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Se soumettre ou se démettre ? N’est-ce pas la seule question, M. Joxe !

 M. Pierre Joxe en a gros sur la patate. Il passait pour un homme de convictions. Or, à quelques semaines de son départ du Conseil constitutionnel, il publie un livre, « Cas de conscience », qui révèle qu’il n’a pas cessé d’avaler des couleuvres, que ce soit avec le président Mitterrand ou que ce soit pendant son mandat de 9 ans de membre du Conseil constitutionnel. Et il n’a jamais démissionné.

Des couleuvres avalées par M. Joxe
 
Il diffère ainsi de M. J.-P. Chevènement qui n’a pas hésité à le faire à trois reprises : une première fois, en mars 1983, ministre de la Recherche, il quitte le gouvernement pour protester contre la réorientation libérale de la politique économique ; une deuxième fois, en janvier 1991, ministre de la défense, il est en désaccord avec l’entrée en guerre contre l’Irak ; et, une troisième fois, ministre de l’intérieur, il ne peut accepter, en août 2000, que soit accordé aux nationalistes corses le droit d’adapter la loi française à leurs particularités locales. 
Dans une interview à Médiapart, reprise par le site « Vaucluse-Socialiste.com  », le 7 février 2010, M. Joxe cite plusieurs cas de conflit ouvert qu’il a vécus sans démissionner.
 
- La réhabilitation des officiers putschistes de la guerre d’Algérie
 
L’un est, en 1982, la réintégration dans l’armée des officiers putschistes de la guerre d’Algérie. Alors président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, il s’est opposé au président Mitterrand qui y tenait. La loi a finalement été adoptée sans vote par le recours à l’article 49-3 qui oblige l’opposition à déposer une motion de censure contre le gouvernement si elle tient à faire barrage au texte proposé. M. Joxe a donc été roulé par le président Mitterrand.
 
- La nomination de M. Prouteau au rang de préfet
 
Le deuxième cas est la nomination au rang de préfet du chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée, le gendarme Christian Prouteau. Alors ministre de l’intérieur, M. Joxe n’appréciait pas le mélange des genres auquel s’exposait M. Prouteau : c’était la porte ouverte à toutes les aventures. Les faits lui ont donné raison : M. Prouteau s’est illustré dans « l’affaire des Irlandais de Vincennes » où des armes et de l’explosif ont été apportés au domicile des prévenus pour les confondre plus sûrement, en trompant l’officier de police judiciaire, le commandant Jean-Michel Beau, chargé, avec un autre officier, de contrôler la régularité de la perquisition et de l’arrestation de gens qui lui ont été présentés comme de dangereux terroristes.
 
M. Prouteau et son second le capitaine Barril ont rendu responsable des irrégularités de procédure le commandant Beau pendant 24 ans, jusqu’à ce que la vérité éclate au cours de l’affaire qui a suivi, « les écoutes téléphoniques de l’Élysée » dans laquelle M. Prouteau a été aussi impliqué : celui-ci a fini par avouer devant la Cour d’appel de Paris, le 5 décembre 2006 qu’il était au courant du montage depuis l’origine. Relaxé en 1991 dans la première affaire où il n’était poursuivi que pour subornation de témoin, il a été définitivement condamné le 30 septembre 2008 dans "l’affaire des écoutes téléphoniques de l’Élysée" avec six autres prévenus.
 
 M. Joxe aurait refusé, un temps, de nommer préfet M. Prouteau qu’il qualifie de « militaire déviant » tout en l’excusant car « on (l’) a laissé dévier (et ce n’est) pas entièrement de sa faute » admet-il. Mais l’Élysée aurait livré une vraie guérilla contre lui en bloquant ou retardant ses décisions ministérielles tant qu’il s’opposait à la nomination de M. Prouteau exigée du président. Il aurait fini par lâcher. 
 
- La nomination des présidents de l’audiovisuel public par le président de la République
 
Le troisième cas est le désaccord survenu en mars 2009 entre M. Joxe et la majorité du Conseil constitutionnel qui, selon lui, est une juridiction d’abord politique avant d’être juridique. On le suit volontiers. Le différend a éclaté à l’occasion de la contre-réforme de l’audiovisuel public qui a redonner au président de la République le pouvoir de nommer le président des chaînes. Pour lui, c’est une sévère régression. On partage son point de vue.
 
Le soulagement de la conscience d’un homme à convictions au pouvoir
 
M. Joxe explique que sa démission n’aurait servi à rien sauf à l’auréoler de la vaine couronne du martyr. Mais les exemples qu’il donne, montrent qu’en restant en poste et en ne manifestant pas son désaccord avec éclat, il a cautionné finalement malgré lui des décisions qu’il désapprouvait. Que vaut sa proposition de rendre publiques les « opinions différentes » qui peuvent se manifester dans les débats du Conseil constitutionnel, à l’exemple des usages de la cour suprême étatsunienne, allemande ou espagnole ? Qu’est-ce que cela changerait ? La décision majoritaire du Conseil est seule légale.
 
Tout au plus M. Joxe ne cherche-t-il pas à soulager la conscience de l’homme politique quand il est confronté à « un cas de conscience », en trouvant un moyen terme entre le silence qui l’accable et la démission dont il a peur qu’elle compromette sa carrière ? M. Joxe ne veut-il pas apparaître comme un homme de convictions sans en prendre les moyens à la façon de M. Chevènement, tout en continuant à jouir des avantages du pouvoir.
 
L’exercice du pouvoir met sans nul doute les convictions à rude épreuve. Les mesures dont on a rêvé, dans l’opposition, se heurtent souvent à des obstacles une fois que l’on est au pouvoir. Pis, on est parfois amené à devoir accepter des compromis que dans l’opposition on aurait rejetés. À partir de quand, un homme de convictions doit-il dire non ? M. Joxe a prétendu rester en poste chaque fois « pour continuer, dit-il, à batailler, argumenter  » A-t-il changé grand-chose ? Il ne donne pas d’exemple. 
 
En démissionnant, M. Chevènement, c’est vrai, n’a pas davantage bloqué le tournant libéral de 1983, ni arrêté la 1ère guerre du Golfe. Du moins le désaccord rendu public a-t-il contribué à nourrir le débat. En ne démissionnant pas comme il le regrette aujourd’hui à propos de la réhabilitation des officiers putschistes d’Algérie, M. Joxe n’a-t-il pas permis à l’adversaire de s’honorer de son silence ? Après tout, peut-on en conclure, l’enjeu n’était pas si grave puisqu’il ne valait pas une démission : qui ne dit mot consent ! On ne peut, dit un autre proverbe, avoir le beurre et l’argent du beurre.
 
Rares sont les politiques qui, comme Pierre Mendès-France, sont capables de préférer leurs convictions à leur carrière quand, en désaccord avec la politique économique suivie, il démissionne en avril 1945 du gouvernement du Général de Gaulle. L’opinion que peut manifester un gouvernant est en fait seulement binaire comme l’a formulé Léon Gambetta, lors de la crise de 1877 qui opposait la Chambre des députés au président de la République, Mac-Mahon, obstiné dans son refus de choisir un président du conseil en accord avec sa majorité : ou se soumettre ou se démettre. Paul Villach
 
 
par Paul Villach jeudi 18 février 2010 - 44 réactions
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  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.200) 18 février 2010 11:30
    non666

    Vous oubliez l’essentiel monsieur Villach, ce qui montre que Joxen’a jamais été l’homme de conviction que vous supposez.
    Ou si il a des convictions, ce n’est absolument pas celles que vous lui imputiez.

    1) Il est celui qui a laissé s’armer les ligues juives, sous son ministere, à l’Interieur.
    Plus de 10 000 armes en region parisienne, a l’epoque ou le reseau voltaire infiltrait le service d’ordre du FN et criait "au loup", les milices juives s’armaient en toute legalité dans notre pays.

    2) Tous les cas que vous signalez sont dans la droite ligne des petits coups tordus et montrent que finalement le plus "nationaliste" des présidents a été Mitterand.
    Il faut dire qu’il etait au gouvernement qui a envoyé la troupe en Algerie faire du "Maintien de l’Ordre" et puis qui a ensuite organisé la gauche pour protester contre ce "maintiens de l’Ordre"....

    3) Joxe a surtout avalé sans en parler le TCE.
    Alors qu’il conseillait a Chirac , en 2004, comme le reste du CC , de faire un referendum (car la souveraineté du peuple français n’appartient pas a ses seuls representants), il s’est tu quand Sarkozy l’a fait passé en, force, par le congres et que ces memes princioes etaient ouvertement violés....
    Quand Veil et VGE siegeaient au CC ET militaient pour la mort de la France, la soumission de NOTRE constitution aux decisions de Bruxelles, ils n’hesitaient pas EUX a sortir de leur devoir de reserve et militer de l’INTERIEUR du CC pour l’abrogation de notre constitution...

    Quand dans un systeme judiciaire, ceux qui ont en charge la defense (de notre constitution) jouent dans l’equipe de l’accusation, la condamnation arrive vite...

    Joxe est un lobbyiste, un pion des interets aliens, comme tous les autres.
    Ses confessions, n’en sont que sur des details sans im^portance et montrent surtout que pour aller à la soupe, ils font tous des compromission avec leur devoir, le sens de leur mission sacrée.

    Pour les traitres, 4 murs, c’est 3 de trop....

  • Par logan (xxx.xxx.xxx.134) 18 février 2010 20:53

    Trolléon vos querelles avec Paul Villach commencent à saouler tout le monde

    si vous pouviez aller régler vos problèmes ailleurs, ça nous ferait des vacances

  • Par morice (xxx.xxx.xxx.217) 18 février 2010 11:18
    morice

    Aujourd’hui, on a plutôt affaire à des porteurs de caisse à cirage, le recordman toutes catégories étant bien entendu Besson : on a rarement vu quelqu’un s’abaisser autant. Le lumbago le guette, à coup sûr.


    La mode actuelle est à la traîtrise. Dans ce gouvernement de fantoches, c’est à qui va glisser la pelure de banane devant l’autre. Les compte-rendus du Canard sur le conseil des ministres du mercredi est à chaque fois à savourer : il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu pareil marigot.

    Sarkozy ne dirige pas un gouvernement mais un Zoo, où les vieux fauves guettent les jeunes gazelles. Rama Yade, qui ne fait rien et ne sert à rien en sait quelque chose. Car c’est aussi une particularité de ce gouvernement : moins vous en faites et meilleurs sont les sondages. Là, c’est Borloo qui régale. Et Fillon fait de même : on a un premier ministre en polycarbonate : lisse, transparent, résistant à tous les chocs, y compris les balles. Bref, c’est un premier ministre emblématique d’un gouvernement en forme de casque de CRS.
  • Par pyralene (xxx.xxx.xxx.141) 18 février 2010 12:58
    Pyrathome

    Difficile exercice que celui qui consiste à s’asseoir entre deux chaises , la gamelle d’un côté et la morale de l’autre , en ces temps difficiles , rares sont ceux qui se lévent pour dénoncer à voix haute et intelligible , la gabagie généralisée....
    On parle de couleuvres avalées mais pas des anacundas indigestes , et là , c’est pratiquement l’ensemble des politiques qui est dans le même panier....je veux bien-sûr évoquer les événements marquants de ce début de millénaire , 11 sept , guerres illégales ,crise systèmique , manipulations des merdias...

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