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SDF, l’Etat doit poser la première pierre

Pour que les tentes disparaissent, les pouvoirs publics doivent poser la première pierre. Elus, ministres, nous attendons votre action !

Dix jours, cela fait déjà dix jours qu’Augustin Legrand, Pascal Oumaklouf et leurs amis de l’association Les Enfants de Don Quichotte aident les Français à prendre conscience et à comprendre le drame vécu quotidiennement par les dizaines de milliers de SDF vivant dans notre pays, pays dont ils sont pour la plupart citoyens.

Tous les jours, dans Paris, nous croisons ces miséreux que nous avions quasiment abandonnés, les laissant à leur misère. Ils dorment pourtant au beau milieu de nos trottoirs, mais nous nous sommes tous habitués à leur présence, finissant même par ne plus les remarquer, à force de détourner le regard. Pendant ce temps, chaque nuit, des SDF meurent en France. De froid ou d’autre chose, cette chose étant toujours liée à leurs conditions de vie misérables que je ne rappellerai pas ici.

Oui, c’est à chacun d’entre nous de leur apporter son aide. Mais pour ce type de problème, précisément, et afin d’agir rapidement et efficacement, notre démocratie est dotée de moyens et de dirigeants élus qui nous représentent, et se doivent, en notre nom à tous, de faire appliquer la Constitution, la loi, et de garantir, au nom de chaque citoyen, une égalité de traitement entre tous et l’assistance à ceux qui en ont besoin. Ce n’est pas chaque citoyen qui dans sa rue décide d’acheter et de poser des lampadaires, des panneaux de signalisation. Ce n’est pas non plus chaque Français qui balaie la portion de route qui passe devant son immeuble. Non, nous nous sommes dotés de services publics pour gérer cela de façon collective, pour le plus grand bien de tous et pour un coût financier réparti a priori équitablement.

Il n’est pas question ici d’en appeler au communisme, mais plutôt de rappeler aux pouvoirs publics, et à nos représentants élus, qu’il est de leur devoir de mettre en place l’assistance qu’il convient auprès des SDF de notre pays. La première mission que nous avons confiée à nos élus, c’est de garantir une vie acceptable et décente à tous. Malheureusement, si une certaine forme d’assistance existe envers les SDF, ce n’est pas celle qui convient. On le comprend vraiment depuis quelques jours seulement : les moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics depuis des années, et l’action, quoique formidable, des associations humanitaires, ne sont pas adaptés. Cela n’a pas de sens d’être dans une action d’urgence depuis quinze ans (pour le Samu social), quand il s’agit d’un problème que l’on aurait pu résoudre pendant ce temps. Je ne saurai trop vous conseiller de regarder l’émission en lien en bas de l’article. Malgré la nullité du journaliste animateur, Thierry Guerrier, beaucoup de choses y sont expliquées, et l’on peut y voir un reportage au cœur d’un centre d’hébergement comme tant d’autres : tout simplement horrifiant, nos prisons sont beaucoup plus accueillantes.

Que font les ministres en charge de ce dossier ?

Le premier d’entre eux n’a encore rien annoncé. Il faut avouer qu’il est plutôt mal conseillé par son entourage sur ce sujet. Michel Godet, l’un des experts qui l’assistent au sein du Conseil d’analyse économique, s’est ridiculisé devant des millions de téléspectateurs, mardi 26 décembre, dans l’émission C dans l’air sur France 5. Il a affirmé qu’il était du devoir de chacun d’héberger un SDF chez soi. Inutile de lui demander combien il en héberge, ni même s’il a déjà parlé avec l’un d’entre eux. Faisons juste remarquer qu’au vu du nombre de « bien logés » venus dormir aux côtés des SDF ces derniers jours, cela n’est pas dans notre mentalité de les accueillir chez nous (et encore faudrait-il que nous ayons les moyens d’avoir des appartements plus spacieux), donc ce n’est évidemment pas une réponse adéquate.

Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, a déclaré lundi 18 décembre à Charleville-Mézières : "Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine." En plusieurs années, aux plus hautes responsabilités de l’Etat, Nicolas Sarkozy n’a visiblement pas pris les bonnes mesures pour résoudre efficacement ce problème. Pourquoi devrions-nous le croire et attendre son éventuelle élection pour qu’il agisse ? Il fait partie du gouvernement actuel, il est ministre de l’Intérieur, numéro deux du gouvernement, alors qu’il se mette au travail dès maintenant, pas dans six mois.

Catherine Vautrin, ministre délégué à la Cohésion sociale et à la Parité a annoncé cet été des « capacités d’hébergement d’urgence sur Paris et en région Ile-de-France  ». Médecins du monde s’était alors insurgé : « Il faut sortir le traitement de la question des SDF d’une logique saisonnière et arrêter de tout le temps parler d’urgence », insistait Sandrine Moissinac, membre de l’ONG, qui revendique la nécessité de « trouver une politique durable ». (http://www.rfi.fr/actufr/articles/080/article_45423.asp).

Les mesures à prendre sont contenues dans la charte dite du canal St Martin, conçue et signée avec les principales associations humanitaires. Les représentants des Enfants de Don Quichotte ont été reçus mardi 26, accompagnés de SDF, par Catherine Vautrin. Ils ont publié ce court communiqué à la suite de cette entrevue : « La charte est très bonne pour permettre l’accès de tous à un logement, madame Vautrin est d’accord sur ce point. Mais le gouvernement ne veut pas débloquer les moyens pour mettre en oeuvre ces mesures. Nous posons la question : "Combien vaut la vie d’un citoyen qui n’a pas de domicile ? ". La charte a été transmise au président de la République et nous l’appelons à répondre. Un citoyen sans domicile est encore mort cette nuit à Belfort. Il y a urgence. »

La vraie question est celle de la volonté d’agir des pouvoirs publics. Dix jours, c’est déjà dix jours de trop face à ce scandale qui dure depuis des années et dont nos élus sont en partie responsables par leur inaction (peu de SDF votaient jusqu’à présent, c’est en train de changer). Alors réagissons ! Faisons-leur savoir ensemble notre honte.

Si vous ne voulez pas dormir sous une tente, signez la charte, envoyez le lien de cet article à vos amis, mettez le logo des Enfants de Don Quichotte en bannière sur vos blogs. Ne relâchons pas la pression qui vient de s’installer. C’est l’ensemble de nos petites actions qui permettra aussi de faire bouger les choses. Vite !

Monsieur le Président de la République, dimanche 31 décembre, au froid sous une tente, ou au chaud devant notre poste de télévision, nous attendons de vos vœux qu’ils ne soient pas que pieux. Vous avez là une occasion historique d’agir, de permettre qu’avant la fin de votre quinquennat des citoyens français retrouvent leur dignité, leur envie de vivre, et donc que la France grandisse. Nous vous avons élu, vous vous devez d’agir.

« Si on relève toutes les personnes qui sont au plus bas, on relève tout notre peuple », PO, Enfant de Don Quichotte.

Lire, signer et faire signer la charte du canal St Martin :

http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v2/charte.php

Le site de l’association Les Enfants de Don Quichotte :

http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v2/index.php

Voir l’émission C dans l’air du 26 décembre sur France 5, « Misère en dessous de zéro » :

http://www.france5.fr/cdanslair/index.cfm



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Les réactions les plus appréciées

  • Par Emmanuel Bourcet (---.---.---.141) 28 décembre 2006 14:10
    Marcel Monteubeu

    Je ne l’ai pas assez souligné dans l’article, mais le problème le plus incroyable est celui des 30% de SDF qui ont un emploi mais ne trouvent pas de logement. Ne me dites pas que ce n’est pas le rôle des pouvoirs publics d’assurer l’accès à un logement décent à tous les citoyens, notamment à ceux qui contribuent à créer ces richesses.

  • Par rodofr (---.---.---.208) 28 décembre 2006 14:52

    Je vivais avec une fonctionnaire, hôpitaux de paris, avec appartement donné, ascenseur, neuf, au centre de paris, les parents fonctionnaires aussi depuis toujours avec un 100 m2, sans loyer à payer, et depuis peu le téléphone à payer quand même ! Après séparation, je me suis suis retrouvé à la rue pendant un an avec un peu d’aide ici et là, sdf, ni appatement, et un travail en cdd. Je comprends maintenant pourquoi d’après sondage 75 % des jeunes veulent devenir fonctionnaires. Mais je les rejète pas car j’aurais fait pareil si j’avais su dans quel enfer j’allais me retrouvé, d’ailleurs on retrouve beaucoup de bourgeois maintenant à cause de la sécurité de l’emploi, d’anciens anars devenus zélés et il faut le voir pour le croire ! En résumé, il y a vraiment 2 france, l’une hyperprotégé et autosatisfaite d’avoir su se planquer en restant aveugle à l’autre france qui n’a pas vu venir la catastophe de la paupérisation grandissante. Ensuite, j’ai travaillé à la cnam où un quart du personnel est sur une voie de garage, histoire de pas laissé tomber des gens qui ne font rien par ailleurs avec des salaires incroyables. Et cerise sur le gateau, voulant garder leur budget et pour ne pas attirer l’attention sur un service peu utile ils s’étaient inventé un poste que j’occupais en cdd où je faisais rien et je devais me battre pour qu’on me donne du travail. Voilà, une facette de la France d’aujourd’hui non général mais assez parlante je trouve ! Ca sent la fin d’un système ! Et je vois vraiment pas comment ces gens aideront les plus démunis vu qu’ils avalent à eux tout seul une partie des ressources qui pourraient leur revenir pour les stabiliser.

  • Par Patrick (---.---.---.30) 28 décembre 2006 15:57

    On pourrait libérer plusieurs dizaines milliers de logements sociaux si les pouvoirs publics voulaient bien prendre la peine d’expulser tous les riches qui squattent les HLM. Tous ceux qui gagnent 3 ou 4 fois plus que le maximum requis pour entrer en HLM, ceux qui roulent dans une confortable voiture ou qui profitent de croisières, ceux qui sont propriétaires de résidences qu’ils louent à prix d’or.

    Hallucinant de voir qu’on continue à demander toujours plus de logements sociaux alors qu’une grande partie des bénéficiaires n’ont plus aucune raison d’y être. On a des critères pour pouvoir accéder aux logements sociaux mais aucun pour en partir. Mais ce serait vu comme une attaque contre l’éléctorat socialo-communiste que de leur demander de laisser la place à ceux qui en ont vraiment besoin et d’aller s’installer dans leur résidence ’secondaire’.

  • Par caramico (---.---.---.139) 28 décembre 2006 14:12

    Les bancs de l’assemblée sont souvent vides :

    Pourquoi ne pas réquisitionner ce lieu, ainsi que le sénat qui ne sert à rien, je suis persuadé que les conditions de vie y sont agréables.

    Ce ne sera pas la première fois que celà se pratique.

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