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Un looping a deux cents

Il y a des situations inconnues et expériences que l’on a pas vécues où mènent les enseignements bâclés ou absents et les mauvaises habitudes non vaincues. La vitesse en voiture par exemple peut mener à l’accident dont on peut être le témoin tous les jours, et même plusieurs fois. A chaque fois, l’on se projette à la place de la personne allongée sur le bitume, écrasée dans la tôle froissée ou debout sous une couverture sur le trottoir. Ce dernier, qui a l’air entièrement remis, connaitra un traumatisme mental invisible que le psychologue lui conseillera d’exprimer oralement pour s’en libérer. C’est souvent devant témoins au cours d’un repas qu’il va s’épancher sur l’évènement ne serait ce que pour nous prévenir des dégâts, et même si l’on s’en sort physiquement indemne. C’est l’analyse de quelques centièmes de secondes non digérés qui perdure dans le moulin mental du témoin tant qu’il n’a pas défini quelle erreur l’a entrainé dans ce choc indélébile. C’est l’impuissance à revenir en arrière pour modifier le temps qui provoque le sentiment d’humilité ou plutôt d’humiliation. Se projeter soi même dans la souffrance des autres peut servir à assimiler des expériences non vécues, à comprendre les conséquences invisibles et à imaginer le déroulement des centièmes de secondes si bien remplis en détails semblant anodins au vu parfois des conséquences.

Contexte : la fête bat son plein mais personne ne me retient et puis je n’ai rien à faire dans ces rendez vous d’affaire autour du Champagne où les uns racontent leurs dernières vacances au Brésil et d’autres organisent les prochaines aux Maldives. Je n’ai qu’une envie, aller fumer ma clope dehors avec cette fille, mais elle aussi se refuse. Je sors donc seul et visite le parking voir s’il n’y a pas une voiture ouverte où me réfugier contre ce gel, et en effet, une belle 406 invite à la pause et même à la balade puisqu’il y a les clés dessus. L’idée ne fait qu’un tour dans ma tête et ce n’est pas les deux apéritifs et coupes de Champagne qui vont me retenir. Au contraire, j’ai besoin d’escapade, d’aventure, d’adrénaline et vais m’en donner. Je démarre, sors du parc et suis tranquillement les cinq kilomètres sur cette route qui longe la rivière jusqu’au carrefour où je prends à droite vers cette nationale tout droite sur quinze kilomètres, et mets le pied et le chauffage à fond. Je suis seul dans la nuit prêt à défier le grand noir et ce cordon de billard absolument rectiligne jusqu’à Gien.

Les bras tendus, les mains agrippées au volant, deux minutes après le compteur affiche cent quatre vingt. Mes yeux fixent ce point autour duquel poussent des platanes qui deviennent centenaires en dix secondes et défilent de part et d’autre de mon champs visuel. Enfin, façon de parler parce que celui ci s’est nettement rétréci et tout s’embrouille au delà d’un premier cercle restreint. Afin de me griser un peu plus, j’ouvre légèrement ma vitre et le vent siffle immédiatement me donnant un coup de fouet d’air gelé. Ce flux semble sortir d’un avion à réaction crachant le l’azote liquide que je suivrais de près. Ce grand écran, dans lequel je m’incruste avec la plus grande attention et dont je ne dois pas dévier d’un mètre sous peine de mise en touche immédiate, me fascine. Ce point brillant que fixent mes yeux se fait tout petit mais mobilise chaque organe enchainé sur ce fil invisible et annonce le premier carrefour approchant. J’éteins une seconde les phares pour bien voir qu’aucun faisceau n’en approche me permettant ou non, de le franchir à fond, mais en rallumant, mes yeux sont à la recherche de ce point libre à suivre à tout prix et suis perturbé par ......là, en un petit centième de seconde, un afflux de questions s’engagent et se bousculent dans mon esprit qui vient de se projeter bien plus vite que le véhicule entre mes mains, dans l’analyse d’urgence. En effet, à la vitesse où je roule, chaque question résolue nécessite une nouvelle analyse un centième plus tard, pour vérification de la donnée et l’assurance de résultat positif et rassurant. Chaque panneau ou point réfléchissant se doit d’être défini selon sa position et traduit l’information qu’il véhicule. C’est le mouvement qui en établit la position exacte, ou plus exactement la différence de position entre deux analyses. Le feu vert cérébral ne s’enclenche que quand toutes les questions ont été résolues, mais il reste un point mal défini qui ne bouge pas, bien en face de mon champs visuel, et qui suffit à me pétrifier. En effet, ce point pas clair que je vais atteindre dans une demi seconde se révèle être une flèche contenue dans un panneau carré et dirigée vers la droite. Elle est si sale, arrosée régulièrement par la boue projetée des véhicules en temps de pluie que j’ai mis six secondes et deux cent mètres à la discerner. La conclusion immédiate de mon analyse cérébrale se traduit par un coup de volant à droite qui ne suffira pourtant pas pour éviter l’obstacle. En effet, j’avais perdu de vue que le carrefour était récemment modifié, jetant un terre plein central et détournant ma voie vers la droite pour libérer les usagers voulant le traverser vers la gauche.

Les chocs des deux jantes gauche ont lieu en deux centièmes de seconde consécutifs et le grand écran de mon pare brise bascule comme à l’amorce d’une vague. Lent à réagir au mouvement, mon crane éclate la vitre latérale légèrement ouverte qui se pulvérise dans le choc mais dont les morceaux s’envolent façon puzzle. Une seconde après, trente mètres plus loin, je suis toujours en vol et mes phares éclairent la route comme si elle était un mur que je longeais, cette impression serait presque rassurante si le mur n’avait pas tendance à tomber vers moi. Mais une autre seconde plus tard, je ne vois plus que ce mur qui se rapproche et se précise d’autant que mes phares le frisent. Je suis à l’envers, suspendu aux sangles de la ceinture et ajoutée à cette impression très étrange d’avoir décollé sans billet, je suis contraint de constater que je vais me cogner contre ce plafond. Je jette un dernier regard sur ce film qui défile et ferme les yeux tout en me figeant sur moi même.

Jusqu’à présent, rien d’angoissant tant que je restais spectateur des évènements, mais depuis le choc du toit contre la route, suivi du cri strident de la glissade vers l’inconnu, je n’ai plus aucune idée de ce qui m’attend. Je viens d’ailleurs de changer de dimension et le temps est autrement assimilé. La lumière qui me parvient à travers le pare brise vitraillé déforme complètement la réalité et le spectacle ne me renseigne nullement sur le déroulement en cours. Je n’ai plus aucun repère visuel et l’acoustique n’annonce pas vraiment l’évolution, et pourtant, la partie la plus longue ne fait que commencer parce que, si j’ai franchi soixante dix mètres en vol en deux secondes, il me reste cent trente mètres à glisser vers je ne sais quel obstacle en dix secondes interminables.

Le léger coup de volant exercé juste avant l’impact me garantit peut-être d’échapper à la seconde partie du terre plein central qui commence juste après le croisement. Dans la position où je me trouve, me faire décapiter par une borne de trottoir en béton me traverse l’esprit à cent reprises sachant que le sommet de mon crane touche la garniture du plafonnier que trois centimètres séparent du bitume de la route qui défile encore à vingt mètres seconde. Pendant ces dix secondes, ma vie s’est déroulée sous mes yeux en un éclair comme un immense code barre des zones noires, comme autant de questions irrésolues et paroles non dites, et blanches comme ces instants de bonheur profond ou de paix limpide. Cet enchainement de tout mon ADN vital en un temps record n’est pas sans me rappeler que mon dernier instant est peut-être arrivé, où j’ai passé en revue chacun de mes amis, proches et inconnus rencontrés, et l’humeur de chacun de nos derniers rapports. Dans ce moment étrange, l’ensemble de mon inconscient contenu au quotidien derrière le masque du paraître, ressurgit à la lumière comme la partie cachée d’un immense iceberg dont je n’avais conscience que de la petite pointe.

A chaque centième de seconde de glissade je me repose la question de savoir où cela va-t-il finir, si cela va-t-il vraiment finir et si j’en verrai la fin. C’est l’accumulation des questions sans réponses qui constituent la teneur tout à fait particulière de cet instant vécu et la matière à dérouler dans le suivi psychologique à venir. Tant que la scène dure, elle déclenche le moulin cérébral dans une course folle de questions vitales auxquelles il faudra une à une apporter la réponse pour calmer ce flot traumatique. Et même au moment où enfin tout s’arrête, bien d’autres questions s’engagent pour reprendre rapidement contact avec la situation réelle et prendre dans l’immédiat la bonne voie vers la survie assurée, c’est à dire, sortir de cet enfer mécanique.

Là, hébété, debout sur le bas côté, les phares d’une voiture arrivant en face me sortent de ma torpeur. Je traverse illico la pointe du terre plein central et écarte les bras en direction des phares qui me voient. La voiture s’arrête à ma hauteur, je me penche à la vitre et vais pour demander... quand je me rends compte que c’est moi qui suis au volant...

En effet, étant le premier arrivé sur le lieu de cet accident, j’ai été le témoin privilégié de l’émoi ressenti par cette personne que j’ai ramenée à bon port. Son émoi était si vif et communicatif qu’avec le peu qu’il m’ait dit, j’ai pu reconstituer ce film.

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Un looping a deux cents

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34 réactions à cet article    


  • frugeky 12 juillet 2010 11:29

    Superbe !
    Ce questionnement existenciel condensé en quelques secondes tout en analysant le déroulement de l’évènement est criant de vérité. Un état proche de la méditation dû à la montée d’adrénaline ?
    Merci


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 12:54

      Merci frugeky,
      Je dois encore remercier mon père qui m’a donné le bon exemple de conduite irréprochable et ainsi épargné de connaitre le moindre drame. C’est en effet par vigilance soutenue et méditation profonde que j’ai pu reconstituer le déroulement de celui-ci.


    • JL JL 12 juillet 2010 11:39

      Oui, excellent, mais il faut lire tout.

      Ceci dit, j’ai noté : « J’éteins une seconde les phares pour bien voir qu’aucun faisceau n’en approche me permettant ou non, de le franchir à fond »

      Ne me dites pas que vous procédez ainsi ? Il y a parfois sur les carrefours autre chose que des véhicules munis de puissants phares.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 12:58

        merci JL,

        exceptionnellement cela m’arrive, mais pas pour franchir à fond mais sans stop. C’est vrai, je ne suis pas très bon en code de la route, mais simplement en vigilance et réflexe.


      • asterix asterix 12 juillet 2010 11:52

        Ton film est vraiment pas mal. L’ennui, c’est que malgré sa xième version, rien ne m’empêchera de le revisionner demain.
        Ah non, c’est vrai. J’étais l’acteur, le cascadeur invincible, celui qui croit fermement que cela n’arrivera qu’aux autres, le héros de la rubrique nécrologie et, cette fois, je n’ai tué que moi-même. Et putain, je n’étais qu’à moitié bourré !


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 13:03

          Merci astérix ( et péril ),
          J’ai imaginé le déroulement dans la tête du type qui s’en sort, je suis dans l’impossibilité de le faire pour celui qui y meurt, mais peut-être devrais-je essayer ?. 


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juillet 2010 12:19

          Bonjour,

          Ce billet a fait ressurgir un passé maintenant enfoui. Une simca 1100 ti à quatre heures du mat, qui descendait à 100 le boulevard de la Madeleine, sacrés pneus crissants et dans un virage, perte de contrôle. Pas le temps de réfléchir. Mes deux mains s’aggripent au volant. Et ce platane que je vois approcher. Un choc latéral et puis, juste quelques hématomes. Heureusement, j’avais bouclé la ceinture. Je sors de la voiture hébété, conscient d’avoir possession de mon corps et mon esprit.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 13:19

            Bonjour Bernard,
            mon but n’était pas forcément de réveiller les mauvais souvenirs chez toi ou d’autres, mais bien de déclencher le mécanisme de méditation chez les chauffeurs, également en ces périodes de vacances, et surtout en l’absence totale d’expérience dans ce domaine je touche du bois. C’est curieux d’être devenu philosophe après avoir roulé à 100 sur la Madeleine.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juillet 2010 14:46

            C’était le boulevard de la Madeleine de Proust
            qui a une drôle de saveur.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 23:29

            Une 1100 Ti, ouais, en fait, tu as voulu jouer la Madeleine de Prost...


          • kitamissa kitamissa 12 juillet 2010 13:16

            perso,c’est sur la portion qui va de la sortie Fontainebleau sur l’A6 jusqu’à la Rn7 que l’on retrouve à Barbizon ...( nous étions fin des années 70 )

            j’avais mon Opel Commodore l’équivalent d’une Bmw 528,et sur cette belle ligne droite d’une dizaine de kms j’étais aux environs des 160 km/h quand l’éclatement d’un pneu m’a projeté de l’autre côté de la route en une fraction de seconde et je suis allé heurter une Renault 30 arrivant en sens inverse ...

            ça a été tellement soudain qu’il n’y avait rien à faire ,et nous nous sommes retrouvés dans le fossé ...

            la conductrice de la Renault est partie en ambulance certainement polyfracturée et criblée de morceau de verre sécurit .....

            je n’ai eu qu’une cheville de foulée et des bleus partout alors que nos voitures étaient pratiquement pulvérisées .

            quelques jours après,lorsque j’ai repris mon autre voiture pour aller bosser,et repassant par l’endroit qui portait encore les traces de l’accident, j’ai eu rétrospectivement quelques instants des tremblements dans les jambes .


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 13:25

              Ça alors ! maintenant je comprends mieux l’origine de votre...hum, excusez moi.
              C’est toute la différence entre la sécurité passive et active. Un type qui me raconte comment, dans un accident avec une Volvo sortie de virage raté, il n’a rien grâce à la robustesse du véhicule, je lui répond qu’avec une deux chevaux, au même endroit à la même vitesse, il ne serait pas sorti de la route.


            • Vincent 12 juillet 2010 14:33

              Article bien écrit, belle faculté d’empathie.
              Surtout le passage sur la non maîtrise du temps, l’impossibilité de remonter celui-ci.
              Je doute que ce texte, lu à des jeunes permis fasse son effet. Dommage.

              Nous ne sommes pas ici pour comparer nos blessures de guerre, aussi les tonneaux, arbres, murs et autres voitures embouties font partie d’un passé que je ne souhaiterais plus revire. Donc je ne m’étendrai pas trop sur mon cas.

              Par définition un accident est toujours une suite d’évènements, qui enchaînés, mènent au crash, le tout étant de s’en sortir sans un accros si possible.

              Presque 20 ans de permis des centaines de millier de Km au volant et l’implacable loi statistique qui fait que j’ai rarement eu mon compte de point, fin juillet ils devraient de nouveau être douze. Mais ce satané bonnus qui était à 50 % depuis cette année va repasser à 62.5% pour une étourderie après 900 km et à 50 m de l’arrivée.

              Enfin je n’ai pas contaté que l’on se posaits autant de questions lors d’un ou d’une série de tonneaux,
              la première pensée est : merde, merde, merde, ou autre expression selon sa culture.
              Ensuite on tente un improbable coup de la dernière chance, pis on attend que ça s’arrête, et quand on s’en sort,
              c’est encore : merde, merde, merde.

              Seulement après reviennent ces questions et ces essais de reconstituer le film des évènements, avec la traditionnelle pensée :
              a si j’avais su,
              vient ensuite :
              si je pouvais revenir en arrière.
              Enfin :
              maintenant je ferais gaffe,
              pis on oublie et ça recommence, pas forcement pour les même causes mais le résultat est le même, encore de la tôle, quelques bleus et surtout la chance.

              Enfin à propos de la chance, on sait combien de joker on a grillé, mais on se sait pas combien il nous en reste.


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 16:15

                Merci Vincent,

                votre commentaire participe à enrichir ce sujet sur lequel je ne puis plus m’étendre sans entrer dans le macabre. Vous dites « Seulement après reviennent ces questions et ces essais de reconstituer le film des évènements, » c’est exactement ça, le cerveau déteste les zones d’ombres encombrées de questions irrésolues. L’examen est permanent y compris la nuit et mobilise énormément d’énergie ce qui nuit à la capacité de vivre pleinement les instants présents.

                « Enfin je n’ai pas constaté que l’on se posait autant de questions lors d’un ou d’une série de tonneaux » moi non plus n’ayant jamais eu à le faire, mais je cite ainsi " ...Dans ce moment étrange, l’ensemble de mon inconscient contenu au quotidien derrière le masque du paraître, ressurgit à la lumière comme la partie cachée d’un immense iceberg dont je n’avais conscience que de la petite pointe. « Le suivi psychologique sert à dénouer la pelote de fil qui s’est enroulée pendant les secondes vécues et défaire le nœud. Le degré de conscience est variable en fonction de l’état de l’individu.

                 » Je doute que ce texte, lu à des jeunes permis fasse son effet. Dommage. " cela ne suffit pas à me décourager de l’écrire et le diffuser, même s’il ne peut sauver qu’une seule vie, parce que tuer est à la portée de tout le monde en permanence sur la route, mais sauver une vie est le privilège d’un tout petit nombre.C’est ce à quoi j’essaye de contribuer.


              • Dominitille 12 juillet 2010 14:40

                Et le propriétaire de la voiture empruntée à dit quoi ? mince elle était pas si solide après tout ? 
                 


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 16:17

                  J’ai ramassé ce type au bord de la route et l’ai ramené après avoir discuté une demi heure. Je n’en sais pas plus.


                • Halman Halman 12 juillet 2010 15:37

                  Je n’ai aucun respect ni aucune compassion pour ce genre d’assassin de la route ;

                  Ma première petite amie est morte sur le coup à cause d’un assassin du volant qui se croyait seul sur la route et fonçait comme un dingue, fier de sa nouvelle voiture et de son permis de conduire. Les pompiers nous ont dit qu’il ne restait plus rien au dessus du bassin de reconnaissable.

                  Ma mère est handicapée à vie à cause du même genre d’assassin qui aussi se croyait seul et à accéléré comme un dingue, parce que disait il, il était à quelques km de chez lui et qu’il connaissait la route par coeur. Hors en doublant dans un virage, en haut de côte, il ne pouvait voir ma mère arriver dans sa petite R5 en rodage.

                  Alors voyez vous Lisa et les autres, apprenez que la compassion envers ce genre de personnage n’existe que lorsqu’on a pas connu cela personnellement.

                  Et que oui, même 30 ans après, ces ordures là on a encore envie de prendre un flingue et d’aller les dézinguer. Que ce ne sont pas que les vies des victimes qui sont détruites, mais celles aussi des familles proches. Que chaque fois que l’on voit dans la rue un taré jouer de l’accélérateur, on a envie de sortir le bazooka pour éviter un drame futur.

                  Si seulement votre texte pouvait au moins calmer un tout petit peu quelques inconscients, ce serait pas mal du tout.

                  Le genre de comportement que cela a induit chez moi, d’abord ne plus jamais prendre le volant d’une voiture parce qu’à chaque carrefour je vois les voitures de ma copine et de ma mère réduites comme une compression de César.

                  Et étonnement, quand je volais, je ne faisais mes conneries que tout seul, sans passager, sans autres avions dans la zone.

                  Et qui vous a raconté cette histoire d’azote laissée par les avions ? Faut arrêter de trop lire Morice, ça doit venir de là.


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 16:41

                    " Alors voyez vous Lisa et les autres, apprenez que la compassion envers ce genre de personnage n’existe que lorsqu’on a pas connu cela personnellement. " Justement, dans d’autres de mes textes, j’essaye de démontrer combien le grand responsable de ces drames sont les voitures toujours plus lourdes et rapides qui deviennent des bombes entre les mains d’inconscients aveugles. La route tue 1.500.000 personnes par an dans le monde. 

                    «  Si seulement votre texte pouvait au moins calmer un tout petit peu quelques inconscients, ce serait pas mal du tout.  » c’est exactement mon but, arriver à déployer la conscience par un texte sans travaux pratiques, et cela, écrit sans une goutte de sang. Il est possible d’aller beaucoup plus loin dans ce domaine et décrire des visions atroces de corps déchiquetés, ce dont beaucoup ont déjà été témoin. Mais que je n’ai pas cru bon exploiter sachant d’abord que certains d’entre vous s’y appliqueraient.

                    Il ne faut pas attendre d’être victime, soi ou un proche pour se poser toutes ces questions.


                  • Vipère Vipère 12 juillet 2010 18:36

                    B

                    Billet très bien écrit, d’un réalisme époustouflant !

                    Les accidents de la route n’arrivent pas qu’aux autres.

                    Il y a quelques années, au retour d’un séjour de ski, la route est enneigée, je suis passagère et tout d’un coup le véhicule dérape sur une plaque de verglas.

                    Le conducteur ne maîtrise plus du tout la voiture, transformée en une espèce de luge folle, une mécanique que l’on prend à la foire du trône pour se faire peur, de celle qui vous fait tomber le coeur dans les gaudasses. Sauf, que là c’est du vrai. Du vrai de de chez vrai. 

                    La pente descendante augmente encore la vitesse de l’engin et nous voilà pris dans un piége mortel, incontrôlable, irréel en même temps, parce que trop brutal. Les informations se bousculent, se télescopent, et parviennent au cerveau en cascades, mais l’instinct de survie, surgit d’on ne sait où, une force violente et inouïe, un fil ténu aux tréfonds de soi, qui se tend comme un arc, transcende tout et vous dicte sa loi : celle de rester en vie.

                    A travers, le bourdonnement du sang qui bat à mes tempes, me parvient une question « je vais tout droit ou dans le champ » ?

                    Dans une sorte de brouillard, Je m’entends répondre « dans le champ ». Pas moins de cinq tonneaux après, la voiture s’est immobilisée une dizaine de mètres plus loin dans le champs, sur le toit.

                    Et avant ? « O temps suspend ton vol ». Des minutes interminables. Une angoisse palpable. Le pare-brise qui vole en éclats sous la poussée des bagages et des skis qui vont parsemer le champ immaculé. Puis, plus rien, un silence de mort , durant lequel chacun est pris dans son monologue intérieur. Et si, l’on avait pris l’autoroute" etc...

                    Au volant, La vie ne tient parfois qu’à un fil. La grande faucheuse n’est jamais très loin et fait payer cash qui elle veut, tout conducteur imprudent ou non.




                  • Clojea CLOJEA 12 juillet 2010 16:17

                    Bonjour Lisa : Pas mal le texte. Le problème de la vitesse.... C’est vrai que si on roule vite, il faut être bon conducteur sinon....
                    La seule voiture que j’ai plié était une R8 Gordini, qui m’avais été prêté par un copain. Evidemment ce dernier m’avait dit d’en prendre grand soin, mais voilà que dans une ligne droite, une dame au volant d’une voiture est tombé en panne en plein milieu de le route et en travers en plus. A 60km à l’heure, ca été le choc. J’ai plié le volant nerveusement tellement j’étais arc-bouté dessus, pendant que mon pied écrasait la pédale de frein. Mais rien à faire, la R8 après ressemblait à l’accordéon d’Yvette Horner. Indemne, la dame et moi, je précise.


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 16:51

                      Bonjour CLOJEA. En effet, c’est s’intéresser vraiment aux autres que d’écouter attentivement et retranscrire succinctement les expériences que l’on a pas vécu nous même. Merci d’apporter votre propre histoire et bravo, car la Gordini ne date pas d’hier.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2010 16:40

                      Bonjour Lisa,
                       Je vais faire une proposition.
                       Pour de l’adrénaline, nous avons le circuit de Francorchamps pour cela.
                       On peut y aller moyennant une petite participation aux frais.

                       Pour ce qui du reste, j’ai eu un autre exemple fortement discuté à l’époque.
                       Cela s’appelait « Drame du foot ou du fout fout »
                       smiley


                      • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2010 16:42

                        En d’autres mots, si on veut se casser la pipe, autant assurer les autres qui n’en ont rien à cirer des envies d’adrénaline...


                      • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2010 16:51

                        J’écrivais dernièrement un article sur les GPS.
                        Lui, il détecte les vitesse maxi.
                        Il prévient des dépassements « intempestifs ».
                        D’autre part, dans les voitures modernes, on a des possibilités d’avoir des limitateurs de vitesse et des moyens de tenir sa vitesse.
                        Comment n’a t-on pas encore relier les deux systèmes sur les voitures ?
                        Tout est possible aujourd’hui.
                        Les radars pourraient être à bord et non pas sur le bord de la route.

                        Je crois qu’alors les radars, les gendarmes de la route deviendraient obsolètes.
                        Et ça on n’aime pas trop...
                         smiley


                      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 17:12

                        Slu Guy,

                        Bien sur c’est une bonne idée le circuit, mais j’ai surtout roulé en 2CV et là, la voiture est tellement sûre et pardonnant tout que la route devient un circuit permanent et sans danger. Il en devient même ennuyeux de rouler dans les longues lignes droite et beaucoup plus amusant de prendre les petites routes sinueuses. Bien sur cette voiture ne fait pas le poids face à un poids lourd, mais elle accroche tant le pavé qu’elle peut encore l’éviter.

                        C’est vrai, le gps signale au conducteur qu’il dépasse la vitesse ce qui prouve à quel point celui-ci est surveillé à la seconde près. Il ne manque plus qu’un petit feu vert t’indiquant que tu peux dépasser en toutes circonstances un autre véhicule sans visibilité...en fait si l’objectif n’était pas uniquement de ponctionner les vaches à lait que sont les automobilistes, mais bien leur accorder des points de bonne conduite et des facilités d’usage, il y aurait moins de morts.

                        Merci d’être venu.


                      • Internaute Internaute 12 juillet 2010 18:49

                        Bien mal acquis ne profite jamais. L’histoire commence par un vol de voiture et finit par un accident. Le coeur du sujet est le danger représenté par les obstacles que les députés mettent sur la voie publique. Ce texte devrait être lu tous les matins à l’Assemblée Nationale pour mettre ces parasites face à leurs responsabilités.

                        Moralité : na pas voler d’automobile, arrêter de voter pour des personnes dangereuses et boire un peu moins.


                        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 19:21

                          Vous dites « Ce texte devrait être lu tous les matins à l’Assemblée Nationale » rarement l’on m’a fait une si belle preuve de reconnaissance tant il est vrai que nos législateurs participent à légaliser les nouvelles normes auxquelles deviennent immédiatement inadaptés les anciens outils. En effet, au rythme où vont les choses, nous roulerons tous bientôt en char Dassault...

                          « Le cœur du sujet est le danger représenté par les obstacles que les députés mettent sur la voie publique. » En effet, en Hollande, il y a une ville qui a dit non aux mobiliers urbains, passages piétons, barrières et trottoirs. Les véhicules sont les derniers à avoir priorité dans le cœur de la ville et ça marche bien mieux que tous les aménagements coûteux et distrayants qui ruinent le caractère de nos plus belles communes.


                        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 juillet 2010 19:36

                          Viper...enfin, plutôt, vipère,

                          Merci pour ce témoignage vivant et vécu qui étaye nettement mon propos finalement fictif. « Billet très bien écrit, d’un réalisme époustouflant ! » Vous voyez, je n’ai jamais eu le moindre accident et c’est bien parce que je me suis visualisé toutes les conséquences. Je me suis toujours comporté de façon à assurer ce palmarès vierge en conservant présent les images reçues. Merci de me confirmer que l’on peut très bien être réaliste sur des sujets sans expérience.

                          " ...mais l’instinct de survie, surgit d’on ne sait où, une force violente et inouïe, un fil ténu aux tréfonds de soi, qui se tend comme un arc, transcende tout et vous dicte sa loi : celle de rester en vie... ...Une angoisse palpable... ... Et si, l’on avait pris l’autoroute« etc... » votre témoignage est aussi vibrant de vérité, merci d’avoir pris le temps de l’ajouter.


                          • mokhtar h 12 juillet 2010 20:37

                            Merci à l’auteur d’avoir si bien décrit çà.
                            Çà, c’est du consumérisme à la petite semaine, entretenu par l’Auto Journal et les experts journalistes complaisants soi disant spécialisés dans l’automobile ainsi que les courses poursuites palpitantes dans des navets de cinéma.
                            De manière générale, il faut être un fou pour croire qu’on peut maîtriser un véhicule à plus de 120 à l’heure : on en est entièrement dépendant, même sur asphalte extra plat sur autoroute vide. C’est compter sans ceux d’en face ou dans le même sens derrière ou devant, dont certains ne doutent de rien.
                            Perso, je n’aime pas la vitesse et je préfère la certitude de maîtriser mon véhicule et je me sens bien dans ma peau avec mon esprit pépé. Même Senna s’y est cassé la gueule, Paix à son âme.

                            Se griser à la vitesse , quelle connerie de roman à deux sous ! On interdit la pub sur les tabacs et, à coté, toutes les caméras Tv sont braquées sur les formules 1 et autres circuits dingues. Mais vraiment, çà sert à quoi, au juste ?


                            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 13 juillet 2010 01:38

                              Merci Mokhtar,

                              « Même Senna s’y est cassé la gueule » sage remarque ! C’est vrai, après tout, ces pilotes qui donnent l’exemple à tous leurs fanatiques, qui mobilisent des foules entières pour les voir bomber sur des bolides, dont les week end de fête affichent jusqu’à neuf morts sur les routes du retour, ces pilotes célèbres sont ceux qui ont eu le plus d’accidents dans le passé et qui ont bousillé souvent dix voitures...

                              « On interdit la pub sur les tabacs » mais pourtant, c’est le tabac qui a financé tout ce manège infernal, et aujourd’hui la drogue raide boule...


                            • citoyen du monde citoyen du monde 12 juillet 2010 20:55

                              Faut-il côtoyer la mort pour s’apercevoir des évidences ?
                              Navrant de voir à quel point l’homme moderne perd la raison au volant de son véhicule.
                              J’ai moi-même été renversé par une voiture.
                              Jouez avec la mort, et elle vous prendra.


                              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 13 juillet 2010 01:52

                                « Faut-il côtoyer la mort pour s’apercevoir des évidences  » sage remarque également, c’est manquer de conscience de la vie que risquer ainsi la mort, mais c’est les assurances et la tôle façonnée qui donne l’impression de confiance trompeuse, comme le déclare l’illustration de l’article. Celle-ci est encore plus représentative : http://www.dailymotion.com/video/xh9go_les-dangers-de-l-aquaplaning_auto


                              • HELIOS HELIOS 12 juillet 2010 21:19

                                Interressant... dommage que certains prennent ce texte au premier degres et rejoignent la houri des membres de la ligue contre la violence routiere, abondant dans son sens et demontrant leur incapacité et leur integrisme.

                                La vitesse, ce mal qu’il faut tuer a tout prix... peu importe les consequences, peu importe les autres du moment que cela contraigne...

                                Et comment a-t-on tué le dynamisme Français, la dignité des citoyens qui font que plus personne ne dit rien a rien. 1 millions de manifestants le 28 juin dernier, sur tous le pays, ce n’est rien par rapport a 1 millions de gens a Paris, contre le CPE (par exemple). Mais a cette epoque pas si lointaine, les radars etaient pontuels, la reprobation, la pression sociale comme on dit, inexistante.

                                Continuons, on a les moyens.... puisqu’il faut choisir entre quelques accidents (evitables quasiment tout le temps) et la vigueur d’un pays, choisissons le declin, il y a 500 millions de nord africains, 1 milliard d’indiens qui sont a notre porte et qui vont nous signifier clairement notre place, s’il nous en reste encore une.

                                Bonne soirée, merci pour votre texte.


                                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 13 juillet 2010 02:16

                                  « Et comment a-t-on tué le dynamisme Français »

                                  Avant la dernière guerre, il y avait 258 marques de motos françaises. c’est à dire presque autant que d’appellations de fromages. Le raccourci serait un peu trop facile d’accuser le politique et pourtant le lien est connexe ( qui remonte à la tête ) ! L’État ne se contente plus que de fixer des normes et des seuils, 3000 morts par an, justifiant ainsi une politique du chiffre et du quota de contraventions, instituant la répression et la peur par l’image. Les radars et espions mobiles font que le gendarme n’est plus qu’un fonctionnaire fiché derrière un panneau écran, installé bien au chaud dans des locaux lointains et confirmant l’ordre à l’adresse du contrevenant sans plus aucun relais humain. Nous sommes conditionnés par des machines et des bouton à pousser, spectateurs de notre soumission. Merci Hélios et bonne fin de soirée.

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