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Accueil du site > Tribune Libre > Témoignage d’un auteur autopublié : pourquoi lulu ?

Témoignage d’un auteur autopublié : pourquoi lulu ?

Fondé par Bob Young, le co-créateur de Red Hat, n°1 des logiciels libres dans le monde, lulu.com s’est depuis peu attaqué au marché européen en s’attachant les services d’un imprimeur en Espagne. Son but : mettre l’auto-édition à portée de tous en permettant à chacun de faire imprimer son livre.

Lulu.com ne se considère pas, et à juste raison comme un éditeur à compte d’auteur mais comme une "société de technologies" (les livres ne sont pas, loin s’en faut, son seul domaine de compétence).

Pour nous autres Français, cette appellation de société de technologies est un peu vague. La question est légitime : si l’on s’en tient à l’aspect "édition", a-t-on affaire à du compte d’éditeur ? Eh bien seulement partiellement : si l’édition numérique et de livres papier est gratuite sans aucune condition, ce qui est déjà énorme, la distribution via le système de distribution global (qui comporte l’attribution d’un numéro ISBN et le référencement chez Amazon) revient quant à elle à 100 dollars. De nombreux services, et non des moindres, rendus par des éditeurs traditionnels (et notamment en ce qui concerne l’amélioration littéraire de l’œuvre) ne sont pas rendus par lulu. En contrepartie, éditer son oeuvre et disposer de sa page chez lulu ne prend guère plus de quelques heures, à condition de disposer de fichiers word ou PDF exploitables. On peut donc considérer lulu comme une entreprise à but non lucratif d’aide à l’auto-édition. Notons qu’elle recherche également des partenariats avec des éditeurs classiques.

Lulu.com constitue la meilleure solution pour moi car compte tenu de sa gratuité et de l’incroyable liberté de publication qu’il offre, j’estime qu’il ne possède son équivalent ni en France ni dans la francophonie - même si parmi les concurrents, on pourrait citer le site In Libro Veritas. Il faut savoir que le paiement des droits d’auteur est trimestriel, ce qui est déjà un gage de sérieux en soi. Le chiffre de vente des ouvrages est affiché en temps réel sur le site, et l’utilisateur connaît même le nombre de personnes ayant visité sa page personnelle chez lulu. Et puis... lorsqu’on s’aperçoit que lulu publie plus de 2700 ouvrages uniquement dans sa rubrique "science-fiction, fantasy et terreur" on peut être confiant quant à la pérennité de l’entreprise.

Pourtant, me rétorquerez-vous, pourquoi avoir voulu auto-éditer mon oeuvre, Espace et Spasmes, sans passer par ces fameux éditeurs traditionnels dont on peut penser qu’ils sont les mieux à même d’assurer la promotion des ouvrages ? Eh bien, j’ai essayé. Certains auteurs craignent la critique des directeurs de collection, souvent perçue comme un jugement définitif et arbitraire de l’œuvre. Je m’y suis soumis, je leur ai présenté mon livre. Mes démarches n’ont pas abouties.

Il se trouve que le genre particulier des recueils de nouvelles, à l’instar de celui des recueils de poésie, est réputé très peu vendeur. Il s’agit là d’une spécificité française, puisque les nouvelles et novelas sont bien mieux accueillies outre-atlantique. Dans le domaine particulier de la Science-fiction, les maisons d’édition françaises préfèrent publier des recueils de nouvelles d’auteurs anglo-saxons très connus (Asimov et Dangereuse Callisto en sont un exemple) plutôt que de miser sur de jeunes auteurs français. Ainsi, même les anthologies regroupant les nouvelles de plusieurs auteurs français connus se font de plus en plus rares.

Dans ce contexte, il m’est apparu évident que mon recueil n’avait aucune chance d’être publié par le biais traditionnel, et ce malgré le bon accueil que lui ont réservé les webzines. Lulu est donc pour moi, certes, une solution par défaut, mais également une chance offerte à Espace et Spasmes d’être remarqué un jour, une vitrine d’un remarquable professionnalisme.


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23 réactions à cet article    


  • tof (---.---.201.172) 8 août 2006 16:50

    Lorsque je vois des sites « faites le vous meme » je me pose souvent la question de savoir si cela ne va pas a l’encontre de la lutte contre le chomage ? J’ai bien compris que dans votre cas vous aviez essayer (sans succès) les editeurs traditionnels, mais d’une facon plus general, est-ce vraiment toujours un plus ?


    • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 8 août 2006 23:00

      On peut effectivement penser que l’édition en ligne de type « faites-le vous-même » risque de faire disparaître des métiers comme maquettiste, relecteur dans une maison d’édition ou typographe. Je dirais que d’une part, à chaque innovation technologique des métiers disparaissent, mais de nouveaux métiers peuvent également naître, d’autre part, l’édition en ligne représente un nouveau marché de niche pour les imprimeurs et peut en ce sens créer des emplois. Et puis les nouveaux artistes qui naîtront avec l’édition en ligne auront toujours besoin en connaissant le succès de techniciens ou de relecteurs à un moment ou à un autre. Lulu leur permet de s’exprimer et ils peuvent enfin échapper à l’emprise de l’édition à but strictement commercial.


    • Michael (---.---.112.42) 8 août 2006 18:28

      L’édition française est totalement discréditée, soumise à la ’pensée unique’.

      Cela fait des mois qu’en vain j’envoie mes TROIS manuscrits aux plus Gds éditeurs...pour rien.

      Il faut savoir que les auteurs comme Céline, Voltaire $ Co, ne seraient plus édités en ce monde pourri et dictatorial.

      Merci à l’auteur, pour ces propos sur LULU, que je vais rejoindre sous peu.

      Il faut que tous fassions la promo de LULU auprès de vos proches, pour qu’enfin les vrais lecteurs libres de la manip étatiste puissent touver d’autres valeurs et auteurs non conformistes : mon genre.

      Qu’on se le dise ! La liberté est à ce prix !


      • David Orbach davideo 8 août 2006 20:07

        Bravo pour cet article ! Cette solution alternative m’intéresse beaucoup.Mais je n’ai pas compris ce qui se passait une fois le livre édité. Où est-il vendu ? Qui en fait la promotion et comment ?

        Encore une fois félicitations


        • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 8 août 2006 23:13

          Merci ! Une fois le livre édité, il est vendu sur le portail de lulu.com, le site mettant à la disposition de chaque auteur une page telle que celle-ci : http://www.lulu.com/content/234548 Avec l’option de distribution globale (100 $), il est également vendu chez des libraires en ligne comme Amazon.fr ou Barnes & Noble. Il revient à l’auteur d’assurer s’il le souhaite la présence de son livre en librairie physique en assumant lui-même les risques tels le retour des invendus. En effet, lulu considère l’auteur comme son propre éditeur : en échange de la publication de son livre, ce site ne pose aucune autre condition que le versement automatique de 20% des droits d’auteurs pour les livres achetés par des personnes autres que l’auteur via son site. Il faut savoir que l’auteur peut tout à fait commander par exemple 100 livres à l’imprimeur via l’interface de lulu en ne les payant que le prix de fabrication, puis les revendre lui-même sans que lulu ne touche rien sur ses droits d’auteur. Evidemment l’auteur a tout intérêt à ce que les lecteurs viennent acheter directement chez lulu, pour ne pas avoir à gérer tous les problèmes de distribution/stockage.


        • popol (---.---.127.130) 9 août 2006 03:05

          bonjour

          si je comprends bien, ... dans votre cas, vous avez demandé l’option distribution à 100 euros ? je vous ai vu sur amazon.com ? autre petite question : le numéro ISBN est donné par lulu ? merci beaucoup pour votre réponse et je m’empresse de lire votre livre !

          popol


        • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 9 août 2006 19:46

          Oui, j’ai demandé la distribution globale à 100 dollars et je suis effectivement chez amazon.com. Le numéro ISBN est effectivement donné par lulu à partir du moment où on acquiert la distribution globale à 100 dollars. Lulu place également un code-barre sur le dos de la couverture du livre (à ce propos, j’ai trouvé la mienne parmi celles offertes sur leur site et j’en suis très content, il s’agit d’une des nouvelles galaxies découvertes par Hubble).


        • D.BENCHENOUF D.BENCHENOUF 8 août 2013 21:49

          Bonsoir


          Et j’ai justement voulu savoir où en étaient les comandes. Or, et alors que je savais qu’un vingtaine de personnes avaient commandé l’ouvrage, sans l’ombre d’un doute, je ne les trouve pas sur l’iterface des ventes. Alors, soit les informations n’y figurent pas en temps réel, soit ca ne parche pas aussi bien que vous les dites. Merci

        • polit (---.---.255.29) 9 août 2006 09:00

          Bonjour,

          Je m’étonne que n’évoquiez pas une utilisation possible : cela me paraît intéressant pour les professionnels de la formation. Cela dit, je n’ai vu pas d’usage de ce genre sur lulu.com - moi, cela m’intéresse. J’y vois la possibilité d’avoir un support de formation en qq centaines d’exemplaires.


          • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 9 août 2006 19:56

            Bonjour,

            Je n’ai pas évoqué l’enseignement car je suis davantage en prise avec les domaines de l’imaginaire, mais vous avez entièrement raison : lulu peut constituer un moyen formidable pour n’importe quel étudiant voulant transformer sa thèse en livre, ou pour n’importe quel enseignant qui désirerait écrire un ouvrage. Les universités ont déjà parfois leurs moyens propres de reliure/impression, mais c’est une corde supplémentaire à leur arc. A ce propos, j’ai été surpris de voir que mon ouvrage avait été acheté en deux exemplaires par une école américaine. Ils ont sans doute trouvé que lire de la science-fiction pouvait être un moyen plaisant d’apprendre le français...


          • André Fasbendair André Fasbendair 28 août 2006 16:36

            bonjour,

            à propos de lulu, ... comment savoir si le système fonctionne ? ... je veux dire : n’est-ce pas au final, un système qui sert juste à flâter les égos ? ?

            quand on se rend sur lulu.com on ne peut pas visualiser le nombre de ventes... mais seulement des classements de ventes ...

            n’avez-vous pas l’impression que nous risquons de créer une sous-culture et non pas une contre-culture ?

            d’avance merci,

            cordialement,

            André Fasbendair


            • Emmanuel Guillot (---.---.57.168) 28 août 2006 19:05

              Je ne pense pas que lulu soit un système qui vise juste à flatter les égos. Cela peut être l’une de ses fonctions, mais un auteur qui voudra imprimer 500 ou 1000 exemplaires de son livre en passant au départ par lulu (on n’est pas obligé de s’en tenir à l’imprimeur de lulu une fois que le livre est créé) et faire de sa plume son métier pourra toujours essayer... à ses risques et périls, bien entendu. Des éditeurs professionnels peuvent aussi faire appel à lulu, notamment pour être distribué aux Etats-Unis.

              Contre-culture, sous-culture, culture... nous avons les trois avec lulu. Le site présente un panel extrêmement variable d’oeuvres, sans doute représentatif de ce que reçoivent les maisons d’édition, mais en plus varié encore. Il y a du bon et du moins bon, mais même s’il faut 10 000 mauvais textes pour en avoir un bon (ce dont je ne suis pas sûr, l’intérêt des textes dépendant souvent des individus qui les lisent), du moins lulu permet-il à chacun de donner libre court à sa créativité, et offre-t-il ainsi la possibilité de découvrir des diamants ignorés des éditeurs...


            • Bouyer (---.---.2.97) 3 septembre 2006 10:43

              Bravo pour cette présentation et les commentaires. Votre voisin de Bellaing (Le Soir de Véga)


              • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 3 septembre 2006 12:46

                Merci, Gérard, ça a été un plaisir de faire votre connaissance. On peut consulter votre site à l’adresse http://perso.orange.fr/bouyer.gerard/ , je crois. Longue vie au Soir de Véga et bon courage pour Alamar !


                • patricia (---.---.34.133) 5 septembre 2006 17:28

                  Bonjour Je découvre Lulu avec beaucoup d’intérêt. Je suis entrain d’écrire un livre pour enfants (10-14 ans)et m’interroge sur la possibilité d’introduire dans le texte des graphismes, images, photos. Merci de votre avis. Et félicitations !!!


                  • Emmanuel Guillot (---.---.57.168) 6 septembre 2006 19:27

                    Bonjour,

                    Il y aurait moyen d’introduire des images, mais évidemment cela va faire monter la note. Il doit être plus difficile de rentabiliser un livre contenant des images (autres que la couverture) sur lulu, à mon avis. Vous pouvez vous rendre sur le forum français de lulu : http://www.lulu.com/forums/viewforum.php?f=265 et contacter Diana Sasse ou Leslie Boulay, qui ont elles-même (en particulier Diana) l’expérience de la publication de livres d’images chez lulu (de type BD ou autre).


                  • Christian (---.---.219.207) 6 septembre 2006 22:06

                    Bonjour,

                    Pour compléter la réponse d’Emmanuel, il faut distinguer l’insertion d’images noir & blanc qui sera sans incidence majeure sur le prix de l’ouvrage, de l’insertion d’images en couleur. Exemple un bouquin de 200 pages en noir et blanc revient à environ 7 ou 8 € - hors frais de transport -, un bouquin comportant au moins une image en couleur (donc, de fait, tout en couleur) reviendra à plus de 25 €.


                  • babelouest babelouest 2 décembre 2014 11:58

                    Bonjour.
                    J’ai aidé une amie à s’auto-éditer. Ajouter des images ne pose aucun problème sérieux, si elles sont en noir et blanc : en couleurs ce serait bien entendu très différent. Pour elle, j’en ai ajouté environ 70. Bien entendu, ce genre de tâche prend du temps. D’autant qu’il faut s’efforcer d’harmoniser les contrastes et luminosités, et que cela ne simplifie pas la mise en page.

                    Autre avantage apporté par Lulu (et pour elle, elle connaissait, ayant par le passé été éditée chez Hachette, le Cerf, Balland...) : c’est la rapidité de mise à disposition. Entre le moment où vous confiez un manuscrit à un grand éditeur, et celui où l’ouvrage est en vitrine, il peut s’écouler un an. Si c’est accepté ! Ce qui n’est pas si fréquent. Bien entendu Lulu n’intervient en rien dans le processus de création, il se contente en fait d’imprimer à la demande. En revanche, demander la diffusion via les libraires ramène aux mêmes complications que le passage par un éditeur connu. Y compris le risque de refus, et l’obligation de satisfaire à certains critères, voire d’être obligé de récrire certaines parties, ou d’en supprimer.


                  • Emmanuel Guillot Emmanuel Guillot 2 décembre 2014 17:49

                    J’ai à présent tendance à conseiller Createspace si l’on souhaite, pour la diffusion, être référencé chez Amazon, et Lightning Source si l’on souhaite produire en impression à la demande des exemplaires moins cher et moins coûteux en frais de port que ceux de lulu (par exemple pour des séances de dédicace).

                    Voir cet article : http://alanspade.blogspot.fr/2014/08/archive-15092012-mon-experience-avec.html


                  • Christian (---.---.219.207) 6 septembre 2006 22:21

                    Emmanuel,

                    Tu fais bien le tour de ce qu’est lulu à travers ton expérience. Toutefois je ne pense pas qu’« On peut donc considérer lulu comme une entreprise à but non lucratif d’aide à l’auto-édition. »

                    Cette entreprise est à but lucratif comme pratiquement toutes les entreprises, cependant elle ne pratique pas son activité comme peuvent le faire certaines officines de triste réputation concernant « l’édition à compte d’auteur ». C’est tout.

                    Sa particularité, tu l’as bien expliquée, est de mettre toute une ingénierie en ligne à la disposition d’un auteur. Libre à lui de l’utiliser à minima et de ne pas dépenser un kopeck, ni en faire dépenser à des lecteurs ou d’utiliser à fond tous les services et, en amenant des lecteurs, amener les fonds qui permettent de faire tourner la boutique.


                    • Emmanuel Guillot (---.---.57.168) 6 septembre 2006 23:09

                      Oui, je me suis peut-être un peu enflammé en parlant d’entreprise à but non lucratif. Avec le recul, on a bien vu avec Google qu’un service « gratuit » pouvait permettre à la société ayant imposé sa technologie de réaliser bien des bénéfices. C’est sans doute ce qui est en train de se passer avec lulu. Ce qui n’empêche qu’à mon avis, si lulu n’existait pas il faudrait l’inventer, dans le contexte actuel de l’édition française.


                    • Marie-Anne (---.---.159.220) 10 décembre 2006 13:50

                      Bonjour,

                      Je suis en train d’écrire un livre de cuisine et j’aurais aimée savoir comment ca se passe pour les photos ? Lulu s’en occupe t-il ? Peut-on apporter nous-même des photos photographiées ? Merci.


                      • Emmanuel Guillot (---.---.57.168) 11 décembre 2006 21:44

                        Pour ces questions, le mieux est de s’adresser directement à Michael Frappier, le représentant français de lulu : mfrappier@lulu.com

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