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Accueil du site > Tribune Libre > Science, psychologie, sociologie, éducation et valeurs

Science, psychologie, sociologie, éducation et valeurs

On a rarement fait une évaluation des méfaits d’une certaine psychologie et d’une certaine sociologie populaire sur les sociétés occidentales. Une telle évaluation sur les décennies passées en remontant aux années d’après-guerre nous donne un bilan qui est loin d’être globalement positif.

 

Effets négatifs

Psychologie

Pseudo-scientificité de la psychanalyse freudienne

La psychologie se présente comme une approche scientifique de la santé mentale et donc neutre vis à vis des valeurs morales. Un psychiatre ou un psychanalyste estime en général que pour guérir des malades, il ne faut pas émettre des jugements moraux ou se référer à des valeurs absolues mais écouter les personnes définir leurs propres valeurs.

Cette approche psychologique se veut scientifique depuis Freud et la création de la psychanalyse mais force est de noter entre autres à propos de ce caractère scientifique, que chaque fois que le fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud s’est avancé sur le terrain de l’histoire ou de l’anthropologie, ses théories ont été largement rejetées dans ces domaines par les scientifiques concernés.

 Ainsi l’idée du meurtre du père comme origine de la civilisation défendue dans « Totem et Tabou » est largement discréditée par les anthropologues. La théorie défendue dans « Moïse et le Monothéisme » d’un Moïse égyptien massacré par les juifs dans le désert du Sinaï qui auraient ainsi reproduit le « meurtre du père » est encore plus largement discréditée par les spécialistes de la Bible et les historiens.

Quant à son affirmation dans l’un de ses derniers ouvrages, » L’Avenir d’une illusion » que « la religion est la névrose obsessionnelle de l’humanité », elle ne fait que refléter ses préjugés athées et antireligieux et n’est pas sans rappeler Karl. Marx déclarant que la religion est l’opium du peuple. Cela devrait nous inciter à ne pas prendre pour argent comptant ses théories et l’usage qui en est fait sous le couvert de la science.

Un concept freudien central comme le complexe d’Œdipe, a non seulement été largement discrédité comme n’ayant pas grand-chose à voir avec le mythe grec d’Œdipe (pour Freud, le mythe d’Œdipe raconte l’histoire d’un fils qui tue son père alors que chez les Grecs, c’est l’inverse avec Laïos qui ordonne le meurtre de son premier-né pour échapper à la malédiction qui lui vaudrait d’être tué par lui) et n’ayant pas grande valeur scientifique mais, plus grave, comme ayant servi à couvrir ou à nier des cas d’abus sexuel et de pédophilie dès son origine.

En effet, Freud est passé brutalement sans véritable justification scientifique d’une théorie de la séduction d’un enfant par un adulte à l’origine de bien des névroses à la thèse que les scènes de séduction dans l’enfance évoquées par ses patient(e)s n’étaient que des fantasmes liés aux désirs incestueux de l’enfant. Pourtant Freud reconnaît dans une lettre à Wilhelm Fliess que son frère même avait été victime d’abus sexuel de la part de son père qu’il qualifie de pervers ainsi que « certaines de mes sœurs cadettes », ce qui était à l’origine de son hystérie.

Cette thèse du complexe d’Œdipe aura un succès phénoménal sur la psychologie populaire en Occident et sera reprise plus tard entre autres par des pédophiles qui se sont mis à parler de la nécessité de libérer la sexualité infantile. Cela a permis d’évacuer largement la responsabilité des adultes dans la genèse des troubles psychiques.

L’idée freudienne d’un inconscient comme étant essentiellement le siège de la libido refoulée et de tous les fantasmes qu’elle suscite amène à considérer l’homme comme un animal en rut qui a de l’imagination. Cette idée a été rejetée par le principal disciple de Freud, Karl Gustav Jung qui lui, voit en l’inconscient le siège des archétypes, des images primordiales à l’origine des grands mythes et grandes religions. Les relations entre Freud et Jung sont bien connues et en lisant leurs divers échanges épistolaires, on a plutôt l’impression d’un chef de secte qui sent son pouvoir menacé par un disciple que d’échanges entre scientifiques sur la nature de l’inconscient.

La Révolution sexuelle

Cette conception de l’inconscient se retrouve dans le concept de « Révolution sexuelle ». Wilhelm Reich, auteur du livre « La révolution sexuelle », a mis à la mode l’idée que la morale sexuelle était un moyen utilisé par la bourgeoisie pour asseoir sa domination. Reich, cette gloire de la psychanalyse, a fini sa vie en prison suite à des actes sexuels sur mineurs. Ce mélange de marxisme et de psychanalyse a été repris et modifié par Herbert Marcuse (« Eros et Civilisation », « L’homme unidimensionnel » et par tous les soixante-huitards dont Daniel Cohn-Bendit, auteur de souvenirs sur l’éducation des enfants dans sa commune en Allemagne frisant la pédophilie. Son cas n’était pas isolé, plusieurs de ses compagnons des Grünen ayant été éclaboussés par des scandales pédophiles.

Cohn-Bendit s’est excusé en invoquant l’esprit de l’époque et effectivement, on a assisté au cours des années 70 à 2000 à un soutien accordé à des pédophiles avérés dans les média et les cercles universitaires, des personnes comme Gabriel Matzneff ou Tony Duvert ayant été encensés par Libération, Le Monde etc. La pédophilie est souvent analysée superficiellement comme simplement une question de majorité sexuelle comme si le même acte perdait toute sa gravité le jour où un adolescent atteint sa « majorité sexuelle » (actuellement 15 ans). Tony Duvert selon qui « il n'existe qu'un moyen de découvrir la sexualité de quelqu'un, petit ou grand, c'est de faire l'amour avec lui » et d’autres, auteur qui a reçu entre autres le prix Médicis, s’est appuyé sur les théories de S. Freud sur la sexualité enfantine pour justifier ses activités pédérastes. Il réclamait dans son livre « Le bon sexe illustré » une « libération sexuelle » des enfants par la pédophilie, la sexualité des enfants étant selon lui opprimée par la société.

Quand la pornographie de masse a commencé à se développer à partir des années 1970, les milieux de psychologues ont largement sous-estimé ou carrément ignoré ses effets nocifs et ses implications pour la criminalité sexuelle. Bien au contraire, toujours selon un point de vue soit disant scientifique, ils ont parlé de l'effet de « catharsis » que pouvait avoir la pornographie empêchant les personnes de passer à l'acte en ayant un effet de défoulement. Il a fallu tout d'abord le rapport d’une commission du congrès américain (commission Meese) pour faire voler en éclat ces théories soit disant scientifiques. La commission du congrès, se basant sur de très nombreux rapports de police, a montré que dans la très grande majorité des cas de crimes sexuels et pédophilie, les criminels faisaient une intense consommation de pornographie.

Depuis, lors de l'affaire Dutroux comme dans diverses affaires de crimes sexuels en France, on a pu voir les liens entre la fabrication et la consommation de cassettes pédophiles et le passage à l'acte, liens mis en évidence en surfant simplement sur le Web où les formes les plus violentes de pornographie et pédophilie sont proposées. Plus grand monde ne croit à la non nocivité de la pornographie et quand les industriels du porno essayent encore aujourd’hui de défendre cette idée, on comprend vite qu’il s’agit de défendre leur marché et leurs intérêts commerciaux. Sans doute, de nombreux crimes auraient pu être évités si les milieux de psychologues avaient été plus clairs sur ce sujet et n'avaient pas donnés une caution scientifique à des théories infondées. Comme le disait avec un simple bon sens un témoin à la commission Meese, un marchand de bière ou de cigarettes sait très bien l'impact que peut avoir un spot publicitaire d'une minute sur ses produits, comment un marchand de cassettes vidéo pourrait ignorer l'impact d'une cassette pornographique de 60 mn.

Un dernier point concernant une approche psychologique qui fait passer au premier plan le corps ou la chimie du cerveau au détriment de l’esprit et de la prise en compte des causes profondes des malaises mentaux, est qu’elle a abouti en psychiatrie à une médicalisation outrancière et dont les résultats sont loin d’être concluants. Ainsi en France où la consommation d’antidépresseurs par habitant est l’une des plus élevées au monde, on a un taux de suicide, particulièrement chez les jeunes qui nous place aussi dans le peloton de tête des nations. Bien sûr, un suicide a des causes multiples mais l’administration américaine (Food and Drug Administration) a mis en garde contre les effets d’incitation au passage à l’acte de plusieurs médicaments utilisés en psychiatrie comme le Prozac, un antidépresseur largement distribué en France depuis les années 90 et longtemps surnommé pilule du bonheur.

Plus largement, cette psychologie populaire a abouti à une notion de déresponsabilisation générale. Depuis les années d’après guerre, on explique que si de jeunes délinquants commettent des actes violents, la cause provient de leur environnement familial ou social et non du fait qu'ils se sont comportés de façon irresponsable en agissant mal.

Le terme même d'éducation implique étymologiquement une hiérarchie entre celui qui éduque et celui qui est éduqué. Les textes sacrés chrétiens, livre des morts égyptiens ou confucianistes ou autres insistent sur le respect des anciens comme le « Tu honoreras ton père et ta mère » dans les 10 commandements bibliques. On retrouve cette hiérarchie dans les arts martiaux entre le maître et ses disciples.

Cette approche a été remise en question par de nombreux psychologues qui voyaient en elle de « l'autoritarisme » ou l’application de traditions rigides sans comprendre la vraie motivation du respect des anciens. Il s'agissait de permettre la transmission de valeurs pour permettre à la civilisation d'avancer.

Or les effets de ce rejet de l’autorité, à commencer par l’autorité parentale, sont loin d’être positif : diverses études montrent un lien clair entre délinquance juvénile et absence de repères due à l’effondrement de l’autorité parentale, en particulier dans les familles monoparentales (voir entre autres « La violence des jeunes » (Gallimard) de Philippe Chaillou, ancien juge d’enfants, actuellement conseiller à la cour d’appel de Paris).

Comment enseigner une sexualité responsable pour reprendre une expression du pape Jean-Paul 2, la responsabilité vis à vis de ses actes et paroles en matière d'amour s'il faut avant tout ne pas culpabiliser parce que c'est mauvais pour notre santé mentale et si « l'éducation sexuelle » fournie dans le cadre de l’éducation nationale se résume à des techniques de contraception/avortement/protection et à une forme d’encouragement aux relations sexuelles précoces hors mariage. Cette « éducation » mine l’autorité des parents qui ont des valeurs religieuses ou au moins humanistes et a contribué au développement de la violence sexuelle chez de très jeunes adolescents nourris de pornographie.

Sociologie

- L'étude des cultures et sociétés a amené à relativiser la valeur des morales et religions qui sous-tendaient ces cultures. Au nom du respect de toutes les cultures, idée particulièrement mise en avant par l'UNESCO dans les années 70-80, il ne faut émettre aucun jugement sur une pratique culturelle tant qu'elle est pratiquée dans un pays, trouver que la polygamie est aussi valable que la monogamie, que la façon dont sont traitées les femmes en Afghanistan est aussi valable que la façon d'éduquer les jeunes filles en Europe, que tout se vaut et qu’il faut respecter les différences.

Cela a amené à nier l'existence de valeurs universelles, objectives. Vous êtes hétérosexuels, cela correspond à un modèle, un choix, par contre être « homophobe » est tout à fait moralement critiquable, vous êtes bigame, c'est votre affaire, polygame, tant mieux pour vous, il s’agit de divers choix culturels. Bien sûr à ce jeu on s'aperçoit toujours trop tard que l'on est allé trop loin. Ainsi les Man and Boys Associations (Manba) aux USA ont demandé pendant longtemps une reconnaissance du droit à la pédophilie. Vous êtes pédophile, c'est un choix qui vous regarde, disaient ces grands défenseurs des libertés individuelles, le seul problème c'est que cela a des conséquences désastreuses sur les enfants que vous dites aimer. En France, ces mêmes milieux ont abouti à l'abaissement dans les années 80 de la majorité homosexuelle de 18 à 15 ans, exposant ainsi de nombreux adolescents aux avances des pédophiles sans possibilité de poursuites pénales.

Il y a une différence profonde entre dire que les valeurs universelles sont difficiles à connaître, qu'il faut souvent remettre en question sa conception du bien et du mal, l'affiner et d’autre part nier la possibilité même de l'existence de ces valeurs. La deuxième attitude ruine à la base tout système éducatif qui veut sortir du tribalisme et affirmer l'universalité de la nature humaine.

 

Résultats

  • Depuis le développement d’idées ou conceptions issues de la psychologie ou la sociologie en milieu scolaire et dans la société (psychosociologues etc.) dans les années 60, on a assisté à une augmentation régulière des viols, des actes violents en milieu scolaire, des attitudes de rébellion vis à vis du système scolaire, de la consommation de drogues et des suicides. On aurait pu s’attendre à quelques remises en questions en matière de pédagogie, surtout de la part de gens qui passent leur temps à remettre en question les valeurs des autres, mais cela n'a pas été vraiment le cas, trop d’intérêts étant sans doute en jeu.
  • Sur le plan purement éducatif, le rejet des valeurs universelles a remis en cause la possibilité d'une bonne transmission de la culture occidentale qui plus ou moins depuis la Renaissance cherche à défendre une conception universelle de l'homme.
  • Allan Bloom, universitaire américain, explique dans « The closing of the American mind » que la vulgarisation outre-Atlantique des idées de Max Weber ou Nietzsche a abouti à une approche sociologique rejetant les valeurs universelles. Du coup, tout ce qu'il reste à transmettre, c'est une défense de la tolérance, de l'antiracisme, des idées du genre « à chacun ses valeurs » qui rend une véritable éducation impossible, une véritable compréhension des grands textes du passé aussi impossible. On va se demander si Voltaire ou St Louis étaient anti-sémites, si G. Washington était raciste parce qu'il avait des esclaves, tout cela sans aucun recul historique et on en retiendra rien d'autre.

 

Quelles alternatives ?

 

Des alternatives aux approches pseudo scientifiques à la mode en sciences humaines existent pourtant, montrant l'importance de la structure familiale. La psychologie et la sociologie ne devraient pas avoir le rôle subversif qu'elles ont eu vis-à-vis de la famille car la plupart des études récentes en sciences humaines montrent l'importance des valeurs familiales pour le développement de l'enfant et sa socialisation future.

En psychologie

  • Les idées de S. Freud sur le rôle de la religion comme moyen de répression de la libido pour permettre l'établissement de la civilisation, idées reprises par Marcuse et les freudo-marxistes ont été depuis largement remises en question, en partie sous l'effet de la remise en question du marxisme.
  • Tandis que Freud avait tendance à réduire les problèmes psychologiques humains aux relations enfants, père, mère avec son complexe d’Oedipe, aujourd’hui, l’influence sur un individu de ses ancêtres sur plusieurs générations sans parler de la culture dans laquelle il vit, est de plus en plus reconnue par ce qu’on appelle la psychologie transgénérationnelle ou psycho-généalogie. Avec l’ethno-psychologie, on en arrive à reconnaître l’influence essentielle de la culture sur la psychologie individuelle. En résumé les psychanalystes redécouvrent des faits connus bien avant l’apparition de la psychanalyse, le rôle des ancêtres et des cultures, amenant à remettre en cause le catéchisme Freudien et ses prétentions scientifiques.
  • Déjà du vivant de Freud, Carl G. Jung prenant le contre-pied de ses idées a dit que les problèmes de la majorité de ses patients provenaient d'une insuffisance de vie religieuse et renversé le système freudien. Ainsi l'idée que Dieu est une projection du père est renversée par Jung pour qui l'image du père chez l’enfant n’est qu’une manifestation imparfaite de l'archétype divin qui le précède et dépasse l’individu appartenant au patrimoine psychique de l’humanité.
  • Viktor Frankl, un autre disciple autrichien de Freud, s’est retourné contre son maître suite à son passage dans un camp de concentration nazi au cours duquel il a observé que les personnes les plus aptes à survivre étaient motivées par une conviction que leur vie avait un sens. Prenant le contrepied de l’aspect antireligieux des théories freudiennes, le fondateur de la logothérapie explique qu’une névrose individuelle pourrait être l’expression d’une religion refusée. Selon Frankl, c'est le sentiment d'absence de sens dans la vie qui était à l'origine de nombreuses maladies psychologiques, dépression et autres et non la répression de la libido.
  • Le philosophe chrétien Maurice Clavel reprenant d’une certaine façon les idées de Frankl, a expliqué dans ses ouvrages (Ce que je crois, Dieu est Dieu, nom de Dieu, etc..), beaucoup de maladies psychologiques reflètent une recherche frustrée de Dieu, que les concepts de refoulement, de sublimation de la pulsion sexuelle sont une pauvre explication de la démarche religieuse, qu'en fait dans bien des cas « c'est Dieu en soi que l'homme refoule » contrairement à ce qu'a affirmé tout une génération de psychologues pour qui la recherche religieuse est bien souvent l'expression d'une libido refoulée.
  • Erich Fromm, un des leaders de l’école de Francfort, dans son livre « L'art d'aimer » a rejeté l'approche de Freud réduisant l'amour à la libido sexuelle et a montré que la nécessité d'un l'apprentissage de l'amour était fondamental pour former des individus capables d'établir des familles et une société harmonieuse. Citant Paracelse, il lie amour et connaissance « Celui qui ne sait rien n'aime rien mais celui qui comprend, celui-là aime.. « Il explique que l'amour n'est pas à la portée de n'importe qui mais dépend de notre niveau de maturité. L'amour requiert connaissance et effort. On doit apprendre l'amour. Conception opposée au coup de foudre qui vient tout seul, cliché répandu depuis le 19ème siècle dans la littérature puis le cinéma et la télévision.
  • Eric Berne, le fondateur de l’analyse transactionnelle insiste sur l’importance de vraies relations parents-enfants pour arriver à un être adulte réalisé dont les relations avec les autres ne soient pas affectées par des séquelles du parent dominateur, abusif ou absent ou de l’enfant rebelle ou soumis
  • Le psychologue américain Scott Peck-(« Les gens du mensonge » et « Le chemin le moins parcouru » a mis en avant 2 idées clé : 1) le problème de la psychanalyse, c'est d'ignorer la réalité du mal, 2) la plupart des problèmes psychologiques viennent du refus d'accepter une certaine souffrance nécessaire qui finalement par des chemins détournés aboutit à une souffrance encore plus grande, crée des névroses.. Cela touche à un aspect important de l'éducation, s'éduquer demande un effort, peut être douloureux et dans une société à la recherche du plaisir, de la facilité, ce n'est pas facile
  • La « real psychology » aux Etats Unis, une approche qui cherche à mettre de plus en plus les gens face à leurs responsabilités sans toujours revenir à leur passé, leur complexe d'Oedipe ou leurs rêves. Les résultats de cette psychothérapie par le réel qui vont des sessions de rééducation pour jeunes délinquants ou drogués à des psychothérapies de groupe centrées sur la résolution des conflits, la préparation aux situations concrètes auxquelles seront confrontés les patients, sont bien plus probant que les séances de psychothérapie classique.
  • Les féministes elles-mêmes se sont retournées contre Reich, dénonçant dans ses théories sur la révolution sexuelle une approche réductrice et masculine de l'acte sexuel et défendent une approche différente de l'amour (voir Betty Friedan « The Feminine Mystique »).
  • Le problème de la famille monoparentale sans père est souligné et une association comme SOS Papas remet en question la façon dont dans la majorité des procès en divorce la garde des enfants est confiée à la mère avec des droits de visites très restreints pour les pères. « Plus la relation mère-fils est unique et prolongée, plus la réaction de l'homme adulte envers les femmes sera violente » écrit la sociologue Christiane Olivier qui n'hésite pas à faire un lien entre les familles monoparentales et l'augmentation des viols de la part de jeunes adultes.

En sociologie

  • Le sociologue Christian Jelen dans son étude des immigrants en France (« La famille, secret de l'intégration » Robert Laffont) a comparé l'évolution des immigrants vietnamiens, chinois et africains en France. Lors de leur arrivé en France, ces groupes se trouvaient dans une situation économique très difficile. Beaucoup d'immigrés asiatiques avaient échappé des Goulags cambodgiens et vietnamiens sans un sou dans leur poche. Les premières vagues d'immigrés africains datent des années 50 et 60, les immigrés étant appelés par des industriels français cherchant de la main d'œuvre à bon marché pendant cette période de croissance rapide. Leurs familles ont suivi.

Au fil des ans, Jelen observe une différence croissante entre le degré d'intégration de ces deux groupes. Les enfants d'asiatiques s'adaptent bien au système scolaire français, le taux de criminalité dans les quartiers à fort taux d'asiatiques en région parisienne est plutôt inférieur à la moyenne, alors que pour les immigrés africains, c'est la situation inverse.

Jelen explique la raison de cette différence dans la structure familiale de ces deux communautés, les Asiatiques ont préservé leurs valeurs confucianistes tournées vers l'éducation alors que les familles africaines ont très mal supporté le choc culturel de l'immigration.

Dans ce contexte, les familles polygames représentent un handicap très lourd pour l'éducation des enfants et l'intégration à la société, selon Jelen.

  • Emmanuel Todd et son étude des structures familiales (« La Troisième Planète, Editeur Seuil »).montre les liens entre les différents types de structure familiale et l'environnement économique, politique ou culturel. Les études de Todd contredisent l'idée commune que l'éducation et le développement dépendaient essentiellement de structures économiques ou sociales. Selon Todd, c'est le type de famille et non l'environnement socio-économique ou même la religion qui est le facteur le plus important pour définir une culture ou une société. Dans son étude, il montre que les différences de structure familiale ne coïncident pas avec les différences raciales. Concernant la « liberté sexuelle », Todd écrit que dans les pays avec une famille de type autoritaire « la révolution sexuelle mène au « Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley (« A Brave New World ») et plus généralement que la « libération sexuelle » amène un renforcement du rôle de l'état et de son emprise sur les familles.
  • Bien sûr, si une famille vit dans un état d'extrême pauvreté, il est très difficile d'éduquer proprement des enfants. Mais certaines cultures engendrent la pauvreté alors que d'autres sont sources de développement économique. De nombreuses études conduite à l’Unesco et l’ONU montrent la relation entre structure familiale et en particulier le rôle des femmes avec le développement économique. Entre autres, des études en Inde montrent que les efforts d'alphabétisation progressent bien mieux dans les états de l'Inde où les femmes exercent traditionnellement un rôle plus important dans la famille comme le Kerala et le Tamilnadu.

Conclusion rapide

  • L'homme a une double nature esprit-corps. L'éducation doit correspondre à cette double nature de l'homme, éducation morale et philosophique et technique-scientifique mais avant tout l'homme doit apprendre à aimer et développer sa capacité à entrer en relations avec autrui. Elle doit s’opposer à un relativisme généralisé en réaffirmant les valeurs absolues remontant à l’héritage grec (le bon, le vrai, le beau).
  • Cette éducation fondamentale du cœur, du caractère se fait essentiellement dans la famille, il n'y a pas de substitut à la famille, ni l'éducation nationale, ni les animateurs de quartier et autres ne peuvent la remplacer.
  • Concernant l'éducation nationale, il faut promouvoir une véritable coopération entre parents et enseignants et non une relation où les parents n'ont aucun droit de critiquer la pédagogie ou le contenu des cours, d'évaluer les professeurs mais simplement la possibilité de changer leurs enfants d'école.
  • Si nous voulons améliorer la situation de l'éducation, il faut faire un bilan sans complaisance de l'impact de la psychologie et de la sociologie. Il ne s'agit pas de rejeter ces sciences humaines mais de rejeter une approche pseudo-scientifique cherchant avant tout à miner l'héritage judéo-chrétien de l’Occident.
  • En conclusion, il n’est bien sûr pas question de mettre tous les psychologies ou sociologies dans le même sac et il existe de nombreuses pistes pour une psychologie non matérialiste et une sociologie prenant en compte des valeurs universelles, il faut aller de l'avant dans cette direction.

 


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72 réactions à cet article    


  • tashrin 3 juin 2016 09:38

    je suis très mal à l’aise à la lecture de cet article
    Vous mélangez pele mele des notions scientifiques, vos jugements personnels fondés sur... vos jugements personnels, des considérations vaguement religieuses qu’on sent poindre à chaque tournure de phrase, et une sorte de discours pseudo moralisateur avec la posture du sachant qui vient nous expliquer la vie... Et sur le fond, je ne suis pas d’accord avec les conclusions que vous tirez
    Bof bof... Pas pour moi je passe mon tour


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 11:22

      @tashrin
      Je comprends votre malaise. Effectivement mon article touche à pas mal de sujets et va dans diverses directions. Ceci dit, je ne pense pas être « moralisateur », simplement j’essaie d’évaluer les effets d’une certaine psychologie populaire sur l’éducation et la culture. Cette psychologie s’est souvent opposée à la morale traditionnelle au nom de la « libération sexuelle » et à la discipline traditionnelle au nom de l’épanouissement des enfants, du respect des cultures etc.. mais elle était loin d’avoir toujours raison pour autant. Si l’on fait un bilan aussi objectif que possible, je crois comme je le dis dans mon introduction qu’il sera loin d’être globalement positif. Je sais que l’on ne peut retourner simplement en arrière mais il y a des valeurs et des idées qui méritent d’être préservées.


    • JL JL 3 juin 2016 11:23

      @tashrin
       

      en lisant je me faisais exactement les mêmes réflexions.
       
      J’ajoute que ce ne sont pas les découvertes de Freud qu’il conviendrait de mettre sur la sellette, mais ce que bien des pervers en ont fait, eux qui, par définition, sont incapables d’admettre ces théories.
       
      ’’Nous appellerons (donc) « obscurantisme contemporain » toutes les formes sans exception de mise à mal et d’éradication de la puissance contenue, pour le bénéfice de l’humanité tout entière, dans Darwin, Marx et Freud. (Alain Badiou)


    • JL JL 3 juin 2016 12:06

      @Bernard Mitjavile
       

       vous devriez lire ’C’est pour ton bien’ d’Alice Miller. Je suis sûr que vous aimerez.

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 12:20

      @JL Cela m’a l’air intéressant. C’est sûr qu’il y a beaucoup à dire sur les méthodes éducatives du passé. Je voyais récemment une émission sur Arte sur les enfants retirés à leurs mères en Suisse au cours du 20ème siècle, placés et maltraités dans des institutions ainsi que leur mères (« filles-mères ») pour la seule raison qu’ils avaient été conçus hors mariage ou que leurs parents étaient considérés comme incapables d’éduquer correctement leurs enfants.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 juin 2016 09:20

      @Bernard Mitjavile « Découvertes » remises en question et sévèrement critiquées par ses principaux disciples (Jung, Fromm, Frankl, Adler ...)


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 juin 2016 09:23

      @JL« Découvertes » remises en question et sévèrement critiquées par ses principaux disciples (Jung, Fromm, Frankl, Adler ...). 


    • JL JL 4 juin 2016 12:16

      @Bernard Mitjavile,

       
      exemples qui confirment mon propos : cf. Meurtre du père.

      Il faut choisir : ou bien ils sont disciples, ou bien ils sont détracteurs, mais pas les deux ! Ceci dit, sauf erreur, aucun d’entre eux n’a remis en cause la théorie de l’inconscient.
       
      Une théorie, un concept, ne peuvent à la fois être compris et être défaits : c’est antinomique.

    • Pierre Laroche 4 juin 2016 14:48

      @JL : Sauf erreur de ma part, personne eux n’a remis en cause la théorie de l’existence de dieu !

      Vous noterez tout de même que Freud n’est pas l’inventeur de l’inconscient. Il faudrait d’ailleurs plutôt parler de processus inconscients plutôt que de l’inconscient comme s’il s’agissait d’une personne.


    • JL JL 4 juin 2016 15:02

      @Pierre Laroche,

       
       que vient faire dieu ici ?


    • Pierre Laroche 4 juin 2016 15:22

      @JL : Le fait que personne n’ait remis en cause « l’inconscient » (les processus inconscients) ne suffit pas à prouver pas que la psychanalyse est légitime.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 juin 2016 15:49

      @JL Ils ont commencé par suivre Freud pour le critiquer fortement par la suite. Sans doute avez-vous entendu parler des relations très tendues entre Freud et Jung, fils d’un pasteur suisse et venant d’un milieu très différent de Freud. Frankl qui suivait Freud dans ses jeunes années, a pris un chemin radicalement différent et très critique à l’égard de Freud après son passage dans un camp de concentration et s’est élevé contre la théorie freudienne de la libido et sa répression. Eric Fromm s’est contenté de dire que Freud était à côté de la plaque en ne comprenant pas l’importance de l’amour etc..

      Cela arrive de brûler ce que l’on a adoré dans sa jeunesse, c’est même assez courant.

    • JL JL 4 juin 2016 17:44

      @Pierre KLariche,

       
       la légitimité de l’analyse n’est pas la question : chacun est libre de faire sa propre expérience. La question, et vous l’avez introduite vous-même, est dieu vs l’homme.

      Je ne saurai mieux dire que Alain Badiou dans ce texte dont j’ai retenu cet extrait : ’’ Depuis longtemps, les conservatismes de tous bords se sont acharnés contre ces trois grands dispositifs (Darwin, Marx et Freud). C’est bien naturel. On sait comment aux Etats-Unis, encore aujourd’hui, on fait souvent obligation aux institutions éducatives d’opposer le créationnisme biblique à l’évolution au sens de Darwin. L’histoire de l’anticommunisme recoupe pratiquement celle de l’idéologie dominante dans tous les grands pays où règne, sous le nom de « démocratie », le capitalo-parlementarisme. Le positivisme psychiatrique normalisateur, qui voit partout des déviances et des anomalies à contrarier par la brutalité chimique, tente désespérément de « prouver » que la psychanalyse est une imposture…. On y a vu fleurir les « livres noirs » du communisme, de la psychanalyse, du progressisme, et en définitive de tout ce qui n’est pas le bêtisier contemporain : consomme, travaille, vote et tais-toi…. ’’

      @Bernard Mitjavile,
       
      je pense que ces disciples se sont rangés dans le camp de ceux que Alain Badiou dénonce dans l’extrait que j’ai copié-collé ci-dessus. Pour moi, leurs objections ne valent guère plus que celles des contempteurs ordinaires de Freud si ce n’est moins.

    • tashrin 6 juin 2016 09:30

      @Pierre Laroche
      @JL : Sauf erreur de ma part, personne eux n’a remis en cause la théorie de l’existence de dieu !

      Euh... J’ai deux trois noms si vous voulez


    • Pierre Laroche 6 juin 2016 12:37

      @tashrin :
      La théologie, la psychanalyse, l’astrologie ou l’alchimie, ne relève que de la croyance. Elles ont aussi pour point commun d’être irréfutables (au sens épistémologique du terme). Comme il n’est ni pas possible de prouver que Dieu n’existe pas, les croyants en concluent qu’il existe. C’est la même chose en psychanalyse. Il existe toujours un mécanisme de défense mis en place par Freud qui discrédite les sceptiques et les contradicteurs.
      .
      Voir ce lien : http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php ?url=L1BzeWNoYW5hbHlzZS5EZWZlbnNlcy5wZGY%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277
      .
      Ainsi, en croyance religieuse, on assiste à une multitude d’émergence de religions, de sectes ou de superstitions... En psychanalyse c’est la même chose. Les croyants-contradicteurs ne peuvent rien changer aux courants lancés car leurs maîtres car ceux-ci sont irréfutables. De ce fait, ils se doivent de créer leur propre courant. C’est ainsi qu’il y a aujourd’hui : des freudiens orthodoxes, des freudiens culturalistes, des annafreudistes, des lacaniens, des post-lacaniens, des kleiniens, des reichiens, des jungiens, des adlériens, des eriksoniens, etc. (qui pensent tous du mal des uns et des autres d’ailleurs)...
      .
      Pour s’y retrouver un peu dans ce capharnaüm, voir : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1538
      .
      Je ne doute pas qu’il y ait des contestataires pour s’opposer à toutes les pseudo-sciences (et croyances) notamment lorsqu’elles ont la prétention d’être scientifiques ou lorsqu’elles sont à l’origine de dérives sectaires, mais jusqu’à présent le charlatanisme est toujours bien ancré dans toutes les sphères de notre société. Par exemple, nos ministres, nos élus sont entourés de psychanalystes. Les magistrats (pénal, affaires familiales, etc.) sont conseillés et formés par des pédopsychiatres de pratique psychanalytique.
      .
      Voir Outreau : http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0V4cGVydHMuT3V0cmVhdS5wZGY%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277
      .
      Voir l’affaire Patrick Derochette : http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0V4cGVydHMuRGVyb2NoZXR0ZS5wZGY%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 12:50

      @JL
      Selon Badiou et vous L’histoire de l’anticommunisme recoupe pratiquement celle de l’idéologie dominante dans tous les grands pays où règne, sous le nom de « démocratie »,

      Sans doute, l’histoire du communisme recoupe la libération et l’épanouissement des peuples dans de merveilleuses sociétés sans classe et occasionnellement au moins 100 millions de victime. Un point de détail sans doute selon Badious et vous.

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 13:20

      désolé, victimes et non victime, de plus société sans classes est mieux que sans classe (on pourrait croire que c’est une société qui a de la classe comme on dit aujourd’hui.)


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 14:43

      @Pierre Laroche Je crois que Karl Popper avait fait une distinction assez claire entre les sciences et les pseudo-sciences, ce qui l’avait amené à ranger la psychanalyse et le marxisme dans la deuxième catégorie (il avait un peu modéré sa position par la suite). Les fausses théories scientifiques ne peuvent jamais être prouvées fausses. Comme certains individus, elles ont toujours raison, toujours une explication pour tout et d’autre part, elle ne font pas de prédictions exactes, par contre, elles ont toujours une explication après coup.


    • Pierre Laroche 6 juin 2016 15:42

      @Bernard Mitjavile :
      Certes mais cela n’empêche pas les professionnels de cette pratique de s’autoproclamer scientifiques : https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=waimh+scientifique+psychanalyse
      .
      et d’exercer leur lobbying sur les décisions de justice :
      https://blogs.mediapart.fr/pierre-laroche/blog/140114/le-lobbying-de-la-psychanalyse-sur-les-decisions-de-justice-familiale
      .
      chez le défenseur des enfants, à la fondation pour l’enfance, dans les différents ministères, etc.


    • JL JL 6 juin 2016 16:44

      @Bernard Mitjavile, Pierre Laroche,
       

       c’est un comble pour moi, de vous voir, vous des croyants, vous gausser ainsi de ceux que vous appelez des pseudo-scientifiques qui auraient selon vous, toujours raison !
       
       Comme je sais depuis belle lurette qu’il n’y a rien à gagner à discuter de l’existence de dieu avec des croyants, je vous laisse avec vos certitudes. Rien de nouveau sous le soleil.

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 17:47

      @Pierre Laroche Certes, mais la responsabilité première dans ce genre de situation me semble être celle des juges qui s’abritent derrière des « experts » psychiatriques pour justifier des décisions souvent laxistes avec risque de récidive.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 18:15

      @JL Je ne pensais pas que l’on discutait de l’existence de Dieu. « Croyants » vous dites mais on est tous croyant en quelque chose, en particulier la personne à qui vous faite référence, Badiou. 

      Je ne le connaissais pas et ne perdais pas grand chose mais vois sur Wikipédia qu’il s’agit de quelqu’un connu pour son engagement maoïste à la belle époque du « grand bond en avant » et autres joyeusetés ainsi que pour sa défense du communisme. Un marxiste-léniniste « très influencé par Althusser » et Lacan. En d’autres termes une icône de la gauche bobo post-soixante-huitarde. Vous choisissez des gens particulièrement lucides comme références.
      Mais je ne veux pas polémiquer et aimerais discuter calmement avec vous. Je me contentais de rappeler une distinction faite par Popper qui me semble très intéressante sur l’aspect « infalsifiable » des fausses sciences sans parler de mes « certitudes ». Puisque vous parlez de religion, je reconnais que je prends au sérieux les enseignements de Jésus mais je ne pense pas que cela enferme quelqu’un dans des certitudes, Ce serait plutôt le cas des opposants de Jésus, les pharisiens. Pour moi les évangiles appellent chacun à s’ouvrir aux autres sans les juger et à considérer leur point de vue. Cela ne veut pas dire tout approuver mais certainement pas tout rejeter. Après tout, personne n’a toute la vérité et nous sommes là pour apprendre les uns des autres.

    • pemile pemile 6 juin 2016 18:16

      @Bernard Mitjavile "Karl Popper [....] Les fausses théories scientifiques ne peuvent jamais être prouvées fausses"

      Non, les théories non réfutables (irréfutables au sens logique) sont de la métaphysique, par contre, selon Popper, la démarche expérimentale ne permet jamais de vérifier une théorie. Par contre elle permet de l’éliminer si elle est fausse.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 18:39

      @pemile Merci pour la précision.


    • Pierre Laroche 7 juin 2016 09:43

      @Bernard Mitjavile :

      Je ne suis pas certain qu’on puisse blâmer les magistrats, bien que certains magistrats aiment jouer au psy. La plupart du temps c’est le psy qui dicte au magistrat la décision qu’il doit prendre :

      http://paulbensussan.fr/expertise-en-affaires-familiales-quand-lexpert-sassoit-dans-le-fauteuil-du-juge/

      On ne peut pas les blâmer car c’est à chacun son job. Normalement, le magistrat est un homme (femme) de loi. Ce n’est pas un expert en autre chose (ici psychologie). Par ailleurs, les magistrats sont formés (endoctrinés) à la psychanalyse dès l’ENM (Ecole Nationale de la Magistrature).


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 3 juin 2016 10:09

      Ce panorama intéressant des idées de la psychologie montre de manière sous-jacente où le bât blesse, chaque théorie est avancée pour justifier une évolution qui se dessine et contrer les anciennes idées ou traditions qui se mettent en travers, ce qui ne peut être une démarche scientifique.
      Cela est évident dans le cas de Freud qui vivait dans une société où les relations sexuelles non bienséantes étaient dissimulées, de Reich qui justifiait ainsi le climat permissif des années de soit-disant libération sexuelle qui n’étaient qu’une conséquence d’une vie plus facile et débridée.
      La conséquence évidente que l’on peut en tirer est claire, il ne peut exister de psychologie « universelle », c’est-à-dire adaptable à tous les types de sociétés. Dans le monde animal, l’évolution des groupes sociaux est faite par la sélection naturelle, le critère pertinent est la survie des cultures qui sont en compétition entre elles. Chaque individu se construit spirituellement par rapport à son environnement immédiat, il absorbe les valeurs morales et éthiques par osmose, et ses problèmes psychologiques personnels sont obligatoirement relatifs à cette construction.


      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 11:08

        @Gilles Mérivac Je suis d’accord avec votre conclusion. Nous sommes tous le fruit d’une culture donnée et on découvre rapidement les limites de la psychanalyse si on l’applique dans le bush africain. 


      • Montagnais Montagnais 3 juin 2016 11:14

        Terrible et excellent boulot l’Auteur, très-bien dégagé des contagions de l’époque ..


        Bien aimé le rappel des pratiques décomplexées d’un Dany le Bouge, des relations animées Freud vs Jung, bien aimé la tonalité moqueuse de votre article envers l’Ordre Dominant

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 11:28

          @Montagnais Merci bien, j’apprécie « les contagions de l’époque ». On a bien du mal à s’en dégager parfois et à faire la part des choses.


        • Rincevent Rincevent 3 juin 2016 17:41

          Freud et la démarche scientifique : c’est vrai qu’il a beaucoup plus fonctionné à l’intuition qu’autre chose mais, pour ce qui était des neurosciences à son époque, c’était encore très embryonnaire il faut bien le reconnaitre. Aujourd’hui, par contre, ses héritiers présomptifs ne peuvent plus raisonnablement se réclamer d’une démarche scientifique, tout au plus d’une croyance et d’une fidélité au maitre mais çà, ils ne sont pas prêts à l’admettre !

          La révolution sexuelle : Reich, cette gloire de la psychanalyse, a fini sa vie en prison suite à des actes sexuels sur mineurs. Des références concernant cette accusation ? Pour moi, il s’agit d’autre chose : http://rr0.org/people/r/ReichWilhelm/. Je passerai sur l’amalgame pédérastie/pédophilie/pornographie, bien peu scientifique lui aussi…

          A part ça, une vision très intéressante de là où nous en sommes rendus aujourd’hui : Christopher Lasch « La culture du narcissisme » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Lasch


          • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 18:44

            @Rincevent Vous avez raison d’attirer l’attention sur le dernier point. J’ai effectivement écrit un peu rapidement une phrase alimentant la confusion pédérastie/pédophilie. Vous avez aussi raison concernant Reich. Ses conceptions de la sexualité qui l’ont fait rejeter par les communistes, les nazis, les psychiatres américains pour finalement être condamné par la FDA, sont assez compliquées sans ajouter cette accusation que j’ai trouvé chez des opposants à ses théories mais qui n’est pas documentée. Il a été considéré comme n’ayant plus sa raison, mégalomane ou fou mais je vous l’accorde cela ne veut pas dire grand chose. Le fait que dans « La révolution sexuelle », il ait proposé la destruction du modèle familial et la libération sexuelle, en particulier celle de l’enfant a pu être utilisé par des pédophiles sans qu’il en soit directement responsable. 


          • JC_Lavau JC_Lavau 6 juin 2016 14:13

            @Bernard Mitjavile. Il suffit de lire quelques pages d’un de ses derniers livres, « La superposition cosmique » pour n’avoir plus le moindre doute sur la psychose paranoïaque de Wilhelm Reich à la fin de sa vie.
            Genèse : il aurait été abusé sexuel dans son enfance.
            En tout cas il est demeuré incapable de penser les faits, sa confusion mentale n’a fait qu’empirer.


          • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 6 juin 2016 14:31

            @JC_Lavau
            C’est vrai que ses idées me semblent carrément bizarres et ses expériences avec son « accumulateur d’organe » pour empêcher la guerre nucléaire encore plus. Ceci dit, son idée de révolution sexuelle a eu du succès, sans doute pas pour l’intelligence de ses analyses mais parce que cela correspondait à l’époque. Il semble que souvent, particulièrement en sciences humaines où les effets de mode sont important et ce n’est pas tellement la valeur des idées en elle-même que l’époque à laquelle elles apparaissent qui importe. Bon, heureusement après un certain temps (très vague) les baudruches se dégonflent.


          • Jo.Di Jo.Di 3 juin 2016 18:22

             
            La psychologie se présente comme une approche scientifique de la santé mentale et donc neutre vis à vis des valeurs morales.
             
            FAUX évidement , l’Oedipe est vu comme spécifique de la bourgeoisie du tps de Freud. c.a.d le bourgeois du 19e bande avec une pute pas avec ça bourgeoise-semblable_à-sa-mère .... et maintenant le benêt bande plus, il est féminisé et la femme masculanisée (effacement de différence).
             
            Et l’effacement des syndromes psychiatriques spécifiques au tabous religieux a même été mesuré au cours du XXe avec l’évolution de la morale.

             
             
            Après j’ai arrêté de lire.
             

             

             


            • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 3 juin 2016 18:56

              @Jo.Di Je ne sais pourquoi vous écrivez en gras votre réflexion finale. Cela veut dire quoi « Et l’effacement des syndromes psychiatriques spécifiques au tabous religieux a même été mesuré au cours du XXe avec l’évolution de la morale » ? Qui a mesuré, sur quels critères, vous peut-être ? Les gens vont donc de mieux en mieux au niveau psychique maintenant que l’on est débarrassé des « tabous religieux ». On croirait du F. Hollande.  


            • Jo.Di Jo.Di 3 juin 2016 21:08

              @Bernard Mitjavile
               
              ça veut dire que le surmoi de l’individu a changé avec les mentalités, donc les syndromes psychotique ont suivi cette évolution (de la mentalité 19e frustré par sa morale rigide à la mentalité narcissique déprimée du libidineux)
              Donc la mère rigide et bourgeoise que l’homme évitait dans la femme bourgeoise qui lui ressemblait et qui préférait la pute n’est plus source de névrose car la mère est devenue la pouf, donc les psychoses Oedipe ont disparu, AVEC l’évolution de la morale
              Et ceci a été mesuré, les syndrômes sont devenus plus complexifiés aussi.
               
              C’est évident que le surmoi varie avec la culture et la morale, puisqu’il en est l’expression !!!!
               
              Ex (tirés de C Lasch Culture du Narcissisme)
              nvlle intimité du couple : Wolfer
              déclin de la Jalousie Wollfeistein , Wardle
              resurgence du viol : Haskell
              capitalisme et famille Zarestky
               
              ET Sade l’avait prévu !
               
              Et dommage que Marx n’ai pas lu Sade il aurait prévu le consumérisme libidineux du gôôôchiste et la non crise de surproduction qui devait arriver dans le Monde Des Amish de son temps et qui n’a pas eu lieu à cause de la branlette.
               

               
               


            • Clofab Clofab 3 juin 2016 20:55

              T’ain , j’ai rien compris ! 

              Par contre ; « Marx déclarant que la religion est l’opium du peuple » là je suis totalement d’accord. 
              Pour le reste, la psychologie, la sociologie pour moi ne sont que des balivernes de pseudo-intellectuels qui se masturbent en récitant des dires ou écrits vieux de 2000 ans. Un tel a dit ci, un tel a dit ça , (il ya 2000 ou 3000 ans)
              Ohhhh mon dieu, mais alors c’est terrible ! 
              La caste de ces psychologues est une vaste fumisterie. 

              Allez bosser bande de faignasses, et arrêtez de vous faire entretenir par l’état, grâce à vos élucubrations stériles !

              Les psychologues , y zont une solution concrète contre le chômage ?

              • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 juin 2016 09:13

                @Clofab
                Je ne pense pas que les psys aient une solution contre le chômage mais Marx non plus à part la dictature du prolétariat et autres idées de ce genre..


              • Pierre Laroche 4 juin 2016 15:00

                @Clofab : Psychologie devrait toujours s’écrire au pluriel ! Vous en avez au moins deux :
                - la psychologie scientifique,
                - la psychanalyse.

                Scientifique signifie : prouvé, admis et réfutable. La majorité des dogmes psychanalytique n’est ni prouvée, ni réfutable. Cela explique qu’elle ait été condamnée en 1980 (presque toutes les références freudiennes sont retirées du DSM III) en 2004 (inefficacité psycho-thérapeutique dénoncée par l’INSERM) et en 2010 (vis à vis du traitement de l’autisme par la HAS).

                Lacan s’exprimait ainsi : ".../... la psychanalyse n’est pas plus une escroquerie que la poésie elle-même. .../... on ne peut pas dire que la poésie n’y joue pas à sa façon, innocemment, ce que j’ai connoté à l’instant de l’imaginairement symbolique. Ça s’appelle la vérité. Ça s’appelle la vérité notamment sur le rapport sexuel .../... Le rapport sexuel, il n’y en a pas, mais cela ne va pas de soi. Il n’y en a pas, sauf incestueux. C’est très exactement ça qu’a avancé Freud - il n’y en a pas, sauf incestueux, ou meurtrier. Le mythe d’Œdipe désigne ceci, que la seule personne avec laquelle on ait envie de coucher, c’est sa mère, et que pour le père, on le tue. C’est même d’autant plus probable qu’on ne sait pas qu’ils sont votre père et votre mère. C’est exactement pour ça que le mythe a un sens — Œdipe a tué quelqu’un qu’il ne connaissait pas, et il a couché avec quelqu’un dont il n’avait aucune idée que c’était sa mère. Cela veut dire en somme qu’il n’y a de vrai que la castration. Du moins, avec la castration, on est sûr d’y échapper. Ce n’est pas tellement du meurtre du père qu’il s’agit que de sa castration — la castration passe par le meurtre. Quant à la mère, le mieux qu’on ait à en faire, c’est de se le couper, pour être sûr de ne pas commettre l’inceste. Je voudrais réussir à vous donner la réfraction de ces vérités dans le sens. Il faudrait arriver à donner l’idée d’une structure qui incarnerait le sens d’une façon correcte. Contrairement à ce qu’on dit, il n’y a pas de vérité sur le réel, puisque le réel se dessine comme excluant le sens. Ce serait encore trop dire qu’il y a du réel, parce que le dire, c’est supposer un sens. Le mot réel a lui-même un sens, et j’ai même en son temps joué là-dessus en évoquant l’écho du mot reus, qui en latin veut dire coupable — on est plus ou moins coupable du réel. C’est bien pourquoi la psychanalyse est une chose sérieuse, et qu’il n’est pas absurde de dire qu’elle peut glisser dans l’escroquerie." (Jacques Lacan - Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1979, n°17, Vers un signifiant nouveau - Texte établi par Jacques-Alain -  L’escroquerie psychanalytique).

                Lacan.Escroquerie.Suite.doc


              • JC_Lavau JC_Lavau 4 juin 2016 10:30

                Les maladies mentales existent. Incontestable.
                Donc elles viennent de ce que le dieu du Vatican est nié...
                Hem !

                Pourtant de nouveaux dieux deviennent obligatoires à leur tour :
                Le culte de l’image de la femme,
                le culte du Réchauffement Climatique Anthropique,
                le culte de l’acidification des océans, qui sera due à un miracle : les rivières ne charrieront plus aucun cation Ca++, Mg++, Fe++, Na+, K+, ... mais uniquement des anions HCO3-... et quiconque plongera un doigt dans la rivière s’électrocutera. Ah non ? Il sera rongé par les cations H3O+ ?
                Etc. etc.

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