Il
y a peu, le jardin de la petite maison enfouie dans la végétation a été
le théâtre d’un phénomène spectaculaire : un symphonie bourdonnante de
vie.
Ce lopin de terre perdu aux confins de la Brenne et de la
Touraine abrite depuis un an une douzaine de ruches. Elles ne
m’appartiennent pas.
Un apiculteur local avec qui je fus mis
en contact a déterminé que l’exceptionnelle situation du terrain
augurait d’une récolte de miel pleine de promesses.
Ce lopin
de prairie est à l’écart de toute pollution industrielle. Pour être
honnête, il borde un champ qui est copieusement arrosé par un
agriculteur. Or, visiblement, cet agriculteur est un tant soit peu
consciencieux pour ne pas utiliser des produits de traitement léthaux
pour les hyménoptères (Gaucho et Régent interdits !). Les colonies que
j’héberge semblent bien se porter pour le moment, aux dires de
l’apiculteur.
Moi-même je n’utilise aucun produit de
traitement. Je laisse faire la nature. Parfois, je déplore des
ravageurs (pucerons) qui s’attaquent aux rosiers ou cerisiers et les
flétrissent. Toutefois, j’accepte ces inconvénients afin que les règles
de la nature soient toujours privilégiées aux dépens de celles des
hommes.
La nature est la cause et sa propre solution.
La prairie fleurie et tondue occasionnellement, ainsi que la présence
du verger ont convaincu l’apiculteur d’y placer ses ruches. Cette année
il en a même rajouté deux supplémentaires. Cela me rassure sur la
qualité de l’emplacement de la maison.
Au départ, l’apiculteur avait proposé de payer un loyer pour placer ses ruches.
C’est quelque chose que j’ai refusé. Le deal
est le suivant : il donne quelques pots de miel produits par les
abeilles du jardin et en échange il fait ce qu’il veut avec ses
abeilles sur le terrain.
Mais au-delà de ce "deal", je suis aussi gagnant sur d’autres tableaux en acceptant des ruches sur le terrain.
En effet, les abeilles vont accroitre la pollinisation du verger et
donc vraisemblablement favoriser l’obtention de fruits (cerises,
mirabelles, prunes, poires, pommes...).
A ce propos, lorsque j’ai visité le Jardin des Parfums et Epices
à l’île de La Réunion, j’ai attentivement écouté les propos du guide
aux allures fantasques qui nous expliquait les secrets du monde des
végétaux. Il nous a posé la question de ce qui se passerait si les
abeilles venaient à disparaitre. La réponse a été foudroyante... De
dramatiques crises alimentaires et des famines que l’humanité aurait
beaucoup de difficultés à résoudre, probablement alors amenée à
s’éteindre. Déjà Einstein en son temps avait prédit une telle hypothèse.
En effet, c’est la pollinisation qui permet à la fleur de produire le
fruit. Cette pollinisation est plus ou moins bien assurée par le vent.
Mais l’action du vent est limitative. En fait, ce sont les insectes qui
sont les principaux acteurs de la pollinisation. Et en particulier les
abeilles, papillons et autres insectes spécialisés.
Après un an de présence de ces ruches, un phénomène impressionnant s’est produit chez moi : un essaimage.
Je n’ai pas assisté moi-même à cet évènement. Mais mon ancêtre en fut
le témoin. Et, en bon reporter, il me transmet les photos ci-après.
L’étrange société des abeilles
Une colonie d’abeilles (une par ruche) est constituée d’une unique
reine, de quelques centaines de faux-bourdons (durant la belle saison)
et d’ouvrières dont le nombre peut s’échelonner de vingt à cent mille
individus ainsi que d’œufs, larves, nymphes (couvains).
La vie
et l’organisation des abeilles nous ferait peur à nous humains. Ainsi,
la reine n’a pour seul rôle que de pondre ses grosso modo 2 500 oeufs
par vingt-quatre heures !
Retenons qu’au départ une reine est
une larve comme les autres. Cette larve lambda ne devient reine que
parce qu’à un moment donné de sa vie les ouvrières se sont mises à la
nourrir de gelée royale puis de continuer à lui réserver ce régime.
Alors pourquoi et sur quels critères se basent les abeilles pour se
mettre à programmer une reine, je ne saurai vous dire ! Un instinct de
groupe et coordonné ? Je demanderai à l’apiculteur.
Donnez de la gelée royale à vos enfants et peut-être deviendront-ils rois ou reines !
Comme il ne peut y avoir qu’une seule reine par colonie, le premier
travail de la première reine née est d’identifier les larves de futures
reines et de les tuer. Parfois il y a un combat à mort entre deux
reines nées en même temps. Et vous savez comment ça se passe ? C’est
pas celle qui pique qui gagne !
L’essaim se fixe sur un arbre proche.
L’essaim
formé autour de la reine restera compact jusqu’à ce qu’un emplacement
favorable soit trouvé pour fonder une nouvelle colonie.
L’apiculteur arrive pour récupérer l’essaim et sa reine.
Maintenant il faut récupérer le deuxième essaim (essaim secondaire).
Et voilà l’artiste !
Les
abeilles semblent sensibles à certains dégagements hormonaux de notre
peau, notamment celles de la peur. Elles auraient tendance à devenir
agressives en présence de ces substances. Et si vous écrasez une
abeille, quittez vite les lieux ! L’abeille écrasée émet une hormone
d’alerte risquant d’attirer une nuée complète de ses congénères. En
dehors de cela, même si vous n’êtes pas trop "hormonal(e)", il vaut
mieux éviter d’être dans la trajectoire d’envol des abeilles (de sud à
ouest) pour éviter de vous faire piquer (je sais de quoi je parle).
Il y aurait tant de choses à dire sur les abeilles. J’ai eu l’occasion
de dialoguer avec plusieurs apiculteurs d’origines différentes. J’ai
noté que c’étaient tous des personnes passionnées au regard pétillant
et d’une douceur remarquable. Ca m’a fait un peu m’interroger sur les
approches, attitudes et orientations de vie à envisager pour la
recherche d’une existence la plus harmonieuse possible.
Pour en savoir un peu plus...
Le site perso d’un apiculteur passionné (merci à cet apiculteur pour la qualité de son site de vulgarisation que j’ai dégusté patiemment pour apporter du contenu utile à cette note)
Traité Rustica de l’apiculture
(c’est l’ouvrage que mon ami apiculteur m’a prêté. Il doit donc être utile)
NB
: ne m’en veuillez pas si vous constatez des informations
approximatives ou inexactes. Je ne suis pas apiculteur moi-même ! En
revanche, signalez-les moi afin que je corrige.

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30/05 09:50 -Merci à vous tous chers amis de la Nature ! La Nature exerce sur moi une fascination (...)
29/05 23:21 -Excellent ! Voilà ce que j’aimerais dans mon jardin ! Ces butineuses font un travail (...)
29/05 21:37 -super article hk , je suis moi même un passionné d’entomologie et ne passe pas une (...)
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