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Accueil du site > Tribune Libre > Tasmanie = Nécro-Ecologie !

Tasmanie = Nécro-Ecologie !

Vous me direz qu’est ce qu’on en a à battre de la Tasmanie ? ET c’est où ça ? Alors en plus, les problèmes écolos de Tasmanie... Il est vrai que l’on peut toujours se dire « pas mon problème, y’a assez de merdouilles chez moi », Ouais ! Mais comme nous sommes dans un « village global », ce qui se passe à 20.000 Km de chez toi, par effet papillon va te revenir en pleine poire mon aveugle qui s’en fout !
 
Tasmanie et Gross Papier
La Tasmanie est une île au sud est de l’Australie, sa région du sud-ouest est densément boisée. Le parc national l’occupant abrite les dernières forêts pluviales tempérées de l’hémisphère Sud. Et c’est là que ça devient intéressant :
- (...) La forêt de Tasmanie, au sud de l’Australie, est l’un des joyaux écologiques de la planète. Dans ce sanctuaire végétal de trois millions d’hectares, on trouve de nombreuses essences rares et uniques au monde, comme l’eucalyptus géant ou le pin Huon. Vestige de la préhistoire, cette forêt est au cœur d’une bataille acharnée entre protecteurs de l’environnement et industriels (...)
Vous avez bien lu : parc national, c’est comme en Alaska et ailleurs, les parcs nationaux sont donnés en pâture aux industriels, qui, veulent eux exploiter, faire du fric et partir pour recommencer ailleurs... Pourquoi pas chez vous ensuite ?
- (...) Car des entreprises exploitent la forêt, coupant chaque année environ 8 millions de mètres cubes de bois pour alimenter des usines de pâte à papier. Chaque année, 20 000 hectares de la forêt de Tasmanie partent ainsi en fumée. Les écologistes dénoncent un véritable « massacre à la tronçonneuse » et organisent la résistance, bloquant engins de chantiers et organisant des campagnes contre les clients et les banquiers qui profitent de la déforestation (...)[1]
 
Le 29 septembre je regardais sur Canal+ un documentaire - Spécial investigation -Déforestation : massacre à la tronçonneuse – Ca m’a laissé vachement pensif...
D’abord la majesté des arbres, qui culminent à des 90m au dessus du sol, 20m de circonférence, c’est vert et paisible, si... Y’avait pas ces engins de déforestation qui creusent, bousculent, broient, arrachent et j’en passe à coup d’appareils venus d’une autre planète. Lorsque tout est bien nivelé, un hélico survole le « site », balance un genre de napalm, tout crame, car ne sont prélevé que les arbres intéressant l’industrie du papier, 70% reste au sol. Les pirates replantent des eucalyptus d’une autre essence, qui eux grimpent vite vers le ciel ; c’est aligné comme une revue soldatesque d’un 14 juillet supervisée par Kadhafi. Nos « écolos industriels », replantent non pour réparer les dégâts, mais pour pouvoir revenir dans quelques années récolter à nouveau des pépettes.
Les arbres millénaires sont transportés par camions vers l’usine. Et que deviennent-ils ces beaux arbres ? Des COPEAUX ! Ouais, des copeaux, qui seront chargés et envoyés dans l’usine de traitement au Japon, pour devenir des jolies feuilles de papier, que vous et moi allons gaspiller allègrement car « cette saloperie d’imprimante déconne encore ! »
Voilà, c’est ça l’progrès ! Et dire que cette foret a vue les dinosaures...
 
Coups « forêt » contre les écolos
Y’a plein de mecs qui renaudent, les écolos et les locaux. Pour les écolos, on s’enchaine à une carcasse de bagnole balancé au milieu du chemin, comme ça les engins sont bloqués. Mais les bucherons ne voit pas ça d’un bon œil et tapent, et ça tape dur un bucheron sur la gueule des écolos. Les « verts » campent dans les arbres, sur des passerelles au cas où on voudrait couper leur arbre ; ce qui serait un meurtre prémédité. Bref, comme vous le voyez, ce n’est pas demain que ces deux camps partiront en vacances ensembles. Les camionneurs sont aussi de la partie et cognent aussi.
- (...) Le bras de fer entre gentils écolos et méchants industriels est inégal, comme l’expliquent les militants : ils sont systématiquement poursuivis tandis que les industriels abattent les arbres, brûlent les forêts, déversent des substances toxiques et mènent la bataille à grands coups d’arguments politiques et juridiques (...)[2]
 
Les locaux eux n’ont rien à dire, la société Gunns organisatrice es-festivités du massacre fait ce qu’elle veut, achète à tour de bras des terrains et plante des arbres alignés au cordeau. Si le « voisin » n’est pas content « casse-toi povre con ! ». C’est sur qu’avoir acheté une maison au milieu des arbres et des prairies et de supporter le bruit des arracheuses et autres poids lourds portent sur les nerfs. Zont qu’à déménager en ville ces gueux là !
Tiens parlons de cette société GUNNS sans les « roses ». S’appeler flingues, ça donne le ton. Cette compagnie veut construire une usine à papier et utiliser les copeaux sur place ; le site de construction occupera une baie d’eau claire, et on s’en fout des dégâts écologiques. Gunns, est à la recherche de capitaux pour construire cette horreur ; pour l’instant ça rame un peu, mais les banquiers sentant la bonne affaire vont s’y précipiter vite fait.
Le grand truc comme toujours c’est les « créations d’emplois »... Ben voyons, j’ai déjà entendu ça ! Pour les forestiers de 6000 emplois nous en sommes à 2400. Pour l’usine ce sera 1500 emplois. Donc, pour moins de 5000 emplois on va bousiller une forêt millénaire, détruire la qualité de vie d’une île, les habitants n’auront plus qu’à se barrer, les artisans locaux à mettre la clef sous la porte, pour, que l’action de Gunns[3] remonte à plus de $ 3,50 à la bourse Australienne et encore des actionnaires qui vont être content.
 
Mais que fait le gouvernement en son Minight Oil ?
 
Pas grand-chose. Un sénateur, Bob Brown[4] tente bien d’arrêter les tronçonneuses, d’empêcher la construction de l’usine par Gunns ; il se bouge en tous sens, mais que dalle. Son vieux pote, Peter Garrett, le chanteur des Minight Oil, qu’est écolo et chauve comme la future forêt Tasmanienne et ben :
 
- (…) Opposition environment spokesman Peter Garrett has come under fire from Greens Leader Bob Brown.
Greens Leader Bob Brown says the Opposition’s environment spokesman Peter Garrett has turned his back on the portfolio over the Tasmanian pulp mill issue. Senator Brown says Mr Garrett has left voters with no choice between the two major parties by siding with the Government’s decision to approve the Gunns mill. "Peter went missing and lost his nerve, his backbone," he said (…)[5]His backbone…Oui, ta colonne vertébrale est perdue, par extension, ta droiture…
Tu l’as dit mon Bobby, le Garrett s’est mis du coté du manche, il a pris parti pour la construction de l’usine à gaz, en plus quant on a eu besoin de lui… Zippp ! Disparu en gueulant comme un putois. T’as raison, l’a perdu la pêche l’Peter !
Quelle déchéance la vie... J’ai tant aimé ce groupe, voir le grand chauve retourner sa veste me fout le cafard. Mais n’estes ce pas dans la génétique écolo ? Voir les Hulot de chez nous, un moment ou un autre ils rentrent dans le rang, et font fructifier leurs sacrifices à une « Cause »... La différence avec Hulot qui dit des conneries, c’est que Garrett au moins sait chanter.
 
Que dire : D’abord, comment se fait-il que nos « écolos » nationaux ne parlent pas de ce cas ? Si nous suivons leur logique, nous sommes bien dans le cadre d’une alerte globale non ? Alors, leurs préoccupations hexagonales - je me regarde le nombril paraissent bien sectaires...
La Tasmanie c’est loin et c’est proche, car, il y a une logique derrière tout ça ; l’industrie du papier qu’a jamais été aussi florissante, (allez y acheté des actions) a besoin de + en + de la déforestation, donc, qui est la prochaine victime sur la liste ?
 
Pour finir cher Peter Garrett, toi qui beuglait : « Comment pouvons nous danser lorsque notre terre tourne. Comment dormons-nous pendant que brûlent nos lits » Mouais, toi mon beau chauve tu t’es fait un lit, bien gras avec l’écologie, alors, une coucherie avec Hulot ça te dirait ?

 
Le Père Siffleur - GéZé/10/09/ - Les Ediles c’est comme les Idoles, ça va ca vient...
(Confucius et moi)
 
 
 
 
- Merci pour ton documentaire mon Franck Gombert, c’est bien tourné, ça donne tous les angles et points de vue. Bravo ! Et merci aussi à Victor Matet pour ton article dans tv .nouvelobs sur le travail de Franck.
 
 
 
 
 

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5 réactions à cet article    


  • K K 10 octobre 2009 11:28

    Et pendant ce temps, les usines de papier européenne meurent en silence. C’est sur que le bois n’a pas le même cout si il est d’origine sauvage ou si il vient d’une plantation dont on doit attendre la croissance.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 10 octobre 2009 19:18

      " Les arbres millénaires sont transportés par camions vers l’usine. Et que deviennent-ils ces beaux arbres ? Des COPEAUX ! Ouais, des copeaux, "

      Tout est dit, bruler une foret pour planter des arbres qui feront les journaux où se répandront les louanges à nos nobles dirigeants civilisateurs...pour finir dans ma cheminée...


      • Patapom Patapom 11 octobre 2009 00:51

        Quand je pense à tous ces prospectus que je reçois dans ma boîte aux lettres (malgré l’auto-collant qui dit que j’en veux pas)... Et qui finissent immédiatement à la benne à recyclage... Pour revenir la semaine d’après.

        C’est assez gerbant. J’en fais la collection, histoire d’aller tout reverser chez l’envoyeur un jour où j’en aurai vraiment ras le bol. Et je passerai sans doute la nuit au poste... Elle est où la justice là ?


        • Daniel Roux Daniel Roux 11 octobre 2009 11:53

          Article indispensable

          Ce qui se passe à l’autre bout du monde est du même tonneau et suit la même dynamique que ce qui se passe en Europe, Amérique, Asie et Afrique.

          Les méga entreprise financent les politiciens professionnels qui en retour favorisent leur prédation sur la planète et ses habitants. Rien de mystérieux au silence des médias et ONG écolo-business, qui se nourrissent aux mêmes sources à fric.

          Diminuer les saccages passent par une prise de conscience individuelle et la révision de milliards de comportements contre le gâchis et le consumérisme.

          En n’en reviens toujours à la promotion de l’individualisme (dénigrement systématique et interdiction du socialisme), à l’éducation (sévères contrôles des programmes scolaires et laxisme en matière de publicité) et à l’incroyable liberté de nuire laissée aux méga entreprises (Leurs riches actionnaires sont les vrais maîtres du monde).


          • LE CHAT LE CHAT 12 octobre 2009 10:18

            eh oui , beds are burning !

            Out where the river broke
            The bloodwood and the desert oak
            Holden wrecks and boiling diesels
            Steam in forty five degrees

            The time has come
            To say fair’s fair
            To pay the rent
            To pay our share
            The time has come
            A fact’s a fact
            It belongs to them
            Let’s give it back

            How can we dance when our earth is turning
            How do we sleep while our beds are burning
            Four wheels scare the cockatoos
            From Kintore East to Yuendemu

            The western desert lives and breathes
            In forty five degrees

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