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Sous les injures d’Anelka, une publicité délirante de Quick fait « couic » !

La chaîne de « fast food », Quick, a joué de malchance. Comme c’est l’usage par temps de Coupe du monde de football, elle avait misé sur un footballeur de l’équipe de France, Anelka, pour promouvoir un de ses « plats » les plus appétissants, un empilement indigeste de mixtures diverses, portant bien son nom « Giant Max ». Or, elle a dû remballer vite fait sa campagne publicitaire après les injures ordurières proférées par la star à l’encontre de son sélectionneur, qui se sont retrouvées à la « une » du journal l’Équipe. L’image d’Anelka devenait nuisible. La chaîne de « fast food » pouvait-elle être associée à une conduite délinquante ?

 La star, un leurre d’appel autoritarien
 
La star est, recherchée, en effet, à la fois pour capter l’attention par sa notoriété et jouer le rôle de prescriptrice de conduites à raison de l’autorité qui lui est arbitrairement reconnue par la foule des badauds naïfs. Une excellence acquise dans une activité de divertissement et célébrée à longueur de temps par les médias, comme le sport, la chanson, le cinéma ou la mode, suffit à conférer à la parole d’une star un crédit dans tout autre domaine où elle est royalement incompétente. C’est ainsi que l’on peut parler d’autorité usurpée.
 
L’ascendant qu’elle exerce toutefois, vient en fait d’un processus de construction psychologique infantile, appelé identification, conduisant l’enfant et l’adolescent à vouloir imiter les héros qu’on donne à son admiration, et endosser leur panoplie. Malheureusement, beaucoup, à l’âge adulte, par immaturité persistante, restent toujours sensibles au réflexe d’identification. Les publicitaires auraient bien tort de se priver d’un leurre aussi puissant que sa stimulation pour obtenir l’adhésion à une idée, une personne ou un produit.
 
Une inclination majoritaire à se soumettre aveuglément à l’autorité
 
L’incident d’Anelka a le mérite de montrer que les idoles offertes à la vénération des masses immatures ne sont souvent que des masques édifiants de carnaval. Quand ceux-ci tombent, il peut ne rester, comme cela vient d’arriver à Anelka, que le visage sordide d’un pauvre type inculte au langage ordurier, dont les jongleries avec un ballon avaient suffi à faire de lui un « dieu » du stade.
 
Telle est une des variantes du leurre de l’argument d’autorité, ou mieux du leurre d’appel autoritarien. Les expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité l’ont, en effet, montré, les individus sont en majorité « autoritariens », c’est-à-dire qu’ils ne trouvent leur équilibre psychologique que dans une adhésion aveugle à l’autorité. Les publicitaires s’empressent donc souvent de brandir des autorités même factices, puisqu’ils sont à peu près sûrs de stimuler ainsi le réflexe de soumission aveugle attendue, quelles que soient les inepties proférées.
 
Le nom que Quick donne à son produit, relève d’ailleurs du même leurre : l’appellation « Giant max  » - qui promet au client la suprême abondance par l’outrance redondante exprimée - appartient au sabir anglo-américain qui suffit à faire s’agenouiller les incultes par sa seule référence à l’autorité de la première puissance mondiale.
 
Une intericonicité délirante
 
L’affiche de Quick ajoutait au leurre d’appel autoritarien un second leurre,  celui de l’intericonicité. Il consiste à faire reconnaître dans une image nouvelle une image connue. Le procédé permet lui aussi de capter l’attention puisque le lecteur, alerté par une image qu’il croit avoir déjà vue, la rapproche aussitôt de celle qu’il connaît effectivement. Mais un second objectif est surtout visé : il s’agit d’associer la nouvelle image au réseau incitatif de sentiments positifs drainés par l’ancienne pour l’en faire bénéficier.
 
Dans une mise hors-contexte sur fond noir qui à la fois écarte toute distraction et dresse un décor de recueillement autour de la scène représentée, apparaît ici de face, par un violent contraste en plan moyen et pleine lumière, le joueur Anelka brandissant à bout de bras au-dessus de sa tête un hamburger dans une gloire de rayons. Et pour magnifier encore plus le produit vanté, il est filmé en contre-plongée et exagérément grossi avec les mains qui le tendent vers le lecteur. Par métonymie, le sourire recueilli d’Anelka, béat d’adoration, yeux levés vers le hamburger, est, sans doute, l’effet du bonheur dont ce sandwich est la promesse.
 
L’intericonicité est évidente, mais elle varie selon la culture de chacun. Deux images sont ici, en effet, reconnaissables : l’une, bien sûr, est celle d’un footballeur vainqueur dressant devant la foule la coupe de son triomphe ; l’autre peut être celle du prêtre qui a une étape du culte familer de l’Église catholique, la messe, lève devant les fidèles l’Hostie consacrée devenue le corps du Christ. Ainsi le hamburger est-il présenté comme l’égal de la coupe du monde de football ou de l’hostie consacrée de l’Église catholique. Le client à l’embarras du choix.
 
Ce faisant, Quick  qui a pourtant choisi comme slogan « Nous, c’est le goût  », ne commet pas seulement une faute de goût. De tels rapprochements insinués par intericonicité sont proprement insensés pour célébrer un vulgaire produit bourratif et même étouffe-chrétien. Faute du moindre indice d’humour pour en faire tolérer l’absurdité, ils devraient signer sur le champ l’aliénation mentale de ceux qui osent les afficher, et justifier un internement immédiat sur ordre préfectoral. Or les malades ne sont pas ceux qu’on pense. Si Quick et ses stratèges publicitaires se permettent d’énoncer pareilles incohérences, c’est parce qu’ils savent s’adresser à un public vulnérable à de tels leurres, fussent-ils délirants. La publicité est le miroir de l’état mental de la majorité des membres d’une société qu’elle prend pour cible. Paul Villach
par Paul Villach mardi 29 juin 2010 - 43 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 29 juin 2010 10:54
    Gabriel

    Ce qui m’épate c’est que l’on appel ce genre de personne égocentrique immature et puant d’individualisme une star ! Mais ce qui me désole encore plus, c’est qu’une partie de la population y croit. Concernant ce type, il est aussi bénéfique à la collectivité que la nourriture Quick l’est pour la santé…

  • Par Waldgänger (xxx.xxx.xxx.120) 29 juin 2010 15:38

    Je vois, cher professeur, que vous êtes toujours aussi inspiré que le jour précédent. Qui d’autre que vous aurait pu découvrir une pensée chez Anelka ? Excellent, encore. smiley

  • Par Professeur Eckhart Von Treelok (xxx.xxx.xxx.28) 29 juin 2010 15:24
    Professeur Eckhart Von Treelok


    Et bien, trés cher confrère, je suis ravi de votre analyse mais, si vous le permettez, je m’autoriserai d’ajouter ma propre analyse sur les relations que nous pouvons établir entre le burgerisme post-moderne et la pensée anelkéenne.

     

    Très cher confrère, voyez-vous, moi-même, ai-je étudié la leurrologie bovicognitive et me suis même intéressé à une époque à la quickologie burgeréenne. Je me suis d’ailleurs fendu d’un modeste essai sur ces thèmes intitulé « Interconicitude métonymielle en contexte fastfoodique extrême : guide de survie face au sloganisme outranciel contemporain  » (publiée aux Editions Happy Meal)

     

    Je reprends vos propos en les incluant dans mon analyse (avec votre tacite autorisation, très cher confrère) : vous écrivez donc : Si Quick et ses stratèges publicitaires se permettent d’énoncer pareilles incohérences, c’est parce qu’ils savent s’adresser à un public vulnérable à de tels leurres, fussent-ils délirants. La publicité est le miroir de l’état mental de la majorité des membres d’une société qu’elle prend pour cible.

     

    Je vous donne à la fois raison et tord, mais je ne vous en tiendrai pas rigueur car nulle part n’avez-vous prétendu être bonobologue, contrairement à moi et donc je me permets non seulement d’étendre la dimension de votre analyse mais aussi de l’enrichir si vous le permettez très cher confrère.

     

    Il me semble qu’en usant du terme public vulnérable sans expliciter plus, bien qu’après vous invoquiez l’état mental des zômos bonobos contemporains : vous n’ayez point le courage d’aller plus loin et de poser, une fois pour toutes, sans faux semblant et vice versa : la centralité essentielle autant que centrale du bovidisme bonobique post-moderne et contemporain : ayez donc le courage cher Pr Villach de reprendre ici la célèbre formule du grand quickologue et burgerologue Waedele von Schniderspaetzle qui dans son traité « le  Burgerisme dévoilé  » écrit : « …en arriver à faire bouffer du boeuf à des boeufs est une des réussites les plus exemplaires qu’est connu le Monde depuis l’invention du godemiché en Gommorrhée antique »

     

    Continuons dans la lecture de votre analyse, je me dois de reprendre ce passage : Ce faisant, Quick  qui a pourtant choisi comme slogan « Nous, c’est le goût  », ne commet pas seulement une faute de goût. De tels rapprochements insinués par intericonicité sont proprement insensés pour célébrer un vulgaire produit bourratif et même étouffe-chrétien.

     

    A nouveau, il me semble très cher confrère que vous vous montriez quelque peu trop prudent et donc pas assez imprudent en parlant uniquement de vulgaire produit bourratif ou christofocatoire…Non, très cher Pr Villach, à nouveau je vous renvoie à l’éminent quickologue et burgerologue  Waedele von Schniderspaetzle et à son traité « le  Burgerisme dévoilé  » qui dans le chapitre « Coprophagie rituelle : essence du burgerisme » n’hésite aucunement à expliquer que l’acte coprophage des burgéristes contemporains n’a rien de consommatoire mais qu’il s’agit bien là d’une pratique rituelle bovidique clairement attestée dans le livre saint du Burgerisme, compilé et fixé par Iléon de Caecum "De Sancta Saprophyta : Sacra doctrina" et que l’on retrouve aussi dans l’autre œuvre du canon burgérien "De fiente et essenchia" de St Cholédoque de Lambliase  où à chaque fois la Sainte Selle qui vit le dernier repas du prophète burgeriste Mechoua Bâr Bakh : et où il institua le rituel de l’Eucarichie : lorsqu’aprés avoir ingurgité sa formule special magic burger, il se rendit sur la Sainte Selle et entra par le mystère de la transusbtanchion dans une transe théogastrique par laquelle il s’unit mystiquement  au Burger éternel et primordial : ceci avant de s’effondrer, pris de coliques mystiques et quittant ainsi son enveloppe corporelle pour rejoindre les Béatitudes Burgeréennes Eternelles.    

     

    J’en arrive donc à ma conclusion et rebondis sur votre interprétation leurrocentrée, typique de tout leurrologue compulsif, qui vous fait faire l’impasse sur les liens évidents entre la pensée anelkéenne et le rituel de l’Eucarichie dans le burgérisme bovidique : en effet, mon cher et éminent confrère, il faut savoir parfois sortir de la leurrologie et constater qu’il y a peu l’éminent penchieur Anelka a invité dans son langage certes fleuri et inspiré, mais qui est propre à tous les augures et prophètes, son entraîneur à éveiller par un rituel sodo-tantrique sa kundalini et ainsi ouvrir son anâl-chakra :

     

    et bien à l’évidence ici l’injonction sodotantrique anelkéenne peut parfaitement se relier à la conclusion du rituel eucarichiatique burgériste qui voit chaque disciple se rendre sur la selle consacrée de son temple. Je ne m’explique cependant pas l’inversion opérée ici par l’injonction anelkéenne où à l’expulsion eucarichiatique,il préfère l’introduction sodotantrique  : je me range pour le moment dans la ligne du célèbre Shîlavasi, spécialiste indostanais du sodotantrisme tandourique , qui pense que par cette injonction l’inspiré Anelka opère la jonction entre shiaïsme réformé et néo-burgérisme dans la continuation du mouvement initiée par l’Eglise de Scatosophie du réformateur goulaschiste Vasichilla Tavalda : cela reste bien entendu à discuter.  

     

    Sur ce, très cher confrère, veuillez agréer mes plus sincères salutations.  

     

    Professeur Eckhart von Treelok,

     phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 

    Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitazuwang (province de Sushi Oriental), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)

        

  • Par Shaytan666 (xxx.xxx.xxx.159) 29 juin 2010 14:32
    Shaytan666

    Morice, je suis fort aise d’apprendre que vous étiez présent dans les vestiaires.

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