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Un mauvais procès fait à Frédéric Mitterrand ?

Hier soir, Frédéric Mitterrand a eu droit à 12 mn sur TF1 pour sa défense. Si le moins que l’on puisse dire est qu’elle fût dilatoire et ambiguë, je pense qu’il fait dissocier deux choses :

- ses mensonges
- le procès de pédophilie qui lui est fait
 En ce qui concerne sa défense, vous aurez en bas de page l’ntégralité de celle-ci. Je voudrais relever deux mensonges importants.
 
Le premier concerne ses amours tarifés. Il parle de boxeur de 40 ans et d’hommes de son âge. Or dans son livre il parle d’étudiants. Il parle d’éphèbes. Or si on peut effectivement accepter que le terme garçon n’implique pas un jeune homme, celui d’éphèbe ne peut être appliqué à un homme de 40 ans, même s’il le peut par extension à un homme d’environ vingt ans.
 
Le second est son explication fumeuse pour dire que ce n’est ni des mémoires, ni un roman, mais une sorte de récit qui tient lieu de tract. En fait son « personnage » serait le résumé et le porte-étendard de tous ceux qui, comme lui, ont une vie « difficile ». Pour ce second point il ment ou il a menti. Vous pourrez voir et entendre dans cette vidéo qu’à cette époque il affirmait que ce récit était bien celui de sa vie. Il ajoute ce qui est stupéfiant.
Fogiel :
- Est-ce qu’au milieu de cette ambiance un peu glauque des ces bordels de Bangkok vous avez mauvaise conscience ?
-Mitterrand
- Ca dépend. 
- Comment ça dépend ?
- Ca dépend. Si je pense que … c’est pour ça … c’est pour ça que je ne pouvais pas faire l’économie de ce chapitre, parce que je ne sais pas, et que ne sachant pas encore maintenant je pense qu’il est plus honnête de le dire. Et à partir du moment où je construis un livre sur toutes ces années en onze chapitres, si je n’avais pas écrit ce chapitre-là, qui n’est que l’un des onze, j’aurais menti. Et que le but de ce livre était de ne pas mentir.
 

Frédéric Mitterrand - La mauvaise vie - Explications
envoyé par CiteGAY_com. - L’info video en direct.
 
Sa défense est donc assez embrouillée et s’éloigne de la vérité évoquée sur les plateaux de télévision en 2005 lors de la sortie du livre. Donc l’un ou l’autre de ces deux Mitterrand ment.
 
En revanche, il me semble que les attaques qui lui sont faites en parlant de pédophilie ne peuvent l’être de façon certaine à propos des écrits de son livre. On peut supposer qu’à Bangkok les jeunes hommes qui vendent leur corps ne sont pas tous majeurs, qu’il paraît évident que personne ne demande la carte d’identité à personne et qu’entre un jeune homme majeur et un autre proche de la majorité il y a un écart qui peut être aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette. Par ailleurs la pédophilie s’entend pour des enfants beaucoup plus jeunes. Cependant ce qui est parfaitement révoltant c’est la participation à ce marché aux esclaves. Selon moi on s’est trompé complètement de combat. Si, pour moi, la thèse de la pédophilie est difficilement prouvable à partir du texte, la thèse de la participation volontaire, connue, acceptée à un trafic de corps, à un esclavage sexuel excitant est une autre horreur indéfendable. Il ne s’agit pas là de morale du sexe (et encore si des mineures sont impliqués), il ne s’agit pas là de morale de l’homosexualité - et ces deux attaques et l’amalgame qu’en fait à loisir Mitterrand lui permet d’essayer de sauver son honneur et de cacher une autre horreur - mais la morale de l’esclavagisme. Cet homme profite de l’écrasante supériorité de sa richesse sur la pauvreté pour assouvir ses plaisirs. C’est un comportement assez répugnant d’usage d’esclave du sexe. Il profite de cette misère insondable d’un pays pauvre où les pauvres pour se sortir de la misère vendent leur corps. Et cela est inacceptable. La prostitution en soi est un esclavage. Il n’y a que les intellos débridés pour penser que ce n’est en rien grave, ni lourds, ni une tragédie. . Il amalgame la juste colère contre contre l’esclavage sexuel dont il a tiré profit pour assouvir ses plaisirs et une morale guindée qui condamnerait l’homosexualité en l’associant malhonnêtement à de la pédophilie.
 
Si un riche exploite un pauvre, c’est déjà de l’esclavage quand ce n’est pas un service rétribué à sa juste valeur, mais quand c’est le poids de la puissance qui impose du fort au faible. L’homme qui le subit en perd une partie de sa dignité. Mais lorsqu’il s’agit de vendre son corps, que ce soit un homme ou une femme, non seulement la personne perd sa dignité, toute sa dignité, mais il perd aussi tout de la vie et détruit la sienne de façon le plus souvent irrémédiable. Il perd le droit à l’amour. Il perd tout à l’instant et perd tout pour le futur. Et ça, Mitterrand qui en 2005 ne savait pas s’il en avait la mauvaise conscience et à l’époque et avec le recul, la mauvaise conscience de sa mauvaise vie, de son exploitation, de sa domination et du regard qu’il portait lui-même, du regard jouissif et malsain qu’il portait sur ses actes, n’est absolument pas pardonnable.
 
J’ai pris la peine de lire les extraits publiés par le Monde. Et il y en a trois qui m’ont particulièrement choqué. Je vous laisse à vous le soin d’en penser ce que vous voulez :
 
Ce n’est pas seulement lui qui explique la force de mon attirance, c’est aussi la mise en scène si bien réglée qui m’a fait découvrir sa présence. Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distincte de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain. En revanche, ils ont tous un portable, un e-mail pour retrouver ailleurs et à tout moment leurs customers les plus accrochés, ce qui laisse supposer que les clubs prélèvent un pourcentage trop important et qu’ils n’ont de cesse de pouvoir se débrouiller seuls. Quelques-uns sont plus âgés et il y a aussi un petit contingent de malabars mal dégrossis qui a manifestement son public. C’est le côté menines de l’exposition : leur présence fait ressortir la séduction juvénile de tous les autres. Au rythme de la sempiternelle techno, après trois minutes, deux cèdent leur tour et retournent en coulisses, une autre paire les remplace et ainsi de suite. Quand toute la troupe est passée sous les feux de la rampe, une manière de finale rameute l’ensemble sur un air plus triomphal façon Gloria Gaynor, les garçons abandonnent leur maintien hiératique, se parlent à voix basse en évaluant la clientèle avec des facéties obscènes et racolent plus ouvertement puis le petit manège reprend, un peu moins rigide et discipliné au fur et à mesure que l’on avance dans la nuit.
Evidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l’inconscience ou l’âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Je m’arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ; je n’arrête pas d’y penser mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu’un tel spectacle, abominable d’un point de vue moral, est aussi d’une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de refréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J’ai ce que je n’ai jamais eu, j’ai le choix ; la seule chose que l’on attend de moi, sans me brusquer, sans m’imposer quoi que ce soit, c’est de choisir. Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.
Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il semble ne pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n’existe même pas. La petite liasse n’a aucune valeur à cet instant, elle le gêne et ne l’intéressera qu’après, non comme le paiement d’une transaction, ni comme la rétribution d’un service précis, mais plutôt à la manière d’une récompense amicale détachée de toute notion d’obligation réciproque. De ma part, ce serait une faute de goût, presque une insulte que d’insister pour qu’il les prenne. Les billets disparaîtront ensuite, sans que je m’en rende compte, comme par enchantement. Mais si j’ai presque honte d’avoir commis un manquement à cette politesse que je connais mal, je constate que c’est encore la vieille peur d’une négociation difficile au dernier moment, voire d’être repoussé en touchant au but qui aura été la plus forte. J’ai toujours payé tout de suite pour prendre l’avantage et sidérer l’adversaire ; la corruption est un sport d’aveugle, on allonge l’argent à tâtons tant ce qu’on cherche à atteindre est incertain
 
 
Ces trois extraits de texte sont, pour moi, immonde par ce qui ressort du prédateur riche qui paye tout de suite pour prendre l’avantage et sidérer l’adversaire. Tout est dit. Et c’est affreux.
 
Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
 
Vignette Wikipédia Marché aux esclaves Boulanger



par Imhotep (son site) vendredi 9 octobre 2009 - 50 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Commodus (---.---.---.82) 9 octobre 2009 11:28
    Commodus


    Il est un moyen simple pour Frédéric Mitterrand d’être lavé de l’accusation de pédo-criminalité lancée par Marine Le Pen : porter plainte pour diffamation ou/et dénonciation calomnieuse. Cela provoquerait une enquête judiciaire propre à laver son honneur.

  • Par Imhotep (---.---.---.113) 9 octobre 2009 12:25
    Imhotep

    Quel est le rapport ? 

    1- la démission ici n’est même pas évoquée
    2- la démission n’a pas pour objet de mettre fin à la prostitution mais de laver la République de la souillure de celui qui en est la cause en restant membre du gouvernement.

    Il doit vous manquer une case.
  • Par linus20024 (---.---.---.70) 9 octobre 2009 13:42
    linus20024

    @Imhotep,

    De toute façon, je crois que c’est mort.

    Hamon a baissé son froc.
    Copé et MAM, (les mêmes qui veulent mettre en place des lois liberticides pour le peuple) trouvent Mitterrand touchant et formidable.

    Toute l’élite bobo parisienne déferle sur Agora VOX pour trouver des excuses au ministre (cf le nullissime article de Raphaël Zacharie de Izara et sa conclusion vaseuse)

    ETc’est le FN qui finalement se voit accusé de tous les maux, ce qui est partiellement vrai car Marine Le Pen en a autant après le côté touriste sexuel de FM qu’après son homosexualité.

    Ce qui va se passer : un divorce complet entre le peuple et ses élites, une haine violente et durable qui va s’intaller. Le début du quinquennat de Sarko vous a donné la gerbe. Attendez la suite, vous n’allez pas être déçus...

  • Par jps (---.---.---.233) 9 octobre 2009 12:12
    jps

    Frederic Mitterand a écrit dans son livre : ’ces gosses ont largement l’habitude des hommes bien qu’ils ne les aiment pas vraiment’. 
    qu’aujourd’hui il vienne nous expliquer que ces gosses avaient 40 ans, c’est un mensonge !

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