Sommes-nous parvenus au règne de la Fausse-semblance précurseur de l’Antéchrist ! Le système bâti sur le sable du mensonge se fissure en effet de toutes parts. Ne serait l’emprise qu’il exerce sur les esprits et les âmes par le truchement de son industrie mortifère de l’image et de l’imaginaire – celle du cinéma… entreprise létale pour l’esprit et les corps dans bien des cas, mais que d’aucuns, aveugles ou insensés, exaltent follement – il y a beau temps que le joug eut été secoué… Au fond peut-être l’Occident attend-il lui aussi son “Printemps arabe“ pour jeter à terre les fausses élites qui, de mandatures en mandatures, se révèlent être de plus en plus moralement et intellectuellement pitoyables, mais également de plus en plus nuisibles.
En attendant la crépusculaire Amérique-monde continue d’engendrer des monstres tous fils puînés des délires communautaristes, pluralistes, égalitaristes de la Nouvelle Babylone messianique et vétérotestamentaire de Breivik à Batman, d’Armstrong le sélénite à Armstrong le dopé, ex septuple vainqueur du “Tour“, grand winner et truqueur devant l’Éternel.
… Aussi l’on en vient à se demander quand l’infernale bulle spéculative de la fiction mensongère et triomphante, finira par éclater emportant avec elle la charogne et les parasites, ceux-là mêmes qui n’en finissent pas de proliférer sur la carcasse de feu la civilisation.

Breivik et Batman d’Utøya à Aurora
Le 22 juillet 2011 Breivik, sioniste, franc-maçon paladin terroriste du meurtre en rafale, tire comme des lapins 77 jeunes gens pro palestiniens sur l’île d’Utøya … En cela le monstre Breivik, dont il a été beaucoup question au cours de l’été est bien le digne rejeton de l’utopie meurtrière – toutes les utopies sans exception sont meurtrières – qui fonde l’Amérique depuis la guerre de Sécession. Mais il est dans la réalité et la sanie ce qu’est Batman dans l’envahissante sphère virtuelle qui formate l’imaginaire collectif des nouvelles générations.
Breivik et Batman sont à ce titre les enfant adultérins des divagations communautaristes, pluralistes, égalitaristes, hygiénistes, politiquement correctes de la Grande Amérique héritière de la sanglante et génocidaire Angleterre du Lord Protecteur Cromwell… Monstres nés également par la main gauche de l’idéologie du chaos fertile par laquelle règnent des oligarchies cosmopolites prêtresses de la religion du nouveau millénaire, le monothéisme du Marché… élites corrompues ou nouveaux “commissaires politiques“ qui donnent le ton et fixent la ligne à suivre sans écart possible par et pour toutes les nations féales.
Vendredi 24 août 2012 Breivik était putativement condamné à 21 ans de réclusion criminelle dans un pays où la philosophie sociétale se préoccupe essentiellement de “n’exclure personne définitivement“… À l’exception des victimes évidemment ! En fait Breivik n’est véritablement puni que d’une peine de sûreté de dix ans… Nous voici donc revenus à l’ostracisme décennal des anciens. Breivik mis sur le banc de touche jouait en réalité sur du velours : il ne risquait rien ! Nada ! Mais surtout son geste à bien y regarder signifiait rien et n’était sans doute destiné qu’à amorcer le brasier naissant d’une guerre civile européenne… laquelle – si elle devait se déclarer, ce qu’à Dieu ne plaise – devrait être l’acmé, non de la reconquête, mais du processus d’autodestruction final qui a commencé avec la Première Guerre mondiale… Car, si l’on consent un effort minimum de lucidité, ce sont pas contre ou sur les immigrés qu’il s’agit de reprendre le pouvoir, mais contre ceux qui ont colonisé et tiennent aujourd’hui toutes les strates et rouages de la puissance publique et privée… qu’elle soit politique, financière, juridique, intellectuelle, médiatique et in fine, morale.
Un Dr. Frankenstein littéraire dénommé Millet
Signe des temps, c’est le “monstrueux“ Brevik que le dénommé Richard Millet, Dr. Frankenstein littéraire de la maison Gallimard, érige cet été au rang de super héros façon Batman… cette créature hybride, semi pékin moyen, mi justicier implacable : l’homme ordinaire n’est-il pas un héros qui s’ignore ? Batman est né comme il se doit de l’imagination tordue d’un Frank Miller, graphiste néoconservateur et promoteur dans la bande dessinée et au cinéma du Choc des cultures. “Choc de cultures“ : chaussez vos lunettes et vous déchiffrerez le sens exacts de mots… à savoir conflit civilisationnel = mortel contentieux israélo-palestinien, destruction des souverainetés et nationalismes orientaux, menace de frappes nucléaire contre l’Iran, justification des guerres du pétroles…
C’est Millet qui en 2006 avait accouché de cet immondice scriptural que sont les “Bienveillantes“ publié sous la signature d’un certain Jonathan Littell… opus glaireux immédiatement couvert de gloire et auquel il ne manqua que le “Nobel“ quoiqu’il ait fait une prodigieuse moisson de prix, du Goncourt à l’Académie française… montrant ainsi, s’il en était besoin, à quel degré de déréliction sont parvenus ces autrefois respectables institutions. Suite logique, Millet nous livre à présent un dithyrambique éloge du tueur d’Oslo1. Las, un texte qui agite fort le petit landernau parisianiste des gens de plumes, de sac et de corde qui se prétendent être le sel de la terre !
Faux pavé dans la mare, Richard Millet nous présente donc Brevik comme le chantre « désespéré par la fin annoncée de la civilisation en laquelle il avait cru si fort » [Le Monde 29 août 2012] et voit en lui « un enfant de la ruine familiale autant que de la fracture idéologico-raciale que l'immigration extra-européenne a introduite en Europe… il y a une beauté fascinante du Mal… C'est un homme qui écrit merveilleusement bien... Ses idées discutables ne réduisent pas ses qualités littéraires ». Conclusion : « Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège » [Tribune de Genève 30 août]. Amen !
En vérité, il faut prendre l’écrivain parisianiste au pied de la lettre et au premier degré : son commentaire esthétisant est un vrai soutien sans détour au “monstre“ Brevik, monstre ayant ici son plein sens étymologique, celui de “montrer“. Car Brevik est un monstre d’exhibitionnisme… N’a-t-il pas en quelque sorte conduit son procès en mettant en scène son personnage, poing tendu à la manière de feu les Black Panthers2 ? Indigent spectacle digne des pires “performances“ du théâtre contemporain au cours duquel il abondamment usé de sa gestuelle de pacotille. En résumé un pur produit de la société du show biz tout droit sorti de la sous-culture des Marvel Comics qui sent le fagot et la fabrication, car Breivik a-t-il finalement agit seul ? Est-il un surdoué de la queue de détente ou possède-t-il le don d’ubiquité ? Bref un coreligionnaire de Batman & Cie en quelque sorte volant au secours d’un Norvège Titanic… Mais qui peut y croire vraiment ?
Les Marvel Comics, drogue dure et amphétamines mentales des années Trente
Pour mémoire, les Marvel Comics sont ces illustrés inventés à la fin des années Trente dans l’intention explicite de conditionner mentalement les jeunes américains pour la grande tuerie à venir. Illustrés spécialement conçus pour que les jeunes américains se sentent pousser des ailes nietzschéennes, celles de Superman, de Captain Amerika, avant de faire allégrement le grand saut sur les îles exotiques du Pacifique ou sur les plages de Normandie. Les super-héros auront été – sans emphase – à la jeunesse américaine ce que la gnôle avait été dans les tranchées avant l’assaut sous la mitraille.
Après guerre se sont succédées les superproductions cinématographiques aussi schizoïdes que mégalomaniaques qui commencèrent à diffuser à l’échelle planétaire le thème de ces super men incarnations prodigieuses de la vertueuse et omnipotente Amérique… injectant par la même occasion dans l’imaginaire collectif des peuples des doses massives d’héroïne virtuelle et d’idéovirus d’une toxicité intellectuelle et morale toujours croissante, toujours sous couvert d’Entertainment, de divertissement et de dépaysement !
Tout cela n’était et n’est évidemment pas gratuit. Le but dépasse évidemment, et de loin les enjeux commerciaux et financiers. De ce point de vue Batman, aujourd’hui plus que jamais, relève d’une opération d’intoxication massive, promotrice avouée des antivaleurs de l’Amérique et selon un processus d’inversion accusatoire propre à la rhétorique néoconservatrice, autrement dit du trotskisme reconverti chez Goldman Sachs… tout comme les 1500 pages du Manifeste du tueur d’Oslo, censées être un chef d’œuvre littéraire qu’encense l’essayiste Richard Millet après les avoir dévorées avec une assidue délectation ! Certes de la part d’un homme qui a publié – et sans doute “réécrit“ Les Bienveillantes, rien en principe, ne devrait devoir surprendre !
Manipulation et trucage au sein du Tout-Paris littéraire
Tout cela sent la construction. Ceux qui viennent au secours de Millet pourraient d’ailleurs bien le trahir, le but de l’opération serait d’ouvrir une brèche dans le mur de la bienpensance multiculturaliste – actualité et guerres au Levant obligent, Syrie et Iran – afin de jeter les bases d’une offensive idéologique de grande ampleur… préalable à l’importation sur notre propre sol de conflits durs intercommunautaires. Ce n’est évidemment pas gratuitement que l’on fait l’apologie d’un tueur de jeunes travaillistes militant de la cause palestinienne. Ne pas aimer les arabes et l’Islam est une chose – c’est le cas de Millet – cela ne conduit pas à les tirer à vue ni à perpétrer un massacre digne du caveau des Patriarches3. D’ailleurs cela est radicalement étranger à nos traditions, à nos mœurs et à nos coutumes de guerre [voir encadré] !
Que nous dit ainsi l'écrivain et journaliste Pierre Assouline [AFP] qui appartient à la même écurie - Gallimard où il a publié récemment “Vies de Job“ – qui s’empresse de le dédouaner en minimisant la portée de son libelle : « Voir un geste esthétique dans le massacre de 77 jeunes Norvégiens, c'est évidemment choquant, obscène… [Mais] l'exclure du débat d'idées en le traitant de fou, de fasciste, revient à en faire un martyr. Un ostracisme qui ne serait pas pour lui déplaire mais ne présente aucun intérêt… Millet est un provocateur mais il ne faut pas le réduire à cela. Il a un projet littéraire, avec une idée globale de la décadence, de la perte de l'identité nationale ». M. Assouline, habile praticien de l’antiphrase commence par condamner pour mieux exonérer, c’est habituel et quotidien chez les sophistes de son acabit… Au demeurant les mots ne lui font pas peur quand il n’hésite pas à s’émouvoir de « la décadence, de la perte de l'identité nationale »… idées jugées il y a peu encore, repoussantes et “nauséabondes“ par les mêmes ! Non ? Les temps ont bien changé avec la crise et l’imminence d’un embrasement général… les mots ne revêtent donc plus pour ces brillants opportunistes le même sens qu’hier. Il faut savoir d’où souffle le vent !
Esthétiser le mal et faire subrepticement de Breivik un super héros
À ainsi esthétiser le mal et la terreur – à ce titre, question, Millet ne tombe-t-il pas sous le coup de la Loi pour apologie du terrorisme ? On en a traîné devant les tribunaux pour moins que cela ! – ne cherche-t-on pas à faire de Breivik une sorte de super héros de chair et d’os catalyseur de toutes nos peurs et de tous nos espoirs de renaissance. Un piège malin bien digne de ces scénaristes style Frank Miller, père du Dark Knight qui nous occupe [voir article annexe]. Tout se passe en effet comme si ces gens - les agents littéraires de Breivik - avaient flairé la bonne affaire, senti le vent de l’histoire – celle qui se scénarise dans les think tanks neocons de Washington et les studios hollywoodiens – et commençaient à tisser une légende vivante !

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