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Stop à l’invasion des pères Noël !

Depuis quelques jours, des grimpeurs malotrus s’affichent avec insolence tous les trente mètres, épiant à une fenêtre ici, ou s’accrochant à un balcon là. M’enfin ! D’où sortent tous ces monte-en-l’air et que fait la police...

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais depuis quelques années, je supporte de moins en moins les pères Noël. Ce qui était a priori une idée originale il y a encore quelques années révèle maintenant une course à la consommation effrénée et un manque total d’imagination de la part des décorateurs, qui sont pour moi insupportables.

Qui, dans quelle ville de France, n’a pas aujourd’hui au moins un de ces grimpeurs mystérieux ou qui se voudrait tel, tout de rouge vêtu et la hotte sur le dos, accroché à sa façade ou à une façade voisine ? De manière angoissante, le phénomène se répand d’année en année. Bientôt la population de pères Noël aura dépassé celle des nains de jardins ! Il est grand temps que notre ministre de l’Intérieur fasse quelque chose ! Des charters ! Des charters, de grâce ! Renvoyez-moi tous ces immigrants saisonniers dans leur Pôle Nord natal !

 

J’aime l’ambiance de Noël, mais je ne la retrouve plus dans ce monde d’hyperconsommation.

Je me souviens de ces inoubliables soirs d’hiver de mon enfance, où petits et grands déposaient cérémonieusement leurs souliers devant la cheminée. On disposait aussi un petit verre d’eau de vie pour ce brave visiteur nocturne qui aurait certainement froid et bien besoin d’un petit remontant. Tout un rituel. On avait préparé la chose depuis une semaine au moins, en décorant sa porte de branches de sapin et ses fenêtres de petites étoiles, maladroitement découpées dans l’emballage de tablettes de chocolat. Petites étoiles toutes simples, mais porteuses d’une charge émotionnelle, elles indiquaient au passant qu’ici on se préparait à la Nativité ou à la renaissance de la nature. Une bougie brillait à la fenêtre et on avait décoré soi-même, en famille et avec les moyens du bord, un « vrai » sapin acheté au marché ou coupé à la campagne, planté dans une caisse de sable. On y accrochait même de vraies petites bougies enfoncées sur des pincettes spéciales, à poser sur les branches. On les allumait au dernier moment et sous surveillance, pour ne pas risquer l’incendie, mais c’était un moment magique. Certes, l’arbuste perdait bien quelques épines, mais il représentait quelque chose de naturel, de vivant, et au coeur de l’hiver son bel habit vert symbolisait la survivance acharnée, la force de la vie. Combien de sapins achetés il y a vingt ou trente ans, pour Noël mais avec leurs racines, ornent aujourd’hui des jardins en banlieues ou à la campagne de toute la hauteur de leur tronc ?

Oui, Noël voulait alors dire quelque chose. Pour les croyants, c’était la naissance du Christ et l’annonce d’une autre vie après la vie, pour les païens le solstice d’hiver, le renouveau, la renaissance à venir. Autant dire que c’était la même chose et que chacun y trouvait son compte.

Au lieu de cela, aujourd’hui, on décore de faux arbres en plastique, souvent moches, qu’on enfouit pour ne plus les voir sous des tonnes de choses clinquantes et clignotantes commes les néons de Las Vegas.
Le père Noël lui-même a revêtu l’habit rouge de Coca Cola... Rouge, couleur complémentaire du vert, mais son contraire aussi. Le rouge est symbole de sang, donc de mort.
On n’apprend plus aux enfants à faire des choses par eux-mêmes pour participer. On achète du prêt-à-accrocher, aussi bien pour l’arbre en plastique que pour les fenêtres ou les façades. On ne considère plus le père Noël comme un visiteur d’exception mais comme un dû, une sorte de prime de fin d’année obligatoire. (Wola ! Bouffon ! T’as pas de cadeau pour moi ?)

Non décidément, ce Noël-là, je ne le reconnais plus.

Mais sous l’impulsion d’une association, depuis quelques années, ma ville distribue gratuitement de vraies branches de sapin pour que les habitants décorent eux-mêmes fenêtres et balcons sur rue. On commence à voir se redéployer toutes sortes de décorations imaginatives. Tout espoir n’est donc pas mort... Mais les traditions seront-elles plus fortes que la marchandisation ?

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Stop à l'invasion des pères Noël !



par minijack (son site) mercredi 20 décembre 2006 - 91 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Marsupilami (---.---.---.165) 20 décembre 2006 12:10
    Marsupilami

    Le seul problème avec cette pèrenoëlisation des esprits et des façades, c’est qu’elle occulte le double méphitique et nécessaire du barbu en rouge houppelande : le sinistre Père Fouettard. Dans mon enfance en Allemagne, ce binôme était toujours fonctionnel. Un affreux Père Fouettard habillé en noir et muni d’un affreux fouet venait faire chier les petits zenfants peu avant Noël. Il nous terrorisait en nous demandant d’avouer ce qu’on avait fait de mal au cours de l’année écoulée et menaçait de nous priver de cadeaux si on n’était pas plus zentils. L’horreur du Péché.

    Après l’abominable et maigre Père Fouettard moralisateur, qu’est-ce qu’on était contents de voir venir le très sympa et gros Père Noël à l’inconditionnelle générosité !

    Réhabilitons le Père Fouettard ! Pendons des Pères Fouettards sur nos façades ! Que des bataillons de Pères Fouettards lugubres patrouillent dans les rues commerçantes et les temples du consumérisme pèrenoëlisé ! Qu’ils filent les chocottes aux petits zenfants ! Ça donnera du boulot à des bataillons de psychologues et pédiâtres !

    Car le Père Noël sans le Père Fouettard, c’est comme Laurel sans Hardy, Roux sans Combaluzier, le zouave sans le pont de l’Alma, un baiser sans moustache, Ségo sans Sarko ou le yin sans le yang !

  • Par LE CHAT (---.---.---.49) 20 décembre 2006 10:21
    LE CHAT

    La banquise étant en train de fondre , ce sont peut être les premiers réfugiés climatiques ?

    noyeux joël à tous !

  • Par Marie Pierre (---.---.---.41) 20 décembre 2006 10:27

    Avis aux apprentis voleurs : déguisez-vous en Père Noël et n’oubliez pas la hotte !

    Bon, plus sérieusement, les villes organisent des concours de la maison la plus illuminée : bonjour la consommation !

  • Par miaou (---.---.---.95) 20 décembre 2006 10:46

    Le 24 décembre 1951 l’effigie du Père Noël fut pendue aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlée sur le parvis. Sans aller jusqu’à ces extrémités, la multiplication de ces pères noel escaladants, symbole du mauvais goût (dans la droite lignée des niais de jardin) et du consumérisme triomphant, est effectivement exaspérante.

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