100) 7 mars 2012 16:53
      Antenor

      @ Matthieu Poux

      Si certains sites sont sur-financés, d’autres en font forcément les frais. C’est le revers de la médaille de cette politique de promotion des « oppidums-stars ».

      Notre pays est truffé de sites archéologiques qui mériteraient des investissements.

      Même à l’échelon de l’Auvergne, le plateau de Corent est intéressant mais il ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt.

    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 7 mars 2012 22:21
      Emile Mourey
      @ Matthieu Poux
      Rectificatif à votre propos au sujet de vos fouilles sur le plateau de Corent, mon commentaire du 4 avril 2009, 10h53 :... vos résultats de fouilles prouvent à l’évidence, en ce qui me concerne, que le plateau de Corent était le site sacré dévolu aux cérémonies religieuses. Le fait qu’il soit au pied du Crest s’accorde en outre avec le texte de César qui voyait Gergovie sur cette hauteur et non sur un plateau de Merdogne aux qualités défensives très discutables (faites confiance au militaire que je suis et certainement meilleur latiniste que M. Christian Goudineau). Je n’ai jamais dit que vos résultats de fouilles étaient quasi nuls.

      Je suis d’ailleurs tout à fait d’accord pour situer à Corent le lieu où Luern offrait ses grands festins ; tout à fait d’accord pour y situer un « théâtre », lieu du débat politique ; tout à fait d’accord pour y voir un site sacré et religieux, notamment pour les cérémonies funèbres (suivies de banquets) ; tout à fait d’accord pour y voir un lieu touristique ouvert aux visiteurs, et même lieu de commerce ... échoppes etc... Tout à fait d’accord pour y voir un édifice religieux mais certainement pas le temple de Vasso Galate dont parle Grégoire de Tours.


      Je ne mets pas en doute votre qualité et vos qualités d’archéologue. En revanche, je vous reproche cette tentation que vous avez de vouloir réécrire l’Histoire à partir de vos propres découvertes et interprétations archéologiques et cela sans tenir compte des textes ou en ne voulant pas leur accorder la fiabilité que, pour ma part, je leur accorde (exemple, au sujet de Massada).

      L’existence de corps intermédiaires dans l’organisation de notre société est un fait. Ce fut le cas de l’archéologie. Titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, le professeur Christian Goudineau n’était-il pas chargé par le Collège de France d’enseigner la recherche en train de se faire ? D’où ses nombreux livres, véritable bible de la bien-pensance dont il était mal venu de s’écarter. Ne soyez pas naïf !

      Tout ce qui s’est fait, ces derniers temps, en archéologie s’est fait dans la ligne de Christian Goudineau entouré de ses fidèles, au premier rang Vincent Guichard : le centre archéologique européen, le muséoparc d’Alésia, les fouilles coûteuses et inutiles qu’on continue au mont Beuvray, les fouilles de la place Jaude que je dénonce dans cet article.

      Pourquoi ces fouilles coûteuses et inutiles de la place Jaude ? Tout simplement parce qu’on voulait démontrer que la Gergovie de César sur son point haut n’avait jamais existé et que tout avait commencé à Clermont. Tout cela pour sauver la crédibilité d’un homme et de ses ouvrages... qui sera bien mise à mal lorsque la communauté scientifique comprendra que la véritable Bibracte se trouve à Mont-Saint-Vincent et Gergovie au Crest.

      Aujourd’hui, il n’y a plus de chaire des Antiquités nationales au Collège de France. Christian Goudineau est à la retraite. Christian de Monner également. Le ministre de la Culture a réalisé son rêve en écrivant son livre. Vous êtes désormais libre... et responsable. 




    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 7 mars 2012 22:42
      Emile Mourey

      Et M. Michel Clément a disparu de l’organigramme du ministère !!!

    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 00:30
      Emile Mourey

      LIRE : GRENIER DE MONNER, ÉMINENCE GRISE DE LA SOUS-DIRECTION DE L’ARCHÉOLOGIE, MICHEL CLÉMENT, DIRECTEIR DE L’ARCHITECTIURE ET DU PATRIMOINE

  • Par Matthieu Poux (---.---.---.49) 8 mars 2012 09:55
    Matthieu Poux

    Merci pour votre réponse, qui comporte plusieurs erreurs et inexactitudes.

    Dans l’ordre :

    "le plateau de Corent était le site sacré dévolu aux cérémonies religieuses. Le fait qu’il soit au pied du Crest s’accorde en outre avec le texte de César qui voyait Gergovie sur cette hauteur et non sur un plateau de Merdogne aux qualités défensives très discutables« 

    Le Crest : alt. maxi. = 653 m
    Corent : alt. maxi. = 621 m
    Plateau de Gergovie/Merdogne : alt. maxi = 745 m !

    L’archéologie n’est certes pas (toujours) une science exacte, mais ce n’est pas le cas de la géographie !

    Les fouilles menées à Corent depuis 2005 (7 ans déjà) à l’extérieur du sanctuaire ont montré qu’il est loin de correspondre uniquement à un »site sacré dévolu aux cérémonies religieuses« (à ma connaissance, personne n’a jamais songé à y localiser le le temple de Vasso Galate de Grégoire de Tours). Mais aussi, à un pôle politique et économique majeur de la Cité arverne, densément occupé au Ier s. av. J.-C. (plus de 40 ha d’habitats).
    A mon tour de vous renvoyer à la lecture de nos écrits : M. Poux, Corent - Voyage au coeur d’une ville gauloise, Ed. Errance, Paris 2011.

     »En revanche, je vous reproche cette tentation que vous avez de vouloir réécrire l’Histoire à partir de vos propres découvertes et interprétations archéologiques et cela sans tenir compte des textes ou en ne voulant pas leur accorder la fiabilité que, pour ma part, je leur accorde (exemple, au sujet de Massada).« 

    La finalité même de toute démarche archéologique est d’écrire ou de réécrire l’Histoire (celle des communautés humaines ou des individus). Pour ma part, c’est avec grand intérêt que j’utilise les textes grecs ou latins, sur la base des traductions existantes, reconnues par la communauté scientifique et exemptes de tripatouillages (Belles Lettres, etc.). Pour avoir examiné chaque terme du passage de César consacré à Gergovie (la question de Massada ne figure pas parmi mes priorités), je ne pense pas qu’il soit possible d’en tirer des arguments définitifs en faveur de tel ou tel site. Ce qui distingue mes hypothèses (provisoires et présentées comme telles !) des théories »définitives« , partisanes et tronquées développées et défendues par vos soins, M. Eychart ou en dernier lieu, M. Baruch...

     »L’existence de corps intermédiaires dans l’organisation de notre société est un fait. Ce fut le cas de l’archéologie. Titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, le professeur Christian Goudineau n’était-il pas chargé par le Collège de France d’enseigner la recherche en train de se faire ? D’où ses nombreux livres, véritable bible de la bien-pensance dont il était mal venu de s’écarter. Ne soyez pas naïf ! Tout ce qui s’est fait, ces derniers temps, en archéologie s’est fait dans la ligne de Christian Goudineau« 

    Là encore, vous me paraissez bien mal informé. J’ai eu maintes fois l’occasion de m’opposer diamétralement aux hypothèses de M. C. Goudineau, que ce soit dans différents articles consacrés à la question des origines de Lutèce, de Lugdunum ou de Gergovie, dans le cadre de colloques ou de ma soutenance d’habilitation.
    Il ne m’en a jamais tenu rigueur et en dépit de ces désaccords, j’ai toujours conservé pour le plus grand respect à l’égard de ses oeuvres et de sa personne.
    Ainsi va la recherche »officielle« , qui oppose les arguments de manière constructive et n’a rien d’une guerre de tranchées.
    Pour paraphraser Clémenceau, l’archéologie est une affaire trop futile pour être confiée à des stratèges !

     »Le centre archéologique européen, le muséoparc d’Alésia, les fouilles coûteuses et inutiles qu’on continue au mont Beuvray,.« 

    Au-delà des résultats scientifiques (indéniables, innombrables) apportés par ces deux projets, vous oubliez leur rôle majeur en matière de collaboration des institutions de recherche européennes et de transmission du savoir au grand public, qui a d’autres centres d’intérêt que la seule localisation des sites de bataille et les querelles de clocher qui en découlent...

     »Pourquoi ces fouilles coûteuses et inutiles de la place Jaude ? Tout simplement parce qu’on voulait démontrer que la Gergovie de César sur son point haut n’avait jamais existé et que tout avait commencé à Clermont. « 

    Cette question témoigne d’une méconnaissance absolue du fonctionnement de l’archéologie en France : en particulier, des opérations d’’archéologie dite »préventive« , suscitées par la construction de projets d’aménagement autrement plus coûteux (routes, parking, immeubles...). Les archéologues de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) n’ont pas demandé à fouiller Place de Jaude » : ils y ont été contraints par l’appétit des promoteurs et de leur clientèle amenée à s’installer dans le futur centre commercial dont la construction détruira l’intégralité des vestiges découverts. Leur intérêt est d’ailleurs loin d’être aussi négligeable que le laissait entendre cet article très orienté de « La Montagne » : en fait de latrines, il s’agit plutôt d’un vaste centre monumental doté d’un bassin-nymphée, de cuisines et d’autres équipements dont l’étude est en cours et renouvelera entièrement notre connaissance du quartier.
    Pour information, le bâtiment romain identifié au Vasso Galate ne se situe pas précisément dans l’emprise des fouilles mais plusieurs dizaines de mètres au nord : il s’agit du fameux « Mur des Sarrasins », qui correspond à la substruction d’un très vaste édifice d’époque romaine dont le réexamen récent a confirmé la datation et l’importance dans le paysage monumental de la capitale arverne...

    "Tout cela pour sauver la crédibilité d’un homme et de ses ouvrages... qui sera bien mise à mal lorsque la communauté scientifique comprendra que la véritable Bibracte se trouve à Mont-Saint-Vincent et Gergovie au Crest.« 

    L’espoir fait vivre, mais Christian Goudineau bouge encore et compte bien utiliser son temps libre de (jeune) retraité pour faire entendre sa voix !.

     »Vous êtes désormais libre... et responsable. "

    Aujourd’hui pas davantage qu’hier. De nos jours, il est préférable d’appartenir aux corps intermédiaires qu’aux hautes sphères d’Etat, où les pressions exercées sont autrement plus fortes.
    Pour l’anecdote, M. Michel Clément était encore en place lorsque nos fouilles de Corent ont été interrompues, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le débat de Gergovie...

    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 13:43
      Emile Mourey

      @ Matthieu Poux

      Je précise que je ne mets pas en doute votre qualité et vos qualités d’archéologue, ni le bien-fondé de vos fouilles archéologiques de Corent et des crédits qui vous sont attribués, bien au contraire.

      Que si, dans mes ouvrages, j’ai commis quelques erreurs, comme d’avoir fait l’hypothèse de placer les festins de Luern au Crest, je les ai corrigées depuis pour tenir compte de vos découvertes.

      Je réponds dans l’ordre à vos questions :

      Primo. Ce n’est pas l’altitude géographique d’une position qui en fait sa valeur militaire mais son terrain, c’est-à-dire ce qui lui permet de mieux se défendre et d’avoir les meilleures vues. Les anciens archéologues le savaient encore qui, en Bourgogne, exploraient systématiquement les éperons barrés. Le Crest est sur un éperon, dans le prolongement de la montagne de la Serre. Même un néophyte devrait comprendre que l’oppidum ovale du vieux cadastre du Crest et de la médaille de mon article était incomparablement plus défendable que le massif montagneux de Merdogne tout en angles morts et aux arrières sans abrupts. Par ailleurs, n’importe quel homme de bon sens devrait comprendre que l’abondante source du Crest était plus buvable que les eaux croupissantes d’une mare ou d’une source intermittente ou absente comme à Merdogne.

      Secundo. Vous parlez d’une ville de 40 hectares à Corent. Lorsque j’ai écrit mon « Histoire de Gergovie » dans les années 80, on ne parlait que d’un gros vicus gaulois avec des traces nombreuses d’habitations, un lac, une source abondante ainsi que de très nombreux vestiges, les plus divers (PP Mathieu, Annales scientifiques de l’Auvergne, tome 29, 1856, p. 521). Les nombreuses pièces de monnaies qu’on y ramassait encore à cette époque, le chemin des morts qui gravissait la pente dans l’ancien cadastre, tout cela m’a fait écrire que c’était là que les Arvernes brûlaient leurs morts et que c’était un site sacré. Suite à vos travaux, je reconnais qu’il faut y voir le « théâtre » des réunions politiques et un important sanctuaire religieux. Vos futurs chantiers devraient normalement mettre au jour l’emplacement de l’ancien lac, le lieu où les morts étaient brûlés et une extension des habitations. A partir de là, nous pourrons affirmer que Corent fut bien la ville première arverne dans le système forteresse/ville que j’ai expliqué dans mes ouvrages, Le Crest étant la forteresse/capitale, Corent étant la ville avant d’être supplanté par Clermont. Le problème est que les maisons y sont construites tout en bois, ce qui suppose un principe religieux et esthétique qu’on ne trouve pas ailleurs et qui ne s’explique que dans le cas d’un site seulement sacré et touristique. Pour le moment, les rapports de fouilles de votre site internet Luern, ne permettent pas encore d’y voir une grande ville et certainement pas une capitale ou le centre d’une capitale éclatée puisque c’est au Crest qu’il faut la situer.

      Tertio. Vous m’accusez de « tripatouiller » les textes, de théories définitives, partisanes et tronquées. Vous me mettez dans le même sac de ceux qui osent mettre en doute vos propres théories. C’est de bonne guerre, mais c’est un peu facile. Ce n’est pas parce que la communauté scientifique se réfère toujours à la traduction de 1927 de Constans que sa traduction est parole d’évangile. Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de latiniste compétent dans votre milieu qu’il ne faut pas demander une aide à de meilleurs latinistes. 

      Quarto. Concernant M. Goudineau, tant mieux pour vous, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas le cas. De toute façon, sa position que je considère antinationale et révisionniste ne me convient pas. 
      Je n’ai jamais pensé ni dit que l’archéologie était une affaire futile. Bien au contraire, j’ai toujours dit haut et fort que le patrimoine était une affaire de la plus haute importance. D’ailleurs, je passe la plus grande partie de mon temps à le défendre et à vouloir le sauver alors que ceux qui devraient également le faire s’en foutent. Où sont les partisans du patrimoine qui devraient défendre l’environnement de la tour de Taisey, de Mont-Saint-Vincent et du Crest ? Aux abonnés absents, il est là, le scandale !

      Quinto. En matière de collaboration des institutions de recherche européennes et de transmission du savoir au grand public, c’est bien là la catastrophe. C’est vous-mêmes qui creusez la tombe de l’archéologie française en répandant des théories forcément erronées en partant des sites erronés de Gergovie et de Bibracte.

      Sexto. Je veux bien revenir sur mon jugement concernant les fouilles de la place Jaude. Ce que vous me dites est un inédit que je ne connaissais pas et qu’apparemment, le journal la Montagne ignorait. Il faudrait donc améliorer votre communication mais vous comprendrez que je sois surpris qu’on ait voulu y chercher le temple de Vasso galate alors que j’ai expliqué depuis un certain temps qu’il fallait le voir dans l’actuelle église du Crest.

      Octavo. Quant aux hautes sphères de l’Etat, je ne fais pas de politique, mais il est probable qu’après toutes les erreurs que fait votre profession, il vaut mieux pour vous, suivre la trace de M. Aillagon.

      Merci d’avoir accepté le débat.


    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 19:43
      Emile Mourey

      @Matthieu Poux

      Corent, ville/colonie première... ?... évidemment après la ville dont parle César, au pied de l’oppidum ovale du Crest.
    • Par artémis (---.---.---.126) 12 mars 2012 01:38

      @ Matthieu Poux

      J’ai toujours été surpris de voir que vous preniez « plaisir » à venir taquiner Monsieur Mourey sur ses articles qui sont loin de me convaincre (en tout cas ceux relatifs à la localisation de Gergovie qui m’intéresse plus particulièrement). Généralement, je me contente de lire les échanges et réactions des uns et des autres et je suis très attentif à vos arguments qui n’ont pas de peine à ébranler les interprétations (intéressantes parfois) mais plus qu’osées pour ne pas dire plus ! 

      Convaincu de l’importance du site de Corent (connu depuis longtemps) et confirmée chaque année de fouilles par les découvertes extraordinaires de ces dernières années de vos équipes, je n’ai jamais adhéré aux théories de Mr Mourey, n’ai pas été convaincu ni par la localisation officielle ni par celle très récente de Mr Baruch...

      Même si la théorie de Paul Eychart (localisation aux Côtes) mériterait d’être étudiée de plus près, je ne comprends pas que vous la rangiez au même titre que les théories Mourey et Baruch.

       Eychart a élaboré sa théorie à partir de travaux réalisés sur le terrain (fouilles, sondages) dans les années 60/70, avec peu de moyens, aucune subvention, sur des surfaces peu importantes (- de 500 M2). Il a fait de nombreuses publications dans des revues scientifiques, participé à des colloques, écrit plusieurs ouvrages et passé une thèse en Sorbonne en 1967 sous la direction de Raymond Chevallier, ancien membre de l’Ecole française de Rome. 

    • Par Antenor (---.---.---.145) 12 mars 2012 17:15
      Antenor

       

      A Corent et aux Côtes de Clermont, on a affaire au même type de site que Merdogne.

      L’idée de base d’Emile Mourey : permanence des points forts à travers le temps, coule pourtant de source. Pour quelle mystérieuse raison, les sites défensivement intéressants au Second Age du Fer ne l’auraient-ils plus été au Moyen-âge ? Le contexte technologique était pratiquement identique à ces deux périodes.

  • Par Antenor (---.---.---.162) 8 mars 2012 16:46
    Antenor

    @ Matthieu Poux

    Peut-on réellement affirmer avec la plus grande certitude que le site de Corent comprend « 40 hectares d’habitats » (denses ou clairsemés ?) quand seulement à peine deux hectares ont été fouillés ?

    Comment comprendre la présence d’un « théâtre » à Corent et celle d’un autre « théâtre » au Puy de Montaudou ?

    N’est-ce pas une étrange coïncidence que le site soit abandonné précisément au moment où le christianisme devient dominant dans l’Empire ?

    • Par Matthieu Poux (---.---.---.49) 9 mars 2012 13:56
      Matthieu Poux

      "Peut-on réellement affirmer avec la plus grande certitude que le site de Corent comprend « 40 hectares d’habitats » (denses ou clairsemés ?) quand seulement à peine deux hectares ont été fouillés ?"

      Oui : réponse dans l’ouvrage précité (prospections au sol et géophysiques, etc.)

      « Comment comprendre la présence d’un »théâtre« à Corent et celle d’un autre »théâtre« au Puy de Montaudou ? »

      Les deux édifices ne sont pas contemporains. Par ailleurs, il est courant qu’une même Civitas dispose de plusieurs lieux de réunion et de spectacle.

      "N’est-ce pas une étrange coïncidence que le site soit abandonné précisément au moment où le christianisme devient dominant dans l’Empire ?"

      D’après l’étude des monnaies et des mobiliers retrouvés dans son enceinte, le sanctuaire est abandonné et détruit au début de l’époque tétrarchique (fin des années 270-280), soit bien avant l’édit de Milan et l’avènement du Christianisme comme religion d’Etat.

    • Par Antenor (---.---.---.69) 9 mars 2012 14:35
      Antenor

      Merci pour la précision. Le site de Corent a donc été abandonné au moment où l’Empire a connu une réorganisation politique majeure. Ce qui appuye l’hypothèse d’un rôle essentiellement politique du site (forcément teinté de religieux à cette époque). Ce ne serait qu’à partir de cette époque qu’Augustonemetum/Clermont serait devenue la capitale politique arverne même si la ville existait déjà auparavant et cela explique pourquoi elle a été rebaptisée Arvernis.

  • Par Antenor (---.---.---.162) 8 mars 2012 16:58
    Antenor

    @ Emile

    Si Clermont avait remplacé Corent au début de l’Empire, l’agglomération de Corent aurait dû disparaître dès cette époque. Or ce n’est pas le cas, elle s’est maintenue encore plusieurs siècles.

    Cela montre à mon avis que Clermont (et les autres villes comme Cournon, Beaumont etc..) ne sont pas dans le même registre que Corent. Les premières sont des sites dont la persistance de l’habitat s’explique par l’intérêt économique de leur emplacement. L’intérêt de Corent est tout autre. Il est du domaine du religieux. A partir du moment où cet intérêt disparaît suite à la nouvelle domination chrétienne, le sanctuaire ainsi que l’activité politique et économique sous-jacente qu’il engendrait disparaît aussi.

    Enlevez la Vierge à Lourdes et la population risque de sacrément décroître.

     

    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 18:55
      Emile Mourey

      @ Antenor

      Vous dites : Si Clermont avait remplacé Corent au début de l’Empire, l’agglomération de Corent aurait dû disparaître dès cette époque. Or ce n’est pas le cas, elle s’est maintenue encore plusieurs siècles.

      En effet, mais cela a dû se faire progressivement comme l’archéologie le constate. Il en est de même pour les croyances druidiques qui ont persisté durant quelques siècles après J.C.. En outre, c’était le lieu traditionnel où l’on brûlait les morts. Il faudrait savoir quand cette coutume funéraire a été abandonnée et si cela est en rapport avec l’arrivée du christianisme.

      Si Corent a été le siège du débat politique d’avant J.C., dans son théâtre, c’est très certainement, comme vous le pensez, parce qu’il était considéré comme un site sacré situé à la pointe de la plaine de la Limagne - une situation née d’une volonté divine qui en faisait la porte d’entrée sur la plaine cultivée - Mais c’est plutôt après la fondation de Clermont que son théâtre s’est trouvé trop petit et qu’il a fallu en construire un autre ailleurs et plus grand.

      Dans mes ouvrages, je voyais la première ville arverne à Saint-Amand-Tallende, une ville de pierres contrairement à Corent. Dune part, elle était au pied du Crest ; d’autre part, elle avait un intérêt économique, étant au bord d’un lac très fourni en poissons, comme Sidoïne Apollinaire l’affirme. Mais Corent présente aussi un intérêt, étant plus prêt des voies de passage qui venaient du sud avant de déboucher dans la plaine cultivée. Evidemment, avec la fondation de Clermont, c’est vers ce nouveau centre économique que la plaine et le pays se sont tournés.
    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 19:00
      Emile Mourey

      @ Antenor

      Si Corent a été le siège du débat politique d’avant J.C., dans son théâtre, c’est, bien évidemment, parce qu’il était au pied du Crest et sous sa surveillance (même si la différence d’altitude géographique est faible).
    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 8 mars 2012 19:13
      Emile Mourey

      @ Antenor

      Corent jouait peut-être aussi le rôle d’un verrou avant la plaine, peut-être même défensif, de surveillance et de contrôle.
    • Par Antenor (---.---.---.69) 9 mars 2012 15:17
      Antenor

      Corent a sans doute été choisi dans le but de maintenir un certain équilibre symbolique entre plaine et montagne. Le fait qu’il soit relativement plat et situé le long du principal axe nord-sud d’Auvergne a dû également plaider en sa faveur. Si Merdogne n’a pas été choisi, c’est probablement parce qu’il se trouve beaucoup trop au coeur du pagus de Clermont. Il fallait maintenir un certain équilibre et n’offenser personne. C’est pour cela qu’on a choisi le site de Corent situé à la frontière du pagus de Clermont.

      Cette frontière devait passer par le lieu-dit « Randolle » (commune de Cournols) situé sur les bords abruptes de la Monne dont le nom est sans doute dérivé du nom celte « Egoranda » qui signifiait « frontière ». On le retrouve également dans Randanne à côté du col de la Ventouse et dans Yronde près de la citadelle de Buron.

      Après la période de l’Empire Gaulois, les capitales politiques gauloises ont dû être déplacées dans les villes comme Clermont rebaptisée Arvernis plus faciles à contrôler.

  • Par Matthieu Poux (---.---.---.49) 9 mars 2012 10:10
    Matthieu Poux

    Bonjour à tous et merci pour vos commentaires, qui reprennent beaucoup de points discutés en détail dans l’ouvrage précité (disponible dans la plupart des bibliothèques universitaires). Internet est un puissant vecteur de dialogue, mais n’a pas vocation à remplacer les outils de base du débat scientifique !

    @Emile Mourey

    "Quant aux hautes sphères de l’Etat, je ne fais pas de politique, mais il est probable qu’après toutes les erreurs que fait votre profession, il vaut mieux pour vous, suivre la trace de M. Aillagon."

    C’est-à-dire ?

    • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 9 mars 2012 11:43
      Emile Mourey

      @ Matthieu Poux

      il vaut mieux, pour vous, suivre la trace de M. Aillagon.
      En effet, M. Aillagon, alors qu’il était ministre de la Culture, a été saisi par M. Perben, Garde des sceaux, sur la question de la localisation de nos anciennes capitales gauloises, suite à ma demande. Le 28/1/2003, M. Aillagon a fait savoir à M. Perben qu’il avait demandé à M. Michel Clément, Directeur de l’architecture et du patrimoine, d’étudier ce dossier avec la plus grande attention. La règle aurait donc voulu que M. Aillagon réponde à M. Perben pour lui donner la conclusion de son enquête, ce qui n’a pas été fait. La lettre en date du 18/2/2003 que M. Vinciguerra, Chef de cabinet du ministère de la culture, m’a adressée directement montre que M. Aillagon, en ne voulant pas se prononcer lui-même, a fui ses responsabilités, ce qui est une faute grave.

      En ne répondant pas à mon commentaire, en manifestant votre intention de ne pas poursuivre le débat sur Agoravox, site citoyen, en nous renvoyant à vos ouvrages, vous fuyez de même vos responsabilités en tant que représentant de la profession. Dommage, j’espérais de votre part plus de combativité.

  • Par Matthieu Poux (---.---.---.49) 9 mars 2012 13:52
    Matthieu Poux

    "En ne répondant pas à mon commentaire, en manifestant votre intention de ne pas poursuivre le débat sur Agoravox, site citoyen, en nous renvoyant à vos ouvrages, vous fuyez de même vos responsabilités en tant que représentant de la profession. Dommage, j’espérais de votre part plus de combativité.« 

    Je pensais pourtant avoir répondu à vos commentaires (du moins, aux plus cohérents d’entre eux).

    Désolé, mais mes »responsabilités" n’incluent pas l’obligation de présence et de réponse sur un site d’expression grand public.
    Les colloques, les séminaires et autres conférences organisés régulièrement autour de nos travaux permettent d’échanger de vive voix sur ces questions pointues, et je n’ai pas le souvenir de vous y avoir jamais rencontré.

    Pour ce qui est de mes devoirs citoyens, c’est dans l’isoloir que je les exerce et j’ai bien d’autres choses à faire que d’interpeller des ministres pour des problèmes qui ne m’empêchent nullement de dormir ! Je m’en réjouis que votre retraite vous en laisse le loisir, mais j’en suis encore loin !

    La formation de nos étudiants-futurs archéologues, l’organisation de campagnes de fouille et la rédaction de publications scientifiques (i.e. dans des supports reconnus par la communauté idoine) me prennent déjà bien assez de temps.
    Je n’en gaspillerai pas davantage à tenter de convaincre des interlocuteurs qui prétendre tout savoir sur un site auquel nous avons consacré douze ans de recherche ; ce, sans même avoir pris la peine de lire les rapports, articles et ouvrages (des milliers de pages !) qui lui ont été consacrés et mis à la disposition de nos concitoyens éclairés !

    Quant à mon manque de combattivité, encore une fois : la recherche historique n’est pas un combat, mais une passion, dont la pratique est affaire d’archéologues-historiens plus que de militaires...

    Sur ce, je m’en retourne à mes études et vous souhaite d’excellents débats.
    Bien à vous.

  • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 9 mars 2012 16:10
    Emile Mourey

    @ Antenor

    Le court passage de M. Matthieu Poux sur ce fil aura au moins confirmé mon article sur le fait que les tétrarques ont bien mené leur expédition militaire contre les Arvernes, jusqu’à l’oppidum de Gergovie/Le Crest qu’ils ont représenté sur leur médaille, et en passant à Corent où ils ont détruit le sanctuaire ancien.

    La statue de Zénodore a été élevée - probablement sur le puy de Dôme - au temps de Néron. La mention que Strabon fait de Nemesos s’applique au Crest. La carte de Peutinger place Augnemetum au Crest. Rien ne prouve que Clermont existait alors en tant que grande ville. La médaille de Claude II retrouvée dans le mortier des fondations du mur dit « sarrasin » conduit à ne faire remonter sa construction qu’après le passage des tétrarques. A noter que le Crest n’a pas été détruit puisque les tétrarques l’ont représenté sur leur médaille.
  • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 9 mars 2012 17:14
    Emile Mourey

    Commentaire très instructif.

    Alors que ce sont des militaires qui, à juste titre, se sont occupés, sous Napoléon III, à rechercher sur le terrain les campagnes de César en Gaule, c’est aujourd’hui l’archéologue devenu historien qui dit au militaire d’aller se faire foutre...

    Alors que de tous temps, le livre a été considéré comme la référence par excellence sur laquelle un débat peut se faire, il faudrait aujourd’hui qu’un auteur, de tradition militaire, se rende aujourd’hui dans des colloques d’archéologues où il est considéré comme moins que rien.

    Alors que ce militaire a probablement fait beaucoup plus que nombre d’archéologues en faveur du patrimoine http://www.lejsl.com/edition-de-cha..., et jusqu’à ce jour de Noël 2011 où il s’est cassé la figure en démontant son échafaudage, il y a un certain manque d’élégance à faire semblant de lui reprocher sa retraite.

    Je prends acte que j’ai été accusé de tripatouiller les textes, de théories définitives, partisanes et tronquées. J’attends la réponse de M. le Directeur régional des Affaires culturelles d’Auvergne pour savoir si cette attitude correspond à celle de la profession.

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