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Accueil du site > Tribune Libre > Souveraineté économique et souveraineté de défense : les vérités (...)

Souveraineté économique et souveraineté de défense : les vérités dérangeantes du général P. de Villiers que M. Macron a refusé d’entendre

« Les temps sont passés où le caquetage d'un troupeau d'oies pouvait sauver le Capitole. »

Karl Marx, Le Dix-Huit Brumaire

"C'est le chef de guerre qui vous le dit : à la guerre, toute insuffisance se paie « cash » parce qu'en face, l'ennemi ne s'embarrasse pas de procédés"

Général Pierre de Villiers

JPEG A lire les propos remarquables que l'ex-chef d'état-major des armées CEMA a tenus le 12 juillet dernier devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale qui l'auditionnait, on s'étonne encore plus a posteriori de la réaction inepte qu'a eue le chef de l'Etat le jeudi 13 juillet devant l'inquiétant tableau qui lui était dépeint de la situation actuelle de nos forces armées et des propositions effectuées pour y remédier. Face à un « chef désarmé » qui a amplement démontré qu'il ne percevait manifestement pas l'urgence de la situation et qui aurait dû au contraire chaudement féliciter le CEMA pour la qualité, le sérieux et la franchise de ses analyses plutôt que de le recadrer brutalement devant un parterre de militaires, d'industriels et d'invités internationaux, il n'est plus qu'à souhaiter que les professionnels du militaire décident de reprendre les commandes en mains, de passer outre aux états d'âme présidentiels et de doter au plus vite la France de l'armement dont elle a besoin. On lira ci-après un résumé précis du constat édifiant effectué par P. de Villiers. La conclusion s'impose d'elle-même : l'équipe politique actuelle n'est pas à la hauteur des problèmes industriels, économiques, financiers et géopolitiques à résoudre. Le 19 juillet, le général Pierre de Villiers remettait sa démission à M.E.Macron. Voici les principaux extraits de l'audition du 12 juillet du CEMA.

I- Trajectoire financière du budget de la défense

"Le premier correspond à la fin de gestion 2017 qui doit absolument être préservée. En opérations extérieures comme sur le territoire national, nos armées assurent la sécurité des Français au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles. Comment imaginer ne pas leur donner les moyens nécessaires pour remplir leurs missions ? Les exécutions budgétaires ont été préservées en 2015 et 2016. Cela doit être le cas également en 2017, car les armées ne sont pas moins sollicitées, loin s'en faut". "Le deuxième horizon de très court terme est celui de la loi de finances pour 2018. Cette première marche est essentielle. Je ne suis pas un lapin de six semaines : je sais bien que, si l'objectif de 50 milliards est fixé à 2025 et que la courbe d'évolution du budget démarre très bas, l'élévation de cette courbe ne se produira qu'en fin de période. Nous connaissons la ficelle de cette « remontée tardive » et l'avons déjà expérimentée sous les deux quinquennats précédents". "En ce qui concerne la loi de finances pour 2018, l'équation est simple. Après mise sous contrainte, le socle budgétaire ressort à 34,8 milliards d'euros, dont 32,8 milliards ouverts en loi de finances initiale auxquels il faut ajouter, d'une part, le milliard d'euros décidé par le président Hollande lors du conseil de défense du 6 avril 2016 et correspondant aux besoins supplémentaires indispensables pour faire face à la menace terroriste - non-déflation de 18.750 effectifs et mesures afférentes en termes de fonctionnement et d'infrastructure - d'autre part ; plus 200 millions d'euros décidés ces derniers mois pour financer le service militaire volontaire, la garde nationale avec l'augmentation du nombre de réservistes et les mesures de condition du personnel. Ce socle de 34 milliards d'euros sera dépensé, quoi qu'il arrive. Enfin, il convient d'y ajouter les besoins supplémentaires apparus depuis le 6 avril 2016 : 600 millions d'euros pour soutenir le surcroît d'engagement de nos forces et atténuer le sous-dimensionnement chronique de certains soutiens, dont l'infrastructure et enfin, 200 millions d'euros pour renforcer à très court terme la protection de nos hommes, à titre individuel et pour les équipements - Au total, il convient de bâtir d'emblée sur des bases saines une trajectoire de remontée en puissance pour consolider notre modèle". "Le troisième horizon de court terme est la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Elle doit être celle de la régénération et de la projection vers l'avenir. L'ordre de grandeur de l'effort à consentir est d'ores et déjà connu : il s'élève globalement à deux milliards d'euros supplémentaires par an à périmètre constant, hors opérations extérieures et hors pensions. Compte tenu de l'urgence, la LPM doit être votée au plus tôt, c'est-à-dire avant le 14 juillet 2018, pour intégrer comme première annuité le projet de loi de finances 2019. Je rappelle que sous les deux quinquennats précédents, il aura fallu environ deux ans pour que la LPM soit adoptée". "Sur l'annulation de 850 millions d'euros de crédits en gestion 2017 qu'a annoncée M. Darmanin par voie de presse, que les choses soient claires : il s'agit d'annulations alors qu'à l'heure actuelle, les crédits ont été gelés à hauteur de 2,7 milliards : 1,6 milliard au titre de la réserve de précaution, 715 millions de report de crédits et 350 millions de surgels. Le ministre des Comptes publics a donc cette fois annoncé une annulation de 850 millions d'euros sur la base du montant du budget total, soit 32,8 milliards, et l'ouverture simultanée d'un décret d'avance de 650 millions d'euros hors pensions, c'est-à-dire au titre du programme 178 « Préparation et emploi des forces ». Reste donc un delta net de 200 millions d'euros. Il m'est un peu délicat de parler de ceci ce matin, dans la mesure où le président de la République n'a pas encore rendu son arbitrage : il le fera certainement demain soir à l'occasion du discours qu'il prononcera à l'hôtel de Brienne". "Quoi qu'il en soit, avant d'envisager les conséquences possibles d'une telle annulation de crédits, il m'importe d'abord de savoir si elle ne sera pas suivie en fin d'année d'autres annulations. Autrement dit, pour garantir le fonctionnement des armées, l'exécution budgétaire de fin d'année ne doit pas être inférieure aux montants inscrits en loi de finances initiale, sans quoi nous nous trouverions dans une situation insoutenable. En outre, aucune autre annulation ni aucun gage ne doivent être décidés d'ici au 31 décembre. Puis le reliquat du surcoût des opérations extérieures - de l'ordre de 300 millions d'euros environ - devra être couvert en fin d'année. Ensuite, il faudra déterminer le niveau du report de charge consenti ; je rappelle qu'en 2016, il s'établissait à environ trois milliards d'euros. Enfin, quid des reports de crédits de 715 millions d'euros : seront-ils reportés sur 2018 ou engagés et ouverts ?" "En résumé, la gestion des crédits pour 2017 doit être appréhendée globalement. Il est encore impossible de formuler des avis trop tranchés sur cette question, et c'est pourquoi je n'ai pas évoqué l'annulation de 850 millions d'euros de crédits. En effet, j'attends d'une part que les arbitrages soient rendus, d'autre part de connaître les conditions qui entoureront cette annulation. En outre, la fin de gestion 2017 conditionnera le projet de loi de finances pour 2018, ne serait-ce que pour déterminer le niveau des reports de crédits et des reports de charges".

II- Réduction des vulnérabilités

"La voie est tracée, selon deux axes : l'un pour gagner et l'autre, pour ne pas perdre. C'est notre projet « Cap 2025 ». Le premier axe, pour « gagner », est celui de la remontée en puissance. Nous n'avons pas d'autre choix. Le second axe, tout aussi important, qui doit nous permettre de « ne pas perdre », est celui de l'amélioration des conditions de vie quotidienne des militaires qui ont eu à souffrir, ces dernières années, de l'apparition de nouvelles fragilités, souvent méconnues. C'est plus largement celui du moral de nos militaires et de leurs familles, dont je suis également le garant". "Le premier axe, celui de la remontée en puissance, poursuit trois priorités. La première consiste à régénérer le modèle, en revenant, au plus vite, sur les lacunes capacitaires les plus pénalisantes, c'est-à-dire sur celles qui menacent directement les aptitudes-clés des armées et qui compromettent dès aujourd'hui la réussite de nos opérations. Concrètement, sur le terrain, le manque d'hélicoptères, de drones ou d'avions ravitailleurs a des conséquences lourdes sur la manœuvre générale : report d'opérations, rupture de permanence, opportunités non saisies, prévisibilité accrue. Il ne s'agit là que d'un exemple parmi d'autres. Pour gagner, il nous faut aussi des gilets pare-balles rénovés, des stocks de munitions reconstitués et davantage de véhicules blindés pour protéger nos soldats. Je rappelle que 60 % de nos véhicules utilisés en opération ne sont pas protégés. Le blindage est le moins que l'on puisse demander et obtenir pour les hommes et les femmes de nos armées qui, eux, ne comptent pas leurs efforts. J'ai encore rapatrié trois blessés le week-end dernier". "Notre deuxième priorité est d'aligner les contrats opérationnels sur la réalité des moyens que nous engageons en opérations, aujourd'hui, considérant, je vous l'ai dit, que le niveau de menace ne diminuera pas dans les années qui viennent. Il faut savoir que nos engagements actuels dépassent d'environ 30 % les contrats détaillés dans le Livre blanc. Les nouveaux contrats devront prendre en compte les effectifs nécessaires, le maintien en condition et la préparation opérationnelle. En 2016, 50 % des rotations des unités de l'armée de terre dans les centres d'entraînement ont été annulées. Les pilotes ont volé en moyenne 160 heures - dont 100 en opération, c'est-à-dire pas à l'entraînement -, au lieu des 180 heures normées. L'entraînement à la mer de la marine a baissé de 25 %. Une telle contraction du temps et des moyens dévolus à l'entraînement est source de vulnérabilités, auxquelles il convient de mettre un terme sans attendre. C'est le chef de guerre qui vous le dit : à la guerre, toute insuffisance se paie « cash » parce qu'en face, l'ennemi ne s'embarrasse pas de procédés". "Enfin, notre troisième priorité est de préserver l'indispensable crédibilité de la dissuasion nucléaire par le renouvellement de ses deux composantes, océanique et aéroportée. Pour être soutenable, l'effort nécessaire doit être lissé sur les quinze prochaines années. Je rappelle que le flux annuel passera de 3,9 milliards d'euros en 2020 à six milliards d'euros en 2025". "Il va de soi que le programme Scorpion est l'un des enjeux majeurs du combat budgétaire que nous menons avec Mme Parly. Il en va en effet de la protection des forces. Je rappelle que les véhicules de l'avant blindé (VAB), qui devraient être remplacés dans le cadre de Scorpion, ont en moyenne trente-cinq ans d'ancienneté. Si nous ne disposons pas des crédits nécessaires, nous devrons donc reporter ce programme, avec toutes les conséquences que cela entraînera. Il faut en effet tenir compte non seulement du programme à proprement parler, mais aussi de son environnement. Sans crédits, le programme Contact, par exemple, qui concerne les systèmes d'information - l'ancienne radio - ne pourra pas être déployé. Sans Contact, Scorpion ne pourra pas être mis en œuvre. Nos armées sont interdépendantes non seulement au combat, mais aussi en matière technologique. Le programme Scorpion n'est pas qu'un véhicule de combat, c'est un tout cohérent : il doit être doté de munitions, de pièces de rechange, mais aussi de ses systèmes d'information et servi par un conducteur et un tireur formés et entraînés. Encore une fois, sans budget, nous continuerons de retarder le programme Scorpion. Or, pouvons-nous encore nous permettre d'envoyer nos soldats au combat dans des VAB vieux de trente-cinq ans, dont vous imaginez le taux d'usure et le niveau de protection ? Je réponds non". "Un mot sur les munitions : les réductions décidées ces dernières années ont globalement porté sur les flux, celui de l'entretien programmé du matériel et de l'entretien programmé du personnel, celui des munitions et celui des infrastructures - comme toujours. Oui, il faut reconstituer le flux des munitions et nous ne pourrons pas attendre 2019 ou 2020 ! Nous avons beaucoup consommé et continuons de consommer beaucoup, et pour cause : on ne gagne pas la guerre sans munitions - un fait simple que l'on semble pourtant redécouvrir. Je ne vous donnerai pas de détails sur l'état des différents stocks, mais il n'est plus temps de discuter en termes budgétaires, car nous n'avons pas le choix. Je n'y peux rien ; c'est ainsi. Il faut agir dès 2018 pour plusieurs raisons : d'abord parce que nous sommes « au taquet », mais aussi parce qu'il s'écoule parfois beaucoup de temps entre la commande de la munition et le moment où elle peut être tirée. Les pièces des munitions sont en effet fabriquées dans différents lieux et pays. Au fond, la France a redécouvert la guerre. Or, il n'est pas aisé de relancer une chaîne industrielle, surtout de manière accélérée. Nous devons être en mesure de disposer de stocks de munitions suffisants. Je ne le demande pas pour ennuyer tel ou tel, mais parce qu'encore une fois, c'est ainsi : on ne gagne pas la guerre sans munitions suffisantes".

III- Un écart "intenable"

"Nos armées sont confrontées depuis plusieurs années à une situation de forte tension, sous l'effet combiné d'un niveau d'engagement très élevé s'inscrivant dans la durée - 30 000 soldats en posture opérationnelle, de jour comme de nuit, depuis plus de deux ans - et d'un contexte budgétaire compliqué. Ce grand écart n'est pas tenable, je suis désolé de devoir vous le dire avec force ! Notre liberté d'action en souffre. Ainsi, je suis de plus en plus souvent contraint de reporter ou d'annuler certaines opérations, faute de moyens disponibles. La dépendance vis-à-vis de nos alliés, notamment américains, touche ses limites parce qu'eux aussi doivent faire face au durcissement de la situation et à la multiplication des priorités". "Le système a en outre été fragilisé par le processus qui, entre 2008 et 2014, a affecté la totalité des composantes de nos armées, directions et services : le nombre de militaires est passé de 241 000 à 203 000 et l'organisation territoriale des armées a été repensée de fond en comble, principalement selon une logique d'efficience économique et de réduction des dépenses publiques. Depuis 2008, cinquante formations de l'armée de terre, dix-sept bases aériennes, deux bases aéronavales et vingt bâtiments ont été supprimés". "L'impact de ces réformes, menées dans un laps de temps très court, se fait sentir. Faut-il le rappeler ? Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le modèle s'est alors contracté autour d'un cœur de métier minimaliste, fragilisant du même coup sa cohérence d'ensemble, au moment même où il était davantage sollicité. Lorsque les engagements sont en hausse et le budget, en baisse, j'appelle cela un grand écart. À ceux qui en douteraient, je le dis et je le répète : on a déjà donné, on a déjà tout donné. Il faut maintenant revivifier notre modèle, ce qui, d'ailleurs, n'exclut pas de poursuivre notre transformation permanente et nos réformes de structure pour être toujours plus efficients".

IV- Souveraineté économique et souveraineté de défense

"Je rappelle pour terminer que la souveraineté économique ne s'oppose pas à la souveraineté de défense, bien au contraire. Reste qu'il faut trouver entre les deux une voie juste et équilibrée. Le coût du renoncement serait potentiellement très élevé. Comme chef d'état-major des armées, je ne vois pas d'autre alternative que celle du désengagement opérationnel inéluctable, par manque de moyens. Se résoudre à l'option du désengagement ne se résume pas à la seule décision de quitter un théâtre d'opération. Se désengager, c'est choisir en réalité quel dispositif, intérieur ou extérieur, alléger. C'est décider quel théâtre quitter alors que les opérations qui y sont conduites contribuent à notre sécurité. C'est accepter de peser de façon moins déterminante sur la protection des Français. C'est laisser à d'autres le soin d'influer sur les grands équilibres internationaux. En un mot, ce serait revoir nos ambitions à la baisse, au moment même où de très nombreux États, déraisonnables pour certains, aspirent à faire entendre leur voix dans le concert des nations. Une telle décision serait respectable, mais il faut que, politiquement, les choses soient claires". "Choisir le désengagement, c'est aussi prendre le risque d'une profonde incompréhension chez ceux - dont je suis le porte-parole - et qui, au quotidien, dans nos armées, cherchent avec constance et volonté à surmonter les difficultés pour assurer le succès de la mission qui leur a été confiée. Ils le font parfois au péril de leur vie. Imaginez le poids qui pèse sur les familles quand le père, le mari, l'épouse partent sans savoir s'ils reviendront, ni dans quel état. C'est là une nouveauté depuis trois ans qu'il faut prendre en compte. L'état d'esprit des militaires a changé. Nous pouvons être fiers de ce qu'ils font - je le suis - et de ce qu'ils sont. Comme le disait Clemenceau : « Ils ont des droits sur nous ». "Nous sommes entrés dans des temps difficiles et incertains ; nous sommes entrés dans le temps de la décision et du courage où se jouent ensemble la sécurité et l'avenir du pays. Chaque époque a ses difficultés. L'esprit de défense, « premier fondement de la sécurité nationale », selon les termes du Livre blanc de 2013, nous est nécessaire. Dans deux jours, lors de la fête nationale, nous aurons l'occasion, une fois de plus, de constater que cet esprit est bien vivant et partagé par la très grande majorité de nos concitoyens. Dans les temps qui sont les nôtres, il est important qu'il se manifeste tous les autres jours de l'année par un soutien sans faille. Votre commission jouera, je le sais, un rôle déterminant en la matière. Vous pouvez compter sur mon engagement personnel, ma totale loyauté et ma détermination, que je pense que vous avez mesurés. Je nous sais tous ici habités par une seule ambition : le succès des armes de la France, au service d'une paix d'avance !"

V- Analyse du contexte sécuritaire

"Depuis 2015, la France, et, plus largement, notre continent européen ont été douloureusement frappés par des actes terroristes particulièrement odieux. Il ne se passe plus un mois, désormais, sans qu'une attaque ne soit perpétrée dans l'un ou l'autre des pays européens. Ce contexte particulier vient soudainement nous rappeler que la paix et la sécurité de notre espace commun, que nous tenions plus ou moins pour acquises, restent sous la menace permanente d'une remise en cause. Ma conviction est que les temps à venir seront difficiles. Nous avons le devoir de regarder la réalité en face, sans la noircir, certes, mais avec le souci d'appréhender le monde tel qu'il est. Notre époque est marquée par une complexité grandissante. Nous devons faire face à une infinité d'interactions entre de nombreux compétiteurs, dans tous les champs". "J'observe en second lieu que le monde réarme. Après des décennies de stagnation ou de baisse, le cycle s'est inversé en 2015 : les ventes d'armes dans le monde ont même retrouvé cette année leur niveau de la fin de la guerre froide ! Les dépenses militaires représentent environ 1 700 milliards de dollars, soit 2,3 % du PIB mondial, même si certains États persistent encore à considérer que l'OTAN et les États-Unis continueront à pourvoir, dans les mêmes proportions, à la défense de l'Europe. Pris dans leur ensemble, les pays européens ne consacrent que 1,2 % de leur PIB à la défense, quand les États-Unis y consacrent 3,3 % et la Russie, 3,7 %. Ce désarmement relatif des Européens entraîne un moindre investissement de leur part dans le champ de la préparation de l'avenir - celui qui assure la « paix d'avance ». J'en fournirai un exemple parmi d'autres : si, en 2000, les Européens alignaient 4.000 avions de combat, ils n'en totalisent aujourd'hui qu'environ 2.000 et les projections laissent craindre que nous passions sous la barre des 1.500, à l'horizon 2030". "En France, nos armées sont engagées pour apporter une réponse qu'elles veulent coordonnée. Pour remplir leurs missions, elles s'appuient sur des coopérations militaires internationales. La coopération militaire contribue directement au renforcement de nos capacités et au succès de nos opérations : il n'y a pas d'autre solution. La nécessaire restauration d'une puissance militaire européenne dépend surtout de la dynamique que le trinôme de tête France - Royaume-Uni - Allemagne devra insuffler. À nous trois, nous représentons 60 % des crédits de défense des vingt-huit pays actuels de l'Union". "À mon sens, le monde change sous nos yeux. La question des alliances est fondamentale. C'est une question éminemment politique. Je vous parle d'action militaire. Dans ce domaine nous sommes à la croisée des chemins, comme l'illustre la situation en Syrie. Sur quelques dizaines de kilomètres seulement s'y côtoient les forces turques, américaines, kurdes et russes, ainsi que l'armée syrienne, l'opposition syrienne modérée et Daech. La Syrie est un laboratoire des rapports de force et des tensions qui, au fond, proviennent de deux conflictualités distinctes, mais non disjointes, liée pour l'une au retour des États-puissances et pour l'autre à l'islam radical. La Russie, par exemple, joue un rôle dans le dossier ukrainien et dans le dossier syrien, où elle contribue à la lutte contre Daech. Nous devons en tenir compte, ce que nous avons fait dès la première réunion de la commission chargée de la revue stratégique, car l'évolution géostratégique a été importante depuis le dernier Livre blanc".

VI- Redéfinition de l'opération Sentinelle

JPEG "La question du rapport entre l'efficacité et le poids de l'opération Sentinelle est pertinente ; elle est mon souci. Je rappelle que nous avons augmenté de onze mille hommes la force opérationnelle terrestre, à effectifs militaires constants - en dégraissant les soutiens, en quelque sorte. Nous sommes d'ailleurs allés un peu loin dans ce domaine. C'est à ce prix que nous pouvons maintenir ce seuil de sept mille hommes en permanence sur le territoire national. Je vous ai dit vouloir davantage de modularité pour privilégier les missions et non les postures statiques, ce qui nous donnerait plus de souplesse, afin que le dispositif soit moins pénalisant en termes d'effectifs". "En tout état de cause, l'opération Sentinelle est efficace. Sans l'intervention de la patrouille Sentinelle qui a abattu le terroriste à Orly, il se serait produit un drame. Le trinôme fut héroïque : ceinturée par le terroriste, la jeune femme est parvenue à se dégager pour que son camarade puisse abattre l'individu sans la toucher, tout cela les yeux dans les yeux, à très courte portée, comme c'est souvent le cas avec les terroristes - voilà la réalité de ce combat. Pour réagir de cette manière, il faut des gens courageux, et cela ne s'improvise pas. C'est une des raisons pour lesquelles nos alliés, notamment les Américains, nous admirent. Au Louvre, de la même manière, imaginez le désastre qui se serait produit si nous n'avions pas tiré : le terroriste, se dirigeait vers la clientèle". "Depuis la création de la force Sentinelle, nos soldats ont ouvert le feu à cinq reprises ; à chaque fois, de façon maîtrisée et efficace. Je note que cette opération extrêmement exigeante nécessite des professionnels de très haut niveau. Encore une fois, nos alliés nous observent avec admiration, et parfois quelque étonnement, tant il est vrai que ce dispositif est singulier. En somme, j'estime que notre dispositif, déployé en janvier 2015, est bon, mais qu'il faut le faire évoluer dans la direction que j'ai indiquée". "J'ai parfaitement conscience que cette opération pèse sur le moral des troupes et mon souci permanent reste de le préserver. Lorsqu'un soldat rentre de quatre mois de déploiement en opération extérieure pour enchaîner sur deux ou trois missions dans le cadre de l'opération Sentinelle, il est à nouveau durablement loin des siens ; cela ne saurait durer indéfiniment, et j'en suis bien conscient. D'où le besoin de modulation accrue pour notre dispositif. Précisons que l'augmentation des onze mille nouveaux effectifs n'est pas encore achevée, car le processus, depuis le recrutement jusqu'au plein caractère opérationnel, est long. Il reste encore beaucoup à faire. À ce stade, il me semble indispensable de faire évoluer l'opération Sentinelle mais je recommande la prudence sur le sujet : imaginez qu'un attentat grave survienne suite à la décision d'alléger Sentinelle..."

VII- Service national universel

- "La question du service national universel est d'ordre politique et je ne peux y répondre. Je dirai simplement deux choses : cette question est de nature interministérielle, et elle doit être examinée en toute étanchéité financière par rapport au modèle d'armée - car, comme vous l'avez sans doute compris, la charge qui pèse sur les armées est déjà très importante". "Le modèle d'armée doit être préservé de manière totalement étanche, car le service national universel n'est pas prévu, à périmètre comparable, dans le budget équivalant à 2 % du PIB".

Note RB : À ce stade, il me semble indispensable de faire évoluer l'opération Sentinelle mais je recommande la prudence sur le sujet : imaginez qu'un attentat grave survienne suite à la décision d'alléger Sentinelle..."

L'attentat a bien eu lieu avec un terroriste qui a délibérément tenté de tuer avec son véhicule un groupe de six militaires. On y est. Que fait-on, M. le Président ?


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49 réactions à cet article    


  • chantecler chantecler 11 août 10:17

    Bonjour ,
    Vous avez raison mais « l’heure est aux économies » , pour un état qui non seulement n’arrive plus à joindre les deux bouts , mais qui s’endette systématiquement depuis des dizaines d’années ...
    Notre bonne amie allemande trouve que notre pays « fait trop de social » : l’armée fait elle partie de ce trop ?
    .....
    problème insoluble dans le cadre de la globalisation et de la financiarisation .
    .....
    Quant au problème terroriste je crains que l’armée n’ait que peu de pouvoir pour le contrebattre .
    Quant au service national ,universel ou non, je crains que si les tensions guerrières s’accroissent nous reviendrons à un SN classique , qui sera un élément de plus dans la course à la guerre .
    Pour l’instant il ne s’agit que de guerres périphériques et de lutte contre le terrorisme ....
    Mais que peut on espérer face à des individus ou des petits groupes qui attaquent n’importe où n’importe quand ?
    Il faudrait s’attaquer aux causes (et au financement ) de ce terrorisme .
    Mais ça semble mal parti .


    • baldis30 11 août 22:12

      @chantecler
      bonsoir

      « Notre bonne amie allemande trouve que notre pays « fait trop de social » : l’armée fait elle partie de ce trop ? »

      le jeu de l’Allemagne est TROUBLE , TRES TROUBLE. Elle vit dans la nostalgie des deux défaites de 1918 et 1945 et rêve d’une ultime revanche .... regardez le propos que je tiens sur la bombe atomique nord-coréenne ... dans le sujet traité par Leon Hussam ... sur la Corée du Nord ...

      Je maintiens ... l’Allemagne possède l’arme nucléaire et s’en servira ! contre ses voisins !


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 13 août 18:34

      @chantecler comme aux autres lecteurs que je remercie de leurs visites et commentaires.
      Bonjour et merci pour vos observations auxquelles il m’est actuellement difficile de répondre avec promptitude.

      « Mais que peut on espérer face à des individus ou des petits groupes qui attaquent n’importe où n’importe quand ?
      Il faudrait s’attaquer aux causes (et au financement ) de ce terrorisme .
      Mais ça semble mal parti . »

      N’ayez crainte.Cela sera difficile mais on y arrivera. Question de volonté.

      Cordialement

      Renaud Bouchard


    • gogoRat gogoRat 11 août 10:45

      Les points clé à retenir :

      * « l’équipe politique actuelle n’est pas à la hauteur »

      * « le monde réarme »

      * si la France se ’désengage’, qui assure la sécurité de l’Europe ?
       ( Autrement dit à qui confie-t-on les rênes ? - US ? - Allemagne ? ... ou, bientôt, un autre nouveau et puissant larron ?! )


      • gogoRat gogoRat 11 août 11:11

         Un pays où seule une minorité de gogos peuvent se permettre d’oser monopoliser la parlotte officielle, donc le Pouvoir, pourrait-il assurer son avenir ? - en s’isolant ? - ou bien, au contraire, pourrait-t-il espérer être longtemps reconduit aux rênes du Grand Machin européen ?


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 13 août 18:38

        @gogoRat
        Bonjour et merci pour votre question.

        Les points clé à retenir :

        * « l’équipe politique actuelle n’est pas à la hauteur »

        * « le monde réarme »

        * si la France se ’désengage’, qui assure la sécurité de l’Europe ?

        Plus personne.


      • Taverne Taverne 11 août 11:36

        Dans les Guêpes (422 av. J.-C) d’Aristophane, il est question d’un procès fait à un chien. C’est en réalité une allusion très explicite au procès intenté par Cléon contre le général modéré Lachès accusé d’être un voleur (le chien est d’ailleurs nommé Labès, ce qui signifie « voleur » et rappelle le nom de Lachès, le général athénien). C’est à l’heure de rendre les comptes, après avoir commandé la flotte en Sicile, que le général est mis en accusation (dans la pièce, le chien Labès est accusé d’avoir mangé un fromage de Sicile).

        La démocratie athénienne faisait souvent à l’époque des procès aux généraux dont elle n’était jamais satisfaite. Ici, Lachès est aussi mal vu parce qu’il est aristocrate, ce qui déplaît à l’esprit de démagogie très en vogue. Vous voyez l’allusion ?

        C’est une erreur de penser que l’Armée doit être gérée selon des règles qui relèvent de la démocratie et de l’Opinion...


        • Taverne Taverne 11 août 11:40

          Tenez, voici des extraits savoureux du procès du chien Labès.

          HILOKLÉÔN. Quel est l’accusé  ?
          BDÉLYKLÉÔN. Celui-ci.
          PHILOKLÉÔN. Quelle peine va le frapper ?
          BDÉLYKLÉÔN. Écoutez l’acte d’accusation. Le soussigné chien de Kydathènè accuse Labès d’Æxonè d’avoir seul, contre toute justice, mangé un fromage Sikélien. Peine : un collier de figuier.
          PHILOKLÉÔN. C’est-à-dire une mort de chien, une fois convaincu.
          BDÉLYKLÉÔN. L’accusé Labès est ici présent.
          PHILOKLÉÔN. Oh ! Le vilain chien ! Quels yeux de voleur ! Comme, en serrant les dents, il se flatte de me tromper ? Où est le plaignant, le chien de Kydathènè ?

          (...)

          PHILOKLÉÔN. Mais, mon bon, la chose est claire ; elle crie d’elle-même.
          XANTHIAS. N’allez pas l’absoudre. C’est de tous les chiens l’être le plus égoïste et le plus glouton, lui qui, louvoyant autour d’un mortier, a dévoré la croûte des villes !
          PHILOKLÉÔN. Aussi n’ai-je pas même de quoi boucher les fentes de ma cruche.

          (...)

          BDÉLYKLÉÔN. Non pas, mais il me paraît être dans la même situation que jadis Thoukydidès accusé. Ses mâchoires furent tout à coup paralysées. Retire-toi ; c’est moi qui présenterai ta défense. Il est difficile, citoyens, de faire l’apologie d’un chien calomnié ; je parlerai cependant. C’est une bonne bête, et il chasse les loups.
          PHILOKLÉÔN. C’est un voleur et un conspirateur.
          BDÉLYKLÉÔN. Par Zeus ! C’est le meilleur des chiens d’aujourd’hui, capable de garder de nombreux moutons.
          PHILOKLÉÔN. À quoi cela sert-il, s’il mange le fromage ?
          BDÉLYKLÉÔN. Oui, mais il se bat pour toi, il garde la porte, et il excelle dans tout le reste. S’il a fait un larcin, pardonne-lui. Il est vrai qu’il ne sait pas jouer de la kithare.
           


        • Taverne Taverne 11 août 11:50

          J’ai oublié de préciser que le contexte de l’époque, dénoncé par Aristophane, était aussi à la dénonciation généralisée de pseudos conspirateurs censés conspirer contre la démocratie, en fait contre les démagogues qui se transformaient bien souvent en sycophantes, ces gens qui faisaient des procès en toutes occasions dans des vues égoïstes (se faire bien voir ou gagner de l’argent).

          Les Guêpes, c’est aussi le portrait d’une société dans laquelle chacun se pose en juge de tout. En effet, Périclès a institué une indemnité journalière destinée à inciter les citoyens à participer aux tribunaux (Athènes possède en effet une justice populaire directe et collective). En 425 av. J.-C., trois ans avant les Guêpes, Cléon a porté cette allocation à trois oboles, attirant ainsi les citoyens âgés — qui deviennent de redoutables jurés professionnels — et accroissant sa popularité. En conséquence, nombre de citoyens attirés par ce profit, se pressent dès l’aube devant les portes du tribunal de la cité, expédient les procès, perçoivent leurs trois oboles et sortent libres de leur journée.

          Aujourd’hui nous n’en sommes pas là mais il y a le tribunal populaire des réseaux sociaux, des sondages, celui des médias...Et donc il est bon de faire de la démagogie...


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 13 août 18:59

          @Taverne
          Merci beaucoup pour votre agréable contribution !

          Aristophane riait, mais sa voix tremblait lorsqu’il évoquait (cf. Les Cavaliers) sa crainte d’un ennemi implacable dans le monde Grec du Vè Siècle : les Perses, avec le souvenir terrible des guerres médiques.
          Évoquer Thémistocle aura quand même été utile.

          Cordialement,
          Renaud Bouchard

          A lire :

          http://www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1985_num_87_3_4210
          http://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_2001_num_70_1_2451


        • Emile Mourey Emile Mourey 11 août 12:23

          Quelques idées pour une autre stratégie (avec économie à la clé).


          Primo : stigmatiser l’adversaire en développant dans les médias une campagne d’information orientée pour montrer l’inhumanité, l’aveuglement des attentats contre les populations, ainsi que le caractère antipathique de leurs auteurs.
          Secundo : instaurer des tribunaux d’exception qui décideront, dans la semaine, de la mise à mort des auteurs d’attentats, sans leur chercher d’excuses. En même temps, retirer l’armée de l’opération « sentinelles ». Ce n’est pas son rôle premier.
          Tertio : ouvrir le débat sur les textes fondateurs de l’islam.
          Quarto : regrouper les migrants aux frontières de leurs territoires pour en faire des bases de reconquêtes et d’interventions encadrées.

          • François Vesin François Vesin 11 août 18:35

            @Emile Mourey
            « Quelques idées pour une autre stratégie (avec économie à la clé). »


            primo : mettre immédiatement un terme aux guerres dans lesquelles
            nos présidents (et leurs affidés) nous ont précipités contre des pays
            qui ne nous ont rien fait.
            secundo : nous désengager de l’OTAN et revenir à la situation voulue
            par le général De Gaulle.
            tertio : redonner un rayonnement à notre diplomatie d’une part et faire 
            de notre armée une force de défense performante (ce qui suppose
            des unités de renseignements dûment dotées en personnels et en 
            matériels). 

            Notre défense nationale doit protéger notre territoire : elle n’a rien à 
            faire comme suppléante de quelque force impérialiste que ce soit
            sauf à générer des haines dont le peuple est la seule et unique victime.

             

          • Emile Mourey Emile Mourey 11 août 19:16

            @François Vesin


            Mais bien sûr ! Quelle drôle d’idée d’avoir éliminé Kadhafi qui maintenait l’ordre en Libye ! Quelle drôle d’idée d’avoir, de même, éliminé Saddam Hussein ! Avant la Révolution, la politique militaire et étrangère de la France consistait principalement à protéger les frontières du territoire en veillant à écarter tout voisinage dangereux, et au besoin, en y favorisant la discorde pour l’affaiblir. 

            Quand j’écris en quarto : regrouper les migrants aux frontières de leurs territoires, je veux dire par là que c’est à eux de prendre les armes pour régler, entre eux, leurs différents et pas à nous. Que si leurs pays sombrent dans l’anarchie, que cela soit un exemple pour les autres.

            Pour le reste : tout à fait d’accord.

          • covadonga*722 covadonga*722 12 août 07:10

            @Emile Mourey
            En même temps, retirer l’armée de l’opération « sentinelles ». Ce n’est pas son rôle premier.


             yep , tout a fait quand on patrouille armé et en gilet d’assaut parmi les civils
             sur son sol c’est que l’on déjà perdu la guerre intérieure !
            La solution est pourtant simple 4 murs pour les terroristes potentiels ou avérés c’est trois de trop.
            Les familles des terroristes doivent payer et perdre tout droits sociaux et civiques
            destruction ou saisies de leur biens ,exclusion de la fonction publique si il y a lieu .
             et la population qui sert d’appui et de soutien silencieux ce terrorisme doit être inviter fermement a quitter la France .La chasse doit être faite sur les médias sociaux et dans les médias a tous ceux qui approuve explique tendancieusement les actes de ces terroristes.L’heure n’est plus au tergiversation « oui mais le colonialisme oui mais Israëloui mais le pétrole » IL faut choisir son camps et tout ceux 
            qui ne sont pas avec nous sont contre nous et doivent être combattu avec la plus extrême férocité !

          • Shawford Shawford 12 août 07:12

            @covadonga*722

            Y’aura plus grand monde au G7 alors ^^


          • covadonga*722 covadonga*722 12 août 13:05

            @Shawford
            ce que tu veux être une boutade est la réalité en fait !


            les plus grands traîtres sont les éminences élues ou pas livrant les peuples a l’envahissement du sol et a la terreur économique pour eux une terreur type 1793 serait un juste châtiment  !

          • Shawford Shawford 12 août 13:07

            @covadonga*722

            Je veux mon n’veu !

            (check/be carefull/smack les Marcs autour de toi IRL, vont te titiller veugra désormais, l’ami smiley )


          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 13 août 19:11

            @covadonga*722 Mourey et Vesin
            Bien analysé.

            "Quand on patrouille armé et en gilet d’assaut parmi les civils sur son sol c’est que l’on déjà perdu la guerre intérieure !

            //Surtout lorsque lesdites patrouilles se font attaquer sans répliquer.

            La solution est pourtant simple 4 murs pour les terroristes potentiels ou avérés c’est trois de trop.

            //Effectivement.

            Les familles des terroristes doivent payer et perdre tout droits sociaux et civiques, destruction ou saisies de leur biens ,exclusion de la fonction publique si il y a lieu . et la population qui sert d’appui et de soutien silencieux ce terrorisme doit être invitée fermement a quitter la France .

            La chasse doit être faite sur les médias sociaux et dans les médias a tous ceux qui approuvent et expliquent tendancieusement les actes de ces terroristes.

            L’heure n’est plus aux tergiversations « oui mais le colonialisme oui mais Israël, oui mais le pétrole »

            Il faut choisir son camp et tout ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous et doivent être combattus avec la plus extrême férocité !"

            //La fermeté sans état d’âme devrait suffire.

            Pour mémoire http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/etat-d-urgence-le-double-ennemi-174187


          • MagicBuster 11 août 13:49


            Est-ce qu’il est préférable de gagner la guerre contre le terrorisme à tout prix ou
            est-ce qu’il est mieux de rester à l’équilibre budgétaire (... et se prendre une branlée) ?
            La question vient d’être tranchée.

            La France n’existe plus.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 août 18:42

              @MagicBuster
              Le mieux serait peut-être de consacrer l’argent de l’opération Sentinelle aux services de renseignements ? Et de sortir de l’ OTAN pour cesser de participer à des guerres d’ingérence.
              Mais Macron n’a pas été élu pour cela.


              Et puis l’opération Sentinelle, c’est visible et ça rassure les mougeons...
              L’état d’alerte + les interdictions de manifester, ça sent plutôt la répression contre les révoltes sociales, mais côté com’, ça marche ! C’est bien tout ce qui compte, non ?

            • gogoRat gogoRat 11 août 17:08


              Soit les mots « démagogie » et ’démocratie" désignent la même chose, et il n’est pas faux de les confondre ou amalgamer ...
               soit ces mots ne sont pas interchangeables, et il est nécessaire de savoir honnêtement les différencier.
               
               une piste d’investigation, par wikipédia :
               La démagogie (du grec demos « le peuple » et ago : « conduire ») est une notion politique et rhétorique désignant l’état politique dans lequel les dirigeants mènent le peuple en le manipulant pour s’attirer ses faveurs, notamment en utilisant un discours flatteur ou appelant aux passions.

              Le terme démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, combinaison de δῆμος / dêmos, « territoire » (de daiesthai, partager) puis « ensemble des citoyens », et kratein, «  commander »), désigne le plus souvent un régime politique dans lequel les citoyens ont le pouvoir.

               
                Quelle peut bien être la capacité d’entendement de quelqu’un qui croirait que les citoyens peuvent avoir le pouvoir tout en étant sommés de ne pas casser les pieds aux ’dirigeants’ par l’étalage de leurs propres opinions, ou observations ?
               ( à noter qu’il n’est pas nécessaire d’être reconnu comme ’ayant réussi’ pour oser affirmer, sans prétention aucune, que « 2 plus 2 égale 4 » et pour revendiquer le devoir urgent de rappeler que quiconque affirmerait le contraire ne saurait être crédité d’aucune crédibilité ni respectabilité ! )
               
               


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 août 18:37

                C’est simple, la France en 1997 a signé « le Pacte de stabilité et de croissance » qui impose une dette inférieure à 3% du PIB. Sinon, la Cour de Justice européenne impose des sanctions financières maousses. Macron s’exécute.


                La France doit donc faire des économies budgétaires, l’armée en fait les frais, les autres postes budgétaires suivront, en particulier, la santé....

                Si cela ne convient pas aux Français, il faut sortir de l’ UE pour ne plus avoir à appliquer les Traités européens. Pas la peine de rouspéter ou de pleurnicher, tant que la France sera dans l’ UE, le gouvernement sera obligé d’appliquer les Traités.

                Il le fait d’autant plus facilement que les Français ne connaissent pas le contenu des Traités, on peut leur raconter n’importe quoi...
                 « Les articles des Traités les plus toxiques ». Profitez des vacances pour les lire, cela vous évitera de croire que le gouvernement décide de quelque chose ...

                Ah, si, il décide des questions sociétales et de la couleur des rideaux ! 


                • pipiou 12 août 00:55

                  @Fifi Brind_acier

                  Faut vous mettre à jour : depuis plusieurs années la France depasse allègrement les 3% de déficit et pourtant AUCUNE sanction demandée par l’ UE ! Par contre il y a une consequence : nos finances se dégradent mais ça vous n’en avez rien à foutre et continuez à réclamer encore plus de deficit, génial smiley


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 août 06:58

                  @pipiou
                  Vous n’avez pas bien suivi les évènements...
                  - Dès l’élection de Hollande en 2012, le FMI envoyait sa feuille de route...


                  - Hollande a obtenu des délais pour réduire le déficit, donc pas de sanctions.

                  - Le déficit a été organisé volontairement par l’article 123 du TFUE, qui a interdit d’emprunter à taux 0% à la Banque de France et a imposé d’emprunter au marché avec intérêts.

                  Sans les Traités européens, la dette publique de la France serait « un non- sujet »


                • Ar zen Ar zen 12 août 09:16

                  @pipiou

                  Je suis d’accord avec vous : il faut se mettre à jour et comprendre le contenu des articles des traités.

                  Vous écrivez :«  depuis plusieurs années la France depasse allègrement les 3% de déficit et pourtant AUCUNE sanction demandée par l’ UE » ;

                  Pourquoi voudriez vous que l’UE sanctionne la France puisque notre pays suit, année après année, les recommandations de l’UE ? La France doit tendre vers un objectif et l’UE signe la feuille de route. La France respecte donc les directives de Bruxelles et ne peut donc être « sanctionnée ». CQFD. 

                  Les traités contiennent des dispositions très subtiles. Si vous lisez ceci : « Lorsqu’un pays de l’UE ne respecte pas la discipline budgétaire imposée par le pacte de stabilité et de croissance, il peut faire l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs en plusieurs étapes. » il faut comprendre qu’il faut respecter une certaine discipline. Si celle si est respectée, alors il n’y a pas de sanction. 

                  Comprenez que la France n’est pas sanctionnée par l’UE puisqu’elle met en oeuvre les GOPE. C’est aussi simple que ça. 


                • titi 11 août 19:15

                  Vous me faites bien rire tous.

                  Le budget de la défense est une variable d’ajustement depuis 1981.

                  En 1990 Fabius avait dit dans les couloirs de l’assemblée « il faut tirer les dividendes de la paix »

                  En 1997 Chirac à suspendu le service militaire.

                  Budget de la défense

                  1960 : 6,2% du PIB
                  1970 : 4% du PIB
                  1981 : 3,9% du PIB
                  1990 : 3,5% du PIB
                  1995 : 3% du PIB
                  2000 : 2,5% du PIB
                  2010 : 2,3% du PIB

                  Vous me faites bien rigoler : c’est la faute à Macron, c’est la faute au l’Europe

                  Non : c’est la faute aux Français qui ne voulaient du service militaire pour leurs gosses
                  c’est la faute aux partis de gauche qui ont toujours chercher à baisser le budget de la défense

                  C’est aussi la faute aux militaires, qui ont un système d’équivalence « jours de campagne » qui assèchent artificiellement les budgets, au détriment de ceux qui sont réellement en campagne.


                  • titi 11 août 19:29

                    J’ajoute...

                    Savez vous pourquoi la France est à la ramasse pour ce qui est des drones ?

                    Parce que les pilotes de l’armée de l’air ne voulaient pas de concurrence.

                    Même maintenant les drones de combat sont présentés comme des « auxiliaires » pour constituer un système d’arme autour du Rafale... et donc de son pilote.

                    Après on s’étonne que les US aient une guerre d’avance.


                  • titi 11 août 19:31

                    @titi
                    En fait l’armée française n’a pas évolué dans ses mentalités depuis Crécy...
                    Et pour cause : ce sont toujours les mêmes familles qui sont à sa tête.

                    Ce n’est pas un hasard si l’époque où elle était victorieuse en Europe correspond justement à la période où les « De Machin De Bidule » en ont été virés.


                  • Osis Osis 12 août 06:33


                    "Ce n’est pas un hasard si l’époque où elle était victorieuse en Europe correspond justement à la période où les « De Machin De Bidule » en ont été virés."

                    De quelles guerres parler vous donc ?
                    De mémoire, ils me semble bien que nos armés n’ont jamais gagné une seule guerre.


                  • titi 14 août 01:17
                    @Osis

                    « De mémoire, ils me semble bien que nos armés n’ont jamais gagné une seule guerre »

                    Ca arrive quand on bosse pas l’histoire à l’école.

                  • Osis Osis 19 août 07:08

                    @titi

                    Vous ne répondez pas à ma question.
                    Sans doute, a honte d’être un mercenaire.. .

                    Quelle guerre l’armée française à t-elle gagné ?
                    Sans les Russes, sans les Américains, sans la résistance civile... je ne vois pas.

                    Peut-être en cherchant bien... une petite bataille contre un roi nègre désarmé...

                    Même en torturant à mort des bergers kabyles elle s’est fait botter le cul.

                    Effectivement, vous devriez réviser.


                  • gogoRat gogoRat 11 août 19:47

                    la France en 1997 a signé ...
                    ... si cela ne convient pas aux Français ...

                    Voilà bien l’interprétation des faits, le faussement des perspectives que nos politicards en poste,
                    autant que tous les aspirants au califat, essayent de faire gober aux perdreaux de l’année !

                     Cette approche procédurière ne peut être servie qu’à celles et ceux qui veautent encore :
                    c’est l’Histoire (ou les histoires) officialisée(s) par l’entremise des stratagèmes de légitimation imposés aux Français.

                     Quant plus de 50% des Français refusent maintenant de cautionner cette foutaise éhontée, l’honnêteté exige un coup de balai énergique sur cette rhétorique fallacieuse, et la recherche d’une évaluation plus respectueuse de la volonté générale !
                     Si vous embrouillez l’effort d’entendement autant que l’expression personnels des Français, par des silences méprisants autant que par des envolées intello sans queue ni tête, ou par des poncifs éculés,
                    alors vous ne voulez pas la démocratie, mais seulement son apparence !
                     
                     Il ne reste qu’à prêter aussi quelque dignité et capacité d’entendement aux citoyens de l’Europe, et du reste du monde pour voir qu’il ne saurait être exclu de répudier chez nous les faussaires menteurs du concept démocratique, pour faire valoir que ce n’est pas ’la France’ qui avait signé, que cela ne convient pas aux Français, et que quiconque fera le pari de continuer à vouloir s’y tromper devra le regretter un jour .


                    • gogoRat gogoRat 11 août 19:54

                      oubli : @Fifi Brind_acier 11 août 18:37


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 août 07:12

                      @gogoRat
                      Les Traités européens relèvent du Droit International.
                      Il y a 2 manières de considérer le Droit International :


                      - soit on considère qu’il faut le respecter, et on sort des Traités européens par l’article 50. Pour signer par la suite des accords de coopération avec d’autres pays dans le monde, mieux vaut respecter ses engagements. Qui peut faire confiance dans un pays qui viole ses engagements quand ça lui chante ?

                      - soit on considère que seuls les Traités qui nous arrangent sont valides, et on viole les autres, comme le font les USA, les pays de l’ OTAN, ou comme Hitler, qui a signé 18 traités et en a violé 17. Ou comme Israël, qui n’a jamais appliqué aucune des résolutions des Nations Unies.

                      Ceux qui considèrent qu’il faut violer les Traités seront bien mal barrés pour ensuite reprocher aux USA et aux pays occidentaux, de mener des guerres illégales et de faire de l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats ....

                    • gogoRat gogoRat 12 août 12:07

                      @Fifi Brind_acier

                       les perdreaux de l’année n’ont pas encore compris :
                      - que les ’Traités’ ne sont que des cartes à jouer devant la loi du plus fort.
                      - qu’ils ne sont pas des lois divines, et doivent pouvoir être amendés ... voire supprimés lorsqu’ils ne correspondent pas (ou plus ?) à la volonté des citoyens.

                       Ceci implique un minimum d’appel au ’sapere aude’, et de sortir du confort intellectuel dans lequel se vautrent celles et ceux qui croient bien faire en se s’évertuant à obéir de façon fort incivile aux prétentieux qui accaparent procédurièrement le pouvoir (et les traités) en prétextant se dévouer pour penser à leur place.

                       Le pouvoir des mots officiels, passe actuellement par la bouche de prétentieux, élus on sait comment, et de gradés militaires qui, une fois établie la dictature de l’urgence du court terme, n’ont plus qu’à aboyer l’ordre de vous immoler ! Alors que tout le monde sait que ’la guerre est une chose bien trop grave pour la confier aux militaires’.

                      Si, si, je ne m’écarte pas du sujet.
                       Si nos stratagèmes officiels de légitimation ne permettent pas aux citoyens (dont une majorité absolue de civils !) de faire abroger ou amender des traités assassins, c’est que la première urgence citoyenne est de renouveler en profondeur (voire conceptuellement) les techniques de légitimation !
                       


                    • Jean nemare Jean nemare 11 août 21:37

                      Et dire qu’on est au seuil d’une guerre peut-être nucléaire entre les USA -et- leurs alliés, dont la France- et la Corée du Nord ! Si les USA sont attaqués par la Corée du Nord et qu’ils décident de faire appel à leurs alliés dans le cadre de l’art.5 de l’OTAN qui dit que si un membre est attaqué, l’agresseur se retrouve en guerre contre tous, que pourra faire la France avec des armées dans un tel état ??? 


                      Elle n’aura d’autre choix que de faire de la figuration ou bien de se déclarer neutre en se retirant de l’OTAN ! Notre retrait de l’OTAN est par ailleurs une impérieuse nécessité pour ne pas nous laisser entrainer justement dans les guerres U.S, mais là, ce serait vraiment une humiliation pour notre pays parce que ce serait non pas un choix réfléchi et délibéré comme veut le faire François Asselineau, mais parce que la France n’est pas en état de combattre ! 

                      Vous imaginez la honte ? 

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