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Travailler rend-il malade ?

Au moment ou chacun suit le concept Sarkozien, qui voudrait que l’on travaille plus pour gagner plus, d’autres s’interrogent sur la nécessité de travailler.

Depuis la nuit des temps, l’homme n’a cessé de créer des machines qui lui rendraient le travail moins pénible, voire pour ne plus travailler.

Un ordinateur remplace à lui seul une escouade de secrétaires, comptables, traducteurs, etc.

Est-ce à dire que nous sommes paresseux ? Peut-être pas, mais nous voulons garder notre temps libre à faire autre chose que des gestes répétitifs juste bon à remplir notre bourse.

Nous voulons utiliser notre temps différemment : à lire, à créer, à penser, à faire des choses que nous avons envie de faire.

Envie, c’est le mot essentiel. C’est lui qui nous maintient en vie, qui nous donne une raison d’être, qui nous donne envie d’exister, qui peut nous rendre heureux.

Voyez-vous un sourire sur les lèvres d’un travailleur ? Rarement, vous en conviendrez.

D’ailleurs, le travail comporte en lui-même une notion de punition : dans la Bible, Dieu punit l’homme d’avoir transgressé la loi, et lui impose de travailler à la sueur de son front.

Mais l’homme résiste.

Enfin, peut-être pas tous, mais certains.

Comme Paul Lafargue, dans son livre Le Droit à la paresse, qui prétend que « le travail utile destiné à l’échange, salarié ou non, peut descendre à deux heures par jour ! ».

Deux heures de travail par jour, et le reste chacun fait ce qu’il lui plaît.

Revenons au travail :

Saviez-vous que le stress au travail coûte 1,656 milliard d’euros par an à la société ? (Chiffres de 2003 : ils ont dû augmenter depuis.) Ce sont des chercheurs français de l’institut national de recherche et de sécurité, qui réunis en table ronde, ont fait cette découverte.

Les cadres sont en première ligne : pris en sandwich entre les exigences de la direction et le mal-être des salariés, ils peuvent être aussi bien harceleurs qu’harcelés.

Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps, les suicides à la chaîne dans certaines grandes entreprises.

Il serait peut-être temps de créer un ministère de la Paresse, puisque le ministère du Travail a montré les limites de ses compétences.

Financièrement, c’est théoriquement possible, car la machine qui a remplacé l’homme n’a pas besoin de salaire, et dès cet instant, rien n’empêche que les salariés mis en vacances par celle-ci ne continuent de toucher une paye.

Bien sûr, de temps en temps, il faut songer à remplacer une machine, à la moderniser, mais comme l’outil de travail ne pointe pas à la Sécu, avec tout l’argent économisé, cela ne devrait pas poser trop de problème.

Le « trou » de la Sécu devrait atteindre 12 milliards d’euros en 2008, et les mesures prises par le gouvernement vont surtout ralentir la croissance en limitant encore plus le pouvoir d’achat des Français.

Alors que donner 1 500 euros par mois à chaque citoyen privé de travail, comme le préconise un économiste allemand, relancerait à coup sûr la consommation. Ainsi, la firme Nokia, basée en Finlande a développé un programme de lutte contre le stress. Cette initiative lui coûte plusieurs millions d’euros par an, mais les dirigeants affirment qu’ils en gagnent autant grâce à la performance de leurs salariés. Quelle technique ont-ils employée ? Séances de massage collectif ? Voyage d’entreprise à Ibiza ? Hausse des salaires à chaque fou rire ? Cela nous donnerait presque des idées.

Utopie tout cela me direz-vous ? Peut-être, mais les utopies d’hier ne sont-elles pas devenues les réalités d’aujourd’hui ?

Alors je vous propose mon utopie : travailler moins pour gagner plus.

par olivier cabanel (son site) mardi 7 août 2007 - 167 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Boileau419 (xxx.xxx.xxx.4) 7 août 2007 11:31
    Boileau419

    Excellent article. C’est sûr que le travail rend malade. Il ne rend pas seulement malade, il tue : le plus grand nombre d’arrêts cardiaques se produirait le lundi, au début de la semaine de travail donc.

    Quand je pense qu’il y en a qui montrent la France du doigt parce que, dit-on, c’est le pays où les malheureux salartiés travaillent le moins. Il faudrait en être fier au lieu de chercher des excuses et de tenter de s’aligner sur les ateliers de la sueur de Canton ou de Bombay.

    Toute formation de la jeunesse devrait comprendre une formation aux loisirs : artisanat, chasse, sport, lecture, musique, etc.

    Cela dit, tout travail n’est pas nécessairement dégradant et tout loisir n’élève pas nécessairement l’esprit.

    Tout progrès doit par conséquent aller dans le sens de 1 moins de travail abrutissant, 2 de plus de travail gratifiant et 3 de plus de loisirs constructifs. C’est cela la vraie, la seule civilisation. Malheureusement, ces trois points ne sont repris dans aucun programme politique. Au contraire, on veut nous obliger à travailler plus.

    Remarquez qu’on aurait pu y arriver si la mondialisation n’avait pas ouvert d’énormes brèches dans nos frontières, nous obligeant à suivre le modèle des pays les plus arriérés et nous mettant sur le dos un surplus de population à problèmes. Seul un protectionnisme politique, commercial et démographique intelligent pourrait nous permettre de bâtir un Etat de prospérité où l’on pourrait travailler moins tout en vivant bien, et même mieux (ce qui n’implique pas nécessairement de gagner plus puisque beaucoup de bonnes choses telles que la beauté du cadre de vie et l’amitié ne s’achètent pas).

    Pour en revenir au sujet de l’article, le travail qui rend malade :

    Ce qui rend malade et qui tue, c’est fondamentalement le travail que l’on ne maîtrise pas, le travail que l’on fait rien qque pour l’argent, le travail où l’on doit obéir à d’autres. En bref, j’ai parlé de la condition du travailleur salarié.

    Mais voilà, il y a certainement des indépendants qui se plaignent et des femmes à la maison qui se morfondent. Personne n’est jamais content.

    Finalement, je voudrais dire que croire que l’on peut avoir une vraie démocratie quand l’immense majorité des gens est astreinte à la tyrannie du patron et des horaires de 9 heures à cinq heures, c’est se fourrer le doigt dans l’oeil jusqu’au gros orteil. Sur ce point-là, on ne peut que donner raison à Marx, qui voyait dans l’émancipation économique la condition sine qua non de l’émancipation politique.

    Comment peut-on être esclave la plus grande partie de sa vie et être un homme libre dans l’isoloir ? C’est absurde.

  • Par Boileau419 (xxx.xxx.xxx.4) 7 août 2007 11:42
    Boileau419

    Je trouve ridicule de vouloir justifier le salaire universel par des arguments sur la relance de la consommation.

    Le salaire universel, que j’approuve de tout mon coeur, se justifie simplement par le fait que chaque membre de la communauté nationale a droit à une part de la richesse collective, qu’il travaille ou pas. Après tout, on donne bien à chacun une éducation.

    On a droit au salaire parce que ce n’est pas le travail qui fonde la dignité de la personne. Tout simplement. Il suffit d’être membre de la famille française (ou belge, ou danoise).

    On pourrait même dire que le salaire universel représente le lopin de terre que chacun devrait recevoir en partage, mais que, faute de place, on ne peut plus à assurer à chacun.

    Vous allez recevoir des volées de bois vert de tous les adorateurs du travail. Ils sont nombreux. Beau résultat de la protestantisation des esprits. Il faut être un aristocrate de l’esprit, un catholique spirituel pour apprécier la beauté de l’idée de la paresse et du saint loisir. Quies. Otium. Les moines contemplatifs en savent quelque chose...

    Tant de travail inutile et destructeur dans le monde !

  • Par Linda (xxx.xxx.xxx.206) 7 août 2007 12:45

    @ Fred

    "Par rapport au suicide, les US ont un taux beaucoup plus faible pourtant ils travaillent plus d’heures, ont moins de vacances et leur contrat de travail est un CNE permanent. Comment expliquez-vous ca ?"

    Arte a récemment diffusé un documentaire montrant la remise en état d’un haut-fourneau aux Etats-Unis par une entreprise belge ayant des employés de diverses nationalités mais tous européens. Ce documentaire en dit long sur le travail dans la sidérurgie US où traîner pour se faire payer des heures sup est la règle. Au bout de quelques jours le chef de chantier belge, qu’on avait obligé à employer les ouvriers américains, n’en pouvaient plus : il estimait que la plupart des opérations prenaient beaucoup plus de temps que nécessaire.

    Tous les gens que j’ai rencontré et qui ont travaillé dans l’industrie de production (dans d’autres secteurs c’est peut être différents) donnent un rapport de productivité de 1 pour 2.

    Il faut aussi savoir que dans les entreprises américaines que je connais (qui ne sont peut être pas représentatives), on bosse le samedi matin mais personne ne vous reprochera de papoter pendant deux heures devant la machine à café ni de passer une heure à lire le journal à votre bureau.

    On est tout simplement pas dans le même monde.

  • Par finael (xxx.xxx.xxx.98) 7 août 2007 13:02
    finael

    Il est clair qu’il y a plus d’accidents du travail que d’accidents du repos. smiley

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