Il y a cette extravagance qui n’est pas un détail, mais que semblent ignorer totalement la presse et les politiques, dont j’ai pourtant déjà parlé : qui paye les communicants au service de Sarkozy Jean ?
Si cette affaire de l’EPAD est un scandale sans nom comme l’a remarqué la presse étrangère à qui on ne la fait pas, cette question de la rémunération des communicants de JeanJean est un scandale pour le principe, à mon sens, beaucoup plus grand encore. Les conséquences directes ne sont pas les mêmes. A la tête de l’EPAD ce sont des milliards d’euros en jeu, et pour ces rémunérations ce sont des dizaines de milliers d’euros. Cependant, l’affaire de l’EPAD est une affaire de mœurs politiques, de népotisme, de morale démocratique, mais en rien ce n’est une affaire qui sorte du droit. JeanJean n’était en rien légitime ni par son élection offerte, ni par sa compétence, par son cursus universitaire, par son expérience mais au regard de la loi il avait le droit de se présenter au vote du conseil général des hauts de Seine pour être élu administrateur et ensuite être élu parmi les administrateurs président de l’EPAD.
En revanche il y a sous-jacent à cette histoire qu’il semble que l’Elysée ait mis ses moyens en deux temps au service du candidat Sarkozy Jean. D’abord pour préparer le raid sur l’EPAD en préparant des arguments par avance (et on a eu le droit à des gratinées) : sa légitimité, la chasse à l’homme, la jeunesse est un atout, il n’a pas plus de droits mais pas moins, on s’attaque à son père que l’on veut détruire au travers de lui etc. Ensuite pour préparer la retraite précipitée en rase campagne : il est toujours légitime, il est sage, il est courageux, il est mâture et il se sacrifie pour le bien commun.
Dans cette histoire la communication est omniprésence comme le démontre cet article
du Monde :
Pour concevoir et mettre en œuvre sa stratégie, M. Sarkozy s’est appuyé sur les conseils d’un ex-publicitaire qui l’a rejoint pour l’occasion, Christophe Lambert. Ex-patron de Publicis, membre de la cellule stratégique de communication de l’UMP, M.Lambert est proche de Jean-Michel Goudard, le conseiller en stratégie de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. JeanSarkozy et Christophe Lambert ont décidé ensemble du moment opportun pour agir et du plan média destiné à répondre à l’indignation suscitée par cette candidature.
C’est à tomber à la renverse. Un plan média est prêt avant le raid. Tout est prévu. Dans cet article on suppose que c’est l’UMP qui paye ce communicant Lambert. Mais ce n’est qu’une supposition. Voici un éclairage complémentaire, toujours
Le Monde :
Cette fois, ont pris place autour du président de la République et de Jean Sarkozy, le secrétaire général Claude Guéant, le conseiller opinion du président Patrick Buisson, le conseiller en communication de l’Elysée, Franck Louvrier, et le publicitaire Christophe Lambert que le chef de l’Etat a dépêché auprès de son fils dès les premières secousses.
Il faut s’arrêter un instant sur ces informations. On apprend que ce Lambert est membre de la cellule stratégique de communication de l’UMP. Y est-il en tant que responsable et/ou adhérent de l’UMP ou rémunéré par l’UMP ? A cela on ajoute cette phrase qui, quel que soit le sens, est en fait une violation absolue de l’esprit démocratique : Christophe Lambert que le chef de l’Etat a dépêché auprès de son fils dès les premières secousses. Soit Lambert travaille pour l’Elysée ce que peut laisser supposer cette phrase et cela veut dire que le chef de l’Etat utilise les fonds de la République pour aider son fils, soit le chef de l’Etat dirige l’UMP, puisque c’est lui qui dépêche Lambert, ce qui est tout aussi scandaleux. Mais ce n’est pas que scandaleux dans le principe c’est aussi un viol de la loi.
Cela concerne ce Christophe Lambert à qui il faudrait poser la question, tout autant qu’à Sarkozy Jean, de savoir s’il est rémunéré et par qui durant cette période. Il faut se souvenir que ce même Lambert a accompagné le fils de son père tant à FR3 qu’à France 2. En revanche là où il n’y a aucun doute c’est que Claude Guéant, et Franck Louvrier, eux sont directement payés par l’Etat et Buisson lui a un contrat qui le lie à l’étude de l’image du président. Ce dernier point est déjà scandaleux en soi. Etudier l’image du président ne doit en aucun cas être supporté par les deniers publics car cela n’apporte rien à la conduite et la direction de la politique qui sert notre pays. Mais cela devient nettement plus grave quand les conseillers de l’Elysée, rémunérés par l’Etat passent de leur temps pour aider le fils du chef de l’Etat pour un raid dans lequel l’Etat n’a strictement rien à faire. Comme du reste ces conseillers n’ont en aucun cas à conseiller Sarkozy pour se sortir de ce merdier qui ne concerne absolument pas les prérogatives d’un chef de l’Etat dont sa fonction n’est pas de se mêler de l’élection d’un conseiller général comme administrateur d’un établissement comme l’EPAD, d’autant que cela est une atteinte absolue à la séparation des pouvoirs d’autant que cette assemblée, le conseil général, n’est en rien national par définition et donc encore plus indépendante du pouvoir que l’Assemblée nationale, pour dire même totalement étrangère.
Cela est terriblement choquant dans le principe même d’utiliser les services de l’Elysée et se font au profit du fils du chef de l’Etat. A mon sens il y aurait une action pénale à intenter. C’est ensuite d’une injustice extrême dans le sens démocratique car cela ne met pas au même pied d’égalité les candidats entre eux si l’un de ceux-ci bénéficie de conseils gratuits en communication. Il est évident que cette affaire développe une notoriété qui fait un prénom au fils du Président de la République. Il y a là un bafouement absolu de l’égalité devant l’électeur, et devant le financement d’une campagne future. Mais, malheureusement ce n’est pas tout (
Marianne) :
Le Conseil général était ce matin transformé en forteresse : à l’extérieur, on comptait plus de CRS que de (rares) manifestants et autant de barrières métalliques sur les rues que lors du Tour de France. A l’intérieur, la protection de Jean S. était assurée par une dizaine de policiers du service de protection de l’Elysée, en plus de la sécurité habituelle. Rien que ça !
Vous remarquerez que le service de protection de l’Elysée a été utilisé au profit du fils du chef de l’Etat et de plus avec un nombre considérable de 10 personnes en plus du service habituel. Ce chef de l’Etat use de services qui sont dévolus à sa fonction et non à sa famille. Il l’utilise comme bon lui semble. Cela s’appelle de la prévarication. Là aussi il faudrait une action en justice pour réclamer des comptes.
Il y a un autre point à soulever dans ce plan média, celui de l’orchestration. A écouter les arguments parfaitement identiques tant des responsables de l’UMP que des hommes au pouvoir on peut légitimement supposer qu’un mot d’ordre est donné. Qu’un parti se décide de faire une campagne pour un de ses élus cela est logique, en revanche que le chef de l’Etat impose aux ministres de la République de défendre son fils sur ordre et avec un discours pré-établi sort tout simplement de l’entendement et ressemble plus à une gouvernance de l’ex RDA. On utilise non seulement les fonds de la République pour le fils de, mais en plus on met à sa disposition les ministres.
J’attends avec impatience que la presse et les politiques posent ces questions :
- Qui paye Christophe Lambert et cette spécialiste de communication de crise citée par rue89 ?
- De quel droit le chef de l’Etat prend-il sur son temps réservé au travail de la France pour préparer un plan de communication au service de son fils ?
- De quel droit le chef de l’Etat utilise-t-il des conseillers payés par l’Elysée (Guéant, Louvrier) au service de son fils ?
- De quel droit le chef de l’Etat utilise-t-il un intervenant extérieur (Buisson) avec une mission définie par contrat et rémunérée 10 000 € par mois au service de son fils ?
- De quel droit le chef de l’Etat utilise-t-il les locaux et l’intendance de l’Elysée au service de son fils ?
- De quel droit le chef de l’Etat impose-t-il à ses ministres de débiter auprès des médias un discours commun au service de son fils ?
- De quel droit le chef de l’Etat utilise-t-il les services de sécurités réservés non à sa personne privative mais au seul Président de la République au service de son fils ?
- De quel droit le pouvoir filtre-t-il les entrées d’une séance publique pour protéger le fils du chef de l’Etat ?
Ces dérives qui ont des conséquences anti-démocratiques en donnant des avantages électoraux, financiers et en matière de communication au fils du chef de l’Etat, sont dans le principe une violation absolue du fonctionnement de la République à son sommet avec utilisation des moyens de l’Etat dévoyés au profit d’un particulier qui est en l’occurrence le fils du Président.
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