• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Un million de candidats, et moi, et moi, et moi…
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(41 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Un million de candidats, et moi, et moi, et moi…

A moins de cent jours de l’élection présidentielle la stratégie de l’UMP et du président, son chef d’orchestre, semble définie : il suffit qu’un candidat ouvre la bouche, aujourd’hui Hollande, hier Mélenchon, Joly ou Bayrou pour qu’une batterie de ministres - sous fifres les noient par des adjectifs qualificatifs des plus inadéquats aux plus orduriers, tandis que le Président, en écho, vante aux quatre coins de la France et du Monde « sa » bonne gouvernance, avec une autosuffisance et un aplomb qui n’ont de pareil que les contre - vérités qu’il assène. On l’entend donc aux Antilles dire « que lui » (suivez mon regard), tient ses promesses, n’a que du « concret » à proposer, qu’il « travaille » (entre deux voyages, on suppose), et qu’il « réformera » jusqu’au bout. Apparemment et désormais, quand il se rase, il ne pense pas à sa réélection mais à la réforme du jour, au déstockage de la semaine, à la provocation du mois, au mirage de l’année, comme si cette fameuse élection n’existe pas. En quelque sorte, le « bilan est dans la continuité », la « rupture est dans la négation du calendrier », bref, la « réalité est ailleurs ». Cette non - gouvernance, qui s’affirme comme étant « responsable » sape par elle-même la notion même du processus démocratique de la gouvernance, comme si les relais institutionnels (parlement, sénat, cour des comptes, conseil constitutionnel, commissions de lois, corps constitués, syndicats et organisations professionnelles, presse, etc., ) n’existent pas.

Car ce n’est pas un programme de candidat qu’il décline quotidiennement pendant ses déplacements de vœux, mais bien des mesures, des « réformes », de l’action, découlant de son statut présidentiel. En oubliant que tout ce qu’il raconte comme un fable rassurante et virile ne peuvent plus se réaliser durant ce quinquennat, qu’il en faut un autre, et qu’entre les deux il y a bien deux élections. La première le concerne directement, de l’autre dépend le sort de ses godillots. Mais le président, depuis ces hauteurs olympiennes, fait l’impasse sur le régime qu’il est sensé défendre, considère comme acquis l’improbable, comme une certitude l’irréel. Nous sommes bien, cliniquement parlant, devant une variante hystérique de la méthode Coué, un déni de réalité. Que les « réformes » proposées soient invalidées, retoquées, que « ses » lois traînent dans les arcanes institutionnelles, ne semble pas le préoccuper outre mesure. Le « dit » remplace le « fait » dans une mécanique bien rôdée, qui, bien huilée il y a (presque) cinq ans, n’est plus que ratés de moteur, fumée de son tuyau d’échappement. Cette logorrhée compulsive n’empêche pas ses troupes de tirer sur tout ce qui bouge avec des munitions portant les noms de ces propres carences : irréalisme, populisme, suivisme, obsolète, manque de visibilité (et de vision), etc. 

Mais le plus ironique, le comble dans ces accusations reste « le manque de programme ». Pour un président qui a fait de la « réaction » (et de l’opportunisme) son cheval de bataille, qui a détricoté ces deux dernières années quasiment tout ce qu’il avait tricoté les deux premières de son mandat, un président prisonnier de l’éphémère, de l’événement, subissant la crise et ses propres décisions au quotidien et qui confond programme et mesures, vitesse et anticipation, vision et publicité, la dernière chose à faire, pour lui et ses troupes, c’est d’accuser les autres de manque de programme. Sauf si par programme ils insinuent la capitulation aux agences de notation, la fin de l’Etat de droit et du système social. Mais pour cela nul besoin d’être élu. Le pouvoir financier s’en charge seul, comme un grand. Raison de plus de ne pas jouer au naïf illuminé, à entrer dans le rang et, en guise de projet, de se définir, comme tous les autres, face à ce dernier. Mais cela reste un exercice impossible : le président l’a déjà fait, l’a promis et « oublié ». Il continue donc à « gouverner », à « dire » qu’il instaure une taxe Tobin, en attendant que celle-ci, comme tout le reste, soit renvoyée aux calandres grecs, c’est –à - dire à la réalité post - élections. 

par Michel Koutouzis (son site) lundi 23 janvier 2012 - 11 réactions
yahoo
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(41 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Ariane Walter (xxx.xxx.xxx.15) 23 janvier 10:41
    Ariane Walter

    Il vit dans un monde de courtisans où on lui dit ce qu’il veut entendre. Il s’accroche comme un singe aux branches du dernier arbre de notre forêt.
     Tous les autres il les a vendus ou coupés. et il continue à clamer "il faut couper des branches !’ .
     Et tous les jours il se rapproche de celle sur laquelle il est.
     Il est cuit, d’où cette impression, dont tu parles si bien, de vouloir mettre en coupe réglée la Nation pour ses potes avant son départ...
    La seule réalité qui l’intéresse c’est celle de sa mission de subalterne travaillant pour l’OTAN, les Zuniens, Israël et les banques. C’est déjà beaucoup de gens à satisfaire...

    Ca va en faire du travail pour défaire tout ce qu’il a fait !!!

  • Par moussars (xxx.xxx.xxx.40) 23 janvier 12:34

    Tout à fait.
    Il pourrait très bien faire comme les Schroeder et les Blair qui ont servi ceux qui leur ont fait des ponts d’or à la sortie.
    Des crimes en somme...

  • Par BARTH (xxx.xxx.xxx.176) 23 janvier 15:57

    Les réactions de cette racaille sont sidérantes :

    - guaino : " je ne comprends pas que l’on puisse dresser les français les uns contre les autres ". "tout ce qu’il propose c’est nul mais sarko l’a déjà fait"

    - Baroin : "vouloir lutter contre le monde de la finance c’est se battre contre la pluie ou le vent"

    Nous voilà donc renseignés sur les véritables compétences de cette racaille (re) et encore je ne parle pas des copé, bertrand, hortefeux, etc ...

  • Par Pyrathome (xxx.xxx.xxx.241) 23 janvier 14:34
    Pyrathome

    Quelque chose me dit qu’il ne va pas se représenter "le petit télégraphiste du Fouquet’s", il va envoyer le Copé ou le Juppé à la boucherie.....ah ah ah ah !!
    Mais s’il ose, ça sera panpancucu à tour de bras....et puis une place bien au chaud sous les verrous l’attend à la "santé"....

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox