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Tariq Ramadan, semeur d’islamophobie

L’islamophobie a été de nouveau excitée par le voile intégral d’une française convertie mariée à un algérien de 34 ans qui gère une boucherie halal, un harem de quatre épouses et douze enfants. Mi-martial, mi-fanfaron face aux caméras, flanqué de gardes du corps et vêtu à la pakistanaise couvert du keffieh palestinien, Lies Hebbadj a fait preuve d’une lamentable lâcheté en qualifiant ses épouses de maîtresses, oubliant que le mensonge et la fornication sont de vilains péchés. 

Ce fait divers est venu opportunément remplacer à la une des journaux les multiples scandales de pédophilie de l’Eglise catholique qui ont fait vaciller le Vatican. On peut difficilement trouver pire caricature que ce tartuffe donnant une image surréaliste de musulman « décalé » dans une société occidentale. Comment peut-on être systématiquement et « religieusement » solidaire d’un tel guignol ? Pourtant, le premier à venir le soutenir publiquement est encore et toujours Tariq Ramadan. (1)

Comment les musulmans de France et d’Europe en sont-ils arrivés ces dernières années à subir cette avalanche de pitreries médiatico-politiques qui provoquent et accentuent l’islamophobie, alors que l’écrasante majorité respecte les lois et leur environnement dans la discrétion de leur foi et leur intégration sociale ? 

Au lieu de crier au loup, cette redondance des soubresauts de l’islamophobie européenne pousse plutôt à s’interroger sur les causes réelles de cet exhibitionnisme islamiste actionné par des courants politico-religieux et leurs leaderships. A la mort du prophète, il n’y avait que deux écoles de pensée et de pratique, les sunnites et les chiites. Aujourd’hui, on se perd entre le wahabisme, le salafisme, les frères musulmans, le tabligh, etc… Voulant s’émanciper en Afrique du Nord après les indépendances, les mouvements islamistes violemment réprimés ont vite débordés sur l’Europe qui leur offrait l’asile politique. 

Confrontés chez eux à des dictatures sanglantes qui ne leur laissait aucun espace de survie, des opposants islamistes se sont installés dans la durée en Occident où ils ont enfanté une génération hybride qu’on appelle « citoyens européens de confession musulmane »Tariq Ramadan en est devenu le symbole, le porte-parole et le chef spirituel. Philosophe, beau garçon et beau parleur, crevant l’écran sur la scène médiatique, il a rapidement incarné le modèle et l’inspirateur des jeunes musulmans nés en Europe soucieux de se réapproprier une identité islamique occultée par l’enseignement laïc, et de se démarquer de leurs parents immigrés vivant leur foi dans la simplicité, la discrétion et la tranquillité. 

Frère Tariq est sans conteste l’inspirateur attitré d’une mode conservatrice, rigoriste et puritaine de l’islam auprès des jeunes musulmans européens, qui se manifeste ostensiblement par l’adoption d’accoutrements pakistanais, saoudiens ou afghans, en particulier le voile intégral connu sous les noms de niqab ou burqua. Le Maghreb a connu quelques années avant l’Europe cette « mode importée » sous l’impulsion de prédicateurs exaltés et de voyageurs jihadistes revenus du Pakistan, d’Afghanistan, d’Egypte ou du Golfe Arabe. 

Tariq Ramadan entretient constamment la confusion sur son identité personnelle. « Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d’adoption. » 

Il a reconnu être un salafiste : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafiste au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c’est-à-dire qu’il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman. » (Interview sur la radio Beur FM en novembre 2003). 

Pourtant, sa vie et son histoire sont intimement liées au mouvement des Frères Musulmans, fondé par son grand-père maternel Hassan El Banna, et à la Ligue Islamique Mondiale dont son père Saïd Ramadan fut un des membres fondateurs. 

L’héritage spirituel de Tariq Ramadan 

La nationalité suisse de Tariq Ramadan ne doit leurrer personne. Ce n’est qu’un camouflage cosmétique pratique pour mieux dissimuler son enracinement profondément égyptien et sa vocation de leadership panislamiste.  Tariq est le double héritier spirituel de son grand-père Hassan El Banna et de son père Saïd Ramadan. Il a été élevé, avec ses quatre frères et sa sœur, dans une éducation islamique et un trilinguisme classique chez les aristocrates égyptiens (arabe, anglais, français). Hassan El-Banna, fondateur des Frères musulmans, pourchassé par le roi égyptien Farouk, est assassiné en 1949. Sa fille Wafa El-Banna, mère de Tariq, se réfugie en Suisse avec son mari Saïd Ramadan en 1958. 

Accusé par Gamal Abdelnasser de fomenter un coup d’État, le nouveau leader des frères Musulmans, Sayyid Qutb, fut arrêté, jugé et pendu le 29 août 1966. Saïd Ramadan est au nombre des accusés. Condamné par contumace à trois peines de 25 ans, il perd sa nationalité égyptienne, mais ne prendra pas la nationalité suisse. Il était enregistré par les suisses comme pakistanais en vertu du passeport diplomatique de ce pays qui le considérait comme son « ambassadeur culturel par excellence ». Il fut l’ami du suisse François Genoud, converti à l’islam, connu pour son rôle de banquier du nazisme, de l’OLP palestinien et du FLN algérien. Il a aussi entretenu une correspondance avec Malcolm X. 

Saïd Ramadan fonde en 1961 le Centre islamique de Genève (CIG), financé en partie par les Frères Musulmans et le prince saoudien Fayçal. Il en est resté le directeur jusqu’à sa mort en 1995. Son fils Hani Ramadan lui succéda et le conseil de direction conserve une composante familiale. Quelques mois avant la naissance de Tariq, en mai 1962, Said Ramadan joua un rôle-clé dans la fondation de la Ligue Islamique Mondiale (Rabita Al ’Alam Al Islami - World Muslim League - WML), à la Mecque. Le prince Fayçal d’Arabie Saoudite voulait promouvoir le panislamisme en opposition au panarabisme nassérien. Saïd Ramadan voulait aussi créer une chaîne de centres islamiques dans les principales capitales d’Europe (Münich, Londres…). 

Saïd Ramadan était doué d’un grand savoir du Coran et des Hadiths, et d’une grande rigueur. Ses enfants témoignent de ses propos : “Si quelqu’un venait à moi et voulait discuter de la manière par laquelle on pourrait amener un changement dans le monde musulman, je lui demanderais d’abord s’il a prié le fajr”. 

Le parcours et la pensée de Tariq Ramadan 

Tariq Ramadan est né le 26 août 1962 à Genève où il fait ses études à l’Université. Après sa thèse de doctorat sur Nietzsche, il obtient une maîtrise ès lettres en philosophie et littérature française, puis un doctorat en Islamologie. Entre 1988 et 1992, il occupe le poste de doyen du Collège de Genève. Ramadan étudie ensuite les sciences islamiques à l’Université Islamique d’Al Azhar au Caire en 1992-1993 puis 1994-1995. Il est professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford, et professeur invité de philosophie à l’université de Casablanca. 

Expert consultant dans diverses commissions des Parlements européens, il participe à des groupes de travail internationaux se rapportant à l’islam, la théologie, l’éthique, le dialogue interreligieux et interculturel, le développement et les questions sociales.  Il a été plusieurs fois cité parmi les 100 intellectuels les plus influents du monde par des magazines anglo-saxons. Marié à une française convertie et père de quatre enfants, Tariq Ramadan se fait connaître du public français à partir de 1992, en donnant des conférences aux congrès annuels de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF). 

Son discours s’articule sur une réflexion philosophique et politique dans le débat concernant la place de l’islam en Occident et dans le monde. Maniant le verbe avec dextérité, il excelle dans le paraître plutôt que dans l’être. Il peut hypnotiser un auditoire qui ressort de ses conférences pas plus instruit qu’en y rentrant, mais avec cette envie forte et diffuse de crier son islamité avec fierté. Sans être un savant, ni un théologien, il est dans la lignée des grands prédicateurs islamiques en vogue depuis les années 80, idolâtré par une jeunesse admirative sous le charme lyrique du verbe islamique. Tariq Ramadan est rapidement devenu un penseur musulman célèbre et populaire parmi les jeunes, qui s’échangent ses discours en cassettes audio et DVD. 

Tariq Ramadan décrète que les musulmans vivant en Occident ne doivent plus se considérer comme des étrangers, des résidents temporaires, des minorités mais comme des citoyens à part entière en évitant toute aliénation culturelle. « Ils doivent s’inscrire pleinement dans la participation citoyenne sur un pied d’égalité avec la majorité de la population. Ils doivent établir clairement qu’ils sont chez eux en Occident, et qu’il s’agit de suivre les principes supérieurs de l’islam ici comme ailleurs… Ils doivent se prendre en charge et se libérer de la mentalité de victime ». 

Ramadan s’adresse en priorité aux nouvelles générations de musulmans nés et élevés dans les pays occidentaux. Il affirme qu’ils ne sont pas en « terre d’exil », et n’ont pas à regretter que leurs ancêtres aient quitté leur terre d’origine. Ils doivent se sentir chez eux, bien dans leur peau, dans leur environnement, dans les pays où ils sont nés. Ils doivent participer pleinement à la vie commune, à la vie institutionnelle et politique comme tout citoyen. Dans son livre « Peut-on vivre avec l’islam », il écrit que le musulman ne se définit pas seulement par ses croyances mais par ses pratiques. Il prône la stricte observance du Coran et des Hadiths, tout en tentant de concilier l’appartenance musulmane avec la vie commune et les lois des sociétés européennes : « J’affirme que nous sommes passés à l’ère du discours de la post-intégration ». 

D’après Ramadan, « la chari’a doit s’appliquer dans ma société même si celle-ci n’est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n’ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d’être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d’être fidèle au message et aux principes de l’islam. »  Tariq se place dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives, et il veut définir les règles de leur cohabitation. 

Un discours d’enracinement et de conquête 

Pour étayer sa pensée, Ramadan a écrit plusieurs livres, qui ne sont en fait que des rééditions revues et améliorées, où il développe et affine sa vision du musulman dans la société occidentale présente et future. 

Son œuvre démarre dans « Etre musulman européen » par un questionnement sur la place de l’Islam et des jeunes musulmans dans les sociétés modernes : « Qui sommes-nous donc ? Pour ceux qui ont été élevés en Europe, la question devient plus complexe encore… C’est le cas des jeunes de la deuxième, troisième et quatrième génération. Qui répondra ? Qui leur rendra les éléments constitutifs et le sens de leur identité ? Qui pourrait reconstruire cette identité ou, au moins, leur donner des repères qui leur permettraient de trouver leur voie, consciemment et librement ? » Il invite les jeunes à tourner la page de l’exercice « simpliste » de la foi par leurs parents : « les membres de la première génération, porteurs d’une connaissance islamique relativement modeste, s’efforcèrent tout d’abord d’éviter de perdre leurs traditions. » 

Dans « Musulmans d’Occident », il définit ce que signifie être musulman en Occident : « Il s’agit pour les musulmans de rester tout à la fois fidèles à leurs valeurs et en phase avec leur environnement. Autrement dit : il n’est pas question d’être moins musulman pour être plus occidental ou européen. La thèse ici est qu’il est possible d’être des musulmans convaincus, sincères et pratiquants et d’authentiques citoyens européens. » 

Il développe cet argument dans « Dar ash-shahâda » : « Les musulmans en Occident doivent-ils se considérer sur un sol étranger, gouvernés par la contrainte, avec le seul devoir de se protéger de l’environnement « agressif » ? Ou doivent-ils être et se sentir « chez eux » ? » 

Dans « La foi, la Voie et la résistance », il exhorte les musulmans à devenir eux-mêmes agressifs : « L’éthique islamique qui devait orienter s’est mutilée en une éthique réduite aux disputes sur les limites du halal et du haram, conduisant les musulmans vers la “tentation minoritaire”, en Occident comme dans le monde. Or, il faut revenir à la source : penser sa présence dans et à partir des références musulmanes. La shahada, c’est porter la foi en Dieu et Son Messager. La shari’a, c’est suivre le chemin de la fidélité, la Voie. Accomplir son devoir de résistance, c’est reprendre possession de son coeur, construire son intelligence et s’engager à promouvoir des projets alternatifs. » 

Dans « Islam, le face à face des civilisations. Quel projet pour quelle modernité ? », il s’attache à montrer, « en puisant aux sources de la pensée et de la civilisation islamique, que les musulmans ont les moyens de répondre aux défis contemporains sans trahir leur identité. Nourris par leurs références, ils peuvent penser l’époque moderne en proposant une gestion sociale, politique et économique spécifique, attachée à l’éthique, au sens des finalités et à la spiritualité. » 

Dans le livre « Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam », Tariq juge définitif l’enracinement des musulmans en Occident : « Les musulmans d’Occident, d’Europe comme des Etats-Unis, se sont aujourd’hui définitivement installés dans leurs pays respectifs. Après des années d’une présence pensée de façon temporaire, le moment est venu pour les jeunes générations d’élaborer une réflexion sur les fondements religieux et éthiques et leur enracinement dans les sociétés sécularisées… » 

Tariq Ramadan confirme sa tendance panislamique : « une révolution silencieuse est en marche dans tous les pays occidentaux et elle aura, à terme, une influence considérable sur l’islam mondial. » 

Tariq Ramadan semeur d’islamophobie 

Ramandan s’offre la paternité de ce qu’il appelle la « nouvelle visibilité » des musulmans et reconnaît lui-même être à l’origine de la montée de l’islamophobie européenne et occidentale, dans son dernier ouvrage « Mon intime conviction » : 

« Les controverses se suivent et se ressemblent. Durant les cinq dernières années, je me suis retrouvé au centre de polémiques qui, au-delà de ma personne, révèlent la nature des problèmes qui traversent les sociétés occidentales… En France comme aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, en Angleterre, en Italie, en Espagne, et récemment aux Pays-Bas, j’ai fait face à des controverses nationales dont le point commun était, assez clairement, la nouvelle visibilité des citoyens occidentaux de confession musulmane… 

Le point commun de tous ces débats tient à l’installation de générations successives de musulmanes et de musulmans, devenus citoyennes et citoyens de leur pays respectif. Installés, ils sortent de leur isolement géographique, de leurs ghettos sociaux, ou de leur marginalité sociopolitique. Ils sont désormais visibles,… il ne s’agit pas d’une nouvelle « communauté religieuse ou culturelle » qui s’installe, mais plutôt de l’émancipation d’une ancienne catégorie socioéconomique qui avait été doublement marginalisée, géographiquement et socialement. Au gré des controverses et des crises, des peurs s’alimentent et des perceptions se façonnent et s’entretiennent. La crainte, la méfiance et le soupçon s’installent et tous les débats sur la culture et la religion se transforment en polémiques nationales, polémiques qui se caractérisent par des crispations et des surdités inquiétantes. Les médias rapportent les faits, les réactions s’amplifient, les politiciens réagissent à (ou parfois instrumentalisent) la controverse, et nous voilà embarqués dans des dynamiques incontrôlables…  Dans la proximité, la présence d’autrui perturbe et gêne. C’est la raison pour laquelle les crises se sont surtout multipliées autour de phénomènes visibles et spectaculaires : foulards islamiques, niqab (voile cachant le visage), burqa, minarets, auxquels il faut ajouter les expressions culturelles ou religieuses perçues comme « étrangères », c’est-à-dire différentes, inhabituelles ou trop « visibles » car pas encore « normalisées »… Tous ces phénomènes cumulés expliquent la situation présente, et la « nouvelle visibilité » des musulmans continue de provoquer son lot de crises cycliques… » 

Il persiste dans sa démarche en lançant le défi de la confrontation : « Gardons en tête que cette « nouvelle visibilité » est par nature une situation historique transitoire puisque ce qui est nouveau sera un jour ancien. » 

Le double discours de Tariq Ramadan 

En multipliant les conférences et les fréquentations des studios télés, Tariq Ramadan a vite gravi les marches de la notoriété médiatico-politique. Tentant toujours de policer son discours médiatique et de « noyer le poisson », son double discours a rapidement été décelé et dénoncé. 

En octobre 2003, il s’en est offusqué en rédigeant un pamphlet sur « les (nouveaux) intellectuels communautaires ». Il reprochait aux médias de toujours le présenter comme un « intellectuel musulman », alors que la génération des « nouveaux philosophes » n’était jamais affublée de la nomination « d’intellectuels juifs », ni accusée de prôner un double discours. 

Il essuya un feu de critiques d’anti-sémitisme et tomba dans le piège qui lui fut tendu un mois plus tard le 20 novembre 2003 lors d’une émission sur France 2. Avec la suffisance qui le caractérise, il s’est présenté en dilettante face à l’agressivité calculée et préparée par des experts en communication, de Nicolas Sarkozy qui l’a acculé dans un « guet-apens » sur le foulard et la lapidation. (2) 

Hésitant et maladroit, il confirma ce que les observateurs savaient déjà sur son double discours selon les conditions et le public auquel qu’il s’adresse. Comme on peut l’entendre sur cette conférence tenue à l’île de La réunion à propos des relations hors mariage, de l’éducation des adolescents, des piscines mixtes, etc… (3) 

Un étudiant en philosophie résume l’anachronisme du double discours de Tariq Ramadan, « celui d’un positionnement net en faveur d’une autocritique de la pensée, et un autre discours prônant implicitement la suprématie des commandements de l’islam sur cette même activité ». (4) 

Ramadan conseille aux musulmans de ne pas se plaindre d’être victimes de persécution, mais de « maintenir leurs convictions envers et contre tout ». Or, il est difficile de concilier l’examen critique de sa propre pensée, avec ce renfermement absolu et entêté de ses convictions religieuses. « Cet appel de M. Ramadan à proclamer ses convictions religieuses « envers et contre tout » illustre une bien pauvre compréhension du dialogue interculturel et de la mutabilité des identités. » 

Le double discours de Tariq Ramadan apparaît encore plus clairement dans cette déclaration : « C’est là le chemin dans lequel nous devons nous engager si nous voulons nous sentir chez nous, appliquer de façon positive le principe islamique favorisant l’intégration de tout ce qui ne contredit pas les interdictions, et nous l’approprier ». 

Ramadan, fidèle à une interprétation « radicale » de l’islam, soutient la préséance des interdictions religieuses sur l’exercice d’une activité rationnelle et autocritique de la part du citoyen musulman : « Ramadan réaffirme l’obligation qu’a le musulman de se soumettre à la loi de sa religion au détriment de ses propres facultés critiques ». 

Les critiques du double discours sont encore plus féroces du côté des islamistes radicaux qui dénoncent le superflu des discours de Ramadan et sa soumission au lobby médiatique occidental, comme le fait Abou Hamaad Sulaiman Al-Hayiti dans sa « Réfutation des idées de Tariq Ramadan ». (5) 

Qu’est-ce qui fait courir Tariq Ramadan ? 

La question s’est posée de faire taire Tariq Ramadan, comme le relate un livre entretien.(6)

La censure et la disgrâce n’ont pas tardé effectivement à le bannir pendant un certain temps des médias européens. Des pays l’ont même interdit d’entrée, comme les Etats-Unis qui ont annulé le visa de travail qui lui avait pourtant été accordé en mai 2004. 

Ramadan s’est alors acharné à attaquer en justice l’administration américaine jusqu’à ce que la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton signe une décision de levée d’interdiction le 20 janvier 2010. Tariq a aussitôt annulé tous ses rendez-vous tout heureux de revenir aux Etats-Unis le 8 avril dernier. Toujours animé de l’idéal panislamiste de ses ascendants, il ambitionne de partir à la conquête de l’Amérique, où le mouvement des Frères Musulmans est déjà implanté de longue date. 

Sa tendance mégalomaniaque, narcissique et ethnocentrique est nettement visible sur son blog (www.tariqramadan.com). Il court les plateaux télés comme un intermittent du spectacle court les cachets. Tariq est hyper sollicité et se fait rémunérer ses apparitions, même pour quelques minutes. Il répond “immédiatement et systématiquement” aux invitations des lobbies médiatiques français pour des interventions très superficielles tournant toujours autour d’épiphénomènes portant gravement atteinte à l’image de l’Islam, et où il doit toujours se défendre de son supposé antisémitisme. On l’entend faire de l’auto-flagellation dans certaines émissions où des animateurs se moquent de lui par des questions d’une banalité affligeante, et où on lui rappelle avec délectation son humiliation cathodique face à Sarkozy. 

On en vient à se demander si la multiplicité frénétique des apparitions médiatiques de Tariq visent à “convertir” ses auditeurs, partir en croisade ou à dégrader davantage l’image négative que donnent les médias occidentaux de l’islam. Les lobbies médiatiques en lui redonnant une audience, ont en fait compris le rôle néfaste qu’il joue en défaveur de l’islam. Il apparaît comme le promoteur du niqab, des tenues moyenâgeuses et des pratiques rétrogrades antéislamiques. L’exhibitionnisme et l’accoutrement des ses adeptes donnent une image négative, arriérée et dégradante des musulmans et alimentent l’islamophobie. 

Tariq Ramadan vit lui-même un problème d’identité, de légitimité, de représentativité, et d’universalité. Il ne représente en fin de compte que le profil type de l’intellectuel musulman complexé en quête perpétuelle de reconnaissance dans le monde judéo-chrétien à qui il offre son temps et sa vie, au lieu de l’offrir à ses semblables dans les pays musulmans. Il se situe dans une logique vaine de transcendance de l’identité occidentale par le panislamisme.

Laïcité ou pas, la religion reste une source de jurisprudence. Dans les cas de grave contradiction, comme c’est le cas du niqab et du voile, c’est la religion dominante qui fixe les règles juridiques à respecter. On ne peut en aucun cas reprocher à l’Occident judéo-chrétien de se protéger juridiquement du prosélytisme islamique, comme le font à juste titre les pays du Maghreb à l’égard du prosélytisme évangélique. 

Comme tout intellectuel musulman, Tariq Ramadan doit faire son auto-critique profonde et se poser aujourd’hui la question existentielle de son (in) utilité en Occident et de son absence des débats sur les crises politico-identitaires et d’ijtihad au sein même des pays musulmans… cause de cet exode perpétuel de leurs élites et de « l’enracinement » de leurs enfants en Occident.   

Saâd Lounès 

(1) http://www.tariqramadan.com/spip.php?article11114 

(2)  http://www.youtube.com/watch?v=cQFa4NDTTTE&feature=related 

http://www.youtube.com/watch?v=fjqs57uEsGs&feature=related 

http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=KeamZ3EfxKQ 

(3)  http://www.dailymotion.com/video/x5uyjo_frere-tariq-et-la-fornication_news 

(4) http://www.ledevoir.com/non-classe/94852/libre-opinion-le-double-discours-de-tariq-ramadan 

(5) https://www.box.net/shared/ntx67k7u9x 

(6) http://www.tariqramadan.com/spip.php?article19 


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110 réactions à cet article    


  • Tang Tang 3 mai 2010 10:07

    Ce fil devrait plutôt porter le nom « Tariq Ramadan et son réseau terroriste intellectuel ». 

    Je suis tombé avec un peu de retard sur l’article de Ramadan « En Palestine condamnée », publié sur son site (http://www.tariqramadan.com/article.php ... ticle=1139) - mes excuses si les réactions à ce ramassis goebbelsien de la haine viscérale d’Israël (et des Juifs) auraient déjà été exprimées sur un autre fil. 

    Je ne vais pas recopier l’article ici, pour ne pas salir le présent site, chacun peut consulter celui-là à sa guise dans le dépotoir d’origine. J’aimerais attirer l’attention sur une seule phrase (qui n’est guère tirée du contexte de sorte à fausser le sens de l’article, que de contraire, elle est parfaitement consubstantielle à ce dernier) : « Il faut faire cesser ces horreurs et la dérive générale : les Palestiniens de l’intérieur doivent porter ce message à l’instant où, de l’extérieur, nous rappelons à tous les gouvernements (du monde majoritairement islamique comme de l’Occident) ainsi qu’à la communauté internationale des peuples que jamais le monde ne sera en paix si les Palestiniens n’obtiennent leur droit légitime à un Etat et à la dignité. » 

    Qui est ce mystérieux « nous », dont le poids serait si considérable qu’il pourrait se targuer de la capacité de rappeler à l’ordre la communauté internationale, visiblement non solidaire avec le « nous » en question ? Nous avons un seul indice explicite : « nous » se trouve « à l’extérieur », à l’extérieur de la Palestine très précisément. A l’extérieur du nombril du monde musulman, de son point G névralgique (bien que je reconnaisse qu’il en aurait plusieurs, des caricatures de Mahomet en étant un autre, digne d’autant d’attention de la part du médecin traitant). Le « nous », c’est les musulmans en Occident et c’est eux que Ramadan exhorte ici. 

    Il n’est plus question d’une « énorme complexité et diversité de l’islam » dont Ramadan se fait systématiquement chantre par le truchement des dizaines d’articles destinés à semer la culpabilité dans les rangs occidentaux , de cette complexité où « rien ne ressemble moins à un musulman qu’un autre musulman ». 

    Il n’y a que « nous », une gigantesque masse musulmane obligatoirement unie et menaçante, qui a conféré à Ramadan la prérogative d’être son porte-parole. Elle parle comme un seul homme et son message est on ne peut plus clair : « JAMAIS le monde ne sera en paix si les Palestiniens n’obtiennent leur droit légitime à un Etat et à la dignité ». 

    Si on cherchait une meilleure preuve de l’incompatibilité absolue entre l’islam et l’Occident, on en trouverait très difficilement. Merci, frère Tariq, pour cette merveilleuse leçon.


    • Pierre HENRY 3 mai 2010 10:25

      Mr LOUNES...chapeau bas.
      Frère tarik s’amuse de la république aux dépends de tous ceux qui veulent vivre en paix dans le respect des lois.
      Il manipule les musulmans, propage la haine et entretien le flou à des fins personnelles.
      C’est effectivement un guignol qui se donne le droit, doctement, de prêcher une idéologie : la sienne.
      frère tarik n’est qu’un amuseur de plateaux TV. Viré des Pays bas, il traine ici et la son complexe en se voulant plus musulman que les musulmans. Classique .
      Frère tarik est fini...il le sait...il n’en est que plus dangereux...à surveiller de trés prés !


      • anti-oligarchie anti-oligarchie 3 mai 2010 11:18

        Je trouve que c’est exactement le contraire.Tariq ramadan rend l’islam respectable.
        C’est le seul intellectuel musulman d’ailleurs à sauver l’honneur.

        L’auteur de l’article,avant de jouer les philosophes,ferait mieux d’écrire un article sur bouteflika.
        On verra s’il a les ’burnes’ de le faire.
        Qu’il écrive un article sur le terrorisme d’état algérien aussi.


        • Iokanaan 3 mai 2010 14:05

          ENTIEREMENT D’ACCORD.

          Tariq Ramadan fait partie de ceux qui ont redonné ses lettres de noblesse à l’Islam à mes yeux lorsqu’ils étaient encore qui étaient pétris de propagande islamophobe comme nous le sommes tous en Occident. 

          Je plussoie. 

          Toutes les campagnes d’assimilation à l’islamisme de celui qui est honnis de tous les islamismes et interdit de séjour en territoire arabe parfois ne sont là que pour museler une voix intelligente et musulmane qui va à l’encontre de l’image de terrorisme barbare que l’on veut donner de ce monde-là. 




        • Chabinpolitain 3 mai 2010 18:37

          Enfin dans cette longue liste de « oui-ouistes » de droite ou pire se croyant de gauche et sans culture et sans idée, enfin, dis-je, des gens normaux qui ne hurlent pas avec les loups.
          Cher auteur, sans doute ( j’ose l’espérer... ) serez vous amené à considérer les commentaires avec circonspection puisque ceux qui vous honorent émanent de critiques qui systématiquement se ruent comme la vérole sur des sujets brûlants ayant trait qui à l’immigration, qui aux sans papiers « qui feraient bien de rentrer chez eux », et qui manifestent tout aussi systématiquement leur odieux racisme faisant appel à la plus crasse des incultures et à l’aveuglement justement très ethnocentré dont vous parlez.
          Je n’ai pas la connaissance de TR que vous semblez posséder mais une certitude se présente immédiatement : la France et ces bons français si bons et accueillants n’ont pas attendu après Mr Ramadan pour manifester le plus vil des sentiments, le racisme que pour des raisons de communication on nomme désormais « rejet de l’Islam ».
          Je connais bien mieux le problème ( non, pas la question ! ) des Noirs et je peux vous affirmer que les réactions sont rigoureusement les mêmes qu’à l’égard des arabes, musulmans ou pas !!!


        • anti-oligarchie anti-oligarchie 3 mai 2010 22:56

          J’ai même pas pris le temps de lire l’article de l’auteur.
          Juste en diagonale.
          Le débat Fourest/Ramadan m’a largement suffis.
          20 ans d’études sur tariq ramadan.Elle est venus avec 2 arguments ’forts’(on s’attendais à l’atomisation de tariq Ramadan.)
          Au final,une phrase mal comprise sur les homosexuels,et un autre argument sur une de ses preches sur l’hypocrisie des musulmans hommes dans les piscines.(justifié en plus)
          Une grosse arnaque...

          Le véritable problème c’est pas Tariq ramadan, mais ils attaquent l’Islam a travers Tariq Ramadan.
          Ils savent très bien que les gens se posent des questions,retournent à la religion etc.
          Donc forcément,Tariq ramadan,théologien,et en plus,et surtout, séducteur et beau gosse.
          ça fait trop....

          Je pense aussi qu’il l’ont allumé,car si tu regardes dans ses interventions au début,il désislamisait chaque question politique.pour mieux mettre en avant la manipulation et la rupture entre peuple et politiciens.

          Donc forcément personnage dangeureux,mais pas pour nous.Pour les politiques.


        • anti-oligarchie anti-oligarchie 3 mai 2010 23:03

          Et je dirai que celle qui fait monter l’islamophobie en france,c’est pas Tariq Ramadan,mais belle et bien Fourest.


        • Yohan Yohan 3 mai 2010 23:50

          Ah vous trouvez.. Il faudrait poser la question aux musulmans silencieux et qui n’en pensent pas moins. Les musulmans ne sont pas dupes de son petit jeu et ce qu’ils voient c’est qu’il met de l’huile sur le feu, alors qu’il prétend le contraire. Un jeu très pervers


        • Gonzague Gonzague 3 mai 2010 11:21

          Article très intéressant, une rareté sur Agoravox.
          Merci Saâd.


          • Yohan Yohan 3 mai 2010 11:22

            Ramadan n’est que le responsable communication, l’envoyé spécial des mollahs en Occident. Sa parole vise plus à complaire la communauté musulmane qu’autre chose, puisque ses interventions sont le plus souvent calamiteuses, jetant de l’huile sur le feu.
            N’oublions pas qu’attiser les haines fait aussi partie de leur stratégie....


            • katalizeur 3 mai 2010 11:33

              tiens .. ???

              je ne savais pas que caroline fourest avait comme pseudo...... lounes... ?.....

              l’auteur se dit journaliste .. ; ? tres bien.... mais pourquoi ecrire un article sous pseudo ???...


              • 57835 Spicy O 3 mai 2010 12:06

                mais pourquoi ecrire un article sous pseudo ???...

                BONNE QUESTION.


              • Shaytan666 Shaytan666 3 mai 2010 12:25

                Pourquoi écrire sous pseudo et bien pcq tout le monde sait que chez ces gens là monsieur/madame on vous tranche la gorge pour moins que ça !


              • 57835 Spicy O 3 mai 2010 12:43

                Le Monsieur qui a écrit l’article ne risque absolument pas de se faire trancher la gorge par l’armée algérienne, ni par leurs « islamistes » fabriqués de toute pièce, comme pour les moines de Tibéhirine. smiley


              • Bulgroz 3 mai 2010 11:36

                Excellent article, M. Lounes !!

                Tout à fait intéressant et, je suppose, très courageux. Tout à l’honneur d’Agoravox.

                Je m’interroge sur 3 points :

                Quel est intérêt pour Ramadan de multiplier les interventions dans les media et de s’adresser ainsi aux incroyants alors qu’ il s’agit avant tout de convertir les musulmans d’Occident à ses thèses ? Pourquoi tient il tant à s’adresser à nous ?

                J’ai suivi avec grand intérêt l’intervention de Ramadan à la Réunion (votre lien dailymotion) : ce discours est un discours de vieux et d’une incroyable bigoterie qui nous rappelle les siècles passés et abolis. Quel est l’impact réel de ces discours stigmatisant cette jeunesse qui a peut être autre chose à faire que d’écouter ce père de (fausse) vertu ?

                Que veut réellement Ramadan ? : réformer l’Islam dans les pays non musulmans et conquérir l’Occident ou réformer l’Islam mondial à partir de ce nouvel Islam Occidental ?



                • FrèreVoiture FrèreVoiture 3 mai 2010 15:05

                  @Ton père, ex-frère voiture

                  Vous déblatérez un tissus d’inepties !
                  « réformer l’occident »
                  hahahahahaaaaaaa
                  vous êtes comique.


                • Lucien Denfer Lucien Denfer 3 mai 2010 11:56

                  Pour éclairer la lanterne des personnes de bonne foi qui viendraient à lire vos élucubrations, il convient de les replacer dans le contexte de votre mouvance politique.

                  Les ennemis de mes ennemis ne sont pas toujours mes amis...

                  « En finir avec la dictature de Bouteflika »

                  Des dissidents exilés en Europe, notamment en Suisse, se fédèrent pour tenter de renverser le régime en place à Alger. Parmi eux, d’anciens islamistes radicaux poursuivis par la justice de leur pays.

                  Enquête.

                  Al-Rachad, « Le bon sens », mouvement politique fondé par des Algériens réfugiés en Suisse, au Royaume-Uni et en Allemagne, a été lancé le 18 avril depuis Londres. Le groupuscule veut renverser le président Abdelaziz Bouteflika et son régime. Pour parvenir à ses fins, il drague aussi bien des sympathisants islamistes (MSP, ex-Hamas algérien) que des membres du FLN (ex-parti unique) ou du FFS (socialiste). Et il s’adresse tant à la diaspora qui a jeté l’ancre en Europe qu’aux résidents cantonnés en Algérie.

                  Le mouvement - et non le parti - aspire à un « Etat de droit et à la bonne gouvernance », et propose « au peuple algérien une alternative pour un changement radical du système politique ». Trois des cinq membres fondateurs vivent en Suisse : Abbas Aroua enseigne à la Faculté de médecine de Lausanne ; Mourad Dhina est un ancien collaborateur du CERN et de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich ; Rachid Mesli travaille pour l’organisation arabe des droits de l’homme Al-Karama à Genève.

                  Leur charte dénonce « la façade civile » d’un gouvernement contrôlé par « l’oligarchie militaire » et fustige la dislocation sociale et la crise économique qui gangrènent l’Algérie. Les dissidents récusent la « dictature de Bouteflika » : le parlement est réduit à « une simple chambre d’enregistrement », et les institutions sont « asservies » à la Direction des renseignements et de la sécurité (DRS), service de l’armée nationale et colonne vertébrale du pouvoir.

                  Ces accusations virulentes se nourrissent de la réalité d’un pays en faillite : malgré des ressources naturelles extrêmement riches (50 milliards de dollars issus du seul pétrole dans les caisses de l’Etat en 2006), le taux de chômage est écrasant et plus de 40% des femmes sont encore analphabètes. Ces chiffres incarnent la paupérisation d’un peuple assommé par une décennie de violences : 150000 morts, 2 millions de déplacés et 20000 « disparus forcés ».

                  Les ingrédients sont donc réunis pour battre le rappel des troupes. En deux mois d’existence, Al-Rachad affirme être fort d’un millier d’adhérents algériens, et d’une bonne poignée d’exilés de l’intelligentsia. Le mouvement politique mijote « une action civique symbolique », où il orchestrerait des grèves massives qui paralyseraient le pays et contraindraient le pouvoir à composer avec ses revendications. Voire à « abdiquer ».

                  Pourtant, derrière « ces voies non violentes » que Rachad prône, se cache un passé lourd d’activisme islamiste. Mourad Dhina est en effet une figure de proue des fondamentalistes algériens. Après la dissolution et l’interdiction du Front islamique du salut (FIS) en 1992, il se réfugie à Saint-Genis-Pouilly, aux portes de Genève dans l’Ain. Deux ans plus tard, il est soupçonné de trafic d’armes par la France. Il prend alors la poudre d’escampette en Suisse où sa demande d’asile est rejetée à deux reprises. Entre 2002 et 2004, il devient néanmoins responsable du bureau exécutif du FIS à l’étranger. Depuis 1995, il est ainsi toléré sur le territoire helvétique, grâce à une admission provisoire qui s’éternise. Privé de passeport par les autorités algériennes, il est condamné à arpenter les 26 cantons. Lui, sa femme, et ses six enfants, dont cinq sont nés ici.

                  Dans un français irréprochable, l’ex-leader par intérim se défend de relayer tout discours propagandiste. Mais il confesse volontiers entretenir des liens « quasi permanents » avec le leader historique du FIS, Abassi Madani, et son bras droit Ali Belhadj, qui ont croupi douze ans dans les geôles algériennes et ont toujours refusé de condamner les activités armées du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaida Maghreb.

                  Quelle influence s’apprête à exercer Al-Rachad, et en tirant quelles ficelles ? Une plateforme euro-atlantique chargée de surveiller les cellules islamistes dormantes ayant une vitrine sur Internet garde un œil attentif sur le mouvement. Pas de commentaire du côté de l’ambassadeur algérien à Berne, qui réclame néanmoins ponctuellement à la Confédération l’extradition de Mourad Dhina, condamné par contumace à 20 ans de réclusion criminelle. Quant à la Police fédérale, elle explique laconiquement : « Le groupement d’opposition politique est connu de nos services (ndlr : Service analyse et prévention de lutte contre le terrorisme), mais pour l’instant, on ne décèle aucun lien avec des actes extrémistes violents. »

                  En attendant, la campagne de recrutement bat son plein et Al-Rachad envisage de se doter de sa propre chaîne télévisée. Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève, l’Algérien Hasni Abidi souligne : « C’est la première fois que des islamistes influents s’ouvrent autant. C’est bon pour leur image. C’est donc un moyen de recruter le plus possible. » A Londres, Mohamed Larbi Zitout, pilote du projet d’Al-Rachad, résume sans détour son objectif : « Nous pensons organiser une sorte d’Intifada, de manifestation nationale [...]. Il y aura toujours un prix à payer. L’Algérie, ce n’est pas la Géorgie, on ne peut pas réussir une révolution qu’avec des fleurs. »

                  Le Temps.Ch

                  Marion Moussadek – Mardi 26 juin 2007


                  • Martin D 3 mai 2010 12:00

                    pitoyable article ! tout ce que vous avez dis sur lui est complètement FAUX !

                    ça ce voit que ce n’est que de l’islamophobie encore une fois...j’ai lu plusieurs de ses livres et il n’a rien d’un intégriste...bien au contraire, il a déclaré à maintes reprises dans ses écrits, et dans ses dires que l’Islam ne prônait pas la violence. Seule la légitime défense est accepté en Islam.

                    Tarik RAMADAN est attaqué car il est très écouté, y compris par les non-musulmans, comme des historiens, philosophes, spécialiste des religions...

                    des gouvernements occidentaux l’appellent pour qu’il fasse des conférences que ce soit aux usa ou en scandinavie ou encore recemment en Hollande.

                    Tarik RAMADAN gêne beaucoup certains car il sait parler et est très cultivé (normal pour un philosophe)...


                    • Mycroft 3 mai 2010 15:01

                      Depuis quand faut il prôner la violence pour être un intégriste ?

                      L’intégrisme, c’est tout simplement l’attitude qui consiste à faire passer sa foi avant sa raison. Les créationistes, par exemple, sont des intégristes, même s’ils ne pratiquent pas la violence.

                      De même que ceux qui sont partisans d’une religion statique, immobile et donc passéiste. Le religieux non intégriste sait que la Bible ou le Coran contiennent énormément de connerie et ne considère pas que ces ouvrages sont des références fondamentales. Il va de soit qu’il considère qu’une partie du message définie dans ces ouvrages est valable, mais s’il considère que les anciens ont compris toute la volonté divine alors que les modernes en sont incapables, il tombe dans le travers de l’intégrisme le plus nuisible.

                      Les religions prétendent modéliser la volonté divine. Nul modèle crée par les humain (et les prophètes des principales religions l’étaient) n’est parfait. Voilà pourquoi la religion doit évoluer. Mais les passéistes ne veulent pas le voir évoluer.

                      Le message de Ramadan a tout de même le point positif de rappeler aux musulmans enfants d’immigrés qu’ils sont chez eux tout autant que moi. Le problème, c’est qu’au lieux de les appeler à raisonner, il leur demande de croire bêtement.


                    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 3 mai 2010 12:16

                      Un « intellectuel » qui croit que les gens sont capables de faire de la magie et que ça marche !

                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley
                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley
                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley

                      L’islam est irrémédiablement obscurantiste et Ramadan tente de nous faire croire le contraire : il n’abuse que les idiots.

                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley
                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley
                       smiley smiley smiley smiley smiley smiley


                      • Hijack Hijack 4 mai 2010 23:06

                        Dire Islamistes ou musulmans obscurantistes ça peut passer, mais que l’islam le soit est ma foi mal le connaître !

                        Par contre que Ramadan est un semeur d’islamophobie, c’est clair.


                      • Den 3 mai 2010 12:16

                        Petite coquille : « conférence tenue à l’île » smiley


                        • morice morice 3 mai 2010 12:52

                          excellent LOUNES : à mettre dans le même sac que Soral et Dieudonné : il existe une photo où ils sont à trois....


                          • 57835 Spicy O 3 mai 2010 13:06

                            Tariq Ramadan a rencontré tout le monde, y compris Elisabeth Lévy.


                          • Shaytan666 Shaytan666 3 mai 2010 14:23

                            Faut pas avoir peur de la montrer


                          • Hakim 3 mai 2010 20:38

                            Le Lounes Tune a au moins le mérite de bien avoir emballé son texte dans lequel est couchés sans pudeur ses fantasmes les plus vils.

                            Morice, Shaytan666 : n’hésitez pas à propager la photo, ces 3 hommes sont parmis les plus respectables de France et de l’espace euro-francophone !


                          • Hijack Hijack 4 mai 2010 00:22

                            N’importe quoi ... Dieudo n’est pas communautariste et n’est surtout pas religieux ! Ils se sont brièvement rencontrés et n’ont aucun lien. Soral, bien qu’il a eu un entretien avec RAmadani, a encore moins de liens avec lui.


                          • DESPERADO 4 mai 2010 12:22

                            Excellent article pour la hasbara et ses suceurs.



                          • Hijack Hijack 5 mai 2010 11:05

                            Elisabeth Levy a rencontré également et Dieudo et Soral et à chaque fois un long entretien avec chacun, le résultat n’est pas à son avantage à Elisabeth ...


                          • Shaytan666 Shaytan666 3 mai 2010 14:24

                            Désolé BRICE, j’avais pas vu  smiley


                          • Hijack Hijack 4 mai 2010 00:24

                            Heu, je dirai plutôt ...

                            derrière le sionisme, le racisme, l’apartheid, les meurtres ...

                            L’antisionisme lutte contre.

                            Et puis, faut pas se tromper ... le sionisme dit bien que leur meilleur ami est l’antisémite ...
                            (Herzl).


                          • DESPERADO 4 mai 2010 12:25

                            Derrière le sionisme, l’autisme.

                            Rendez les terres et excusez vous.
                            Bande de voleurs assassins.
                            Et vous avez encore le culot de vous la raconter.
                            Beurk !


                          • docdory docdory 3 mai 2010 14:05

                            @ Lounès 


                            Tariq Ramadan est le Goebbels de l’islam .
                             C’est quelqu’un dont la dangerosité pour la société est telle qu’on se demande pourquoi des journalistes comme Taddéi & C° continuent à l’inviter régulièrement dans des débats télévisuels . Si ils avaient le moindre sens des responsabilités , ils ne l’inviteraient jamais , mais inviteraient plutôt des musulmans modérés comme vous semblez l’être. 
                            Il devrait au moins être interdit de séjour en France . 
                            Cela dit , je ne suis pas certain que ce soit Tariq Ramadan qui soit le responsable de « l’islamophobie » . Je pense que le principal responsable, c’est le contenu idéologique du coran , d’une part , et d’autre part les auteurs des attentats musulmans du 11 septembre, de Londres et de Madrid , dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont représenté une contre-publicité dont votre religion aura du mal à se remettre, du moins dans le monde libre ( i.e. le monde non-musulman )
                            Il est certain que les femmes en voile ou burqa et le polygame de Nantes représentent une autre contre-publicité pour l’islam , qui , ajoutée au reste , et au souvenir d’anciennes occupations musulmanes ,font que cette religion est devenue à peu près insupportable à l’européen moyen.


                            • Jojo 3 mai 2010 14:06
                              Merci pour votre article, j’ai toujours voulu en savoir plus sur Ramadhan toujours eu la flemme, là vous avez vraiment réussi à m’intéresser à l’animal mais je suis quand même déçu, il faudra que je me renseigne ailleurs :
                              « oubliant que le mensonge et la fornication sont de vilains péchés. » 

                              Un morceau d’anthologie, vous reprochez à un gus (un vrai guignol je n’en disconviens pas), de contrevenir à sa religion par mensonge et fornication interposés juste après lui avoir reproché de ne pas contrevenir à sa religion en matière de polygamie autorisée si nécessaire… ça commence bien.
                              Revenons à Ramadhan donc primo vous lui reprochez d’avoir soutenu ce lâche, accordé.
                              Deuxio 
                              où ils ont enfanté une génération hybride qu’on appelle « citoyens européens de confession musulmane ». Beaucoup sur ce fil apprécient déjà le « hybride »

                              « Philosophe, beau garçon et beau parleur, crevant l’écran sur la scène médiatique »

                              Jaloux ?
                              « niqab ou burqua. Le Maghreb a connu quelques années avant l’Europe cette « mode importée » sous l’impulsion de prédicateurs exaltés et de voyageurs jihadistes revenus du Pakistan, d’Afghanistan, d’Egypte ou du Golfe Arabe. » 

                              C’est vrai sauf que parler d’importation sans préciser la mode locale est un peu trompeur :
                              Lemlaya constantinoise
                              El hayek algérois


                              Tariq Ramadan entretient constamment la confusion sur son identité personnelle. « Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d’adoption. » 
                              Ah c’est comme ça que vous le comprenez vous

                              « Il a reconnu être un salafiste » No comment. 

                              Ensuite de salafiste il passe à frère musulman famille oblige. Ah oui c’est vrai vous lui reprochez longuement sa famille jusqu’à l’ex-nazi financier de l’OLP, du FLN et ami de son père… eh bé !

                              « La nationalité suisse de Tariq Ramadan ne doit leurrer personne. » 
                              Tariq Ramadan est né le 26 août 1962 à Genève où il fait ses études à l’Université.
                              Non non rien…

                              « Ce n’est qu’un camouflage cosmétique pratique pour mieux dissimuler son enracinement profondément égyptien et sa vocation de leadership panislamiste. » 

                              Je dois vous croire sur parole c’est ça ?

                              « Il a été plusieurs fois cité parmi les 100 intellectuels les plus influents du monde par des magazines anglo-saxons »
                              Et pas vous ? Nooon Pas possible …

                              «  idolâtré par une jeunesse admirative sous le charme lyrique du verbe islamique. »

                              Alors cette phrase, elle est pour le marbre où je n’y connais rien 

                              « Tariq Ramadan décrète que les musulmans vivant en Occident ne doivent plus se considérer comme des étrangers, des résidents temporaires, des minorités mais comme des citoyens à part entière en évitant toute aliénation culturelle. » 

                              Parce que selon vous c’est comme étrangers qu’ils doivent continuer à se sentir c’est ça ?

                              « Ramandan s’offre la paternité de ce qu’il appelle la « nouvelle visibilité » des musulmans et reconnaît lui-même être à l’origine de la montée de l’islamophobie européenne et occidentale, dans son dernier ouvrage »

                              C’est lorsqu’il dit s’être retrouvé au centre de polémiques c’est cela ?

                              « En multipliant les conférences et les fréquentations des studios télés, Tariq Ramadan a vite gravi les marches de la notoriété médiatico-politique. Tentant toujours de policer son discours médiatique et de « noyer le poisson », son double discours a rapidement été décelé et dénoncé »

                              Heureusement qu’on vous a hein, c’était moins une

                              « Toujours animé de l’idéal panislamiste de ses ascendants, il ambitionne de partir à la conquête de l’Amérique »

                              Et c’est bien sûr lui qui sèmerait l’islamophobie smiley

                              « Sa tendance mégalomaniaque, narcissique »
                              « des interventions très superficielles tournant toujours autour d’épiphénomènes portant gravement atteinte à l’image de l’Islam, »
                              « où des animateurs se moquent de lui par des questions d’une banalité affligeante, et où on lui rappelle avec délectation son humiliation cathodique face à Sarkozy. » 

                              Je pense que vous avez un problème mon garçon…

                              « Tariq Ramadan vit lui-même un problème d’identité, de légitimité, de représentativité, et d’universalité. Il ne représente en fin de compte que le profil type de l’intellectuel musulman complexé en quête perpétuelle de reconnaissance dans le monde judéo-chrétien » 

                              Ah ben voilà on y arrive smiley

                              • armand armand 3 mai 2010 14:49

                                Le problème du gugus de Nantes c’est (entre autres choses) son incohérence : ou alors il assume sa polygamie rituelle, se drapant dans la nécessité religieuse, ou alors c’est un Français qui a des maîtresses. Sa déclaration officielle, brandissant ses « maîtresses » contrevient déjà à l’Islam ; et quand il les aurait épousées religieusement, les traiter en public de « maîtresses », outre l’injure, serait l’équivalent d’une répudiation, à en croire une association musulmane qui a porté plainte contre lui.

                                S’il y a contradiction chez Ramadan, c’est qu’il ne peut en être autrement. D’abord parce que l’Islam est forcément « panislamique », car ignorant les clivages de nation et de race ; et parce que dans le cadre spécifiquement européen la laïcité officielle dissimule une réalité têtue - l’Europe est culturemment chrétienne comme la Turquie, officiellement laïque elle aussi, est culturellement musulmane. Or, cette double nature (laïcité officielle, fond culturel chrétien) se heurte aux prétentions de visibilité de toutes les minorités religieuses, autant juives que musulmanes.

                                Pour couronner le tout, Ramadan endosse volontiers le rôle de l’intellectuel médiatique, comme, en son temps, BHL et d’autres. Il y a une réflexion plus ou moins profonde, et puis il y a la nécessité de s’afficher pour ou contre sur fond de tel ou tel conflit emblématique, où l’on prend des postures par rapport à des symboles, des mots-clés, des « pitchs ».


                              • Jojo 3 mai 2010 17:43

                                Lu et approuvé Armand, je préfère et de loin la nuance que vous apportez sur Ramadan, mais j’avoue ne pas le connaître suffisamment pour me faire ma propre idée, ça devrait venir.

                                Sur le Gugusse j’en rajoute même une couche : Dire d’une femme qu’elle a des mœurs légères alors qu’il n’en est rien, est un péché capital passible de ce que vous savez en Islam. Alors en traiter trois de la sorte… et ses propres épouses, pour des allocations qui plus est ou pour éviter des poursuites judiciaires. Cet homme n’a pas compris grand chose… Bonne soirée.


                              • Antoine Diederick 3 mai 2010 21:50

                                a Armand,

                                « Le problème du gugus de Nantes.... »

                                il est possible de le voir ainsi, un homme dans une secte et qui a des maîtresses ainsi que des enfants....tout simplement.... mais communément « à la française », c’est moins certain smiley


                              • samir 3 mai 2010 14:09

                                lol mauvais Article assez malhonnete

                                @ l’auteur Lounes vous cherchez un poste au Monde ? au nouvelobs ? je comprends votre posture ideologique : la marché de l’emploi journalistique est plus ouvert des lors que l’on casse rgatuitement du musulman

                                double discours ? mais attendez quand est ce que l’on a accusé BHL, Finkielkraut et autres sionistes de pratiquer le double dfiscours ? ils n’ont jamais été accusées de cela alors qu’ils defendent souvent des positions incompatibles...

                                non le probleme avec Tariq Ramadan (et Zemmour, Fourest et les sionards etc en ont fais les frais) c’est que dans un débat aucun ne fait le poids contre lui aujourd’hui en France he he he

                                *Grace a Ramadan, Eric Zemmour a elargit son champ culturel sur la laicité
                                *Fourest s’est fait demontée en live par Ramadan (citations du liovre de Fourest a l’appui) chez Taddei
                                *Seul Sarkozy (qui savait qu’il ne fasait pas le poids au niveau de la dialectique) s’en est officiellement sorti en usant et abusant du gros et du gras discours victimaire passionel (sur l’anitsemtiisme, et la condition des femmes bla bla gros speech demago) mais dans un vrai debat d’idées il n’aurait pas fait un pli

                                on casse Ramadan, on l’attaque sur sa famille, on l’attaque ad hominem on l’accuse de double discours sans jamais prouver quoi que ce soit tout cela parce qu’on a peur de cet homme brillant...


                                • mokhtar h 3 mai 2010 14:16

                                  Je ne connais pas bien Tariq Ramadhan. Je viens à peine d’avoir des précisions sur ce qu’il dit et sur ses origines, dans cet article bien informé.
                                  Musulman vivant dans un pays musulman, je n’ai qu’un regard extérieur sur la question islamique en Europe où j’ai résidé quelques mois.
                                  D’abord, des faits : le projet politique et économique occidental est en échec, après avoir perdu ses colonies et ses marchés extérieurs, et n’a plus de ressources que des créneaux nouveaux ainsi que des bulles boursières et financières, pour s’assurer une dominance mondiale, ainsi que la réduction drastique de la prospérité interne au détriment de la majorité de ses populations (chômage, attaques sur les systèmes de retraite, hausse de la pauvreté, aggravation des écarts de revenus entre les catégories les plus riches et les plus pauvres).
                                  Ajoutons à cela, un dépérissement démographique, où même le taux de renouvellement de la population est menacé en Occident, avec la réduction de la natalité et l’appauvrissement de la fécondité. Choses qui ne peuvent être comblées que par l’immigration. Ces deux éléments, concomitament à la montée de l’Islam, expliquent le changement de la structure démographique européenne .
                                  Et qui dit, immigration, dit intégration, ou communautarisme, du moins sur quelques générations. D’où des frictions, en situation de dépérissement ou de déclin de l’un et de montée de l’autre.
                                  De mon point de vue ; Tariq Ramadhan , tel que présenté ici, est consubstantiel, ou connexe si l’on veut, aux crispations adverses du genre discours lepéniste ou identitaire en France.
                                  Un musulman peut très bien s’adapter aux lois de la République française, sans renier quoi que ce soit de sa religiosité, en vivant normalement.
                                  La nourriture halal : très possible en mangeant des œufs et des poissons. PARTOUT en Europe et Occident. Sans exceptions. Les exigences de menus halal dans des restos et continent qui n’en font pas, sont exagérées et peuvent être considérés comme des abus qui peuvent être traités comme tels.
                                  La burqa et le Niqab : d’origine du Golfe et d’Iran, inconnus et encore rares au Maghreb jusqu’à ces dernières années, peuvent et doivent être interdits pour des raisons de sécurité uniquement. Tout comme la barbe islamique ou sikh ou tout simplement européenne doit être interdite en milieu hospitalier pour des raisons d’hygiène stricte. Les autres voiles (hijab entre autres) ou fichus sur la tête et les épaules ne sont pas le monopole des communautés islamiques. Ceci dit, les discours dominants sur la question ainsi que les prétendues objectifs de libération de la femme musulmane ne sont que des discours paternalistes sans effet sur des femmes qui ONT POURTANT FAIT LEUR CHOIX. C’est aux musulmanes, et à elles eules, de savoir où sont leurs intérêts et quelle est la meilleure manière de les défendre.

                                  Observation du jeûne du Ramadhan : le musulman au travail n’a pas à exiger des horaires spéciaux, le jeûne n’étant obligatoire qu’entre le lever et le coucher du soleil, sauf en cas de poste de travail, particulièrement pénible à proximité de fours de sidérurgie ou d’émanations chimiques particulières. En cas de patron non compréhensif, il reste au musulman de prendre son congé annuel pendant cette période ou, au pire,de se mettre en congé sans solde. Au pire des pires, et devant la contrainte, et uniquement devant la contrainte, l’Islam permet au Croyrnat de s’abstenir de jeûner pendant ce mois, en attendant de le faire pendant son congé annuel, ou plus simplement encore de nourrir un pauvre pendant une durée égale au nombre de jours non jeûnés. Pendant les horaires du travail, la rupture du jeûne peut se faire, sur site, au poste, avec un verre de lait ou un croissant et café ou simplement avec un verre d’eau, le musulman pouvant attendre de sortir de son travail, rentrer chez lui et diner tranquillement.

                                  Fêtes musulmanes : il y en a deux par année, obligatoires. Mais l’Islam n’en a jamais fait des journées chômées et payées. Au grand jamais.

                                  Polygamie :
                                  si j’en crois ce que j’ai lu à AV, en France, c’est beaucoup plus un phénomène africain (malien je crois). Cela fait longtemps que les musulmans ne la pratiquent que très rarement, et encore, dans les familles riches du Golfe, ou encore au Maroc en en Mauritanie en milieux traditionalistes. Enfin, les polygamies déguisées ou quais polygamies, pour soutirer quelques milliers d’euros en allocations familiales et autres subventions et soutiens aux ménages, ne sont pas le monopole des musulmans.

                                  Aussi, bien que très médiatisé Tariq Ramadhan ne représente pas cet Islam normalement et moyennement constitué qu’est l’Islam maghrébin malékite et hannafite, un Islam serein et bien dans sa peau : la communauté musulmane, émigrée et maghrébine, ne causait pas tant d’interrogations pendant sept à huit décennies au siècle dernier en France. C’est le retour en force du wahhabisme rigoriste, d’origine saoudienne, qui a tout gâché et en s’internationalisant à partir de 1973, grâce à la manne financière d’origine pétrolière, avec le puissant soutien imbécile américain, à la faveur du pèlerinage annuel rassemblant des millions de musulmans et favorisant le prosélytisme, la solution capitularde pour la question palestinienne et moyen orientale, et la guerre d’Afghanistan.
                                  Aussi, également, la question islamiste n’est qu’un retour de bâton de l’Occident devant sa propre création (le wahhabisme et Ben Laden avec ses afghans), et une source d’embarras et de tueries, et de terrorisme en pays musulmans. D’ABORD. Même les régimes stipendiés arabes ne sont, au fond, pas à critiquer, quand ils composent avec cet islamismo-wahhabisme importé de la sorte. C’est l’Occident qui a donné le mortel exemple pour s’abreuver en pétrole.

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