Sans doute le Président de la République le plus détesté de toute l’histoire de France, Nicolas Sarkozy aborde le second tour de l’élection présidentielle du 6 mai 2012 avec des gros handicaps, une forte impopularité, une situation sociale dévastée par la crise financière mondiale et une surenchère suicidaire sur le front sécuritaire. Pourtant, il y a eu de très bonnes réformes. Rapide rappel en sept points.
Le mercredi 16 mai 2007, Nicolas Sarkozy était officiellement investi comme vingt-troisième Président de la République française, le sixième de la Ve République, pour une durée de cinq ans. Rompant avec une double présidence de Présidents âgés et longs (quatorze ans de François Mitterrand élu à 64 ans et douze ans de Jacques Chirac élu à 62 ans), Nicolas Sarkozy, à 52 ans, renouvelle le mandat qui se voulait proche des gens et réformateur de Valéry Giscard d’Estaing élu à 48 ans en 1974. Il a maintenant 57 ans et la gravité en plus.
Une communication décalée par rapport au moral des Français
Comme VGE, justement, Nicolas Sarkozy a accumulé au fil de son mandat beaucoup de mécontentements et même de la haine au point d’être très bas dans les sondages et d’être doublé par son concurrent au premier tour de l’élection présidentielle.
Il est vrai que le style présidentiel a pu choquer, sur des images fortes, comme aller au Fouquet’s ou faire une retraite sur le yacht d’un richissime ami industriel. En eux-mêmes, ces gestes ne sont pas illégaux ni même immoraux (préférerait-on que ce soit l’État qui lui paie de telles vacances ?) mais ils symbolisent un éloignement par rapport à la "vraie" vie de ses concitoyens, renforcée encore par la crise financière de septembre 2008 et les suivantes.

Ce sont pourtant des images, comme celle des diamants de Bokassa ou de la Porsche empruntée de Dominique Strauss-Kahn. Des éléments dérisoires par rapport à la somme des responsabilités à la magistrature suprême, mais qui donnent une vitrine détestable, d’autant plus que la réforme du bouclier fiscal (qui a été créé par Michel Rocard avec la CSG et renforcé par le gouvernement de Dominique de Villepin) a laissé entendre dès le début du quinquennat que le gouvernement préférait favoriser les riches aux pauvres grâce à une bonne orchestration du PS.
La gouvernance a pu choquer en raison de plusieurs points : 1° considérer que rien n’est tabou, c’est désacraliser de grandes valeurs (notamment celle de laïcité) ; 2° réagir au quart de tour après un fait divers, c’est faire des lois trop rapidement et bâclées ; 3° réformer sur tous les fronts, c’est rendre illisible une politique trop volontariste au point de rendre muets en mai 2011 des militants de l’UMP qu’on interrogeait sur les deux bonnes mesures du quinquennat selon eux à citer.
Sept points positifs de la Présidence de Nicolas Sarkozy
Pourtant… il y a eu de très bonnes réformes acquises au cours des cinq années du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Je vais en citer sept qui me paraissent intéressantes pour l’avenir de la France.
1. Réaction face aux crises financières mondiales à partir du 15 septembre 2008
Tout le monde dans la classe politique française a admis que Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon avaient réagi correctement à la crise financière. Le discours de Toulon du 25 septembre 2008 a même présenté un tournant très social à la politique gouvernementale. En 2009, la France a tenu mieux que ses partenaires européens à la récession : –2,6% au lieu d’une moyenne de –4%.
Nicolas Sarkozy est revenu le 1er décembre 2011 à Toulon pour y prononcer un second discours.
Le 15 juin 2010, le FMI considérait même que les réponses apportées par la crise étaient salutaires. La croissance du 1er trimestre 2011 (+1%) avait même donné du baume au cœur du gouvernement sur un retour durable de la croissance (mais la crise de la dette souveraine en été 2011 a tout plombé).
Parmi les mesures de réponse à la crise, j’en cite deux qui me paraissent très importantes : le grand emprunt qui vise à redonner un coup de fouet aux investissements stratégiques dans l’innovation technologique, en finançant des projets de recherche et développement à hauteur de 35 milliards d’euros sur trois ans (2011-2014). Tous les chercheurs admettent que de telles sommes n’ont jamais été débloquées depuis des dizaines d’années et vont apporter une impulsion durable dans la création de valeur ajoutée de demain. L’autre mesure a été la création du RSA dont la valorisation politique a essuyé une bien mauvaise publicité avec la dernière proposition de Laurent Wauquiez qui envisageait le plafonnement des aides sociales.
Des mesures favorables aux entreprises ont pu améliorer certaines situations : celle des fonds propres avec le dispositif ISF/PME (800 millions d’euros par an), le statut des auto-entrepreneurs qui permet de démarrer une activité entrepreneuriale tout en restant salariés, le remplacement de la taxe professionnelle par la contribution économique territoriale (réduction de 5 milliards d’euros). Si les statistiques de près de 2,5 millions de créations d’entreprises (dont, pour plus de la moitié, des auto-entrepreneurs) pour le quinquennat dépassent largement l’objectif de 1 million de créations d’entreprises du précédent quinquennat, il faut cependant pondérer avec le nombre de faillites au bout de deux ou trois ans et considérer également que la forte hausse du chômage encourage les demandeurs d’emploi à créer leur propre entreprise face à la difficulté de se faire recruter par une employeur, sans pour autant que l’entreprise soit pérenne ou alors la transformation fréquente d’une emploi de salarié en statut d’auto-entrepreneur pour la même activité.
La création en 2009 du Fonds stratégique d’investissement public (FSI) avec 29 milliards d’euros de dotation va permettre à l’État de prendre des participations dans des technologies stratégiques pour l’avenir (3 milliards d’euros ont déjà été investis).
La crise financière de 2008 a également eu un avantage politique collatéral : permettre de justifier que le programme présidentiel de 2007 ne pouvait pas être intégralement accompli en raison des événements. Et c’est aussi vrai que pour la politique de Valéry Giscard d’Estaing avec le second choc pétrolier en 1979.
2. Le Traité de Lisbonne
À mon sens, l’œuvre majeure du quinquennat de Nicolas Sarkozy restera la signature du Traité de Lisbonne le 13 décembre 2007 ratifié notamment par le Parlement français les 4 et 8 février 2008.
J’avais rappelé que l’œuvre majeure des deux septennats de François Mitterrand était, à mon sens, son inclinaison sans faille à la construction européenne à partir de 1983 et qui apportait entre autre la monnaie unique (l’euro) sans laquelle la France aurait terriblement souffert de la crise financière depuis 2008.
Or, l’échec du référendum français du 29 mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen (TCE), signé le 29 octobre 2004 à Rome, a cassé la dynamique d’intégration européenne au risque d’une paralysie institutionnelle catastrophique avec vingt-sept États membres.

Le volontarisme de Nicolas Sarkozy a été décisif auprès en particulier de l’Allemagne pour aboutir rapidement (en six mois) à un nouveau traité permettant de gérer la cohabitation à vingt-sept sans qu’il ne puisse y avoir de paralysie. Moins ambitieux que le TCE, le Traité de Lisbonne a permis, sans prétention, de franchir l’obstacle institutionnel, à défaut d’acquérir une "âme".
Ce volontarisme européen s’est également traduit durant la Présidence française de l’Union européenne par la création de mécanisme de solidarité européenne par des réserves permanentes de gestion de crise de 500 milliards d’euros qui a doublé à la fin 2011.
La remise en cause de Schengen donne en revanche un signe diamétralement opposé, où la construction européenne est utilisée dans un sens ou dans un autre en fonction d’impératif essentiellement de politique intérieure.
3. La question prioritaire de constitutionnalité (QPC)
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est une avancée majeure dans les droits des citoyens et dans la démocratie française. Incluse dans la réforme des institutions du 23 juillet 2008 aux côtés de quelques nouveaux droits aux parlementaires, elle révolutionne complètement le droit français et va compliquer à loisirs les procédures judicaires (au point d’avoir retardé le procès historique de Jacques Chirac, la décision du 20 mai 2011 de la Cour de cassation a été une étape cruciale).

L’idée est de permettre au simple citoyen de saisir le Conseil Constitutionnel sur la constitutionnalité d’une loi déjà promulguée n’ayant pas fait part déjà d’un contrôle de constitutionnalité. Ce contrôle a posteriori est une véritable révolution juridique puisque non seulement elle donne un pouvoir nouveau aux citoyens (pouvoir de contrôle des lois réellement inauguré par Alain Poher), mais également elle entraîne de fait à une instabilité législative qui favorise le citoyen, avec, comme illustration, la réforme de la garde à vue en 2011.
4. L’autonomie des universités
Vieux serpent de mer très connoté politiquement, puisque l’idée fut la cause des manifestations de novembre et décembre 1986 contre la loi d’Alain Devaquet qui ont coûté la vie à Malik Oussékine le 4 décembre 1986, l’autonomie des universités a été instituée après plusieurs tentatives en août 2007 par la Ministre de la Recherche Valérie Pécresse (actuellement au Budget). L’objectif est en particulier de permettre l’apport d’argent privé dans les projets universitaires tout en gardant le contrôle de l’utilisation de ces fonds. C’était une nécessité financière pour préserver l’excellence reconnue de nombreuses universités françaises.

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Allez les gars ne vous laissez pas distraire ;ce rako n’est qu’un sous-marin de la (...)
03/05 08:17 - LavoiLui au moins il ne s’invente pas un pédigrée...
03/05 01:36 - lulupipistrelleMdeP @ l’auteur Si c’est de la provoc, c’est réussi.Faut arrêter les articles (...)
03/05 01:23 - MdePMayonnez est un vieux garçon qui défoule sa frustration sur le web, rien de plus, ce type est (...)
02/05 20:29 - ValeskaOui oui oui (il faut au moins 10 caractères !)
02/05 19:49 - onvalefaireBah ! c’est juste le syndrome du larbin !
02/05 19:45 - kane85
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