Peut-on justifier cet abandon des sains principes d’une société égalitaire seulement pour jouir de logement, de lumière électrique, d’eau potable, d’écoles, d’hôpitaux, d’universités, de voitures, d’ordinateurs, de gratte-ciel et d’un McDonald’s au coin de la rue ?
Fidèles à notre vision constructiviste de l’Histoire, tous les phénomènes violents de la planète obéissent à l’existence d’une superstructure créée par les forces capitalistes pour exploiter les ressources de la Terre pour le seul bénéfice de quelques-uns, alors que sont maintenus volontairement dans le sous-développement des milliards de citoyens et de citoyennes du Tiers-monde, réduits pratiquement à l’esclavage.
Le néolibéralisme tente de mettre en jeu sa machinerie perverse, en transférant ses usines vers les continents sous-développés pour que les citoyens et les citoyennes de là-bas se consacrent à produire des biens de consommation, au lieu de de continuer à rendre tribut à leurs traditions ancestrales. Quand un paysan d’Afrique centrale abandonne sa charrue de bois et ses rituels dédiés aux dieux de la moisson et se met à fabriquer des chaussures de sport Nike, quelque chose meurt dans le monde. Le multiculturalisme, les cultures millénaires et la riche sagesse atavique, que nous expose brillamment le National Geographic, se voient constamment menacés par l’utilitarisme d’un système oppresseur qui situe le bénéfice économique au sommet de ses objectifs.
Le meilleur exemple de cette lamentable situation se trouve dans la région du sud-est asiatique. Dans des pays comme Singapour ou la Corée du Sud, les citoyens et les citoyennes ont vu leur niveau de vie s’élever au même rythme que croissaient les inégalités sociales. Maintenant, il y a des riches, des classes moyennes et des ouvriers qualifiés, alors qu’auparavant, avant que ne débarquent les fabriques des multinationales dans ces régions, tous étaient également pauvres. Peut-on justifier cet abandon des sains principes d’une société égalitaire seulement pour jouir de logement, de lumière électrique, d’eau potable, d’écoles, d’hôpitaux, d’universités, de voitures, d’ordinateurs, de gratte-ciel et d’un McDonald’s au coin de la rue ? Pourquoi nous acharnons-nous à transformer ces pays pittoresques en des collectifs décadents à l’image de nos sociétés occidentales ? Qui sommes-nous pour exporter à l’innocent Tiers-monde les terribles séquelles de notre système ?

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