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Squarcini et la filière syrienne (6) : bien plus qu’un ratage

Dans cette course à la mort, Merah n'aura donc été que la chèvre sacrifiée : chargée d'aller voir là-bas si Ben Laden y était (même après sa mort, ce qui est encore plus grotesque !) ; le jeune toulousain a servi à certains, c'est une évidence. Comme c'est une évidence aujourd'hui que l'enquête sur ses meurtres a été sinon freinée, du moins ralentie, par l'incompétence comme par la volonté de ne pas aller trop vite. Un des documents déclassifiés révèle en effet qu'au 17 mars, on avait déterminé d'où était parti le mail de la demande de rencontre pour acheter la moto d'Imad Ibn Ziaten, le premier soldat assassiné. C'est deux jours encore après l'attaque contre trois autres militaires, dont deux avaient été tués. Mais c'est trois jours avant l'attaque de l'école, un objectif "de repli" pour le tueur... déterminé au dernier moment, et où l'on trouvera présent sur place Abdelkader Merah, auteur d'appels téléphoniques à cet emplacement ce jour-là. Depuis que la DCRI a changé de mains, on s'est aperçu avec effroi que cette troisième attaque aurait pu être en effet évitée : cela faisait longtemps que l'organisme connaissait toute la famille, et tous les agissements de Mohamed Merah, filmé à distance pendant des semaines dans son appartement. Et tout aussi longtemps que le groupe de salafistes toulousains était pisté.

Les épisodes précédents ont démontré je pense que l'intégralité de la famille Merah était déjà connue dès 2005 des services secrets français, et qu'il était impossible que la DCRI créée en 2008 n'ait pas hérité des rapports de ses prédécesseurs sur sa dangerosité. Aussi, la question que se posent certains organes de presse, ces derniers jours paraît assez candide, tant le timing penche en faveur de l'arrestation possible avant la troisième attaque : "Mohamed Merah aurait-il pu être arrêté avant la tuerie de l'école Ozar Hatora ? Oui, affirme Libération dans son édition de mardi. Le quotidien révèle en effet de nombreux "ratés policiers" qui ont ralenti l'identification de l'auteur des meurtres. En cause, les problèmes de communication entre la police judiciaire - chargée de l'enquête pendant la première semaine - et les renseignements intérieurs, qui ne seront saisis qu'après la tuerie de l'école religieuse. Récit d'un week-end décisif dans la traque du tueur au scooter". Libération, sur le sujet, expliquant le fiasco par le fonctionnariat et l'entente difficile entre services : : la vue semble courte, très courte !

Une famille très connue... mais pas retrouvée

En fait, ce ne sont pas les problèmes de communication qui sont à l'origine du problème, mais bien la protection dont a bénéficié le dossier chargé de la famille Merah, lourdement alimenté par plus de 7 années de suivi et d'observations, pour des raisons qui ne peuvent être que celles dues aux personnes qui renseignent la police. Le site SOS Minbar a trop été manipulé par la CIA ou la DGSE pour qu'on puisse laisser croire que les échappées à répétition d'Abdelkader Merah lors des rafles successives n'aient pu être que pur hasard, voire seule incompétence policière. Même sans ordinateur un officier de police ayant eu à traiter le dossier des multiples contacts de la famille Merah aurait dû par simple réflexe enquêter sur toute la famille. Selon libération donc, "l'enquête démarre le dimanche 11 mars, après la découverte du corps d'un militaire, Imad Ibn Ziaten, tué sur un parking toulousain. Quatre jours plus tard, deux autres parachutistes, sont exécutés à Montauban. Même arme, même scooter, même mode opératoire, même types de 'cibles' - des militaires d'origine maghrébine. Il s'agit désormais d'identifier un tueur en série." Si l'enquête est au point mort avant le 15 mars, après le second attentat, elle aurait dû bondir en avant. Elle stagnera cinq jours de plus sur place !

A quoi servent les ordinateurs de la DCRI ?

Comme moi, il est vrai, les enquêteurs se fourvoieront tout d'abord dans les milieux d'extrême droite : "les enquêteurs privilégient rapidement deux pistes : celle d'un crime commis par un militaire (ou ancien militaire) proche des milieux d'extrême-droite et celle d'un acte terroriste lié à l'engagement en Afghanistan des deux régiments visés." Evidemement, deux directions contraires font que l'enquête prend du retard : les recherches se divisant, elles avancent moins vite. Mais cette dispersion n'explique pas tout. Il leur faudra cinq jours (une semaine de fonctionnaire !) pour aboutir à la famille Merah, dans le cadre de la deuxième hypothèse : et encore, c'est la cellule locale de Toulouse qui leur fournit et non l'informatique parisienne : on se demande à quoi servent les ordinateurs de la DCRI, alors, en ce cas ! La coûteuse "salle blanche" de la DCRI aurait été incapable de sortir en "pannel" la famille Merah comme potentiellement capable des agressions ? Alors que les fiches sur la famille la désignent comme tous membres, à part un seul, d'un groupe islamiste depuis 2005 ? Sept années de fichage et en une requête le nom doit sortir, logiquement si on s'en refère aux lieux, aux opinions et aux antécédenrts judiciaires ! Rien ne serait sorti alors qu'à plusieurs reprises des membres de goupes jihdistes ont indiqué vouloir frapper des militaires françai en forums , tous surveillés d près par la DCRI ? C'est aberrant La simple requête "militaire, projet d'assasssinat" dans la base de données du Forum Minbar aurait donné les noms des pseudos les ayant formulés : des surnoms tous connus des services secrets, comme on a pu le voir, déjà avec le fameux Youssef. La famille Merah aurait dû sortir automatiquement de la demande, avec ses lourds antécédents !

De même, et aujourd'hui qu'on a démontré qu'une analyse réussie de recherche d'ADN sur une partie de déclencheur de grenade pouvait mener à son lanceur, on reste étonné de ne rien avoir trouvé sur le chargeur abandonné par mégarde sous une voiture après l'agression des trois militaires à Montauban, dont le soldat de première classe Mohamed Legouad, 24 ans, et le caporal Abel Chenouf, 25 ans, froidement abattus, Loïc Liber échappant à la mort (il est depuis paralysé). Au crédit des chercheurs du laboratoire de la police, Mohamed Merah sera vu porter des gants à chaque attaque. Une protection qui montre à la fois sa détermination et un sens de l'organisation dictée par des règles, celle d'un groupe terroriste, respectant un process précis. Et non du jeune écervelé pour lequel il se faisait parfois passer.

L'auteur du mail de l'achat de la moto localisé trois jours avant l'attaque de l'école

Cinq jours de recherche, déjà, alors que dès le 17 mars, on a retrouvé le nom de la mère de Merah, déjà apparue dans les fichiers de la DCRI, notamment pour son mariage avec un islamiste lié à des réseaux douteux : "ce PV, daté du 17 mars à 11h10, dresse la liste des huit internautes qui se sont connectés à une petite annonce du militaire tué le 11 mars, Imad Ibn Ziaten. Il fait apparaître à deux reprises le nom de la mère de Mohamed Merah, qui était fichée pour islamisme radical, souligne le quotidien dans son édition de mardi". "Le document fait "apparaître (...) que les services étaient en possession le 17 mars au matin de cinq adresses IP dans une zone géographique restreinte" ajoute l'avocate de la famille d'une des victimes. C'est deux jours avant l'attaque de l'école juive ! Il est évident qu'avec cette découverte déclassifée, l'attaque de l'éole juiv aurait pu être évitée. Reste à déterminer si le laxisme de l'enquête a été délibéré ou est la résultante d'une incompétence généralisée. Dans les deux cas, Bernard Squarcini est... coupable, en tout cas !

Toute la famille était connue depuis longtemps

Ce qui ne marche pas dans les explications de Libération, c'est cela justement : au lieu d'interroger sa propre base de données alimentée depuis 2005, celle dont Nicolas Sarkozy en personne s'était servi pour faire sa déclaration de guerre au terrorisme, la DCRI a fait dans le local : "selon le quotidien, la PJ privilégie la première hypothèse. Vendredi, la direction départementale des renseignements intérieurs (DDRI) - bien qu'elle ne soit pas encore saisie de l'affaire - transfère à sa direction et à la PJ locale, une liste d'une dizaine de suspects potentiels. Il s'agit principalement de figures de l'extrême-droite toulousaine mais quelques noms, liés à l'islam radical, sont également listés. Parmi ces tous premiers suspects, la famille Merah : Abdelkader, Mohamed et leur soeur Souad sont connus des services de renseignements depuis 2006". En somme, la DCRI demande ce qu'elle sait obligatoirement déjà et qui réside dans ses ordinateurs ! On voudrait ralentir sciemment une enquête qu'on ne n'y prendrait pas autrement ! Ralentir la découverte d'un tueur qui n'a pas encore tué assez de monde ? L'hypothèse fait frémir ! Pire encore comme idée : on a bien dans le dossier deux coups de fil envoyés à Mohamed Merah sur son téléphone, et ce pendant le déroulement des massacres (avant l'attaque de l'école) : or on vient de le dire, c'est toute la famille qui était dans le dossier : aurait-on aussi, et cela semblerait fort naturel, appelé.... Abdelkader ??? Ou la sœur, débarquée bien après dans les médias alors que cernéé depuis 2008 au minimum par la DCRI ? On ne sait pas localiser Mohamed Merah, alors qu'il loge depuis 2006 au même endroit (qui donc, au fait, l'a occupé le temps où il était en prison en 2008- et qui paye le loyer-, puisqu'il le retrouve dès sa sortie -on le vera un peu plus loin ?)."En 2006, il quitte le domicile maternel et emménage dans un appartement de 38 m21 au rez-de-chaussée surélevé d'un immeuble situé au 17 rue Sergent-Vigné145, dans le quartier de Côte Pavée à Toulouse" indique Wikipedia, reprenant Mediapart.. On ne sait pas le localiser, alors qu'on l'appelle à deux reprises sur le téléphone de sa sœur devenu le sien ? Mais de qui se moque-t-on là ?

Il faut encore une journée de plus pour dégotter les IPs des envois de mail de vente de moto : "les enquêteurs ont en effet la quasi-certitude qu'Imad Ibn Ziaten avait rendez-vous avec son tueur pour lui vendre sa moto lorsqu'il s'est fait abattre. Ils tentent donc de retrouver sa trace, grâce à l'analyse des adresses IP. Ils y parviendront samedi. Plus de 500 connexions sont relevées mais seules neuf répondent à la requête " moto + militaire ". Parmi elles, trois émanent de la région toulousaine. Le nom de Merah n'apparait pas immédiatement mais celui de Zoulikha Aziri, la mère de Mohamed, figure sur le listing. Cette dernière est fichée à la DCRI pour son appartenance à la mouvance radicale mais la PJ est-elle au courant du lien de parenté entre Aziri et Merah ?" : c'est là où c'est intenable comme position, pour Squarcini. La mère de Mohamed est remarié à un islamite dont le fils a été emprisonné à son retour de Syrie, pour avoir organisé un réseau allant se faire tuer des gamins de la région. Et cela ne dirait rien d'emblée à nos fins limiers alors que tout le réseau est connu depuis alors 7 ans ? Et que les dossiers sur toute la famille s'accumulent ?

Une enquête qui piétine ou que l'on ralentit ?

Car il ne faut pas être spécialiste pour s'apercevoir que dans la vitesse d'escargot avec laquelle on s'est précipité pour arrêter Merah, en le laissant donc agir en toute impunité dans la nature, en connaissant sa dangerosité, il y avait quelque chose qui clochait : les fadettes des conversations téléphoniques du journaliste du Monde ont été obtenues dans la journée et le principe de repérage des appels de Merah ou de sa présence sur le net est le même. Un ordinateur de bureau, en recherches croisées, ne met que quelques secondes pour sortir l'adresse IP de l'ordinateur toulousain qui est entré en contact avec le bon coin à une date donnée. Cela ne prend pas une semaine ou presque : ou alors, la salle blanche de la DCRI contient un boulier géant... On tombe donc sur la mère, ou plutôt sur son ordiinateur, et donc sur la filière Essid dont elle porte le nom par remariage.... et cela, à la DCRI, prend un journée de plus... pour enfin sortir le nom du fils, lié à un organisateur condamné de réseau salafiste ? Et tout cela prêterait à rire si ça ne s'était passé avant la tuerie de l'école : car visiblement, il était encore temps d'intercepter le tueur ! Mais visiblement, on ne fera rien, laissant Mohamed Merah s'en prendre à d'autres militaires comme il l'avait prévu au départ.... mais il changera d'idée à la dernière minute.... choisissant les enfants juifs de l'école toulousaine la plus proche de chez lui ! Des enfants morts de façon atroce et absurde, faute de cibles à se mettre sous la main !!! On l'a vu, la mère de Mohamed avait été liée à la demande du bon coin le 17 mars : Sqarcini a donc menti au juge en affirmant que ce n'était que le dimanche suivant que ses services en avaient été avertis !!!

Malgré ses abondantes capacités informatiques, donc, la DCRI ne localisera par croisement de données le propriétaire du scooter et en même temps l'assassin que le dimanche suivant le premier crime, donc : or, on le sait aussi, c'est bien en premier le nom d'Abdelkader qui était apparu en premier, preuve que les fichiers de la DCRI l'avaient déjà enregistré comme potentiellement dangereux. Mais jusqu'ici il avait été toujours épargné, ce qui semble de plus en plus étrange ! En somme, le dimanche qui précède le massacre scolaire, Abdelkader Merah est déjà fortement soupçonné... et pas son frère, dont des rapports récents viennent de pourtant noter la dangerosité ? Même pour Libération, cela fait beaucoup déjà :  "le nom de Merah apparaitra une troisième fois au cours du week-end, lors de l'analyse par la DCRI de cinq fichiers transmis par la sous-direction anti-terroriste de la PJ (Sdat), dimanche vers 14 heures. 24 000 données - les possesseurs de scooter Tmax similaires à celui du tueur, les adresses IP, les détenteurs d'arme de calibre 11.43... - sont passées au crible. "Après analyse par différentes divisions [...], émergent des noms qui sont écartés et on garde celui de la mère de Mohamed et Abdelkader en priorité. L'ensemble de ces résultats est matérialisé par un support informatique transmis à la Sdat le dimanche vers 20 heures", a indiqué Bernard Squarcini pendant son audition. La PJ tenait donc le nom de Merah quelques heures avant la tuerie de l'école juive" mais n'a donc rien fait pour l'intercepter !

Les meurtres à l'école auraient pu être évités

Or l'attaque de l'école a lieu le lendemain lundi, très tôt, à 7H50, et Abdelkader et présent sur place : n'y avait-il personne un dimanche soir chez les fonctionnaires pour déclencher immédiatement une alerte sur Mohamed Merah, "logé" le soir même par les divers recoupements ? Les enfants assassinés auraient été victime de la terreur d'un illuminé... et du confort personnel d'agents non motivés par une pression de leur direction.... restée plus que loitaine durant toute l'enquête ? C'est difficile à croire : ce qui est plus crédible, c'est que l'assassin a été laissé dans la nature le plus longtemps possible et que l'attaque de l'école ne faisait pas partie de ses objectifs au départ : c'est ce qu'il a confié à ses confidents téléphoniques pendant l'assaut : il visait toujours des militaires, mais n'en avait pas sous la main ce matin-là... avait-il avoué ! En somme, des enfants ont été massacrés à la place de militaire en raison des lubies à géométrie variable d'un tueur véritablement devenu psychopathe... mais aussi d'enquêteurs assez peu pressés d'aboutir !!! 

Au milieu du problème depuis sept ans : Abdelkader

Mais il y à plus étrange en fait : les ordinateurs ont donc naturellement cité Abdelkader et non Mohamed comme organisateur potentiel du massacre : ce fondamentaliste formé en Egypte ("il estime que les lois de l'islam passent avant celle de la République" note la presse) il se défend d'avoir été dans la confidence de son frère. Bernard Squarcini réaffirme qu'Abdelkader Merah, et sa soeur Souad, présentaient un profil " idéologiquement " beaucoup plus "intéressant" pour la DCRI que celui de Mohamed" écrit ailleurs Libération à propos ce ce qu'a dit Squarcini aux enquêteurs : or le dimanche soir où le nom de la famille Merah a été cerné envoie-t-en en express une escouade du raid pour cerner la maison d'Abdelkader ? Aucunement : on ira même la visiter qu'une fois Mohamed abattu, et pas avant (il sera arrêté le 24 mars seulement, deux jours après la mort de son jeune frère !!!). Preuve, une nouvelle fois du frein donné à la progression de l'enquête toute entière. Le délai même laissé au frère, lui permettait largement de prendre les dispositions pour effacer un maximum de traces de ses contactsq avec son frère où avec la mouvance islamiste dont il fait partie depuis.... 2005 minumum ! Largement de quoi tout effacer ou de mettre en sécurité disques durs ou clés USB de données ! Ou largement aussi, comme on l'a déjà écrit, le temps de recevoir des conversations téléphoniques pour lui dicter l'attitude à avoir. "L'examen du contenu des ordinateurs de l'aîné des frères Merah n'a pour l'heure rien révélé de probant et, contrairement à ce qui avait été annoncé, la perquisition de son domicile n'a mis au jour ni arme, ni explosif" note France TV info le 25 mars. Depuis le 21 mars 2012 à 3h00 du matin, moment où le RAID rate son entrée en matière Rue Sévigné, jusqu'au 24 au matin, date de l'arrestation d'Abdelkader, il y a largement de quoi tout cacher ou tout dissimuler !!! 

La propagande salafiste comme livre de chevet

Et pourtant : un ordinateur, même effacé, "parle" toujours aux informaticiens, on le sait : "par ailleurs, la police scientifique a mis au jour les fichiers informatiques que le présumé complice de Mohamed avait effacés. Parmi eux, un manuel de guérilla urbaine avec des têtes de chapitre comme : "bien étudier l'ennemi", "user de prudence dans la préparation des actions", "comment semer la police"... À-t-on pu lire depuis dans la presse... Le manuel du parfait parfait jihadiste, ou du responsable jihadiste. La même littérature que celle retrouvé chez Adlène Hicheur. Les mêmes chapitres que ceux que proposait en ligne SOS Minbar : on tourne toujours autour du même pot ! Abdelkader lisait des chapitres "comment semer la police", et on a mis trois jours à aller fouiller sa maison ? Quitte à y retourner récemment ?

La présence sur le lieu du crime d'Abdelkader

Fait encore plus inquiétant laissé pour compte dans la presse française mais repris dans la presse anglaise le 24 mars, jour où est annoncée la garde à vue de 96 heures d'Abdelkader, arrêté chez lui à Hauterive. On a beaucoup glosé sur le fait que la police avait "logé" Abdelkader Merah près de l'école le jour de la tuerie par "triangulation" : à savoir que des appels passés ce jour-là (avec son frère ?) avaient été localisés à proximité de l'école juive visée par l'attentat. Or la presse anglaise, relayant un journal français, présentait un version beaucoup plus prosaîque des faits : "le téléphone mobile d'Abdelkader a été retrouvé jeté près de l'école, ont indiqué des sources policières lors d'une déclaration au journal Le Parisien" expliquait le Daily Telegraph.. "géolocalisé" ou retrouvé sur place ? Le Telegraph semble en fit avoir mal compris : "selon LeParisien.fr, l'expertise du téléphone portable d'Abdelkader Merah révèle que l'appareil a été géolocalisé près de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse, le lundi 19 mars au matin, jour de la fusillade qui a tué trois enfants et un professeur de l'établissement." Un endroit ou Abdelkader n'avait strictement rien à faire. Retrouvé ou géolocalisé le résultat est le même : Abdelkader Merah a assisté de bout en bout à l'attaque de l'école juive, décidée selon Mohamed au dernier moment. Le rendez-vous dans un resaurant des deux frères la veille de la tuerie n'avait pas dû avoir comme conversation le seul contenu des menus... L'implication du frère de Mohamed dans l'organisation des attaques est évidente, avec la littérature jihadiste retrouvée chez lui.  Et là, ce n'est pas un Hicheur : au bout, il y a bien des personnes abattues, et ce sont des enfants juifs : or on connait l'antisémitisme d'Abdelkader, dénoncé par un autre frère Merah, Abdelghani Merah, qui s'était heurté auparavant à cette dérive familiale (*). Si Mohamed est devenu antisémite, l'infliuence de son frère a été primordiale. Abdelgahni a épousé une juive, et la rancœur de toute sa famille a son égard et patente : l'antisémitisme est bien au cœur de l'idéologie terroriste des toulousains.

Des freins incompréhensibles

Hélas, Libération tombe lui aussi dans le panneau du flou autour de la famille, pour expliquer les lenteurs de l'enquête, en écrivant : "Mais peut-on pour autant en déduire que les enquêteurs auraient pu arrêter le tueur au scooter avant son passage à l'acte, lundi 18 à 7h50, et qu'il ne tue trois enfants et un père de famille ? Les Merah sont dans le viseur des enquêteurs, mais reste encore à déterminer quel membre de la famille est concerné, puisque quasiment tous sont fichés. Les enquêteurs privilégient alors la piste d'Abdelkader, qui habite à Hauterive, non loin de Toulouse. Il faut également retrouver la trace des suspects, avoir la certitude qu'ils sont chez eux au moment de l'intervention, pour ne pas perdre leur trace".

 
Chez Libération ça devient grotesque : l'appartement de Merah est connu depuis 2006, avant et après sa sortie de prison, et la rafle de toute la famille était possible en fort peu de temps : toutes les adresses ou les numéros de téléphones géolocalisables étaient connus et rèpertoriès ! La lenteur n'est en rien dû à une absence de oonnaissances de la famille. Cette lenteur, on l'a souhaitée, ou on l'a laissée s'installer, ce qui revient au même, en attendant que d'autres dégâts se fassent : elle est tout simplement criminelle. Trois jours avant l'attaque de l'école, on avait déterminé le nom de famille du tueur du premier soldat. N'importe quel responsable digne de ce nom aurait pris la décision sur le champ de "foncer" pour arrêter au plus vite celui qui était devenu un tueur psychopathe de militaires. Un assassin à répétition. Une forme particulière de kamikaze jihadiste sur le territoire français. Un terroriste islamiste portant un nom d'origine algérienne, connu des services de police pour faits de délinquance à répétition : un dangereux jeune homme, devenu incontrôlable.

(*) qui aura des phrases plutôt justes, le 19 juin, en commentant ces événements :

"Il explique avoir voulu parler parce qu’il a été touché qu’Albert Chennouf, père d’un des parachutistes tués le 15 mars à Montauban, n’a pas exprimé de haine malgré la douleur. « J’aurais aimé avoir un père de cette envergure. Il est à la recherche de la vérité, je l’aiderai comme j’aiderai toutes les familles à faire la lumière sur cette tragédie qui aurait pu être évitée », dit Abdelghani Merah. Il ne s’étend pas sur la manière dont on aurait pu, selon lui, empêcher Mohamed Merah d’exécuter froidement trois parachutistes, trois enfants juifs et un père entre le 11 et le 19 mars, sinon pour dire que « les alertes n’ont pas fonctionné ». « Aujourd’hui, je voulais simplement présenter mes condoléances aux familles des victimes. Je ne demande pas pardon, parce que ce qu’a fait mon frère Mohamed est impardonnable. Il a commis des crimes racistes, c’est un Anders Breivik français », l’extrémiste de droite jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège.

Personnellement, je tiens à dire que l'attitude d' Albert Chennouf a été la plus digne de toute cette lamentable affaire : en s'élevant au dessus de la mêlée, il avait ce jour-là montré le visage que l'on aurait voulu voir apparaître dans une fonction présidentielle réduite à néant par Nicolas Sarkozy et ses sbires, dont Claude Guéant, grand metteur en scène de la tragédie.




par morice jeudi 25 octobre 2012 - 58 réactions
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  • Par rikoder (---.---.---.212) 26 octobre 2012 09:59
    rikoder

    « il faut être béotien ou fortement handficapé du savoir informatique pour croire qu’un fichier »effacé« l’est vraiment. Même un débutant le sait aujourd’hui.... »


    Faux, faux, archi faux.
    La fonction « effacer » d’un windows/linux/etc... efface l’index du header du fichier en question sur le systeme de fichier.
    Donc oui, de cette facon on peut retrouver les data sur le disque dur.

    Cependant, si vous vous souvenez, je suis un engenieur info averti avec majeure Computer Forensics (entre autres), et en « wipant » (reecrire des donne aleatoire de 1 et 0) sur tout l’espace libre du disque dur de nombreuses fois on efface TOUTES traces magnetique du disque du dit fichier.

    Dans le jargon on appelle des rounds, le standard officiele de la DoD est d’une 15ene ou 20ene de round.
    J’ai ecrits des outils qui vont jusqu’a 50rounds....autant dire que c’est impossible de retrouver les dites donnees a moins d’avoir le plus puissant lecteur de champ magnetique pour disque dur, lequel n’existe pas a cette echelle.

    CQFD.

  • Par Pierre-Marie Baty (---.---.---.78) 26 octobre 2012 13:05
    Pierre-Marie Baty

    « Le Mac n’est pas en FreeBSD pour rien »

    Non.

    FreeBSD est un système d’exploitation articulé autour d’un noyau monolithique conçu et écrit par le FreeBSD development group (hiérarchie de mainteneurs et contributeurs). Ce noyau monolithique implémente une boucle géante (giant lock), laquelle en fin de cycle parcourt une liste restreinte de plugins.

    MacOS X est un système d’exploitation dont l’userland seul est de type BSD (et en aucun cas FreeBSD, qui est une distribution particulière de BSD), articulé autour d’un noyau multimodulaire conçu et écrit par Apple Inc, lui-même articulé autour d’un micro-noyau Mach, développé à la Carnegie-Mellon University, qui n’a rien à voir avec BSD, qui fut une distribution d’Unix développée à Berkeley.

    Je travaille sur les toolchain (compilateur, assembleur, linker dynamique) de ces systèmes, je sais un peu de quoi je parle.

  • Par curieux (---.---.---.20) 25 octobre 2012 23:04
    curieux

    A Morice
    Connaissez vous la preformatation ?
    Effectivement, l’effacement d’un fichier se limite à modifier son nom dans le repertoire ou a effacer l’index du repertoire, le contenu se trouvant toujours sur le disque dur
    Mais si je preformate mon fichier, je vous paie des prunes pour aller le lire vu que toutes les infos du fichier seront effacés. Je peux même recopier à la place vos séries « dallas » en 10 ou 40 épisodes.

  • Par rikoder (---.---.---.212) 26 octobre 2012 13:18
    rikoder

    « l’informatique a été mon métier pendant 28 ans... »

    28 ans ? Et vous ecrivez le genre d’ineptie quelques poste plus haut ? Je pense stenographie pas ingenieurie (pardonnez moi)

    Partagez nous quelques sujets sur lesquels vous travailliez il y a 20-28 ans, donnez nous un peu de culture dont vous semblez si fier (28 ans putain - presque mon age et je vous corrige cherchez l’erreur).

    Donnez nous un peu de matiere a vous croire... et donc credibilisez vos propos. Il me semble legitime que ce ne soit pas tout le temps a l’autre de devoir *vous* prouver sa bonne foi.

    Clouez donc moi le bec sur vos soit disantes experiences informatiques, je ne demande que cela....(je doute que vous le fassiez, vous savez ou je veux en venir - et j’emplois le pluriel pas la forme de politesse si vous me suivez)


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