• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Télécharger, c’est voler. Enfin... parfois
6%
D'accord avec l'article ?
 
94%
(36 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Télécharger, c’est voler. Enfin... parfois

Si si, je vous le démontre.

Enfin, ce que je vous démontre, c’est que parfois, télécharger, c’est voler et parfois non. Simple, non ?

Je fais suite à un très long commentaire posté chez Alexandre de chez Éconoclaste sur la problématique du téléchargement.

Dans son analyse, Alexandre (on ne se connaît pas du tout, c’est pour ça que je l’appelle par son prénom) essaie de montrer que télécharger, ce ne peut être du vol :

puisqu’aucun coût de production et de distribution n’est supporté par le détenteur du droit d’auteur dont le morceau est téléchargé.

Ce à quoi je réponds c’est faux, parce que c’est aussi vrai que faux. Et donc ce n’est pas vrai. Donc faux. Vous suivez ? ;-)

Cher Alexandre,

je suis dans l’ensemble relativement d’accord avec toi, ie j’adhère à la plupart des arguments, parfois moins avec leur justification.

Prenons l’exemple de :

On a déjà dit que le téléchargement ne dépossède pas un individu d’un bien coûteux, puisque aucun coût de production et de distribution n’est supporté par le détenteur du droit d’auteur dont le morceau est téléchargé.

Je ne suis pas tout à fait d’accord. Imaginons que je trouve le coupé Pigeot 5006 CC HDI FAP ETC très sympa. Je me mets à en produire, la réplique exacte, je mets mon logo : elle devient la ETC 6005. Ai-je le droit de la vendre ? Vole-je Pigeot ? A priori, selon ton argument, non, puisque toute la production et la fabrication n’est pas supporté par les ayants droit...

Pourtant, quand Pigeot fabrique une tuture, il est réfléchi en amont aux volumes des ventes, etc. (réflexion qui parfois foire, ex de la renault arrêtée au bout de 6 mois, ex de la 206 cc dont il fallait, malgré des préstocks, attendre 13 mois et quelques déjà après sa sortie). Ces volumes prévisionnels de vente conditionnent tout un tas de variables derrière (embauche supplémentaire pour produire, construction éventuelle de nouvelles usine, etc).

De fait, si je vends à l’identique une Pigeot sous la marque RéplicaTutur, j’ai bien volé. Mais j’ai volé quoi ? L’argent de Pigeot qu’il a mis de côté à une époque pour la dépenser ensuite en R&D qui a abouti au développement du projet coupé Pigeot 5006 CC HDI FAP ETC. En ce sens, même si tu ne considères pas le vol de voiture, il y a là comme un procédé tout à fait déloyal pour le moins.

Que dit le dictionnaire au fait ? Voler :

  1. S’emparer frauduleusement et quel que soit le procédé utilisé, de ce qui appartient à autrui, avec l’intention de le faire sien. Mais aussi
  2. S’emparer, le plus souvent sans droit, de ce qui peut être considéré comme appartenant à autrui, à une autre réalité, à une autre activité d’ordre moral, social ou culturel. Ou encore
  3. Léser sciemment une personne dans ses intérêts pécuniaires, en prenant sur elle un bénéfice excessif ou en ne lui donnant pas tout ce qui lui est dû
  4. il y en a d’autres encore... (plagier, etc.)

Voilà : parle-t-on du même vol ? Pour certains (je ne les cite pas, ils se reconnaîtront eux-mêmes...), voler, c’est la définition 3, pour d’autres (qui se reconnaîtront aussi), voler, c’est la définition 1 ou 2. Et effectivement, si elles ne sont pas du même ordre (juridique, moral, philosophique, économique...), peut-on dire que nous parlons de la même chose ?

Revenons à notre chanteur Jean-Louis Dumur.

J’ai téléchargé son dernier album J’ai rien vu venir. Pour certains, j’ai volé (juridiquement par exemple pour l’Etat, économiquement pour le producteur et pour l’artiste), pour d’autres non.

In fine, la vraie question est quel sens je donne à mon téléchargement : y a-t-il une volonté délibérer de bénéficier gratuitement d’un plaisir sans rémunérer l’auteur ? Ou bien ?

Pour ma part, j’ai beaucoup téléchargé à une époque. Résultats ? Des tonnes de titres et d’albums, certains toujours en .rar, d’autres dans itunes, mais dont le compteur du titre affiche toujours zéro. Ou « un » !

Tu parles d’un vol...

Pourquoi je téléchargeais ?

Parce qu’aujourd’hui, l’offre est telle (comment ça une crise du disque ?) que je ne peux pas me permettre de dépenser entre 13 et 18 euros par album, multiplié par « n » albums, pour éventuellement me dire au bout de 3 titres : "Mon dieu quelle merde !"

J’ai découvert des artistes avec le téléchargement. Je ne vais pas faire la liste ici, mais je n’ai jamais acheté autant d’albums, de live, de DVD de concert depuis que je télécharge. Je n’ai jamais fait autant de concerts (entre 8 et 15 par an, en couple (1 500 euros/an + essence + la bouffe au resto après...) que depuis que je télécharge.

Et puis, en p2p, il y a du libre ? Comment je fais moi pour écouter le libre mis à ma disposition sur la mule si j’ai plus le droit de l’utiliser ?

Alors ?

Alors ne nous trompons pas. Je ne dis pas que télécharger est bien. Mais avec la diversité et le prix des albums, existe-t-il un autre choix ?

J’ai longtemps pensé comme beaucoup que télécharger un album ne pouvait pas être du vol : je ne lésais personne.

Mais aujourd’hui, j’ai changé d’avis : si, c’est du vol. Mais pas n’importe lequel : c’est un vol pécuniaire effectif à partir du moment où je profite indûment du plaisir ou du profit que l’écoute du disque m’apporte sur le long terme. Ce que je ne fais pas.

En ce sens, la morale et l’économie sont sauves parce que si cet album est vraiment bon, je l’achèterai et/ou j’irai voir l’artiste en concert. Et tout le monde y gagnera. L’artiste, le producteur et mon plaisir.

L’album Machin chose que j’ai téléchargé, que j’ai écouté 5 minutes et que je n’ai pas supprimé de mon disque dur (mais mis dans un répertoire qui n’est pas accessible en upload lorsque intégré à ma bibliothèque) par fainéantise, ce n’est pas du vol, c’est même un progrès : c’est le droit de savoir devenu gratuit. Après tout, les essais chez Pigeot, c’est gratuit aussi, non ?

Si un jour, tel ou tel procédé ne me permets plus de télécharger, c’est l’industrie du disque et elle seule qui y perdra. Pourquoi ? Tout simplement parce que de mon côté, je ne pourrai pas regretter d’avoir rater tel album, ne sachant pas qu’il existe. Par contre, ce qui est clair, c’est que d’une part, j’achèterai beaucoup moins d’albums et, en concert, je n’irai plus voir que des valeurs sûres. Jean-Louis Aubert ne m’a encore jamais fait défaut... Et tant pis pour les petits nouveaux.

Pour que le téléchargement ne soit plus un vol, c’est relativement simple :

  • les artistes n’ont plus qu’à être bons ;
  • les disques et les concerts moins chers (Céline Fion : de 100 à 200 euros pour 10 concerts à Bercy, sachant que non seulement, elle est en configuration 15 000 personnes, mais aussi que vu la disposition de la scène, elle vous tournera le dos pendant en moyenne... la moitié du spectacle !! 200 euros : mais ça fait pratiquement du 1 400 francs la place !! Et c’est la moitié des places qui sont à ce prix là !! M’enfin, économiquement parlant, je la comprends : si, à ce prix-là, elle remplit dix fois Bercy, elle serait bien bête de baisser les prix... Prix et configuration chez Ticketnet) ;
  • plus de pouvoir d’achat ;
  • des personnes mieux éduquées.

Les deux dernières conditions étant nécessaires, on comprend bien que cela va couter cher à l’État...

Sinon, il y a l’autre solution. Faire une loi pour interdire le téléchargement. Comme disent certains, plus de corps, plus de cadavre ; plus de cadavre plus de meurtre. Ainsi, plus de téléchargement, plus de vol. Aux deux sens du terme. En plus, faire une loi : c’est pas cher. Et je ne suis pas loin de penser que le monde de la musique, en agissant ainsi, ne fait rien d’autre que de se tirer une balle dans le pied. Ils doivent être comptables, et pas économistes...

par Vicnent (son site) jeudi 29 novembre 2007 - 16 réactions
6%
D'accord avec l'article ?
 
94%
(36 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Halman (xxx.xxx.xxx.131) 29 novembre 2007 10:49
    Halman

    "Parce qu’aujourd’hui, l’offre est telle (comment ça une crise du disque ?) que je ne peux pas me permettre de dépenser entre 13 et 18 euros par album, multiplié par « n » albums, pour éventuellement me dire au bout de 3 titres : "Mon dieu quelle merde !"

    J’ai découvert des artistes avec le téléchargement. Je ne vais pas faire la liste ici, mais je n’ai jamais acheté autant d’albums, de live, de DVD de concert depuis que je télécharge. Je n’ai jamais fait autant de concerts (entre 8 et 15 par an, en couple (1 500 euros/an + essence + la bouffe au resto après...) que depuis que je télécharge."

    C’est exactement le problème. Marre d’acheter tout un album pour seulement un ou deux titres de bons et 10 cochonneries commerciales, pour remplir les 40 minutes de l’album.

    Et que deviennent les oeuvres jamais mises dans le commerce ni en vhs ni en dvd parce que jugées peu rentables, et qui n’existent plus que sur le net ?

    C’est au final la loi commerciale qui impose qu’un titre soit édité ou non. Et s’il n’est plus édité par les majors, il disparait tout simplement de la circulation, des mémoires. C’est inadmissible. Grace à certains décideurs à gros cigares, seules les films qui raportent du fric ont droit d’exister, même si ce sont des grosses nullités creuses et insipides purement commerciales faites sur un même moule. Et les petites merveilles disparaissent une à une, sauf celles miraculeusement archivées sur le net.

    Qu’on mexplique où est le vol dans le cas du téléchargement d’oeuvres disparues du commerce, donc sans droit d’auteur.

  • Par Vincent (xxx.xxx.xxx.252) 29 novembre 2007 11:27

    Les majors parlent de pillage, de manque à gagner et comme pour l’industrie du luxe donne une valeur aux contrefaçons et au copie illégales.

    Je pense que leur mode de calcul est erroné.

    Pourquoi ?

    Tout simplement la première chose, ces produit ils ne les ont pas fabriqué, donc ils ne leur on rien coûtés.

    Deuxièmement, si demain j’achète vrai un sac Vuitton à 5000 €, c’est que j’en ai les moyens, par contre si j’achète la copie de ce sac, à 30€ sur le marché, c’est que je veux me la péter devant mes copains, mais ce n’est pas pour ça que j’aurai les moyens de me payer le vrai à 5000€.

    Et qu’entend-t-on ?

    Que le manque à gagner de Vuitton est de 5000€, faut puisque si je n’avait pas eu l’occasion d’avoir une copie, je ne l’aurai tout simplement pas acheté, car en dehors de mes moyen.

    Pour la musique, c’est la même chose, je n’achète que les CD dont j’apprécie les auteurs, par contre il m’arrive de récupérer des fichiers de musiciens dont je n’apprécie que très moyennement le style.

    Aussi cela me fait vraiment mal au .... Comme on dit de claquer entre 15 et 20€ pour une demi bouse.

    Je pense que si nos artistes, enfin si les artistes des majors étaient moins formatés, avaient un peu plus d’originalité, ils seraient moins piratés.

    Mais maintenant, lorsqu’un artiste présente une maquette avant les considérations artistiques, on pense :

    Retour sur investissement immédiatement.

    Marketing, en se disant tient lui, il a une bonne gueule, je le verrais bien chez les 12-15 ans.

    Même s’il a une voit et un style pourrave, quelques arrangement et effets sonores feront l’affaire.

    Alors je pense que la standardisation des artistes présentés encourage à la copie de leurs fichiers.

    Maintenant quand j’achète un CD, je cherche dans le bac des indépendant, des autoproduits, car je sais où vont les 15 à 20 € que je lâche.

    Par contre dès qu’il s’agit dune major, je n’achète plus, les artistes récupère trois fois rien et certains finissent par s’auto produirent de nouveau.

    Les intermédiaires, producteur et grandes maisons ont tué le marché, la créativité et l’originalité de nos artistes et on fait croire à grand renfort d’émissions télé à tous les lycéens qu’ils pouvaient devenir chanteur en trois mois.

    Ah ben non désolé mais bien chanté sous la douche ne signifie pas avoir du talent.

    En conclusion, que les majors fassent des efforts pour sortir des artistes originaux, des CD à 10 € pas à 20 € et après on verra.

    En attendant, je vais de moins en moins acheter des CD, et j’écoute de plus en plus mes anciens CD.

  • Par Actias (xxx.xxx.xxx.34) 29 novembre 2007 15:59
    Actias

    La comparaison avec Pigeot est biaisée puisque comme vous le faites remarquer, Pigeaot table sa production sur les "volumes prévisionnels de vente". Ors avec le telechargement, c’est gratuit, et les volumes n’ont AUCUNE importance, qu’on telecharge un titre 0 fois ou un milliard de fois, c’est pareil.

    L’envirronement technologique a changé, aux majors de s’adapter ou de disparaitre. L’internet a prouvé qu’on pouvait tres bien se passer de nombreux intermediares.

  • Par Lucrezia (xxx.xxx.xxx.51) 29 novembre 2007 17:19

    Le mieux ne serait-il pas comme en Chine d’Interdire tout simplement Internet, en France !? Comme cela plus de problème de téléchargement ...Et puis supprimons des Ventes en France, les CD/DVD/K7 vierges ...comme cela il n’y aura plus de copie pirate ...

    Mais croyez-vous que cela corrigera le grave problème de la création artistique et des ventes ? Cela ne serait-il pas de supprimer les effets, mais sans vouloir s’attaquer à la cause : Arrêter de prendre les consommateurs pour des GoGos et faire de la création et non pas de la soupe marketing sur un air du déjà entendu ...pour gagner un mximum de pognon en un minimum de temps !?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox