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Un article bien saignant sur la viande « halal »

Depuis que Marine le Pen a lancé la polémique, ils sont nombreux parmi les commentateurs à avoir affirmé un peu partout que ce n'est pas si grave, et qu'ils se fichent de manger de la viande « halal » ou « cascher » (selon les rites de la cacherout) ou pas, que cela n'a aucune importance contre la laïcité, que ce n'est pas une atteinte contre la laïcité, ce qui corrobore l'idée qu'elle est finalement applicable de différentes manières selon les religions finalement.

Alors certes oui, il y a plus grave en ce moment, ainsi la situation économique, mais ces attaques contre la tradition laïque de la France et cette montée en puissance des communautarismes sont inquiétants.

Cet irrespect total de la laïcité va dans le sens du libéralisme, produire de la viande « halal » en grande quantité sans le dire au consommateur permet de baisser les coûts et de vendre plus. On note dans la plupart des grandes enseignes commerciales françaises on trouve des rayons « confessionnels ».

C'est une affaire juteuse si j'ose dire, puisque les viandes « confessionnelles » ne seront jamais saignantes.

Je ne parle pas de ces villes ou ceux qui ne sont ni musulmans, ni juifs, sont obligés de manger selon des rites qui ne sont pas les leurs dans les enseignes de restauration rapide, ce qui implique donc le paiement d'une taxe religieuse.

 Ils oublient une première chose, je doute pour cette raison que ce soit des bons vivants, la viande abattue selon ces rites n'est tout simplement pas bonne et sans goût, ce qui fait le goût de la viande c'est qu'elle soit « persillée » et qu'elle ne soit pas vidée de son sang.

 Ils en oublient une seconde, qui est encore plus importante vis à vis de la laïcité qui est que produire de la viande « halal » ou « casher » signifie verser une dîme aux autorités religieuses qui vérifient, parfois pour de rire, que la viande est préparée comme il convient.

 La certification halal est donc surtout une taxe religieuse, prélevée dès l'abattage, de 10 à 15 centimes d'euros le kilogramme de viande.

 En France, la mosquée de Paris, celle d'Évry et celle de Lyon sont les organismes habilités à délivrer les habilitations.

 C'est donc bien un impôt religieux réclamé sans lui demander son avis au consommateur qu'il soit musulman ou pas (liste des organismes de contrôle « halal » au niveau européen).

 La certification casher (signalée par un « K » ou un « U » entouré) se fait à l'échelle européenne, elle rapporte les mêmes sommes que la certification halal (voir ici ce qu'elle rapporte). C'est une affaire fructueuse. En Amérique du Nord, 70 % environ des ingrédients utilisés par les transformateurs nord-américains sont conformes aux règles casher, et l'on estime qu'entre 40 % et 50 % des aliments transformés sont conformes aux exigences de certification casher, sans que l'on demande là encore son avis au consommateur qu'il soit juif ou non.

 Ces deux certifications ne concernent pas seulement l'interdiction traditionnelle du porc, elles concernent aussi quasiment tous les autres produits, jusqu'aux glaces vendues dans le commerce voire les bonbons, les fruits de mer.

 Cela va jusqu'à l'interdiction de la sauce au chocolat sur les « sundae » dans les « Mac Do » car celle-ci étant préparé avec de la gélatine de porc.

 L'interdiction du porc, c'est assez facile à deviner, est une mesure essentiellement hygiénique concernant les pays orientaux soumis à un climat chaud, la viande de porc se conservant très mal au soleil. Et vider l'animal de son sang permet de le garder plus longtemps.

 Ces deux prescriptions « divines » sont donc essentiellement d'origine bien humaines et de bon sens.

 Dans les rites « cacherout » d'autres viandes sont interdites comme le lapin, et la plupart des fruits de mer, et il est inconcevable pour un juif respectant ces rites donc de déguster une excellente entrecôte bien saignante avec une sauce au roquefort, sans parler de l'alcool.

 Et je ne parle pas de tous les rites concernant les couverts qui doivent être nettoyés de manière bien spécifique.

 En Islam, on interdit principalement le porc et l'alcool, au départ surtout pour des raisons de sécurité publique : les premiers musulmans utilisaient du vin pour leurs ablutions juste après l'Hégire, mais vu quelques débordements que cela avait entrainé, il a été proscrit.

 Bien sûr certains me rétorqueront que les chrétiens mangent du poisson le vendredi et que dans la plupart des cantines de France, il y a du poisson au menu le vendredi. Je précise qu'il n'y a pas d'interdits alimentaires dans la religion chrétienne, ou d'interdiction de l'alcool même si des premiers chrétiens mangeaient en appliquant la cacherout.

par Amaury Watremez (son site) mercredi 22 février 2012 - 150 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par oncle archibald (xxx.xxx.xxx.215) 22 février 16:05

    En dehors de toute considération sur le gout de la viande et sur l’hygiène, qui ne sont pourtant pas négligeables, ce qui me parait vraiment très grave et complètement contraire à l’esprit de laïcité qui était une des forces de notre société c’est :

    - Que les membres d’une communauté religieuse arrivent à imposer des rites qui ne les concernent qu’eux seuls à l’ensemble de la population et qui plus est à son insu.

    - Que ces rites soient contraires à la loi de la république, qui impose l’étourdissement des animaux avant abattage, et qu’ils obtiennent facilement une dérogation.

    - Qu’une partie du prix payé par le consommateur laïc serve à financer, à son insu, le culte d’une communauté religieuse.

    Il y en a marre de contourner la loi (et le bon sens) au profit d’une communauté religieuse qui réussit, petit à petit, à imposer ses pratiques à l’ensemble de la société civile. Voir également les problèmes de voile, de praticiens femmes pour soigner leurs femmes, de demi journées réservées dans les piscines publiques, etc etc .. 
  • Par antonio (xxx.xxx.xxx.21) 22 février 16:48

    Le seul problème à évoquer : celui de la souffrance animale.
    Quelle est la mise à mort qui fait le moins souffrir l’animal ?

  • Par Amaury Watremez (xxx.xxx.xxx.102) 22 février 15:17
    Amaury Watremez

    C’est quand même bel et bien dans les deux cas un impôt religieux, un denier du culte forcé, que l’on soit non-juif ou non-musulman.

  • Par Amaury Watremez (xxx.xxx.xxx.102) 22 février 15:54
    Amaury Watremez

    Ce qui m’a énervé est que de fait on paye un denier du culte musulman et juif sans être ni l’un ni l’autre. Ce qui m’étonne est que les défenseurs habituels de la laïcité si prompts à réagir, là ça ne les gêne pas visiblement.

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