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Accueil du site > Tribune Libre > Un « Nobel » d’économie veut légaliser la vente d’organes et (...)

Un « Nobel » d’économie veut légaliser la vente d’organes et d’enfants

Jean Tirole est un homme peu médiatisé. Il est président de la Fondation Jean-Jacques Laffont-Toulouse School of economics (TSE), directeur scientifique de l’Institut d’économie industrielle (IDEI) à Toulouse et membre fondateur de l’Institute for Advanced Study in Toulouse (IAST). Le 13 octobre 2014, il a reçu le prix, d’environ un million d’euros, de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, surnommé « prix Nobel d’économie ».

Comme Jacques Cheminade l’a documenté, Jean Tirole est un « monument universitaire » qui repose sur le socle des Fondations et des Universités américaines qui ont promu dès le départ les thèses du comportementalisme économique dont l’influence néfaste sur l’administration Obama a été maintes fois dénoncée.

Idéologie abusivement élevée au rang de science, le comportementalisme n’est pas fondé sur l’économie réelle, productive, mais, à l’aide des théories des jeux et de l’information, sur l’étude statistique d’agrégats évalués en termes monétaires. C’est pour cela que Jean Tirole défend bec et ongles la titrisation et la bulle des dérivés, à l’origine du krach mondial de 2008 et d’aujourd’hui, qu’il propose simplement de mieux encadrer.

Professeur invité au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) Jean Tirole est depuis 2011, en France, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

C’est devant cette dernière, dans le cadre de la Fondation Ethique et Economie, qu’il a prononcé le 11 janvier 2016 un discours sur son thème de prédilection, « La Moralité et le marché », organisé en partenariat avec plusieurs groupes privés, dont le géant de l’assurance Allianz.

Tirole, se voulant ironique, constate que ceux qui veulent réguler les marchés évoquent, pour plaider leur cause, « certains produits et services qui ne sauraient être marchands, comme l’adoption d’enfants, la GPA, l’admission dans une université prestigieuse, les enfants, les organes humains, une véritable amitié, un prix Nobel… »

Lui, Jean Tirole, fort de sa « science » comportementaliste, part alors en guerre contre ce « mythe », car pour tous ces domaines évoqués, s’il faut certes trouver des solutions, pour lui, « les sortir du marché » n’est pas vraiment la solution idéale.

Les réticences morales

Bien sûr, affirme Jean Tirole, « nous avons tous des réticences à l’existence de certains marchés : dons d’organes, mères porteuses, paiement pour éviter la conscription, prostitution… Tous ces marchés sont problématiques. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que nous avons des principes moraux. » Bigre !

Tirole donne alors en référence les travaux du professeur Gary Becker [1], qui aurait démontré que :

L’interdiction de vendre son rein limitait les donations, condamnant ainsi chaque année des milliers de personnes aux États-Unis à mourir faute de donneurs. Pour lui [Becker], les détracteurs du marché des organes ne doivent donc pas se draper dans leur vertu, leur idéal de moralité, qui s’avère aussi coupable de la mort des malades en demande d’organes.

« On ne peut se targuer de moralité, conclut Tirole, quand on est contre le commerce des organes, et la question s’avère plus complexe qu’il n’y parait au premier regard ». (sic)

Il ne s’agit pas là d’une simple provocation intellectuelle, mais du fondement même de la pensée comportementaliste pour qui le jugement du marché doit prévaloir sur les préjugés moraux. Tous nos tabous sur la vie et la mort doivent tomber, car ils sont, dixit Tirole, parfois responsables pour l’augmentation du nombre de décès :

Nos réticences à faire des calculs entre le nombre de personnes à sauver et les moyens mis en œuvre coûtent des vies à des millions de personnes chaque année. N’est-il pas absurde, par exemple, de dépenser des millions d’euros dans un service chirurgical pour sauver une vie lorsqu’on pourrait consacrer la même somme dans un autre service pour sauver davantage de vies ? La possibilité de faire ces calculs choque ; mais il est tout aussi choquant de refuser par principe de les faire, car le prix à payer pour ce refus est important en nombres de vies perdues.

Malthus, nous revoilà

C’est là où enfin, le loup est sorti du bois. Tirole, comme ses maîtres, opère dans un monde malthusien. Dépourvu de créativité, on y gère un univers en voie d’épuisement - ce qui est faux - dont la mort certaine n’est qu’une question de temps. A l’intérieur de ce système, fatalement, ce qu’on fait pour l’un ne peut que se faire au détriment de l’autre.

Attaquer le marché est trop facile, avance Jean Tirole. Bien qu’il pense que la morale et l’indignation qu’elle provoque sont des mauvais conseillers, Tirole n’hésite pas à nous faire la morale, toujours en s’érigeant en champion agile de sophistique exploitant des exemples absurdes :

L’interdiction de la commercialisation de produits et services explicite peut coexister avec une commercialisation implicite. Ainsi, une personne qui serait scandalisée par l’idée même de la prostitution ou de relations tarifées, peut néanmoins rester avec son conjoint, sans amour, par désir de sécurité financière ou par simple peur de la solitude. Parfois, le marché est donc notre bouc-émissaire : il endosse les critiques que nous pourrions adresser à l’humanité-même car il révèle ou met en évidence ce qui peut déplaire dans la nature même de l’humain. Le marché, en tant que miroir de l’humanité, sert alors à nous cacher notre propre hypocrisie et à révéler certains penchants voire certaines parties de notre âme que nous aurions aimées cacher aux autres et à nous-mêmes.

Inégalité inégale

Hasardeux également, selon Tirole, tout jugement sur l’inégalité. Car si elle peut se mesurer d’un point de vue financier, elle a beaucoup d’autres dimensions que l’argent : l’accès à la santé, le respect, l’intégration dans la société... et surtout : la demande de dignité.

La très grande majorité des êtres humains veulent se sentir utiles à la société. Par exemple, les handicapés demandent plus que de l’argent, ils veulent du travail. L’habitude de nos contemporains de railler les petits boulots précaires ne tient évidemment pas compte de ce besoin, ni des bouleversements extraordinairement violents qui surgissent avec la numérisation de l’économie, à laquelle nous ne sommes pas préparés. Les réflexions éthiques, si elles doivent guider intelligemment nos politiques publiques, ne doivent en aucun cas nous priver des examens de fond qui seuls nous permettront de relever les défis de l’avenir, qui ne se mesure pas qu’en argent mais surtout en demande de dignité.

C’est bien ce raisonnement pervers qu’on retrouve à la base de l’avant-projet de la réforme du Droit du travail qu’annonce le gouvernement de Manuel Valls avec la loi El Khomri. Notons que Manuel Valls, dans un journal belge, annonçait qu’il va bientôt présenter un projet de loi en faveur de la légalisation de la drogue. Et les organes, ça sera pour quand ?


Conférence de Jean Tirole (Fondation Éthique et... par acadsmp

 


[1] Gary Becker a obtenu le prix Nobel en 1992 « pour avoir étendu le domaine de l’analyse microéconomique à un grand nombre de comportements humains et à leur interaction, y compris à des comportements non marchands ». Pour lui, les comportements des individus s’expliquent toujours par un calcul. Ainsi l’amour des parents pour leurs enfants s’explique parce que ces derniers représentent une sorte d’assurance vieillesse pour leurs vieux jours. Et si l’amour ne suffit pas, reste la culpabilisation. C’est pourquoi la sécurité sociale menace la famille en supprimant cette raison d’aimer ses enfants ou, en tout cas, d’agir de façon altruiste à leur égard ! Son approche constitue un joli paradoxe, débouchant à la fois sur une formidable ouverture et un redoutable enfermement. Elle marque l’apogée de « l’impérialisme économique » - un terme que revendiquait ce professeur de Chicago.

Par . Source

 


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38 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 25 février 15:13

    Posez vous la question....Ou sont passés des milliers d’enfants d’immigrés ces deux dernières années.. ?

    Merkel ne se pose pas la question...

    • doctorix doctorix 25 février 16:29

      La morale : voilà l’ennemi !

      Je crois que j’ai bien résumé la pensée de Jean Tirole.
      Rien d’étonnant, de la part d’un économiste. 
      D’ailleurs, il ne précise pas si le jeu consiste à acheter un rein ou à vendre le sien.
      J’ai quand même une vague idée la-dessus.

      • Phalanx Phalanx 26 février 23:17

        @doctorix

        C’est la pensée du système liberale/libertaire. Rien ne doit exister entre l’individu et le marché, et surtout pas la morale (ou pire la religion).

        D’ou la destruction systèmatique des valeurs familalies, religieuses, morales, culturelles, nationales etc ... La gauche excelle dans ce domaine et elle a de moins en moins de mal a oublier les interets du peuple (sensé être son souci premier).

      • christophe nicolas christophe nicolas 25 février 16:32

        C’est un faiseur de suppositoire. La dimension « marché » existe forcément mais il n’y a pas de raison qu’elle soit mise en avant plus qu’une autre, elle convient bien pour les chaussettes... 


        ll faut simplement l’envoyer chez Kindy. Les abrutis de la théorie du jeu mériteraient qu’on joue avec leur vie, leur famille, tout ce qui leur est cher pour qu’ils comprennent leurs erreurs.

        De toute façon ces gens qui ont préconisé la tarification mondiale du carbone sont finis, dans moins de trois ans, ils se seront à point pour être servis au peuple comme des dindons rôtis.



        • mario mario 25 février 17:18

          je soutient et j’encourage jean tirole a vendre les reins de son fils et le foie de sa fille .


          • Spartacus Spartacus 25 février 17:49

            Compris à l’envers et procès d’intention.


            Sauver 100 personnes au lieu d’une seule, n’est pas malthusien, mais du pragmatisme devant les priorités de choix antagonistes.

            Il explique simplement que la logique de marché est bien plus l’intérêt du plus grand nombre que celle de la morale qui voudrait faire passer son cousin Bébert avec qui on a de l’affection avant les autres.

            Sur les organes, certaines personnes sont prêtes à donner les leurs contre de l’argent pour sortir de la misère. 
            C’est moralement réprobable par des bien pensants scandalisés, mais ce marché créé permet de subvenir à la pénurie et sauvera des milliers de personnes de la mort.

            Il veut en venir à dire que la posture morale, tue plus que le pragmatisme économique....
            Le marché libre est l’intérêt général, l’interventionnisme est l’intérêt de quelques uns contre tous les autres et cette absurdité est toujours justifié par une prétendue morale qui serait plus forte que le marché libre.....

            • mario mario 25 février 17:59

              @Spartacus
              cela dit et si j’ai bien compris.... en 16 lignes vous nous expliqué que nous avons Compris à l’envers mais au final c’est l’endroit !
              vous etes un diciple de François Hollande ?


            • COVADONGA722 COVADONGA722 25 février 18:12

              @Spartacus

              Sur les organes, certaines personnes sont prêtes à donner les leurs contre de l’argent pour sortir de la misère. 
              C’est moralement réprobable par des bien pensants scandalisés, mais ce marché créé permet de subvenir à la pénurie et sauvera des milliers de personnes de la mort.


              des milliers de morts ayant les moyens bien sur 
              vous déraisonnez spartacus ce qui es moralement réprobable 
              c’est votre logique dutout est marché qui crée les conditions d’une misère telle que des humains en soit réduit a vendre leurs organes ce qui j’en conviens est la suite logique de la location du ventre des femmes les plus pauvres.
              Mon cher prévoyez de hauts murs a votre société future car ce sont des bêtes fauves qui les escaladerons tôt ou tard pour mettre les organes des nantis a la pâture ! 

            • Spartacus Spartacus 25 février 20:49

              @COVADONGA722


              Il y a une manière primaire de voir les choses et se contenter de réagir en fonction de ce que l’on voit. Et il y a l’autre secondaire, qui implique de prendre en compte les conséquences.

              Votre morale est limité a ce que vous « voyez ». Pas à ce que vous ne voyez pas.
              C’est la vitre brisée de Bastiat...

              Vous voulez voir la personne miséreuse vous ne voulez pas voir la personne qu’elle a sauvé et serait morte sans avoir un organe de remplacement. 

              Bien entendu, personne ne souhaite que pour vivre il faille donner un organe. Pas plus qu’il ne faille prendre de force. Ne faites pas de la caricature.

              Ce n’est pas le marché qui est responsable de la misère. Pas plus que le marché ne soit responsable du grave malade en attente d’un organe pour survivre.

              C’est au contraire les absences de marchés qui créent la misère pour l’un et la mort pour l’autre.

              Donner un organe est certes moralement contre votre bien-pensance, mais ce n’est qu’une posture. L’acte va sauver une personne. 
              Votre bien-pensance morale est criminellle. Vous êtes l’assassin du malade par posture intellectuelle dogmatique.

              Ce qui conforte votre morale c’est de ne regarder que celui qui donne, pas celui qui en a absolument besoin.

              Bien sur le donneur aura perdu un organe. Il sera néanmoins sorti de sa misère. L’autre aura un organe, il pourra vivre....Le marché les aura sortis tous les deux d’un problème. Votre posture morale en aurait fait un mort.

              Donner de l’argent pour du sang, ou un organe, est moralement plus acceptable pour le pauvre que de le juger moralement comme inaceptable du haut d’une posture doctrinaire.

              Puissiez vous ne jamais avoir d’accident et ne jamais mourir d’un manque de don d’organe...


            • COVADONGA722 COVADONGA722 25 février 21:06

              @Spartacus
               bonsoir , je n’ai malheureusement ni les mots ni les connaissances économiques pour vous répondre de manière aussi argumentée

              Votre bien-pensance morale est criminellle. Vous êtes l’assassin du malade par posture intellectuelle dogmatique.

              mon objection tiens a ce que vous n’admettez pas que dans ce système 
              votre malade n’est pas un individu lambda mais un malade disposant d’un pouvoir financier ce qui ne l’exclue pas a mes yeux du champs de l’empathie et du devoir de sauver mais ne l’autorise pas a user de l’arme dénommée argent .

              « Puissiez vous ne jamais avoir d’accident et ne jamais mourir d’un manque de don d’organe... »
              je mourrais probablement plus tôt que vous, ouvrier après plus de 43 années au travail toutes les statistique me donne tricard par rapport a beaucoup d’intervenant ici
              aurais je besoin d’un don je ne sais pas ? aurais je peur ?
              c’est plus que probable .Mais 
              ce que vous appelez posture doctrinaire je l’accepte 
              qu’un individu soit si pauvre qu’il accepte de vendre un morceau de lui je n’ai pas de belle formule Spartacus, juste tout ce que ma conscience me dit tout ce que ma modeste intelligence me dit :c’est mal ! c’est le mal dans sa définition la plus aboutie !
               
              asinus : ne varietur

            • samuel 25 février 21:40

              @Spartacus

              En fait ce serait peut être plus simple que les riches mourants lègue leur fortune aux pauvres qui ont de bons organes.

              ça ferai des économies à la sécurité sociale et on respecterait le principe de la vitre brisée de bastiat. On verrait autre chose que le misereux qui donne son rein smiley



            • doctorix doctorix 25 février 23:20

              @Spartacus

              Vous n’avez pas le droit de vendre votre rein.
              Par contre, vous avez le droit de le donner.
              Je m’étonne, au vu de votre altruisme, que vous ayez encore les deux vôtres.
              Et que n’avez vous pas encore donné un de vos deux yeux, un poumon, une couille ?
              Un hémisphère cérébral, je ne conseille pas. La technique n’est pas au point, et puis personne n’en voudrait.

            • Spartacus Spartacus 25 février 23:23

              @COVADONGA722


              Pourquoi voulez vous que ce soit « un riche » malade... ?

              C’est une excuse faire valoir pour ne pas admettre que vous n’êtes pas dans le camp du bien en croyant pourtant penser le bien.
              Pour vous donner « bonne conscience » d’admettre que votre morale est l’assassin qui s’ignore il vous faut dénigrer le malade qui va mourrir ?

              Non c’est n’importe qui. Il est écrit nulle part que c’est un « riche ».

              Jamais personne n’achète un organe parce qu’il est riche. Ça ne s’achète uniquement que si on a le besoin, qu’on est malade. 

              N’importe qui vendrai ou hypothéquait sa maison pour vivre, emprunterai auprès de tiers ou d’une banque. 
              A cause de votre morale vous tuez votre voisin malade. 
              Peut être seriez vous le premier à l’aider financièrement pour acheter l’organe qui lui manque s’il n’est pas riche ? 

              Vous jugement de valeur sont erronés, parce que vous ne mettez pas en perspective les conséquences cachées.

              La vitre de Bastiat est la base de l’économie que chacun se devrait connaitre. Il est nul besoin d’être un érudit en économie pour la comprendre.

              C’est une démonstration que la pensée sur ce qui est visible en faisant du bien, a des conséquences invisibles plus néfastes qu’on croit, mais parce qu’elles sont moins visibles elles sont ignorées.

              La pensée de Tirole est excellente, la grande difficulté c’est qu’a vouloir penser sur ce que l’on voit on oublie de penser de ce l’on ne voit pas.

            • foufouille foufouille 25 février 23:31

              @Spartacus
              toujours aussi crétin !
              le pauvre ne pourra acheter de rein quand celui qui lui reste sera foutu.
              le riche paiera plusieurs organes pas cher.
              aucun pauvre ne devient riche en vendant un organe vu le prix d’achat.


            • Shawford ORANGE SKIN 25 février 23:42

              @foufouille Tu tombes bien toi avec tes histoires de reins, pour ma part je sens monter une nouvelle crise de coliques néphrétiques.

              Bon heureusement je viens de décrocher de Zegut : too hard skinking je reviens donc à ma playlist perso et hop magie de l’oersted, tous les univers que je porte se calment et mon rein de même par voie de conséquence (Et alors même que j’écoute Narcotic de Liquido smiley >>>> allez les Girondins pour les master class de prêt de chez moi)


            • Shawford ORANGE SKIN 25 février 23:46

              @ORANGE SKIN

              Qui voudrait bien écouter de ce pas Up&Up pour contribuer à me soigner ça mange pas de pain smiley


            • le castor 26 février 04:43

              @samuel Merci Samuel. Une réponse qui fait du bien !


            • samuel 26 février 10:09

              @Spartacus

              « Jamais personne n’achète un organe parce qu’il est riche. Ça ne s’achète uniquement que si on a le besoin, qu’on est malade. »
              Jamais personne ne vendrai un rein si il n’était pas pauvre.

              Dans un marché il y a implicitement la notion de moyen des acteurs du marché... Ce qui est acceptable dans le cadre de la consommation superflue (c’est pas grave qu’une personne d’extraction modeste ne roule pas en Maserati) est très discutable dans le domaine de la santé...

            • Le chien qui danse 26 février 10:24

              @doctorix

              Ha ha j’ai bien ri, excelent...


            • Le chien qui danse 26 février 10:26

              @doctorix

              Ha ha j’ai bien ri, excelent...

              Même une couille, je suis pas sur que qq en voudrait..


            • Spartacus Spartacus 26 février 13:01

              @foufouille

              Tu n’as pas besoin d’être riche pour passer un scanner. 
              Il suffit d’être assuré et avoir une mutuelle. 

              Dans la majorité des pays occidentaux, les gens ne payent pas directement leurs besoins de santé. Ce sont les hopitaux et les mutuelles les remboursent.
              Quand a la valeur de l’organe pour savoir si ça rend riche, il n’y a pas de marché, donc pas de cotation. 

            • doctorix doctorix 26 février 14:17

              @Spartacus

               les gens ne payent pas directement leurs besoins de santé.
              C’est le « directement » qui pose problème.
              Ils payent, pas d’illusions la-dessus.

              Si on a deux reins, c’est parce que c’est fragile. 

              Un rein, c’est pour la vie. Un paquet de biftons, c’est vite claqué.
              Et après on fait comment ?

              J’ai entendu dire qu’un rein, c’est 15.000 euros. Mais parfois on tue pour les prélever et les vendre. En plus, il y en a deux par cadavre. Pour les riches, il n’y a donc aucun problème pour s’en procurer.
              Si bien sûr on met le problème de morale de côté : c’est ce que recommande Tivol.
              De même que le capitalisme réduit l’humain au consommateur, le pauvre est une sorte de bétail pour le riche, une banque d’organes disponible.  


            • Spartacus Spartacus 26 février 20:51

              @doctorix

              On tue parce qu’il n’y a pas de marché libre....

              Bien entendu ce n’est pas souhaitable. Mais ton fils, il vient d’avoir un accident. 
              Pas de marché existant, pas d’organe de disponible pour lui.
              Il va mourir dans la semaine, ta morale vient juste de lui mettre une balle dans la tête pour le finir...

            • doctorix doctorix 26 février 21:45

              @Spartacus

              Même pour un de mes fils, je ne sacrifierais pas un être humain pour qu’il vive.

              Enfin je pense... Et je crois que eux non plus. Je considérerais comme criminel un législateur qui m’offrirait ce choix.

              Ce n’est de toutes façons pas aux victimes de statuer, parce qu’elles sont trop impliquées.C’est comme demander aux parents d’un enfant assassiné de se prononcer sur la peine de mort.
              Un jugement juste demande de s’élever au-dessus du cas individuel ou personnel, et de considérer l’intérêt fondamental de la société, qui ne peut survivre sans morale. Les sociétés (animales et humaines) les plus aptes à survivre étaient celles qui s’entr’aidaient, c’est largement documenté.
              Ma morale, elle va dans le sens de la survie de l’espèce humaine, au delà de l’animalité qui anime tous vos propos.
              Je suis dans la société humaine, vous êtes une sorte d’animal dans la jungle, sans foi ni loi.
              C’est d’ailleurs pourquoi vous admirez tant les américains, qui sont des pillards sans éthique, et qui ont édifié leur empire sur l’exploitation d’autrui.
              En ce sens, vous êtes parfaitement cohérent.
              Mais guère fréquentable.

            • samuel 26 février 23:16

              @Spartacus

              Vous êtes bien présomptueux pour connaitre à l’avance l’état de l’offre et la demande cet éventuel marché.

              Le simple prix trop élevé de cet organe pourrait tué cet enfant ... On sort pas encore des organes comme des œufs de poules.

              Le délire de la « supériorité » du marché en tout lieu et en tout temps. Le marché par « principe ».


            • Spartacus Spartacus 27 février 09:21

              @doctorix


              Ta morale est sauve sur la tombe de ton gamin ?

              Qui t’a dit qu’un être humain allait « être sacrifié » par la vente d’un organe.
              Extrapolation pour te donner « bonne-conscience » et justifier ta morale de posture ?
              Marché organisé, clinique privée contrôlée, chirurgiens qualifiés, opération sans danger pour le donneur.....

              Celui qui donne son organe vivra avec l’argent de ton assurance santé. Il est dans la misère. Il va devenir riche. Personne ne l’a obligé. 
              Il lui faudrait 15 ans de travail comme vendeur de riz pour obtenir autant dans la rue. Il a 6 enfants, pas l’eau courante, pas l’électricité. Maintenant il l’aura et ses enfants iront à l’école. 

              Par contre ton enfant il est mort dans d’affreuses souffrances.....C’est trop tard. 
              Ta morale a deux balle d’interventionnisme sur les choix individuels des autres l’a tué. 

              Tiens le médecin t’examine.....Figure toi que tu as les mêmes symptômes que ton gamin qui vient de mourir.
              Il te faut un organe ou la semaine prochaine tu meurt.......Y’en a pas. Nada ! Zero !.

              Des gens quelque part sur terre sont prêt pour devenir riche (au niveau de leur pays) a vendre le leur pour donner à bouffer à leur famille et construire une nouvelle vie pour eux.

              Ta morale elle t’oblige à t’inventer des méchants pour se justifier...Les riches, l’argent et autres excuses bidonnées...
              Elle a tué ton gamin. Tu va mourir. Des gens pauvres ne profiteront pas de ton assurance maladie pour s’en sortir.........

              Maintenant que tout est foutu pour toi, Allez je parie que tu vas vendre ton dernier organe pour permettre à ta femme de continuer à payer les traites du crédit et avoir un toit à elle....
              Non ? Peut être n’aime tu pas ta famille ? Est-ce moral ?

            • pemile pemile 27 février 09:47

              @Spartacus

              Une vie pour une vie, si ta vie dépend d’un organe, en échange du don le receveur échange sa vie avec celle du donneur, tu finis ta vie dans son bidonville et le donneur emménage dans ton pavillon ?


            • doctorix doctorix 27 février 10:16

              @Spartacus

              J’ai cru que vous étiez simplement immoral.
              J’avais tort.
              Vous êtes amoral, et seul votre instinct vous guide.
              Rien ne pourra vous changer, ça remonte à trop loin, lors d’une éducation ratée, je suppose...
              Quant à ma vie, je ne crois pas qu’elle mérite que j’estropie un inconnu contre de l’argent.
              Par contre, je donnerais volontiers un de mes reins à ma soeur ou à l’un de mes enfants, si c’était nécessaire.
              Le législateur a bien compris qu’un organe ne pouvait qu’être l’objet d’un don, et non d’un commerce, sauf à rameuter des hordes de pillards et d’exploiteurs.
              Comme pour la peine de mort, il a eu raison, contre la majorité.
              C’est une des limites de la démocratie que le sage (et le saint) doivent outrepasser.
              La sagesse face au populisme, au pouvoir de l’argent et à la démagogie, en somme.

            • samuel 27 février 13:31

              @Spartacus

              « Qui a dit qu’un être humain allait être sacrifié ? »

              Et bien à part le cas particulier du rein, tous les organes sont présents en une seule exemplaire.

              Les cartes de donneurs d’organe sont justement bien faites pour autoriser le prélèvement lors de la mort du donneur...



              Comme vous aimez les fables je vais vous en raconter une.

              Imaginez maintenant qu’il y ait 2 receveurs pour un donneur (compatibles) et votre maginifique marché. Qui va avoir le pancréas ?

              Le plus riche ! 

              Indépendamment de toute considération médicales de priorisation, de cas plus grave.

              La marchéisation du don d’organe ne résoudrait rien en terme de santé par l’apport d’un plus grand nombre d’organe sur le « marché » . Par définition, le marché déteste toute forme de régulation. 
              Qu’est ce qui empêcherait des personnes voulant rester en bonne santé très longtemps d’acheter des organes (faisant monter les prix) en lieu et place du pauvre petit enfant qui va mourir .

              C’est une fable, comme la votre qui ne peut pas être démontrée autrement que part l’expérience...

            • Spartacus Spartacus 27 février 17:08

              @doctorix

              Ça y est t’es mort.....Condoléances !

              Ton enfant est enterré.
              Ta femme est obligée de dégager de chez elle ne peut plus payer les traites de l’appartement avec les frais des enterrements...

              2 morts un pauvre qui reste pauvre dans un monde moral.......
              3 vivants et un pauvre devenu riche dans un marché soi-disant immoral.

              C’est beau la moraline.



            • samuel 27 février 17:30

              @Spartacus

              Vous avez oublié que ce Mr avait une assurance immobilière (peut être à 100% pour lui).
              Les traites sont payées et la femme reste dans l’appartement.

              Bizarrement, cette fable misérabilistes s’applique plutôt à merveille aux personnes victimes du « marché du travail » et qui se retrouvent licenciées du jour au lendemain de manière arbitraire par des patrons cherchant à augmenter les profits des actionnaires plutôt que de conserver une activité rentable et pérenne ...

              A droite on raconte des fables, à gauche on a des noms !!!
              • Continental
              • Boussac St Frère
              • Fralib/Unilever
              • ...
              Que des entreprises qui étaient bénéficiaires sur leur lieu de production !




            • doctorix doctorix 27 février 19:56

              @Spartacus

              « 3 vivants et un pauvre devenu riche » 
              S’il a donné ses deux reins, le pauvre n’est pas riche mais mort.
              Vos raisonnements, en plus d’être amoraux, sont absurdes.
              Maintenant, si vous avez une insuffisance rénale, on peut vous comprendre.
              Vous savez quoi ? Dans le monde d’Orwell auquel vous aspirez, tout citoyen devra mettre à disposition de la communauté l’un de ses reins.
              Même vous.
              On verra alors si vous ne changez pas d’avis.


            • colere48 colere48 25 février 19:15

              L’enfer c’est sur terre

              Les plus malades mentaux auteurs de romans de science fiction n’osaient pas allez si loin !
              Le nouveau monde va faire passer le début du moyen âge pour un gentil patronage !!

              Covadonga a raison "prévoyez de hauts murs a votre société future car ce sont des bêtes fauves qui les escaladerons tôt ou tard pour mettre les organes des nantis a la pâture "


              • exocet exocet 25 février 19:29

                Ce jean Tirole plaide pour, après avoir pu acheter à moindre cout le travail des pauvres, apres avoir l’autorisation de louer l’utérus des femmes pauvres pour avoir des enfants, les riches puissent aussi louer des femmes pauvres pour leur plaisir et acheter les organes des pauvres pour prolonger leur propre vie....

                Il est lui-même riche.

                Mettons sa tête à prix, ou plutôt ses tripes avec lesquelles ce sophiste mérite d’être pendu....


                • mac 25 février 19:58

                  Le retour aux Misérables de Victor Hugo où Fantine est obligée de vendre ses dents...
                   Mais les oligarques rêvent-ils d’autre chose que cette époque « bénite ? » où l’on pouvait traiter une partie des humains comme du bétail ?
                  Peut-être que pour Spartacus et ses idoles ça ne pose aucun problème ?
                  Du moment que les gens sont riches c’est qu’ils sont forcément biens ? Il ne peut pas y avoir de dégénérés parmi ceux-ci ?
                  Evidemment la vente d’organes ne sera pas pour les plus fortunés, leurs épouses et leurs enfants car il ne s’agirait pas d’endommager leur belle personne ?


                  • mac 25 février 21:11

                    Au fait le prix Nobel du cynisme c’est pour quand ?


                    • Roosevelt_vs_Keynes 26 février 09:57

                      Toutes les réactions considèrent que dans le système actuel Tirole a peut être pas tort ou on sait pas dire pourquoi il a tort.

                      L’enjeu est de sortie de ce système malthusien via Glass-Steagall. Le problème ne se posera plus puisque 1 personne ou 1000 pourra être soignée puisque on y mettra les moyens : ce ne sera plus aux 1% de décider du sort des 99% autres


                      • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 26 février 14:13

                        Jean Tirole n’a pas été couronné du prix Nobel par hasard, c’est un ultra-libéral, prônant la disparition de régulation des marchés par l’Etat, et adepte d’une future taxe carbone, proposée dans les années 2000, et dont personne n’a voulu. C’est un apparatchik systémique et forcément dans les hautes sphères du pouvoir. Ce que dit Tirole, par conséquent peut se réfuter économiquement parlant, par opposition à sa vision ultra-libérale de la société.

                        Dans le projet de globalisation de l’économie, la finance trouvera toujours des théoriciens dévoués et dociles, donc récompensés par des prix élogieux.

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