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Accueil du site > Tribune Libre > Rwanda – Génocide : Il faudra réécrire l’histoire du génocide (...)

Rwanda – Génocide : Il faudra réécrire l’histoire du génocide rwandais

L’histoire du génocide rwandais, telle qu’elle est présentée par Paul Kagame, est sûrement au point de s’effondrer. Pour la première fois depuis 20 ans, un grand média, la BBC, a diffusé un documentaire qui remet profondément en cause la version officielle de la tragédie rwandaise. Tout au long du documentaire, il est rappelé que toute personne qui ose contester l’histoire du génocide rwandais, telle qu’elle est présentée par Kagame et les médias dominants, fait l’objet de menace, de chantage ; est trainé dans la boue, traité de négationniste, de révisionniste, voire d’antisémite et de génocidaire, comme cela est rappelé dans un autre documentaire, de julien Teil intitulé « Rwanda, 20 ans après l'histoire truquée  ». Un climat malsain, entretenu depuis deux décennies, et qui a fini par rendre impossible tout débat contradictoire sur cette affaire et la possibilité d’examiner sereinement des preuves, des témoignages et des faits qui, dès le début, contredisaient la version officielle.

Dans le documentaire de Jane Corbin, « Rwanda’s Untold Story  »[1], la journaliste britannique prend la précaution de tendre le micro à plusieurs personnalités qu’on ne saurait soupçonner de sympathie avec des « Hutus génocidaires ». La magistrate suisse Carla del Ponte, ancienne Procureure du Tribunal pénal international pour le Rwanda et pour l’ex-Yougoslavie ; le général tutsi en exil Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien compagnon d’armes de Kagame et ancien chef d’Etat-major de l’armée rwandaise ; le docteur Théogène Rudasingwa, ancien chef de cabinet de Paul Kagame et ancien ambassadeur du Rwanda aux Etats-Unis ; l’éminent professeur belge Filip Reyntjens. La journaliste britannique assure que le président Paul Kagame et son parrain Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, ont été sollicités mais qu’ils ont décliné la demande de participer au documentaire.

Trois vérités au moins

Au moins trois vérités capitales se dégagent des deux documentaires. Première vérité : Paul Kagame est l’homme qui a commandité l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Deuxième vérité : il y a eu, dans le conflit rwandais, plus de Hutus massacrés par les hommes de Kagame que de Tutsis massacrés par les Interahamwe. Troisième vérité : la guerre du Rwanda n’avait pas pour enjeu le Rwanda. L’enjeu de la guerre du Rwanda c’était le Zaïre de Mobutu et ses immenses gisements miniers. Américains et Britanniques devaient s’emparer militairement des régions minières du Zaïre (l’actuelle République Démocratique du Congo), en se dissimulant derrière l’armée tutsie de Kagame. Une mission qui devait passer par la diabolisation des Français et l’éjection de la France de cette région que convoitaient les puissances anglo-saxonnes opérant sous couvert de Kagame.

Sur l’attentat du 6 avril, les témoignages de Faustin Kayumba et de Théogène Rudasingwa, deux anciens proches de Kagame et, aujourd’hui, deux grandes figures de l’opposition rwandaise, devraient suffire à enlever les derniers doutes de nos esprits pour au moins deux raisons. La première est que personne au monde n’a jamais été plus proche de Kagame, en ces moments décisifs de l’histoire du Rwanda que Kayumba et Rudasingwa. C’étaient ses confidents. Pour pouvoir contester leurs accusations contre Kagame, il faut avoir été beaucoup plus proche qu’ils ne l’étaient. Impossible. La deuxième raison est que ces deux leaders tutsis, étant des figures de l’opposition rwandaise[2], ils incarnent ce que sera la vérité officielle du Rwanda après le règne de Kagame, qui n’est pas éternel. Il est donc tout à fait responsable de commencer à anticiper ce que sera l’histoire officielle du Rwanda de demain, à savoir que c’est Paul Kagame qui avait commandité l’attentat du 6 avril 1994, acte considéré par l’ONU comme le facteur déclenchant du génocide.

Le responsable du génocide

Ce qui, mécaniquement, amène à la question de savoir qui est le responsable du génocide rwandais. Carla del Ponte avait prévenu après sa nomination en tant que Procureure du Tribunal d’Arusha[3] que s’il s’avérait un jour que ce sont les rebelles tutsis qui ont abattu l’avion du président Habyarimana, toute l’histoire du génocide rwandais devra être réécrite. Nous y sommes. En d’autres termes, à la responsabilité des Interahamwe, qui avaient usé de machettes, il faudra ajouter la responsabilité de celui qui ordonna de lancer les missiles. Faustin Kayumba résume l’histoire à venir du Rwanda par cette sagesse, parlant de Kagame, de l’attentat et des massacres : « Si nous sommes en pleine saison sèche et que vous jetez une allumette dans l’herbe, vous viendra-t-il à l’idée de penser que l’herbe ne brûlera pas ? »

Il faut rappeler dans quel climat explosif était le Rwanda en avril 1994. Le documentaire en fait mention et Bernard Desgagné en donne un résumé exhaustif. « La guerre et l’occupation du territoire par les tueurs de Kagame, à partir de septembre 1990, avaient donné lieu à des massacres de masse de la population civile hutue. Un million de réfugiés essentiellement hutus, chassés de leurs terres, s’étaient agglutinés autour de Kigali, dans des camps de la mort d’où l’on sortait une centaine de cadavres par jour, à cause des maladies et de la faim. De plus, un grand nombre de réfugiés en provenance du Burundi avaient afflué au Rwanda en 1993 pour fuir les massacres dont étaient victimes les Hutus dans ce pays, aux mains de l’armée et de civils tutsis. Voir leurs frères burundais ainsi persécutés ne fit rien pour rassurer les Hutus du Rwanda »[4] devant l’armée tutsie de Kagame.

« Lorsque l’avion transportant les deux présidents hutus fut abattu, les Hutus, déjà martyrisés, en vinrent à la conclusion que le FPR et ses partisans ne voudraient jamais de la démocratie »[5], ce que confirment d’ailleurs le documentaire de la BBC ainsi que de nombreux témoignages et des faits avérés. « Pour Kagame, le pouvoir a toujours été au bout du fusil, et non dans les urnes. Certains Hutus, désespérés et fous de rage, prirent des machettes et décidèrent de tuer ceux qu’ils percevaient comme les responsables de leurs souffrances. Qu’on le qualifie de génocide ou non, le massacre des Tutsis, en avril 1994, n’était pas le résultat d’un plan diabolique du pouvoir hutu. (…) Il a duré quelques jours seulement et était essentiellement terminé à la fin d’avril. Par comparaison, les massacres de Hutus et d’opposants politiques, eux, sont systématiques et bien organisés par le FPR. Ils se sont étirés sur 24 ans, jusqu’à aujourd’hui »[6]. Dans un précédent article[7] au sujet des corps flottants récemment découverts sur le lac Rweru, nous avons fait remarquer que, vingt ans après le génocide, les populations hutues continuaient d’être massacrées au Rwanda, sous nos yeux indifférents et avec la complicité des grandes démocraties européennes et américaines, qui financent et parrainent Paul Kagame tout au long de ses interminables massacres.

Les victimes invisibles

La deuxième vérité du génocide rwandais est que la majorité des victimes furent des Hutus et non des Tutsis. Dans le documentaire, les chercheurs Christian Davenport et Allan Stam posent une question arithmétique et mettent les chiffres sur la table. Il vivait au Rwanda environ 500.000 Tutsis avant le génocide. Selon l’association Ibuka, proche de Kagame, 300.000 Tutsis ont survécu au génocide, ce qui revient à dire que 200.000 Tutsis ont péri dans le génocide. Or le génocide rwandais avait coûté la vie à 800.000 personnes, selon l’ONU, 1.000.000 selon le régime de Kagame. D’où cette question : qui étaient les 600.000 à 800.000 autres victimes ? Une question embarrassante. Les deux chercheurs américains y répondent par cette formule simple : « entre ce que l’opinion a été amenée à croire et la réalité des faits, il y a une énorme différence ». Dans un remarquable ouvrage du Canadien Robin Philpot, intitulé « Ca ne s'est pas passé comme ça à Kigali », et qui lui a attiré les foudres des médias occidentaux pro-Kagame, dont Radio Canada, l’auteur, dès 2005, remettait déjà en questions les chiffres officiels et le discours convenu des médias dominants sur le drame rwandais. Il ne sera pas le seul à être réhabilité lorsque la version actuelle du génocide rwandais sera définitivement battue en brèche[8].

Enfin, la troisième vérité : les vrais enjeux de la guerre du Rwanda. On ne comprend pas comment Kagame a réussi à mettre dans sa poche nos grands médias, nos dirigeants politiques, nos grands universitaires, voire nos universités qui continuent d’enseigner l’histoire mensongère du génocide rwandais ; nos associations, nos ONG, voire de respectables institutions internationales comme l’Union européenne, toujours docile devant ce dictateur africain. On ne comprend pas comment le monde entier s’est mis à suivre de façon moutonnière un quelconque maquisard africain, à peine instruit, et à la tête d’un tout petit pays enclavé au cœur de l’Afrique, pauvre et dépourvu d’enjeux stratégiques. On ne comprend pas comment Kagame et ses parrains ont réussi à berner le monde entier si on ne regarde pas la frontière ouest du Rwanda où s’étend l’ancien Zaïre de Mobutu avec ses immenses gisements miniers.

Taisez-vous et Kagame vous rendra riche !

Nous sommes au début des années 1990. Les gens ne le savent pas encore, mais il va y avoir des centaines de milliards de dollars à gagner dans un secteur dont le marché n’est que balbutiant. En Europe, on utilise encore des cabines téléphoniques pour appeler nos proches, le minitel pour traiter les données et des gros téléviseurs cathodiques qui pèsent comme des parpaings. Mais l’humanité va effectuer un grand bond dans le temps, et à moins cher. Les nouvelles technologies de l’information ! Les Américains, les Britanniques, les Israéliens et les Canadiens ont repéré un pays en Afrique, le Zaïre de Mobutu. Dans son sous-sol gisent les plus importantes réserves mondiales d’au moins quatre minerais indispensables à la fabrication d’une foule d’appareils qu’on appellera téléphones portables, écrans plats, consoles de jeux, smartphone, tablettes[9],… Le colombo-tantalite, aussi connu sous le nom de coltan. C’est le minerai dont est extrait le tantale, indispensable à la fabrication des condensateurs, ce qui permettra de miniaturiser les appareils électroniques tout en améliorant leur performance. Mais aussi la cassitérite[10] ; le wolframite[11], le cobalt, l’or, le diamant, l’uranium, le chrome,…

Internet, dont personne ne sait vraiment ce que ça veut dire en 1990, va transformer la vie des milliards de gens sur la planète. Mais pour contrôler ce marché extrêmement juteux, il faut contrôler les gisements miniers, et surtout ne rien révéler aux populations locales et ne rien payer à l’Etat zaïrois.

Tout comme George Bush entreprendra de renverser Saddam Hussein pour s’emparer du pétrole irakien, Bill Clinton entreprit de renverser Mobutu pour prendre possession des gisements miniers du Zaïre. Mais Clinton s’y prend autrement. Il ne doit surtout pas utiliser directement la brutalité de l’armée américaine contre des populations africaines, les Congolais. Il se servira d’un Africain pour massacrer d’autres Africains. L’opération sera menée par Paul Kagame et son ami ougandais Yoweri Museveni. Kagame obtiendra tout ce qu’aucun dictateur africain n’a jamais eu : une complaisante couverture médiatique en Europe et en Amérique, des instructeurs militaires américains, canadiens, israéliens et britanniques, des renseignements, des armes,… et, plus important : la totale impunité, quel que soit le nombre des gens qu’il voudra tuer. La Cour pénale internationale devra se taire comme une tombe. Les chantres de la démocratie et des droits de l’homme en Europe et en Amérique, devront faire semblant de ne pas voir les crimes de Kagame. L’appel pour la création d’un Tribunal pénal international pour le Congo devra rester lettre morte, malgré des millions de morts. Les journalistes occidentaux devront se montrer complaisants avec le plus effrayant massacreur de la planète devenu, par magie, « le chouchou des grandes démocraties ». Marché conclu !

Le problème, pour la crédibilité de nos démocraties, et même pour la conscience de ceux qui profitent du confort des appareils électroniques, grâce à l’occupation brutale et le pillage du Congo par les hommes de Kagame, c’est que l’homme n’arrive pas à se fixer des limites. Kagame continuera à tuer au-delà de « sa mission », et sans compter. Le rapport Mapping de 2010 ouvre juste une lorgnette sur les crimes du dictateur rwandais. A force de tuer sans compter, il a fini par créer la panique et l’effroi jusque dans les rangs de ses proches. Faustin Kayumba le décrit comme « un homme qui aime tuer ». La journaliste belge Colette Braeckman le décrit à peu près dans les mêmes termes[12]. Filip Reyntjens qui intervient dans le film de Jane Corbin le décrit comme le plus grand criminel du monde encore en fonction. Bref, une sorte de massacreur pathologique, devenu un problème pour tout le monde à la fois. 

La mainmise de Kagame sur le Congo, qui se poursuit, sera responsable de la mort de plus de six millions de Congolais et des centaines de milliers de femmes violées. On n’oublie surtout pas que plus de 300.000 réfugiés hutus rwandais furent massacrés dès les premier mois de l’occupation du Congo par les hommes de Kagame avec l’appui des Etats-Unis, du Canada et du Royaume-Uni. Le massacre s’est poursuivi au Congo et au Rwanda. Même des rescapés du génocide préfèrent s’exiler et fuir le Rwanda, leur propre pays qu’ils avaient cru devenir un havre de paix après les atrocités qu’ils avaient subi. Exil où le dictateur sait aussi atteindre ses victimes. Dernière victime en date, Patrick Karegeya, son ancien compagnon d’armes et ancien chef des renseignements rwandais, assassiné en Afrique du Sud le 1er janvier 2014.

Où sont passées nos valeurs ?

Nous en sommes donc là avec l’histoire de ce petit pays dont la paisible population n’avait rien demandé à personne mais que nos grandes démocraties décidèrent un jour d’utiliser pour gagner de l’argent. Mais aussi pour se discréditer et se ridiculiser pour longtemps aux yeux des Africains. Pour s’emparer des gisements miniers, toutes les valeurs de la civilisation occidentale furent enterrées dans les collines du Rwanda et les zones minières de l’Est du Congo. Les experts de l’ONU ont publié plusieurs rapports dans lesquels apparaissent nos multinationales impliquées dans le pillage, en marge des aventures militaires de Paul Kagame au Congo. Patrick Mbeko a établi la liste de ces multinationales et leurs ramifications. Elles sont liées à une foule de décideurs politiques américains, canadiens, britanniques, israéliens et européens de premier plan. Mais aussi aux patrons des grands médias occidentaux et aux personnalités qui façonnent notre manière de penser[13]. Une véritable maffia au cœur de nos démocraties. Kagamé devait être solidement protégé, jusque dans les coulisses des médias. D’où la loi du silence dans les grands médias sur la plus grande campagne d’extermination des populations depuis la Seconde guerre mondiale. Une boucherie financée à 100% par les contribuables européens et américains[14].

Il faut espérer que, dans un proche avenir, de courageux journalistes emboîteront le pas à leur consœur Jane Corbin pour éclairer l’opinion internationale sur ce qui s’est passé au Rwanda et au Congo ces vingt dernières années. Une démarche qui contribuera énormément à aider les Rwandais à se réconcilier. Le peuple rwandais ne méritait pas ce que l’Occident lui a fait subir. Surtout pas pour des enjeux miniers dont son sous-sol est dépourvu. Si les Congolais savent pourquoi ils sont massacrés, les Rwandais, eux, ont été massacrés pour rien !

Boniface MUSAVULI



[2] A côté des opposants tutsis au régime de Kagame, il faut ajouter l’opposante hutue Victoire Ingabire emprisonnée au Rwanda pour avoir réclamé que la mémoire de toutes les victimes rwandaises soit reconnue. La reconnaissance de la mémoire des Hutus massacrés au Rwanda et au Congo par les hommes de Kagame reviendrait à une profonde réécriture de l’histoire officielle du Rwanda de ces 20 dernières années. Pour Ingabire, c’est le seul moyen de réconcilier les Rwandais.

[3] Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), appelé aussi Tribunal d’Arusha en référence à la ville tanzanienne où il siège.

[4] B. Desgagné, « La BBC confirme la macabre supercherie - La propagande des médias menteurs complètement démolie », vigile.net, 8 octobre 2014.

[5] Ibidem

[6] Ibidem

[7] B. Musavuli, « Que se passe-t-il au Rwanda ? », agoravox.fr, 29 septembre 2014.

[8] Le journaliste français Pierre Péan a été poursuivi suite à son ouvrage « Noirs fureurs, Blancs menteurs » qui contestait la version officielle du génocide rwandais. De nombreux chercheurs et auteurs ont été dénigrés, vilipendés voire traînés en justice pour avoir contesté l’histoire officielle du génocide rwandais : Charles Onana, Peter Erlinder, Bernard Lugan, Patrick Mbeko,… pour ne citer que ceux-là.

[9] Les quatre minerais congolais ont finalement été indirectement reconnus comme étant responsables des agressions du Congo par les hommes de Kagame dans la loi dite Dodd-Frank du 12 juillet 2010.

[10] Minerai dont est extrait l'étain.

[11] Minerai dont est extrait le tungstène.

[12] « J’avoue que c’est au Congo, au vu du comportement des hommes de Kagame, que j’ai pris la mesure des accusations de crime de guerre qui pesaient sur le FPR pour son comportement durant le génocide – et même durant les années précédentes. C’est au vu de la violence déployée hors des frontières, de ce mépris manifesté à l’égard des Congolais, dont la mort ou la vie ne pesaient d’aucun poids, que s’est dissipé le crédit accordé au FPR rwandais (…). Les dramatiques événements du Congo, où l’exportation de la violence a de loin dépassé la nécessaire sécurisation des 260 kilomètres de frontière commune, m’ont obligée à prendre du recul, incité à me rappeler les origines du mouvement et la trajectoire personnelle de ses principaux membres ». C. Braeckman, Les nouveaux prédateurs, Ed. Aden Belgique, 2009, p. 265.

[13] Patrick Mbeko fournit d’intéressants détails sur les liens entre certaines de ces multinationales et les principaux décideurs politiques américains, canadiens et britanniques. Cf. P. Mbeko, Le Canada dans les Guerres en Afrique centrale, Le Nègre éditeur, 2012, pp. 269-342.

[14] Le Rwanda, dépourvu de ressources stratégiques, a besoin de l’aide extérieure pour couvrir la moitié de son budget national de 2.146.000.000 $us. Les guerres de Kagame auront été financées par les pays occidentaux dans l’intérêt de leurs multinationales.


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14 réactions à cet article    


  • Alex Alex 10 octobre 2014 21:55

    Musavuli,

    Merci pour cet article qui m’a permis de regarder le film de la BBC.

    Le premier que j’aimerais voir sévèrement puni – pas seulement enfermé – est cette ordure de Tony Blair. Malheureusement, il est protégé par ceux qui ont financé son élection. Clinton obligé de casser des cailloux toute la journée me plairait aussi, mais il bénéficie de la même protection.

    Un regret : il manque à votre article une carte montrant les zones contrôlées par Kagamé au Congo, les gisements et exploitations des minerais mentionnés, ainsi que le nom des compagnies exploitantes.


    • MUSAVULI MUSAVULI 11 octobre 2014 02:09

      Alex,

      Les experts de l’ONU ont dressé une première liste des multinationales impliquées dans le pillage du Congo en 2002-2003. Elle se trouve dans les rapports S/2002/1146/add.1 et S/2002/1146 (cliquer sur les liens).Pour ce qui est des accointances entre certaines de ces multinationales et des dirigeants occidentaux de premier plan, il faudra essayer de vous procurer l’ouvrage de Patrick Mbeko « Le Canada dans les guerres en Afrique Centrale ». L’auteur est joignable sur Facebook. 

    • non667 10 octobre 2014 22:02

      version de bernard lugan que j’ai lu il y a une quinzaine d’années (de mémoire )
       vers 1950 vivait depuis des décennies au rwanda 2 ethnies

      l’une de chasseurs/ bergers grands aux longues jambes
      l’autre cultivateurs/éleveurs petits trapus .
      les 1° avaient vaincu les 2° et étaient devenus les « seigneurs » protégeant leurs« vassaux » contre nourritures , les uns comme les autres y trouvant leurs comptes ne cherchaient pas a se tuer . puis vinrent les chrétiens/ convertisseurs /socialistes français et belges qui au nom de la démocratie et de la justice poussèrent les cultivateurs a faire leur révolutions . ce qu’ils firent , massacrant à coup de machettes et signe de rancœur coupèrent les jambes de leurs victimes.

      version 1998   


      • Yanick Toutain Yanick Toutain 11 octobre 2014 12:10

        Encore un article révisionniste.
        Le Nuremberg de l’Afrique jugera tous ces gens. Y compris les coupables politiciens et militaires français. La partialité de la BBC dans cette affaire est lisible ici
        http://www.olny.nl/RWANDA/Lu_Pour_Vous/Dossier_Special_Habyarimana/Intervie w_Kagame_BBC_Hard_Talk_07_12_2006_FR.html
        Et pour une fois, je conseille la lecture de ce blog. (N’en faites pas une habitude)
        http://www.conspiracywatch.info/Rwanda-20-ans-apres-le-film-revisionniste-dont-Pierre-Pean-est-le-heros_a1224.html
        Derrière les génocidaires français et ceux qui assurent encore leur propagande 20 ans après, on voit la main des services secrets esclavagistes de la slavoisie française.
        La barbarie est encore là !

        MERCREDI 24 SEPTEMBRE 2014

        Stephen Sackur : je comprends votre assurance, mais ma question est simple : pourquoi ne vous inclinez-vous pas devant sa demande de soumettre l’affaire...

        Le Président Paul Kagame : C’est même une question de principe. Un juge français n’ a pas le droit de me juger dans ma propre situation au Rwanda.

        Stephen Sackur : Il ne veut pas vous juger, il dit tout simplement que...

        Le Président Paul Kagame : Il est en train de me juger en montant ce non-sens ! Tout d’ abord, pourquoi fabrique-t-il ces histoires ?

        Stephen Sackur : Je vous dis que le Rwanda ne peut pas progresser tant que les vraies responsabilités dans l’assassinat du président de votre pays en 1994 n’ auront pas été établies.

        Le Président Paul Kagame:Non, non, non ! D’ abord je ne suis pas responsable de la mort de Habyarimana et je m’ en fous ! Je n’ étais pas chargé de sa sécurité. Il n’ était pas responsable de ma sécurité non plus. Et il s’ en serait foutu si j’ étais mort. Je me fous donc de ce qui lui est arrivé. Je combattais ce gouvernement qui m’ a maintenu en exile toutes ces années et que j’ avais le droit de combattre. Et ce juge veut me demander pourquoi ?

        Stephen Sackur : Ma question est :comment le Rwanda peut-il progresser, aller de l’ avant si...

        Le Président Paul Kagame:Le Rwanda progresse ; le Rwanda va de l’ avant sans tenir compte du fait que l’ on ignore celui qui a tué Habyarimana car cela n’ est pas un grand problème pour le Rwanda si on le compare à la mort d’ un million de personnes pendant le génocide pour lequel la France est accusée et au sujet duquel ce juge reste silencieux. Donc, la France et Bruguiere n’ ont aucun droit de rendre notre situation ridicule, de monter un tel non-sens. Les rwandais vont de l’ avant , ils reconstruisent leurs vies, ils vont de l’ avant, je suis leur dirigeant, ils m’ ont élu et tout cela est ridicule.

        Stephen Sackur : Vous avez parlé du manque de crédibilité des preuves que je vous ai présentées ; vous avez lancé une allégation explosive à l’ endroit de la France. Vous semblez affirmer que les Français étaient impliqués dans l’ assassinat ...du président en 1994...vous dites également...

        Le Président Paul Kagame : Ils étaient impliqués dans la mort d’ un million de personnes...

        Stephen Sackur : Qui était impliqué dans la mort d’un million de…

        Le Président Paul Kagame : Le génocide a emporté un million de vies humaines. Leur [les francais] implication comprend l’ approvisionnement en armes, la participation aux combats contre nous qui tentions d’ arrêter le génocide, le soutien à un président qui montait une partie de son peuple contre une autre partie de notre pays ; et vous me dites qu’ ils sont moins coupables que celui qui a tué Habyarimana qui ne m’ interesse pas du tout ? Je m’ intéresse plutôt au million de personnes tuées…

        Stephen Sackur : Je voudrais être plus claire au sujet de ces allégations. Etes-vous entrain de dire que les autorités française étaient activement impliquées dans le massacre d’un million de personnes dans votre pays ?

        Le Président Paul Kagame : Oui, oui. Je m’ étonne que vous ne sachiez pas cela en tant que journaliste.

        Stephen Sackur : Qui croyez-vous…

        Le Président Paul Kagame : Je m’ étonne même que l’ on parle toujours de ca. Ils [les français] étaient là, on les a vus,...Je ne sais pas combien de preuves vous voulez avoir. Il y a des preuves documentées prouvant leur présence au front, entrain de se battre, entrain d’ entraîner la milice qui a commis le génocide. L’ ONU est au courant de cela, elle a été avertie avant le génocide.

        Stephen Sackur : Monsieur le Président, ce


        • MUSAVULI MUSAVULI 11 octobre 2014 13:10

          Yanick Toutain,
          Les crimes de Kagame sont bien réels. Toutes ces victimes rwandaises et surtout congolaises, n’avaient pas demandées à être tuées. Je vous rappelle que pas un seul Congolais n’a été soupçonné de participation au génocide rwandais. Pourquoi cet homme est-il venu au Congo pour massacrer un peuple qui ne lui avait fait aucun mal ? C’était des gens ordinaires, des familles congolaises lambda dans le Kivu. Et un jour, les hommes de Kagame arrivent, massacrent, violent les femmes (et même des bébés) occupent et pillent les gisements miniers, pillent les habitations, chassent des millions de gens dans la forêt où ils meurent de maladie, de faim et de manque de soin. 18 ans de guerre d’agression et d’occupation. Bilan : six millions de morts. Au 21ème siècle, devons-nous faire comme si ces massacres dans l’Est du Congo n’ont jamais eu lieu ? Et que disons-nous aux familles et aux survivants ? L’accusation de « révisionnisme », pour accabler ceux qui dénoncent les crimes de Kagame, ne suffira pas.


        • Mickie Mickie 11 octobre 2014 15:38

          Bonjour,

          A la lecture de cet article, je suis étonnée de ne pas voir apparaître le nom de Laurent Désiré Kabila qui a participé à la remontée de la RDC jusqu’à Kinshasa pour la prise de pouvoir après Mobutu. Il a également participé aux tueries de nombreuses personnes.


          • MUSAVULI MUSAVULI 11 octobre 2014 20:50

            Mickie,

            Laurent-Désiré Kabila n’était qu’un affichage, un chef rebelle sans armée. Ce sont les armées rwandaise (Kagame) et ougandaise (Museveni), avec l’encadrement des forces spéciales américaines et britanniques qui ont terrassé l’armée de Mobutu. Dans le Sud du Zaïre, l’intervention de l’armée angolaise, qui en voulait depuis longtemps à Mobutu (affaire de l’UNITA), fut déterminante pour la prise de Kenge, puis de Kinshasa. Laurent-Désiré Kabila n’a jamais existé militairement, même s’il s’est révélé être un modèle du patriotisme congolais, une fois Président. Son « fils », Joseph Kabila non plus n’est pas connu pour être un stratège militaire. 18 ans après la chute de Mobutu, le Congo est toujours entre les mains des casques bleus de l’ONU. Pour battre la milice rwandaise du M23, le Congo de Kabila s’est rabaissé au point d’aller chercher des casques bleus du Malawi... Je n’ai donc pas cité les noms des personnages qui, en dépit de leur notoriété, ne pèsent pas vraiment sur les enjeux géopolitiques du Congo.

          • MUSAVULI MUSAVULI 11 octobre 2014 20:59

            Pour ce qui est des massacres, c’est l’armée tutsie de Kagame qui les as commis. Kabila n’avait pas de troupes pour lui-même. Même ses parrains Museveni et Kagame le reconnaissent dans cette vidéo http://www.youtube.com/watch?v=NMtgHzXZnIg


          • Mickie Mickie 12 octobre 2014 15:40

            Merci pour ces précisions. J’ai lu aussi ! que les Kabila père et fils auraient eu un accord avec Kagame pour le pillage de leur ressources. ???


          • MUSAVULI MUSAVULI 12 octobre 2014 17:40

            Mickie, 

            S’il ne s’agissait que de pillage... Les deux Kabila ont fait pire. N’eussent été la résistance acharnée des Congolais, surtout dans les maquis du Kivu, au prix des millions de morts, et la mobilisation de la diaspora congolaise, Kagamé serait aujourd’hui à la tête d’un pays grand comme la France. Le Congo aurait déjà disparu sur la carte de l’Afrique. Quand vous en aurez le temps, relisez les accords du 23 mars 2009 (Kabila fils) et les accords de Lemera (Kabila père), les deux condamnations à mort du Congo et du peuple congolais. Les Congolais sont aussi massacrés à cause des bêtises de leurs politiciens, pour un grand nombre irresponsables et médiocres.

          • Bertrand Loubard 11 octobre 2014 22:04

            Kagamé aurait dit : "on peut vider un fût rempli d’eau avec une capsule de bouteille de Primus," en parlant de sa stratégie d’élimination de toute opposition. Récemment en paraphrasant d’une manière ignoble le discours du Dr. Denis Mukwege à l’ONU, Kagamé a prononcé, pour la première fois de sa vie, trois mots en français : « Les faits sont têtus ».

            Maintenant, à la petite cuillère, pas à pas, est distillée d’une façon inexorable l’effroyable vérité des milliers de « faits têtus » qui convergent vers l’établissement de la culpabilité de Kagamé depuis avant octobre 1990, déjà. Des rapports innombrables aux télex déclassifiés, des déclarations accablantes aux dénonciations des crimes politiques, des faux témoignages aux syndicats de zélateurs, des images satellites au néo-judaïsme, « les faits têtus » sont exhibés et rassemblés. C’est une avalanche de révélations, connues d’autres parts depuis longtemps, par d’aucuns, mais impossibles à camoufler plus longtemps. Ce sont des montagnes d’archives qui ont été enterrées ou falsifiées qui refont jour.

            Bien qu’Aldo Aiello ait prédit l’enterrement pure et simple du Mapping Report de Pillay, et a, de la sorte, intimé à la presse main-stream l’ordre de se taire en chœur, l’effort des sites d’informations indépendants commence à s’amplifier…..

            VOA, RFI, BBC, VRT….tous ont eu des ennuis avec Kigali, dès qu’ils ont voulu danser un autre pas que celui que Kagamé sifflait. Dans ces milieux, commencerait-on à comprendre ? Peut-on se libérer de l’intox ?

             

            "Un fait têtu" : Pourquoi début janvier 1994 l’Ambassadeur de Belgique, dans sa résidence officielle de Kigali, a-t-il reçu Kagamé, en présence de l’Ambassadeur américain (qui devait le lendemain présenter ses lettres de créance au Président rwandais) ? Les services de Kagamé ont fouillé préalablement la résidence officielle de l’Ambassadeur à la recherche de…quoi ?…de micros ? Cela a bien été documenté par la relation qu’en ont faite les enfants de l’Ambassadeur, le lendemain à l’EBK.

            Un autre "fait têtu" : pourquoi le 07/04/1994 à 8 heure, à l’époque où Madeleine Mukamabano, française d’origine rwandaise, grande défenderesse de Kagamé, depuis plus de 20 ans, « travaillait » à RFI Afrique, pourquoi a-t-il été annoncé "la mort des trois casques bleus belges dans une embuscade sur la route de l’aéroport" ? Pourquoi ce document sonore ne se retrouve pas à l’INA, bien que l’info a été reprise, avec moins de détails, sur A2 le soir même.

            Encore un autre « fait têtu » : Pourquoi l’armée américaine était-elle présente depuis quelques jours avant le 06/04/1994, à Bujumbura. Personne n’a jamais su ce qu’elle faisait là, ni d’où venait ces effectifs. Bill Clinton a signé la « War Power résolution » (signalant au Congrès que le Président autorisait le déploiement des troupes sur le territoire burundais en vue de sauvegarder les intérêts de citoyens américains) le 11/04/1994. Soit de 6 à 10 jours après l’arrivée de ces troupes et près de 3 jours après la fin de l’évacuation des ressortissants américains. Pourquoi Samantha Power dans son livre « Problem from the Hell » écrit-elle : "In fact, in a shocking new revelation, some two dozen US Special Forces were sent on a one-day reconnaissance mission to Kigali within a few days of the begginning of the murder campain". Qui pose la question de savoir ce que ces 24 hommes des forces spéciales allaient reconnaître. S’agissait-il de neutraliser les trois témoins gênants des services de renseignement français. D’exfiltrer trois corps de ceux qui seraient, bel et bien tombés, dans une « embuscade » sur la route de l’aéroport le 07/04/1994 avant 8 heure du matin ?

            Last but not least « fait têtu » : Roméo Dallaire aurait tenté de se suicider suite au développement d’un "syndrome du stress post-traumatique". Est-ce sa ghostwriter (Sian Cansfield) qui a écrit dans « J’ai serré la main du diable » : "…Je plongeai dans des pensées sinistres, me demandant si la campagne et le génocide n’avaient pas été orchestrés pour un retour du Rwanda au statut quo d’avant 1959, époque à laquelle les Tutsis dirigeaient tout. Les extrémistes Hutus avaient-ils été plus dupes que je ne l’avais moi-même été ? Dix ans plus tard, je ne peux toujours pas éluder cette troublante question, surtout à la lueur des événements qui, depuis, ont eu lieu dans la région.". (?)

            Dans la préface de son livre, Dallaire écrit de Sian Cansfield : « …pendant presque deux ans…..elle s’est littéralement plongée dans tout ce qui pouvait avoir quelque rapport avec le Rwanda…..«  »…J’ai apprécié son amour du Rwanda et de son peuple qu’elle a connu sur le terrain quelques années après la guerre…«  »….aux dernières étapes, alors que le livre prenait forme….un coup de fil m’appris la sinistre nouvelle : elle s’était suicidée"....

            Dans le même registre de question sans réponse : Stefan Stec : was a major of the Polish Armed Forces. In 1994 he served as a peacekeeper in the UNAMIR forces in /en.wikipedia.org/wiki/Rwanda" title="Rwanda">Rwanda under general Roméo Dallaire… For his dedication in saving lives during Rwandan genocide at the risk to his own he was awarded the Cross of Merit for Bravery by /en.wikipedia.org/wiki/President_of_the_Republic_of_Poland" title="President of the Republic of Poland">Polish President Lech Wałęsa. He died on September 29, 2005, at the age of 41 due to complications from posttraumatic stress disorder.

            Et on pourrait enchaîner, pêle-mêle : Desforges, Gapysyi, Theunis, Lizinde, Kouchner, Gahima, Rice, Sedashonga, Verhoofstadt, Nyamwasa, Michel, Mutebuzi, Koffi Hannan, Nkundabatware, Marchal, Nataganda, Reynders, Nziza, Hourigan, Kabarebe, Del Ponte, Rujugiro, Pierre Richard Prosper, Katabarwa, Allbright, Kesteloot, Warren, Podevijn, Kabuye, Gates, Katabazi….etc., etc.


            • Nsumbu 13 octobre 2014 21:13

              Cher Musavuli,

              La lecture de votre brillante analyse a suscité en moi quelques interrogations, d’ailleurs des réflexions que je me fais à haute voix plutôt que des questions que je vous poserais ! 

              1° Lorsque vous envisagez un après-Kagame béni qui va voir enfin éclater la nouvelle vérité officielle où Kagame sera enfin reconnu "commanditaire de l’attentat déclencheur du génocide, ce qui ajoutera sa responsabilité à celle des Interahamwe qui avaient usé des machettes« ... ; où sera enfin confirmé »que la majorité des victimes furent des Hutu et non des Tutsi (600.000 ou 800.000 contre 200.000)... ; moi pessimiste ou juste méfiant me demande comment y arrivera-t-on pleinement ? En effet je regarde ce monde (civilisé) où le crime de génocide porte aujourd’hui à juste titre une telle charge morale, émotionnelle et juridique que toute critique, honnête et sérieuse soit-elle, sur ses circonstances subit facilement les soupçons de négationnisme, ne nous faudra-t-il pas alors accompagner la vérité scientifique (historienne) des actes juridiques forts officiellement et internationalement reconnus signés par les instances judiciaires des NU et associées (CIJ, CPI...) ? Comment cette validation pourra-t-elle avoir lieu de manière à annihiler les résistances des anti-révisionnistes professionnels et ainsi "battre définitivement en brèche la version officielle actuelle du génocide rwandais" auprès des opinions internationales ? 

              2° De même quelle réponse définitive à réserver à votre interrogation sur ce qui a permis à Kagame "à mettre dans sa poche grands médias, éminents dirigeants politiques, respectables institutions internationales, grands universitaires, associations, Ong... ; ce qui a permis à Kagame et à ses parrains à berner le monde entier en détournant son regard de la frontière ouest du Rwanda où s’étend l’ancien Zaïre de Mobutu avec ses immenses gisements miniers", leur véritable horizon stratégique si encore une fois n’est validée en plus une réponse juridique internationale officielle qui contraigne les chancelleries, leurs différentes administrations, leurs instituts scientifiques, leurs organes de presse, leurs associations militantes à tenir compte de leurs actes documentés, à les accepter et à les diffuser ? 

              3° Du côté du Rwanda, les textes officiels décrètent aujourd’hui une société « sans ethnies », plus ni Hutu ni Tutsi rien que des Rwandais tandis que les faits nous dévoilent une autocratie quasi-monoethnique Tutsi qui continue à accuser « tous » les Hutu de génocidaires et les somme de demander pardon au nom des leurs. Une révision de l’histoire officielle du génocide y provoquera, à ne point douter, un bouleversement avec des risques de tensions violentes entre communautés ; les unes exigeant justice et réparation ou agissant pour se venger, les autres assises sur leur ancienne posture de victimes ne voudront accepter les nouvelles vérités quand bien même la réalité du génocide des Tutsi ne serait contestée mais seulement ramenée à sa juste proportion en face notamment des massacres des Hutu... Un pouvoir après-Kagame même pluriethnique et démocratique aura alors à gérer une situation conflictuelle. Comment se préservera-t-il de cette perspective angoissante et de la difficulté de l’exercice pour ne pas obérer l’avènement de cette vérité unanimement admise et la réconciliation censée à en sortir ? Rien n’est moins évident entre la part propre des Rwandais et l’apui des instances internationales qui nous ont offert un TPIR vandalisé par les soutiens de Kagame !

               4° Enfin pour le Congo, le pillage mafieux démontré, quelle justice et quelle réparation en attendre ? Là encore il faudra bien aussi l’aval des instances internationales ! Un TPIC est-il encore possible ? Pourquoi ne pas rouvrir l’instruction arrêtée contre le Rwanda à la CIJ ? Des plaintes à l’endroit des particuliers à la CPI sont plausibles car bien des méfaits se sont poursuivis après 2003, date du début de son mandat...

              Autant de questions que je me pose sur l’avènement d’une nouvelle vérité après Kagame et sur le génocide et sur son pillage du Congo ! 


              • MUSAVULI MUSAVULI 14 octobre 2014 13:28

                Cher Nsumbu, je crois que l’ensemble de vos interrogations trouve des réponses dans le temps, l’intérêt des Occidentaux pour Kagame et la conscience des peuples.

                - Le temps : avec le temps, les langues se délient et les vérités absolues perdent en crédibilité. Des documentaires comme celui de Jane Corbin, il va y en avoir, j’en suis certain et il deviendra progressivement « ridicule » de soutenir la version du génocide rwandais tel qu’il est présenté par Kagame. L’opinion internationale prendra acte du fait qu’elle s’était fait avoir, et ce ne serait pas la première fois. Souvenez-vous qu’on a longtemps cru que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive. Aujourd’hui, même les néo-conservateurs américains avouent, face devant caméra, qu’ils s’étaient trompés. Sur le génocide rwandais, il en sera de même. Il faut juste attendre.

                - L’intérêt des Occidentaux pour Kagame réside dans le pillage des gisements miniers de l’Est du Congo. Les Occidentaux ne soutiennent pas un dictateur par altruisme. Kagamé aurait continué à mettre les « Blancs » dans sa poche s’il avait réussi à arracher le Kivu au reste du Congo. Malheureusement pour lui et ses alliés, les Congolais se sont battus à mort pour préserver leur pays. La manne du Kivu va donc tarir, et Kagame, tout comme Mobutu avant lui, n’aura plus de quoi « acheter » la complaisance des Occidentaux. Et, toujours comme Mobutu, il deviendra inutile à leurs yeux. Des révélations vont se multiplier et le personnage sera noyé dans l’opprobre.

                - Enfin, la conscience des peuples. Contrairement à certains, je crois assez peu à une confrontation de grande ampleur entre Rwandais ou entre Rwandais et Congolais dans l’après-Kagame. Pour qu’un conflit en Afrique, tourne au carnage de grande ampleur, il faut une main européenne ou américaine en coulisse. Les blessures infligées par le régime de Kagame aux Congolais sont de la responsabilité de Kagame. Les Congolais savent déjà faire la différence entre ce régime et le peuple rwandais dont on sait qu’il en a aussi souffert. Je crois qu’il sera créé un Tribunal spécial au Congo sur le modèle des Tribunaux spéciaux de Sierra Léone ou du Cambodge. Ça ne nous rendra pas les six millions de nos compatriotes péri dans cette guerre, mais nous n’aurons aucun intérêt à nous en prendre à un peuple voisin dont nous savons qu’il a, lui aussi, été victime et dont nous savons qu’il restera notre voisin, géographie oblige. Chacun reprendra le cours de la vie chargé de ses propres martyrs. Ce n’était pas une guerre entre Rwandais et Congolais. C’était une guerre des Américains pour contrôler les gisements miniers de l’Est du Congo. Tout le monde se rendra à l’évidence. Il faut juste laisser couler le temps. 


              • Lutonadio 20 avril 2016 17:24

                Cher Musavuli, la version anglaise serait disponible quand ? Thx.

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