C’est fabuleux que nous ne puissions pas avoir de débat sensé sur le nucléaire sans qu’à l’image de tous les sujets qui se traitent par l’audio visuel cela se termine par des diatribes émotionnelles qui ferment les portes à la réflexion et à une information éclairée des citoyens pour qu’ils puissent faire des choix en toute intelligence.
La mise en place des centrales nucléaires d’aujourd’hui n’apas été faite à l’époque (il y à 50 ans) sur des critères de sécurité, au fil des déboires, Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima, plus tous les incalculable efforts des ingénieur pour rénover les cœurs des réacteurs qui s’affaiblissent sous l’effet des bombardements neutroniques.
En France nous avons la moitié du parc qui a dépassé son temps de fonctionnement (30 années) et réclame une escalade de mesure de sécurité.
En 1944 Alvin Weinberg défend toute sa carrière l’usage de centrale de Thorium à sel fondu dont les avantages en matière de risque par la fabrication de U233 sont quasi nul.
Mais voila les chercheurs d’Oak RIGE qui élaborent deux petits prototypes de centrale à sels fondus et en 1962 Kennedy présente la solution comme celle de l’avenir par excellence, et en 1965 le Molten Salt Réactor Experiment va fonctionner durant 13 000 heures, en 1969 les chercheurs dessinent un véritable réacteur de 1000 MégaWatt.
Mais voila que la toute puissante Atomic Energy Commision (AEC) sans fournir la moindre explication leur coupe tout financement pour soutenir les réacteurs classique de refroidissement à eau et ce à sodium qui présentent incontestablement les risques que nous connaissons.
Murray Rosenthal chargé du programme du réacteur à sels fondus, explique qu’à son avis le projet à été victime de la susceptibilité des membres de la commission AEC à laquelle ils réclamaient sans cesse des financements pour réaliser leur réacteur.
Pourtant en 1973 des chimistes du CEA auxquels se joignent des chercheurs d’EDF décident de poursuivre les travaux relisant le rêve de tout concepteur, de toute autorité de sécurité de tout exploitant de centrale nucléaire, un réacteur docile et presque sans risque. Les laboratoires au Japon en Russie aux Etats Unis et en république Tchèque ainsi qu’en France continuent de faire évoluer le projet.
Actuellement les chercheurs du CNRS à Grenoble viennent de tracer le dessin d’un réacteur à sel fondu de 1500 MWatts plus abouti que celui initial de Oak-Ridg, Daniel Heuer du LPSC de Grenoble, explique : « en raison de la place occupée par le Thorium dans le tableau périodique des éléments, il est beaucoup moins susceptible de former par capture neutronique les fameux éléments transuraniens » dangereux pour des dizaines de milliers d’années, il recycle de toute façon sans cesse son combustible.
Si au fil des déboires nucléaires le discours de l’industrie nucléaire a changé, cela n’a pas fait changer la structure fondamentale de l’architecture des centrales.
C’est en cela que nous nous laissons ici comme ailleurs emporter devant notre ignorance sur ce sujet comme sur d’autres par l’adresse des communicants sans apporter une réponse aux problèmes de fond.
Daniel Ingersoll : au début du nucléaire nous faisions peu cas des risques potentiels et donc de sûreté intrinsèque des différents réacteurs envisagés parce qu’il régnait alors un sentiment d’urgence pour commencer la bombe atomique, et les choix des réacteur ont été guidé par leur capacité à produire rapidement du Plutonium et le choix du réacteur sous pression (REP) dont nous possédons 58 spécimens en France, parce qu’il est compact, rustique rapide à mettre en œuvre est idéal pour un sou marin à propulsion nucléaire, Analyse Charle Forsberg.
Bénéficiant d’aucune restriction de financement pour les réalisations de la Navy, à l’heure de la production de réacteur civil producteur d’électricité, l’Atomic Energy Commission à choisit le REP car il est fin prêt, et coupé les vivres au réacteur à sels fondus, nous sommes loin de l’avis de susceptibilité émis par M. Rosenthal.
Aujourd’hui face à l’industrie du nucléaire les scientifiques n’ont plus voix au chapitre, alors que les chercheurs de Oak Ridge avait la conviction à cette époque qu’il parviendrait à rendre n’importe quel réacteur aussi sûr que désiré. Or a partir de 1980 certain états (l’Autriche, la Suède, les pays bas, et même la commission AEG appellent à repartir sur de nouvelles bases, à s’éloignent des REP à risques pour entrer dans la sureté intrinsèque d’autres utilisations du nucléaire telle les centrales à sels fondus.
Mais elle est rejeté par l’industrie du nucléaire, comme aujourd’hui celui-ci rejette le remplacement progressif des REP par des énergies renouvelables, peu polluante, ( nous l’entendons dans les débats actuels les tenants des REP en sont même au chantage à l’emploi) car vanter des réacteurs à la sûreté intrinsèque, risquait selon les industriel de renvoyer une image négative des installations existantes se rappelle Jack Barkenbus.
J’écris régulièrement que les politiques (à l’exception d’un ou deux) n’ont plus de pouvoir économique, ni financier et font leur commerce électoral en exploitant l’insécurité et les crimes et délits.
Le poids des marchés et des groupes est tel qu’il met un frein à toutes alternatives et exerce un véritable monopole écartant des alternatives valables.
Comme nous le voyons au travers de ce bref exposé, nous avons dépendu directement d’un choix guerrier car à l’époque c’était la course à l’armement entre l’Occident et l’Urss.
Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais la puissance des industries et des marchés que nous avons élaborés est comme un tanker difficile à faire changer de cap d’autant plus si nous élisons leurs défenseurs.
Epine supplémentaire la disponibilité des financements, au niveau du nucléaire passer d’un concept à un autre demandes des investissements à long terme que nous ne pouvons trouver sur le marché financier qui travaille sur une plus value à court terme si ce n’est sur du spéculatif.
C’est ainsi que l’impossibilité créée par les point de convergence des critères de Maastricht enlèvent toutes possibilités aux états de financer des projets de grandes envergures comme le réclame la sortie progressive du nucléaire (d’ici 2040 plus ou moins) en fonction de l’épuisement des ressources.
Alors que le thorium est disponible pour 10000 ans, entre les deux la cherté de l’uranium permettra de juteux profit, comme pour le pétrole, comme pour l’agroalimentaire avec 9 milliard d’humains en perspectives.
Nous assistons donc aujourd’hui à un débat médiocre sur le sujet, un débat, comme nous le disons, politicien, et ceux chargés de l’information, comme sur tous les autres sujets en font un spectacle réjouissant, un théâtre dans lequel nous sommes les marionnettes.
Le net regorge d’information sur le thorium et Science et Vie dans son numéro 1130 de novembre 2011 en fait un historique très complet avec lequel j’ai rédigé cet article.
L’information existe mais il faut aller la chercher ailleurs que sur les chaînes TF1, A2, FR3 qu’écoutent 92% des français.

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poète essayiste militant à la retraite.
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