• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Un faible fort
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(145 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Un faible fort

Le maître mot qui s’impose est la chute des partis pour l’unité nationale.

François Bayrou cherche ses repères sur le plateau de TF1. Son réconfort, sa force, il cite Mendès France et s’appuie surtout sur les théories gaullistes. Il rend la République à Mendès France et l’équilibre de la France à Charles de Gaulle.

La principale satisfaction qu’il tire ressemble terriblement à sa main tendue en direction des autres. Il met en avant la dette de la France et de chaque citoyen.

Son discours est de plus en plus clair, c’est presque un étalement de programme anticipé. Ce qui peut attirer, c’est son refus de voir un gouvernement présenter un budget déficitaire. Effectivement, l’équilibre, il le trouve dans les désapprobations que la Cour des Comptes dévoile dans les imperfections du fonctionnement de l’Etat. Il reproche le train de vie de l’Elysée.

L’allusion faite à Gilles de Robien laisse planer les défections que ce dernier a pu faire et qui ont desservi la République. Ce dernier étant intervenu ce jour, effectivement invite François Bayrou à rejoindre la majorité. De plus, il affirme qu’il ne prendra sa décision et le choix de son camp qu’à la fin du mois de mars, il est vrai que Gilles de Robien vient de sortir un ouvrage qui va tout à fait dans le sens de la prestation de François Bayrou. Qu’a-t-il donc, si c’est le cas, à se faire pardonner ou est-ce une promotion indirecte de son livre, compte tenu de la montée dans les sondages pour choisir son camp au bon moment.

La comparaison faite par PPDA entre Jacques Delors et Marie-Laure Aubry vaut un revers de main d’une façon génétique, que tout ne s’acquiert pas du bon côté.

Il prône une justice qui parait tant équitable qu’elle sonne comme la cloche de la récréation, là où les enfants peuvent être eux-mêmes parce qu’ils parlent avec leurs mots, leur langage, leur créativité, leur sentiment, leur ressenti. Ce message, François Bayrou tente de le faire passer, le tout n’est pas de s’en persuader.

Il met face à face les partis politiques pour tenter d’emporter le Peuple. On sent un coup de patte magistrale de l’enseignant qu’il tire de la masse d’un rassemblement multidisciplinaire, mais ayant le même objectif.

Pour dissiper certains bruits, il réussit pour la première fois depuis le départ de l’émission à faire sourire PPDA comme un professionnel avec l’art du métier.

Il se démarque en ne laissant planer aucun doute, mais qui ressemble à des gifles magistrales aux politiques présidentiables de tous bords. Il a un ton gaullien avec les mêmes mouvements de mains, osant dire « J’ai refusé des ponts d’or ».

Il ne manque pas de revenir de temps en temps à la ruche pour donner des coups d’aiguillons aux faux bourdons. PPDA rentre dans son jeu en professionnel aguerri. Il conteste les chiffres annoncés tant par Ségolène Royal que par Nicolas Sarkozy, indiquant de par là même une rupture catégorique venant des partis qui dirigent la France.

Les rafales de questions qui pourraient le déstabiliser, il ne mémorise pas, il note. Ce point pourra lui permettre de réfléchir sur un temps creux.

Il préconise la création d’une formation différente en créant, et cela quelle que soit la taille de l’entreprise, deux emplois sans charge, sauf 10 % pour les caisses de retraite.

Le plus surprenant, il tient un langage populaire, se sentant prêt à mettre sa main à couper que les hauts des présidentiables à ce jour, ne pourront en aucun cas respecter leurs engagements.

Il démontre les lacunes du Ministère du Travail, l’image peut paraître osée mais c’est comme si vous faisiez la différence entre dormir dans des draps de bure, nous ne goûtez pas directement à la soie sans être passé par le coton, qui lui pourra absorber.

Il prône le droit aux différences dans toutes formes politiques. Il martèle des vérités que tout un chacun voudrait tant voir se réaliser.

L’idéal européen, il en fait la fleur de la France. Il laisse les fenêtres ouvertes, mais la porte est close.

Dans son programme, il inscrit une loi, voir deux, qui obligeraient les députes français ou européens à être présents à leur poste, dans le cas contraire, il ne sera pas tenu compte de leur vote, et peut-être même pas rémunérés.

Il s’enorgueillie de la position et fier de l’attitude de Jacques Chirac pour la non prise en compte, tant vis-à-vis de l’Irak que de l’ensemble du Moyen Orient. Sa phrase, l’Iran est lourd, peut comporter un double sens, il est contre toute forme de brutalité d’intervention, mais rappelle à l’Iran les valeurs de l’engagement de la position nucléaire.

Au même titre qu’il se voit élu Président de La République, il ne concède pas un pouce de terrain dans les différents chapitres soulevés. Il regrette le manque de civisme vis-à-vis de l’Afrique, et il rend la misère la plus profonde coupable de ces mal nantis qui préfèreront mourir plutôt que d’être assassinés.

Pour la première fois, le plan Marshall de 1947 sort des besaces pour favoriser les autres continents.

Il met en cause l’association Airbus Etat, laisse-t-il sous entendre qu’en dehors de la guerre des partis, il veut donner sa chance à l’Europe au travers de la France. Cela explique la mise sous silence depuis le non référendum que les politiques taisent peut-être pour des profits personnels.

A l’abord du sujet social, les harkis sont des hommes qui le tiennent particulièrement à cœur, et la guerre d’Algérie refait surface pour raison d’Etat. On a le sentiment déguisé d’un remake du film « Indigènes ». Son émotion frôle pratiquement le point le plus fort de son intervention, ce sont les 100 000 morts que ces hommes à part entière, en tant que Français, la nation française leur doit. Il compare l’exclusion des rapatriés, plus connus sous le nom de « Pieds Noirs », à celle de l’exode pour éviter un génocide sur les harkis.

Il suggère une ouverture de l’Université vers les campagnes, donc du tissu rural plutôt que l’inverse que nous subissons aujourd’hui.

A l’entendre sur ses propositions, comment ne pas épouser de tels dires pour qu’ils deviennent effectifs par leur façon de faire. François Bayrou a-t-il fait un plaidoyer pour une 6ème République.

Il y a fort à parier, que cela soit avec ou sans lui, c’est le programme que la France doit s’imposer pour se relever et se retrouver dans un gouvernement d’union démocratique.

Il quitte le plateau en invitant une personne qui lui en faisait la demande, « Françoise », à le suivre durant une journée.

François Bayrou a démontré qu’il détenait certaines connaissances, associées à des qualités humaines, et quoi qu’il en soit, la solution sera humaniste ou ne sera pas.
.

par Le Panda (son site) jeudi 1er mars 2007 - 56 réactions
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(145 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox