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Retour à la retraite à 60 ans : l’entourloupe du PS

Les candidats socialistes à la présidentielle ne rétabliront pas le droit à la retraite à 60 ans pour tous. Faudra-t-il les y contraindre par la menace de ne pas voter PS au premier tour, avec pour conséquence le scénario du 21 avril 2002 ?

Où réside la surpercherie ? Le PS et les candidats à la primaire proposent de restaurer la retraite à 60 ans uniquement pour les carrières longues et les carrières dites « pénibles ». Ce qui n’est pas restaurer la retraite à 60 ans pour tous.

Si l’on met à part les gesticulations de Manuel Valls, le sarkozyste du PS qui, -pour exister et se distinguer dans une compétition où personne ne prête attention à lui-, en rajoute chaque fois qu’il peut dans la surenchère des idées droitières et sécuritaires, et affiche les même positions que l’ump en ce qui concerne la retraite, les autres candidats à la primaire ne sont pas plus enclins à revenir sur la loi scélérate, qui a mis fin à la retraite à 60 ans, malgré une année manifestations de grande ampleur partout en France.

En effet, aucun des autres candidats socialistes ne dit clairement ce que des millions de Français attendent : un retour du droit au départ à la retraite à 60 ans, quel que soit le nombre de trimestres ou d’années cotisés, en 2012.

Les socio-libéraux du PS ont la même position que Sarkozy

La question de la retraite à 60 ans fait réapparaître le même clivage entre socio libéraux et la vraie gauche, incarnée par Jean-Luc Mélenchon, qui avait vu se déchirer le parti socialiste en mai 2005, à propos du Traité sur la Constitution Européenne.

François Hollande, qui a le vent en poupe, tente de crédibiliser sa posture de présidentiable. Il ne reviendra pas à 60 ans pour tous. Il est dans la droite ligne de Sarkozy sur ce sujet. Il pose comme condition 41 ans de cotisations, voire davantage. Le député corrézien, chouchou de Chirac, le martèle à chacune de ses apparitions. Pas très encourageant pour les électeurs de gauche…

Martine Aubry, pas très claire non plus, reste dans les pas de Strauss-Kahn le libéral, pourtant (et heureusement pour la gauche) hors jeu. Elle parle d’un retour dans les conditions indiquées par son concurrent et néanmoins pas ennemi Hollande. Rien de bien enthousiasmant, non plus !

Ségolène Royal, dont on dit qu’elle aurait une position plus tranchée, annonce, en fait, la même chose que les autres, c’est-à-dire rien de concret, sauf pour les carrières « pénibles ». Elle reste vague et peu diserte sur le retour pour tous au droit à la retraite à 60 ans.

Arnaud Montebourg , le député de Saône-et-Loire, semble être le seul, parmi les candidats à la primaire PS, à avoir une position plus nette : « Cette réforme est injuste. Il faut revenir dessus. La durée de cotisation doit certes s’allonger, mais pas pour les métiers pénibles, qui doivent pouvoir partir avant s’ils ont leurs annuités. Ces métiers doivent faire l’objet de bonifications. La montée du productivisme est ravageuse : 20 ans à la chaîne dans une usine d’agroalimentaire, ça fait des dégâts ! La pénibilité doit être prise en compte. Et on revient à 60 ans ! »

Engagement de ne pas voter pour le candidat socialiste si…

A l’évidence, pollués depuis 20 ans par l’idéologie ultralibérale, et incapables de remettre en cause cette doctrine tueuse de l’humanité, les socialistes se sont ralliés aux positions les plus droitières sur la question du financement de la retraite par répartition. Ignorant, ou feignant de ne pas voir, que Sarkozy, Fillon et consorts n’ont d’autre but que de transférer ce juteux marché aux banquiers et assureurs privés, qui piaffent d’impatience depuis 30 ans de s’y engouffrer.

Le seul moyen serait probablement de lancer, à la manière des lobbyistes, une campagne d’engagement « de ne pas voter pour un candidat qui ne s’engagerait pas formellement à abroger la loi de novembre 2010, dans les trois mois de son élection. »

Bien entendu, une telle action ne peut avoir un impact que si elle s’inscrit dans l’ampleur. Les syndicats, fortement mobilisés en 2010 et, pour une fois unis sur la question, pourraient à nouveau faire pression. C’est le moment ou jamais !

Une chose est sûre, le départ à la retraite occupe les esprits de millions d’internautes qui manifestent quotidiennement leur souci d’un retour à 60 ans.

Une nouvelle mobilisation sera-t-elle de nature à faire réfléchir et infléchir certains ? Le jeu en vaut tout de même la chandelle !

Retour à la retraite à 60 ans : enjeu majeur de la présidentielle 2012

Verdi

par Verdi (son site) samedi 16 juillet 2011 - 26 réactions
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  • Par bluerage (xxx.xxx.xxx.223) 16 juillet 2011 08:33

    bonjour l’auteur

    Evidemment qu’aucun ponte du PS ne reviendra sur la réforme des retraites. Le PS reste volontairement flou sur ce sujet, espérant juste gagner les élections par simple rejet du sarkozysme.

    D’ailleurs le PS, ça fait bien longtemps qu’il n’est plus de gauche, qui peut bien donc pouvoir voter pour ce ramassis d’hypocrites faux "amis des prolos" ?

    Il serait temps que le peuple se prenne en mains et sache qu’il ne peut compter que sur lui même, pas sur des bourgeois qui n’ont aucun programme, aucune idée si ce n’est continuer la politique de laquais de l’Europe.

  • Par Verdi (xxx.xxx.xxx.63) 16 juillet 2011 11:22
    Verdi

    @ fhijk

    "les faux socialistes nient la question de la loi de 1973 privatisant la
    monnaie au profit des banksters"

    Tout à fait d’accord ! C’est bien là une des causes majeures des crises à répétition. Cela dit, l’essentiel c’est aussi et surtout les conditions de vie des citoyens. Doit-on accepter la régression imposée par Sarkozy, et avalisée d’une certaine façon par les "socialistes" ?

    La fin de la retraite à 60 ans est une victoire emblématique pour l’extrême-droite sarkozyste.

    Revenir sur cette loi scélérate revêt donc un caractère symbolique au-delà même du soulagement que ressentiront des millions de Français bafoués qui y étaient très majoritairement opposés et l’ont manifesté massivement tout au long de l’année 2010.

  • Par Verdi (xxx.xxx.xxx.63) 16 juillet 2011 12:00
    Verdi

    @ fhijk

    Je constate que le sarkozysme a fait des ravages dans les esprits.

    Vous êtes donc contre la retraite par répartition, c’est-à-dire contre la solidarité intergénérationnelle ?

    Comme des millions d’autres j’ai travaillé pour payer la retraite de mon père et j’en suis fier.

    Quant à la limite de 60 ans, c’est et cela doit rester un droit au départ, non une obligation.

    Chacun doit l’apprécier en fonction de sa santé et de sa situation matérielle. 

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