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Accueil du site > Tribune Libre > « Si vous voulez la fin du terrorisme, préparez la fin de l’Etat ! (...)

« Si vous voulez la fin du terrorisme, préparez la fin de l’Etat ! »

  Attentat de la gare de Bologne -Italie en Août 1980

 

  Ci-après, un article du Canard enchaîné publié le 29 octobre 1980 quand on pouvait encore se poser les bonnes questions sans s’attirer les foudres de l’Etat et de sa police : garde à vue, perquisition, saisie, intimidations, poursuites pénales…

En 1980, l’Etat n’avait même pas peur !

Aujourd’hui, il ne réfléchirait pas à deux fois avant d’intervenir illico presto. Aussi, à la lecture de cet article, on pourra regretter le fait qu’un tel questionnement, aujourd'hui absent dans la presse et les médias dominants - toute la presse et tous les médias -, soit relégué, comme un fait exprès, à Internet et à son univers controversé sous le terme générique qui vaut bannissement, excommunication et parfois même, poursuites, tribunaux, condamnations et prison… de « complotiste-conspirationniste ».

Autant pour le journalisme d’investigation donc !

Pas folle la guêpe ! On peut être courageux dans la profession mais sûrement pas téméraire et encore moins kamikaze. Et puis, comme chacun sait : aujourd’hui, un bon journaliste est un journaliste au chômage ou à la tête de son propre journal. Les autres… ils gagnent laborieusement une croûte pitoyable ou bien, sont riches à millions et payés pour ne jamais poser les questions qui dérangent ou interviewer ceux qui s’y risqueraient.

 

***

 

  Confrontés à cet article, on pourra mesurer tout ce qui nous sépare des années 70 et 80 car, pour sûr ! ce qui nous est « conté » là, dans ce billet, est très certainement tout autant, voire même… mille fois plus pertinent aujourd’hui qu'hier quand on sait quel châtiment l’Etat réserverait à quiconque s’aviserait de donner à cette analyse d’événements qui eurent lieu dans les années 70 et 80 un rafraîchissement et un "lifting" aussi audacieux que périlleux.

Qu'à cela ne tienne ! Chacun jugera :

 

 "… après tant d’attentats, maintenant les faits se mettent plus que jamais à parler d’eux-mêmes (…).

Car enfin, a-t-on jamais vu la police protéger la population ? A quoi sert la police, sinon à protéger le pouvoir et notamment de la population ! Si la police protégeait la population, cela se saurait : et elle devrait pour commencer nous protéger d’elle-même. Jamais dans l’histoire une police n’aura été autant à la solde de son maître qu’est l’Etat. Cette tâche, la police l’accomplit par des moyens légaux, c’est-à-dire à l’abri des lois édictées par ce même maître et sans cesse révisées pour lui conserver toute liberté d’action ; ou bien par des moyens illégaux, lorsque la première solution ne s’avère plus probante et dans ce cas, bien sûr, à l’abri de l’éclairage des projecteurs. La fonction d’un ministre de l’intérieur consiste dans le dosage de ces deux méthodes, selon les circonstances. Comment donc s’attendre à ce qu’il s’ampute de la seconde ! Ce n’est pas la première fois qu’un Etat fait exécuter ses basses oeuvres par des factions alliées à des mercenaires : les barbouzes contre l’OAS, les affaires Ben Barka, Goldmann, de Broglie, Boulin ; des groupes comme Honneur de la Police ou Action Directe ont préparé et rendu possible la situation actuelle où le terrorisme de l’Etat italien s’élargit à tous les Etats européens.

Lorsque les hauts responsables des polices italienne, allemande et française décidèrent, il y a quelques mois, d’introduire quelque variété dans leurs méthodes en remplaçant au pied levé le terrorisme d’extrême-gauche, décision à présent concrétisée à Bologne, à Munich et à Paris, ils greffaient cependant cette tactique unitaire sur des situations partiellementdifférentes. Dans cette ferveur d’unité, l’Etat français, moins aguerri que son homologue italien, et moins réfléchi de nature que celui d’Outre-Rhin, trébucha sur l’absence de prise en considération de telles différences. En R.F.A le gouvernement d’Helmut Schmidt, à la veille des élections qui l’opposaient à Strauss, pouvait avec quelque vraisemblance, et l’espoir d’un bénéfice immédiat, mettre en scène un attentat néonazi, imputable à l’impatience de quelques fanatiques. En Italie, les attentats sont immédiatement perpétrés par les services secrets officiellement dissous et donc introuvables (privilège enviable !). En France, bien sûr, on aurait pu continuer sur la lancée tranquille d’« Action Directe » en infiltrant et téléguidant des groupes en principe hostiles à l’Etat. Mais c’était l’heure de « l’extrême droite » dont tout le monde sait la pénétration dans la police (...) Quant à la bêtise intéressée des journalistes assermentés qui se contentèrent de demander timidement « l’épuration de la police ». Pourquoi pas l’irrigation du Sahara sous quinzaine ? (…).

Il serait temps, précisément, de parler d’infiltration. Nous ne pensons pas que l’essentiel soit de quantifier le nombre des membresfaisant officiellement partie de la police : quelle raison de les infiltrer dans ce cas ? On ne peut détourner la police de son rôle, et d’ailleurs ces gens ne le veulent pas : à quoi servirait de vouloir la transformer en corps de mercenaires à la solde d’un maître absolu puisqu’elle n’a jamais été autre chose !

La seule infiltration notable, c’est bien celle de la police partout : la surveillance du territoire, dont celle des groupuscules n’est qu’une infime partie. Pour quelle raison les groupuscules activistes qui présentent pour la police l’intérêt que l’on sait, échapperaient-ils à une surveillance dont toute la population est victime ? La fascination de l’Etat allemand en 1933 n’était que l’accumulation primitive, avec des moyens encore vétustes, de ce contrôle universel dont nous connaissons à présent l’aboutissement informatisé. Le bruit des bottes cloutées a disparu au profit du silence froid des ordinateurs.

Si l’infiltration par la police doit rester secrète ou du moins largement sous estimée, ses résultats doivent par moment apparaître. Il s’agira donc pour elle de présenter ceux-ci sans dévoiler celle-là. Chaque fois qu’elle admet avoir infiltré un groupe, c’est le jour de son arrestation ou de son massacre ; car dans ces conditions, l’infiltration est devenue présentable. Il faut être frappé de la plus totale cécité pour croire à de telles balivernes : la police qui veut s’infiltrer dans un milieu le peut et le fait à tout moment. Quelle raison aurait-elle d’attendre que le sang coule puisqu’un tel acte ne révèle rien de plus que ce que la police pouvait déjà savoir ? Si donc la police peut infiltrer un groupe après un attentat, c’est bien qu’elle le pouvait plus tôt ; c’est même, nécessairement, qu’elle l’avait fait plus tôt. Dès lors, faut-il encore poursuivre la méprise et croire qu’ayant infiltré un tel groupe, elle assiste, impuissante et passive à ses méfaits ? On est bien forcé de conclure que ces actions, elle les laisse commettre délibérément lorsqu’elle ne les inspire ou ne les commet pas elle-même.

Que la police soit au courant de tels agissements ab initio, et qu’elle soit donc d’une façon ou d’une autre à leur origine, se vérifie amplement par le curieux tracé parcouru par toutes les « enquêtes » récentes, qui ne sont qu’un tissu de hasards, de coups de filet inexpliqués, de coïncidences et de coups de théâtre. Qui ne comprend pas à présent que la police ne dévoile rien que des fragments de ce qu’elle a elle-même mis en scène ? Si toutes les arrestations des dernières années prouvent que la police est au courant de tout, c’est simplement qu’elle connaît forcément ce qu’elle fait elle-même. Du reste, un autre type de police serait tout simplement inopérant.

Les journalistes pensent sans doute que nos services secrets sont aussi désoeuvrés et désemparés qu’eux-mêmes. Mais ces services, qui n’ont pas à crachoter tous les jours d’ineptes mensonges, ont en revanche le loisir de s’employer de façon plus efficace, pendant le sommeil des commentateurs.

Un Etat qui ne parvient plus à simuler son utilité qu’en assassinant des échantillons de citoyens prouve qu’il est temps qu’il disparaisse, ainsi que tous ses complices."

 

 Paris le 14 octobre 1980. Article rédigé deux semaines après les attentats de la rue Copernic et deux mois après celui de la gare de Bologne en Italie.

 

____________

Pour prolonger, cliquez : penser le monde aujourd'hui avec l'Etat profond


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15 réactions à cet article    


  • jean-jacques rousseau 11 juin 2015 11:40

    Le titre et la conclusion allusive et abrupte de cet article sont erronées.
    Si certaines persones au coeur de l’institution publique utilisent le terrorisme pour controller les populations cela ne veut pas dire que l’institution en elle-même est mauvaise, nocive ou inutile.
    Ce que cela veut dire c’est que certaines personnes utilisent des méthodes terroristes à des fins subversives. Ce sont ces personnes qu’il faut trouver et mettre hors d’état de nuire, ce sont ces projets auquel il faut faire échec.
    Prétendre que l’Etat lui-même serait à détruire pour avoir été la cible de cette subversion, c’est comme si vous prétendiez qu’il faut jetter le bébé avec l’eau de son bain, pour que dorénavant l’eau reste propre... Ou comme si vous disiez qu’il faut interdire l’aviation civile, pour ne pas prendre de risque avec les détournements d’avions. Ce raisonnement est à la limite de l’obscurantisme.
    Bien plus grave. Lorsque vous accusez l’Etat en tant que tel d’être « terroriste » vous faites le jeu de ces commanditaires du terrorisme puisqu’il serait dans leur projet de répandre partout le désordre et le chaos, sans avoir a être inquiétés pour leurs agissements, sans avoir à répondre de leur responsabilité devant des magistrats intègres ou à subir la Justice d’un pays organisé et soucieux de l’ordre public.
    Pour le dire simplement. Cet amalgame entre Etat et terrorisme est fallacieux. Il s’agit de pure désinformation.


    • philouie 11 juin 2015 11:48

      @jean-jacques rousseau
      le terrorisme comme moyen de subversion ?
      vous regardez trop TF1.
      Le terrorisme a toujours eu comme résultat le renforcement des moyens répressifs de l’état.
      Et vous croyez que ceux qui vivent de ces moyens ne le savent pas ?


    • jean-jacques rousseau 11 juin 2015 12:31

      @philouie
      Laissez-moi douter de votre paradigme. Et reprenons le fil du raisonnement.
      Vous dites que le terrorisme ne serait pas un moyen de subversion. Qu’il conduit à renforcer l’Etat et ses moyens répressifs. Donc qu’il bénéficierait plus ou moins directement à l’Etat et aux agents du dispositif sécuritaire.

      1. Qu’est-ce que la subversion ?
      « La subversion (latin subvertere : renverser) désigne un processus par lequel les valeurs et principes d’un système en place, sont contredits ou renversés. Le discrédit et la chute du pouvoir établi se fait dans le cadre de territoires politiquement ou militairement convoités. » Subversion

      2. Ne voit-on pas un relation directe entre terrorisme et subversion ? Lorsque l’action terroriste vise à déclencher un processus de déstabilisation des valeurs et d’un système organisé, ceci est la définition de la subversion.

      3. Vous sous-entendez que ceux qui vivent des moyens de répression (on suppose que vous pointez du doigt les hauts fonctionnaires et personels de la sécurité publique) ont intérêt au terrorisme et à son action subversive puisqu’il aurait pour effet de renforcer leur rôle et les moyens alloués.

      4. Je dis que ce raisonnement est faux, ou du moins si faible que le calcul bénéfice/cout est négatif. Car les ressources d’un Etat ne sont pas infinies. Plus les moyens sont alloués vers un programme d’anti-terrorisme, moins l’Etat peut allouer les ressources disponibles vers des secteurs à haute valeur ajoutée et diffuser ses moyens vers le tissu social tels que l’éducation, la recherche, ou l’infrastructure industrielle, la santé, le développement social. Sur le plan strictement comptable nous n’obtenons pas au final de « renforcement de l’Etat » mais une fragilisation économique, voir le déficit si il faut dépenser plus en matériel militaire et autre personnel de sécurité que ce que l’on dispose de recettes disponibles.
      De plus un Etat qui ne peut garantir la tranquilité et la paix publique perd de son influence sur la population et plus les compétences anti-terroristes seront étendues, plus les valeurs humanistes et démocratiques qui supportent l’organisation publique seront bafouées et objet de vives critiques. L’Etat aprés avoir perdu sur le plan des ressources et des conditions matérielles de sa stabilité, perd aussi les esprits et l’adhésion de la population : ce qui le fragilise encore plus et tend à réaliser les buts de la subversion.

      5. Résumons. Donc au total toute entreprise ennemie de l’Etat, de l’ordre public, de la paix civile trouve intérêt au terrorisme comme moyen de subversion et de déstabilisation, voir de conquête (politique et militaire) d’une zone géographique. Toute personne fonctionnaire de cet Etat - même dans le domaine de la sécurité ou de la répression -ou tirant bénéfice de la coopération avec cet Etat est nenacée par la déstabilisation de celui-ci et à terme en perdra tout avantage.
      Bien sûr nous ne parlons pas des agents ennemis ou complices du terrorisme (par ex. young leaders et autres agents atlantistes, etc.) qui agissent depuis l’interieur de l’Etat et qui estime pouvoir être récompensée ou bénéficier d’avantages suplémentaires de la faillite de l’Etat en question. 


    • philouie 11 juin 2015 14:26

      @jean-jacques rousseau

      2. Ne voit-on pas un relation directe entre terrorisme et subversion ? Lorsque l’action terroriste vise à déclencher un processus de déstabilisation des valeurs et d’un système organisé, ceci est la définition de la subversion.
       
      Pouvez vous sérieusement soutenir qu’un gars avec un minimum de bon sens aurait accomplit les attentats contre Charlie Hebdo dans le but de déstabilisation des valeurs et d’un système organisé ?
      Pour moi, ce serait un crétin. ce qui s’est passé ensuite montre que les conséquences réelles de l’attentat est à l’opposée des conséquences supposément attendues.

      3. Vous sous-entendez que ceux qui vivent des moyens de répression (on suppose que vous pointez du doigt les hauts fonctionnaires et personels de la sécurité publique) ont intérêt au terrorisme et à son action subversive puisqu’il aurait pour effet de renforcer leur rôle et les moyens alloués.

      Oui. d’ailleurs c’est ce qui s’est passé dans le cas de CH : renforcement des moyens militaires et de la sécurité. Donc si quelqu’un avait commis l’attentat dans ce but là, il aurait tiré le Jackpot.

      4. Je dis que ce raisonnement est faux, ou du moins si faible que le calcul bénéfice/cout est négatif. Car les ressources d’un Etat ne sont pas infinies. Plus les moyens sont alloués vers un programme d’anti-terrorisme, moins l’Etat peut allouer les ressources disponibles vers des secteurs à haute valeur ajoutée et diffuser ses moyens vers le tissu social tels que l’éducation, la recherche, ou l’infrastructure industrielle, la santé, le développement social. Sur le plan strictement comptable nous n’obtenons pas au final de « renforcement de l’Etat » mais une fragilisation économique, voir le déficit si il faut dépenser plus en matériel militaire et autre personnel de sécurité que ce que l’on dispose de recettes disponibles.
      De plus un Etat qui ne peut garantir la tranquilité et la paix publique perd de son influence sur la population et plus les compétences anti-terroristes seront étendues, plus les valeurs humanistes et démocratiques qui supportent l’organisation publique seront bafouées et objet de vives critiques. L’Etat aprés avoir perdu sur le plan des ressources et des conditions matérielles de sa stabilité, perd aussi les esprits et l’adhésion de la population : ce qui le fragilise encore plus et tend à réaliser les buts de la subversion.

      Ici vous avez partiellement raison. ce n’est pas l’ensemble de l’état qui bénéficie de l’attentat, ce sont seulement les services de sécurité. Si l’état est baton et carotte, il gagne dans le baton et perd dans la carotte. Il peut ainsi être fragisilisé.

      Je vous ferais cependant remarquer que là où l’état perd le plus, c’est dans le domaine où il est le plus utile à la population : éducation, santé, équipement. Mais si vous observer les choses vous verrez que vous pourrez très bien supprimer à la fois la santé, l’éducation et les équipements, tant que vous ne touchez ni à l’armée, ni à la police, il reste l’état. On appelle ça, d’ailleurs, une dictature.

      l’état peut fort bien se passer et de la démocratie et de l’éducation. Il ne se passera pas de l’armée et de la police.


      5. Résumons. Donc au total toute entreprise ennemie de l’Etat, de l’ordre public, de la paix civile trouve intérêt au terrorisme comme moyen de subversion et de déstabilisation, voir de conquête (politique et militaire) d’une zone géographique. Toute personne fonctionnaire de cet Etat - même dans le domaine de la sécurité ou de la répression -ou tirant bénéfice de la coopération avec cet Etat est nenacée par la déstabilisation de celui-ci et à terme en perdra tout avantage.
      Bien sûr nous ne parlons pas des agents ennemis ou complices du terrorisme (par ex. young leaders et autres agents atlantistes, etc.) qui agissent depuis l’interieur de l’Etat et qui estime pouvoir être récompensée ou bénéficier d’avantages suplémentaires de la faillite de l’Etat en question.

      En raison de mon point précédant, je pense que votre conclusion est fausse. Je pense qu’il est plus facile, et de nombreux exemples le montrent, de gouverner par la terreur, la menace et la destruction que de le faire en favorisant la paix, l’instruction et les services de santé. Les grands perdants du terrorisme sont les démocrates, jamais l’état.


    • jean-jacques rousseau 11 juin 2015 18:30

      @philouie
      "Pouvez vous sérieusement soutenir qu’un gars avec un minimum de bon sens aurait accomplit les attentats contre Charlie Hebdo dans le but de déstabilisation des valeurs et d’un système organisé ?
      Pour moi, ce serait un crétin. ce qui s’est passé ensuite montre que les conséquences réelles de l’attentat est à l’opposée des conséquences supposément attendues.
      « 

      1. Je ne parle pas de bon sens mais de subversion.
      C’est à dire d’une entreprise de déstabilisation qui suppose la manipulation à la fois des excécutants et du public. Les exécutants qui doivent s’imaginer agir pour une bonne cause (au choix : la défense de la religion, la libération du pays, la lutte contre le communisme, etc.) et que l’on va entrainer dans le projet par le bourrage de crane, un discours fanatique, par une formation paramilitaire, en mettant à leur disposition des armes et explosifs, en désignant une cible exposée, des infrastructures sensibles, un plan d’action, etc. Le public que l’on va choquer et émouvoir et dans cette instant de stupeur (v. shock and awe) désigner une victime évidente à sa colère (Les communismes, les musulmans, etc.). Rien dans ce sénario n’a de relation avec le bon sens ou le savoir vivre, tout est affaire de manipulation mentale, de provocation et de psychopathie.

      2. Pour vous ce serait un crétin qui joue la carte du terrorisme. Pourquoi ? Parce que vous vous situez au niveau zéro de l’analyse et de la réflexion. Vous confondez l’acte lui-même et la subversion proprement dite. Bien sûr que pour aller poser une bombe ou tuer des gens on ne recrute pas des génies ou des diplomés de science politique. Car ces gens là comprendraient assez vite qu’ils sont manipulés et arriveraient à déjouer le scénario du film qu’on essaie de tourner dans leur dos. Si vous voulez faire ce distinguo vous commencerez à comprendre pourquoi la sagesse populaire dit : »En toute chose, il faut considérer la fin«  ou »Le coupable est celui à qui le crime profite".
      En clair si les conséquences réelles de l’attentat [sont] à l’opposé des conséquences supposément attendues : comment pouvez-vous savoir que ces conséquences réelles ne sont justement pas celles qui sont attendues par les instigateurs et les commanditaires du terrorisme ? Par exemple dans le cas de la gare de Bologne l’enquête tend à prouver que ce ne sont pas les communistes, mais l’extrême-droite qui était derrière.

      Dans son arrêt du 23 novembre 1995, la Cour de cassation révèle :

      « l’existence d’une vaste association subversive composée, d’une part, par des éléments provenant des mouvements néo-fascistes dissous, tels Paolo Signorelli, Massimiliano Fachini, Stefano Delle Chiaie, Adriano Tilgher, Maurizio Giorgi, Marco Ballan, (...) et d’autre part, par Licio Gelli, le chef de la loge P2, Francesco Pazienza, le collaborateur du directeur général du service de renseignement militaire SISMI, et deux autres officiers du service, le général Pietro Musumeci et le colonel Giuseppe Belmonte. On leur attribuait (...) d’un côté de vouloir subvertir les équilibres politiques constitutionnels, pour consolider les forces hostiles à la démocratie, et de l’autre (...) de favoriser les auteurs d’entreprises terroristes qui pouvaient s’inscrire dans leurs plans3. »

      source Wikipédia

      C’est la même chose pour l’affaire Aldo Moro dont l’assassinat faisait partie d’une manip’ de l’extreme-droite et des services secrets US (disposant de la complicité de ses adversaires politiques au gouvernement).
      "Pendant les années 1970, Moro porta son attention sur le projet d’Enrico Berlinguer de Compromis historique. Le dirigeant du PCI (Parti communiste italien) proposait une alliance entre les communistes et les démocrates-chrétiens à une époque de grave crise économique, politique et sociale en Italie. Moro, qui présidait alors la Démocratie chrétienne, fut l’un de ceux qui contribuèrent à former un gouvernement de « solidarité nationale ».
      [...] Il est néanmoins établi que le gouvernement italien, conseillé par des fonctionnaires américains, a délibérément fait échouer les négociations. Dans un documentaire d’Emmanuel Amara (2006) réalisé pour la série de France 5, « Les derniers jours d’une icône », Steve Pieczenik, un ancien négociateur en chef américain ayant travaillé sous les ordres des secrétaires d’État Henry Kissinger, Cyrus Vance et James Baker, raconte comment il a participé au court-circuitage des négociations afin qu’elles n’aboutissent pas, avec comme recours éventuel de « sacrifier Aldo Moro pour maintenir la stabilité politique en Italie. » « J’ai instrumentalisé les Brigades rouges pour tuer Moro », ajoute-t-il.« source Aldo Moro

      Vous imaginez bien que de telles manipulations a base de terrorisme ne sont pas à la portée du premier crétin venu. Et que leur efficacité dépasse de loin ce que vous pouvez supposer puisqu’on est devant une véritable manipulation de l’histoire et de la politique nationale.

      - Oui. d’ailleurs c’est ce qui s’est passé dans le cas de CH : renforcement des moyens militaires et de la sécurité. Donc si quelqu’un avait commis l’attentat dans ce but là, il aurait tiré le Jackpot.

      3. Quand on vous parle de manipulation d’ordre politique vous répondez »marchands de portes blindées et de gilets pare-balle". Vous etes sûr d’avoir compris le sujet ?

       - Mais si vous observer les choses vous verrez que vous pourrez très bien supprimer à la fois la santé, l’éducation et les équipements, tant que vous ne touchez ni à l’armée, ni à la police, il reste l’état. On appelle ça, d’ailleurs, une dictature.

      4. Non. J’observe les choses et plus je le fais, plus je vois que la stabilité d’un Etat tient à la synergie entre des éléments différents tels que le social, la culture, l’économie, etc. Si un Etat pouvait rester stable sans se soucier de cette synergie cela se saurait. Les gens qui avancent cette thèse d’un Etat-gendarme, loin des préoccupations concernant la santé publique, l’éducation, l’emploi, la culture, etc ne sont pas des gens sérieux. Leur proximité avec l’extreme-droite et les thèses néo-conservatrices suggèrent au contraire leur implication directe ou indirecte avec le projet de déstabilisation de l’unité nationale et d’ingérence étrangère de type impérialiste.

      En raison de mon point précédant, je pense que votre conclusion est fausse. Je pense qu’il est plus facile, et de nombreux exemples le montrent, de gouverner par la terreur, la menace et la destruction que de le faire en favorisant la paix, l’instruction et les services de santé. Les grands perdants du terrorisme sont les démocrates, jamais l’état.

      5. Parlez-en avec des syriens, des irakiens, des afghans. Tous ces pays où l’Etat s’est effondré et où les services publics sont au minimum, personne ne gouverne plus rien. Cette anarchie est néfaste pour tout le monde SAUF pour ceux qui voulaient se débarrasser de ces Etats comme puissances régionales et foyers de développement économique et culturel.

      6. Je n’ai pas pour habitude de perdre mon temps à répondre à des trolls. Si je le fais avec vous c’est pour contrecarrer le discours du sieur ULESKI qui me semble hautement suspect. Je ne suis pas loin de penser que sous cette couverture sympatoche d’anarcho-libertaire se cache un agent provocateur proche de l’extrême-droite et du terrorisme international made in USA.

      [Fin de la communication]


    • philouie 11 juin 2015 21:24

      @jean-jacques rousseau

      L’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, n’ont pas été victime du terrorisme mais de la guerre. guerre US, donc.
      Il est en particulier frappant que la vacance de l’état en Irak est du à la décision politique de Bremer de dissoudre l’armée. Rien à voir avec le terrorisme.
      D’autre part, en aucune façon, je ne prétends que les terroristes qui ont attaqués Charlie Hebdo sont des crétins, ni que les objectifs de ceux-ci ne sont pas atteint. Ce que je conteste, c’est que ces objectifs soient subversifs dans le sens que vous donnez à ce mot : renversement du système en place.
      Puisque, pour moi, le résultat des attentats est bien le renforcement du système en place. En particulier à travers les lois liberticides et la répression qui en découle.
      Qu’effectivement, il y ai « subversion » de l’idéal démocratique, j’en conviens : le terrorisme a une efficacité réelle et il y a bien une modification de l’état initial par l’action terroriste. Mais cette modification consiste à déplacer la façon dont le pouvoir s’exerce, favorisant la dictature au détriment de la démocratie.
      Ce que vous prétendez, et que je conteste, est l’idée que l’action terroriste serait menée par des gens extérieurs au pouvoir contre le pouvoir, alors qu’à l’évidence le crime profite au pouvoir et donc le désigne comme étant le principal suspect.


    • philouie 11 juin 2015 22:03

      @jean-jacques rousseau
      Par ailleurs, si c’était réellement le pouvoir qui était attaqué, il chercherait à se défendre et à trouver les coupables. Ici, il se contente de nous servir cette fable que ce sont les frères pois-chiches qui ont fait le coup et ne les auraient pas fait abattre pour masquer son forfait.


    • Serge ULESKI Serge ULESKI 11 juin 2015 20:20

      Quelques liens utiles à propos d’une actualité récente :

      - Les Inrocks

      - Le Point

      - El Watan


      • Vipère Vipère 11 juin 2015 20:51

        Bonsoir


        Article qui donne à mediter sur les dessous de la politique politicienne !

        • Serge ULESKI Serge ULESKI 11 juin 2015 23:12

          Rectification : article publié dans un « faux Canard enchaîné »par Jean-François Martos le 29 octobre 1980. Un JF Martos proche des situationnistes.


          • elpepe elpepe 12 juin 2015 01:41

            a l auteur
            que l etat ne fasse pas tout en son pouvoir pour arreter les vrais terroristes et se servent de se pretexte pour investir lourdement dans notre surveillance, les fameux complotistes, cela me parait en effet acquis
            Que la police et militaires sont la pour preteger le pouvoir de ses populations, cela me parait de plus en plus le cas ce qui prouve que la France se rapproche doucement mais surement d une dictature, molle aujourd,hui peut etre violente demain,
            Que des gens comme vous expriment ses idees, est salutaire et courageux, courage que je salut
            Maintenant sur l implication, ou plutot non implication de l etat pour prevenir les attentats, il serait interessant d avoir des preuves car cela pourrait bien faire tomber le gouvernement actuel.
            Maintenant est-ce une bonne chose de destabiliser mon pays la France probablement non, on touche a la securite et raison d etat, un sujet mine par excellence, Morice va nous trouver ces fameuses preuves smiley


            • philouie 12 juin 2015 09:41

              Maintenant est-ce une bonne chose de destabiliser mon pays la France probablement non, on touche a la securite et raison d etat,
               
              Argument qui n’est pas sans fondement mais qui donne à l’état une forme d’impunité dont il a tendance à abuser.
              .


              • Robert GIL Robert GIL 12 juin 2015 11:10

                Voici une petite phrase de William Blum qui mérite réflexion : « Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon – très publiquement et très sincèrement – à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais – bizarrement – un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire d’au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ. Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche… Le quatrième jour, je serais assassiné.


                • Claude Simon Gandalf 12 juin 2015 12:30

                  Titre ayant une déduction stupide : le terrorisme n’est évidemment pas que d’état.

                  Il est évident que certains organes dits d’état instrumentalisent le terrorisme afin de gouverner par la peur, et d’instiller une échelle de valeur des priorités afin de faire taire l’échec cuisant des modèles économiques partisans en vigueur.

                  Bref, n’attendez pas forcément un mieux-disant éthique en éradiquant une structure.

                  • smilodon smilodon 3 juillet 2015 23:01

                    @ l’auteur : « L’info » véritable ne se trouve plus que sur le « net » !...Je me demande bien pourquoi je paie encore ma « redevance téloche » ??... Pour les films peut-être ??.. Ou les docs d’ARTE ??.. Pas pour « l’info » en tout cas !..... J’avais pensé à la vendre ma « téloche », mais vu qu’elle a déjà 7 ans, je vais peut-être la mettre direct à la déchette !..... C’est pas de sa faute, mais quand même !!..Adishatz.

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