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Accueil du site > Tribune Libre > Un tortionnaire sommeille-t-il en chacun de nous ?

Un tortionnaire sommeille-t-il en chacun de nous ?

Une récente enquête conduite par le Comité International de la Croix-Rouge dans seize pays, montre que 36 % des personnes interrogées acceptent le recours à la torture dans les conflits pour obtenir des renseignements importants (16 % ne se prononcent pas). Selon un autre sondage d'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, 54 % des Français considèrent comme justifié qu'un policier inflige des décharges électriques à une personne soupçonnée d'avoir posé une bombe prête à exploser pour la faire parler, et 18 % se sentiraient capables de pratiquer la torture dans des cas exceptionnels. « On se doutait qu'il y avait une acceptation de plus en plus grande de la torture dans le contexte de la montée du terrorisme, mais on ne se rendait pas compte que l'évolution était aussi dramatique. » (Jean-Etienne de Linares).

La torture est très probablement apparue avec les premières formes de civilisation. D'un horizon à l'autre de notre planète, aucune civilisation ne semble y avoir échappé. Pendant le Moyen-Age, chaque pays, région a ses épreuves particulières et aucune règle n'existe vraiment. Le voleur peut ici avoir le nez coupé et là l'œil crevé, voire être conduit à la potence pour un maigre larcin. L'inceste encourt la fustigation ou la potence selon le lien de parenté avec sa victime. Le blasphémateur a la langue percée ou les lèvres découpées, et en cas de sacrilège c'est le bûcher. Le faux-monnayage est partout sévèrement réprimé, le faussaire ou contrefacteur encourt la peine de mort par l'ébouillantage. La torture n'est pas seulement utilisée comme punition ou pour extorquer des aveux, elle peut aussi avoir valeur de véracité avec l'ordalie ou jugement de Dieu. La femme accusée de sorcellerie jetée ligotée dans un fleuve et qui ne se noie pas est protégée par Dieu, donc innocente.

En 1226, le roi d'Aragon interdit l'entrée de son royaume aux hérétiques qui fuient le royaume pour chercher refuge en Espagne et demande au pape Grégoire IX l'autorisation de créer un tribunal. Innocent IV promulgue la bulle Ad extirppenda en 1252 qui autorise la torture. Les inquisiteurs sont des juges itinérants qui arrivés dans une ville commencent par prononcer un sermon public et accordent aux habitants un temps de grâce d'une durée d'une semaine pour avouer leurs fautes et ainsi pouvoir bénéficier d'une certaine mansuétude. Ce délai écoulé, l'inquisiteur procède d'office aux poursuites qu'il juge nécessaires. Durant cette semaine de réflexion, des habitants s'accusaient eux même espérant échapper aux poursuites, mais certains animés d'un désir de vengeance lié à un différent, dénonçaient n'importe qui bon leur semblait, tant et si bien que l'inquisiteur disposait de nombreux dossiers secrets dans lesquels les dénonciateurs n'étaient pas désignés. La procédure se déroule en plusieurs « étapes ». La personne interrogée à huis clos ne sait jamais ce qu'on lui reproche. Son interrogatoire terminé, elle est généralement jetée dans un cachot souvent privé de lumière et sous-alimentée jusqu'à son jugement. Si l'accusé entend modifier ses premiers aveux qui ont été consignés par un greffier, il est qualifié de relaps. L'aveu est considéré comme un début d'amendement et le dénoncer signifie retomber dans le péché.

Au XIIIe siècle, la torture judiciaire est codifiée, à Paris, la question ordinaire consiste à faire ingurgiter douze litres d'eau en quelques minutes, et du « petit tréteau », la victime est allongée sur une table pour y subir une élongation, les cordes sont tendues par un tourniquet. Si l'arbitraire est limité, il arrive que les juges ordonnent au bourreau de poser des plaques de fer rougi sur le corps du malheureux ou qu'ils ordonnent le recours à des « peignes » en fer pour lacérer et déchirer le corps. Le métier de bourreau est reconnu et les actes de torture rémunérés selon un barème établi, ce qui ne va pas empêcher les bourreaux de monnayer des parties du corps des suppliciés auprès des sorcières qui les utilisent pour confectionner des onguents ou des philtres... La France comptera en 1830 plus de 230 bourreaux, le dernier sera décoré de la médaille du travail par le Président François Mitterand en 1985 !

La Torture pour obtenir des « aveux » fait rage dans toute l'Europe jusqu'à la fin du XVIIe siècle. On est condamné à la potence pour : vol avec effraction - vol domestique - meurtre - infanticide - incendie - viol - rapt - contrebande avec attroupement - fausse monnaie - libellés diffamatoires - coups et blessures ayant fait perdre la vie. Les exécutions simples varient selon la condition sociale : s'il s'agit d'une personne noble, elle a la tête tranchée ; s'il s'agit d'une personne de roture, on emploie la strangulation au moyen d'une corde attachée à une potence. Certains criminels condamnés à être pendus jusqu'à ce que mort s'en suive sont ensuite brûlés sur un bûcher.

L'ordonnance de 1670 encadre la torture, elle est limitée à 75 minutes et elle ne peut être réitérée pour le même délit. La question est administrée en présence d'un médecin et d'un chirurgien pour « prévenir le danger dans lequel le patient pourrait se trouver par l'excès de douleur. » La plupart des Parlements de province préfèrent conserver leur droit coutumier en faisant procéder à quelques arrangements avec cette ordonnance. Vers la fin de l'Ancien Régime, subsistent les punitions corporelles avec le carcan, le fouet, le pilori, la fustigation, et la flétrissure. On marque les individus comme du bétail, la lettre V ou une fleur de lys pour les voleurs, GAL pour les galériens. La peine de mort n'a pas disparu, la décollation est réservée aux nobles et la pendaison aux roturiers. L'abolition de la torture va se faire en deux temps, Louis XVI supprime la question préparatoire par l'édit du 24 août 1780 et la question préalable par la déclaration royale du 8 mai 1788. La torture sera appelée à disparaitre par le vote de deux lois par l'Assemblée constituante, le 8 octobre et celle du 3 novembre 1789. Entre le 6 avril 1793 et le 29 juillet 1795, la guillotine tranchera 2 831 têtes !

La torture semble aujourd'hui atteindre de nombreux domaines de la société, elle a plusieurs visages et elle est présente partout : armées - arts - criminalité - croyance - éducation - expérimentation pharmaceutique - famille - justice - médical - mœurs & coutumes - pénitentiaire - police - psychiatrie - relations internationales - sexualité, etc. Dans l'Union soviétique des grands procès staliniens de 1937, des médecins jouèrent le rôle d'auxiliaires d'actes de torture visant à obtenir des aveux. Les moyens de tortures psychologiques, torture blanche ou torture propre, ont été développés pour laisser le moins de traces des violences subies : « La privation de sommeil est un moyen de torture supérieur : elle ne laisse absolument aucune trace visible, et si, le lendemain survenait la plus inouïe des inspections, vous n'auriez même pas de motif pour porter plainte. » Soljénistine.

La participation de médecins, psychologues, pharmaciens dans le processus de la torture peut intervenir : dans l'élaboration des méthodes - la recherche pharmacologique - l'examen médical - le suivi pendant l'application de la torture - la dissimulation pour rendre les séquelles moins visibles - le traitement afin de prévenir les séquelles trop ostensibles - sans oublier la falsification du certificat de décès. C'est lors des procès internationaux de Nuremberg de 1946 qu'ont été incriminés pour la première fois et publiquement des médecins et auxiliaires médicaux co-auteurs ou complices de crimes de guerre et d'actes de torture. Dès le début des années trente, des médecins japonais s'étaient rendus coupables d'atrocités innommables dans le cadre « d'expérimentations biomédicales » au sein de plusieurs unités spécialisées dans les pays occupés par le Japon, en particulier l'unité 731 située en Mandchourie. Plus de trois mille hommes, femmes et enfants, Chinois, Coréens, Russes, Américains, sont morts dans les laboratoires de l'Unité 731 entre 1933 et 1945. Les travaux publiés en 2002 par le Symposium International sur les Crimes de la Guerre Bactériologique font état de 580 000 personnes décédées en Chine suite aux expérimentations et à l'usage des armes bactériologiques par l'Armée impériale japonaise !

Plusieurs décennies après le conflit en Algérie, l'historien Jean-Jacques Jordi qui a pu consulter près de 12 000 documents administratifs classés « très secret » et « secret », a écrit : « Jamais je n'aurais imaginé découvrir de tels faits. » (...) « La torture n'est pas une " spécialité " de l'armée française : elle a été largement utilisée par le FLN et l'ALN. » Ces tortures que Jordi qualifie de « systématiques », ont commencé dès le début des années cinquante pour perdurer longtemps après l'indépendance ! L'armée française a pratiqué l'interrogatoire « musclé » essentiellement pendant la « bataille d'Alger » et dirigé contre des individus convaincus de préparer des attentats contre des civils dans l'espoir de démanteler les réseaux secrets du FLN.

Après les attaques terroristes du 11 Septembre 2001, la Central Intelligence Agency lançait un programme hautement classifié concernant la détention secrète des personnes soupçonnées de terrorisme. Cent trente-six personnes désignées furent capturées ou enlevées pour être transférées dans un autre pays et y être interrogées par les autorités locales ou des agents appartenant à la CIA. Si la plupart d'entre nous a observé à contrecœur les actes violents par médias interposés, ces pratiques « piquent » notre curiosité et atteignent nos valeurs, tandis qu'une minorité semble attirée, voire fascinée par la violence. Certains ressentent même un sentiment de satisfaction, de délectation, ou y voient la réparation à un tort. Le musée d'Orsay (Paris) a présenté au mois de mars 2010, une exposition intitulée « Crime et châtiment ». Au bout d'un couloir sombre à souhait, trônait une guillotine, le visiteur pouvait voir ensuite une collection de têtes de suppliciés moulées d'après-nature par la Maison Tramond (1887) et peintes par Géricault.

Comment des hommes peuvent-ils se laisser-embarquer, s'abaisser à des pratiques inhumaines à l'encontre de leurs semblables ? La personnalité semble fonctionner à deux niveaux distincts, l'homme peut torturer son prochain sans éprouver la moindre culpabilité puisqu'il fait cela pour une cause juste ; les médecins nazis accusés d'avoir commis les pires abjections dirent lors de leur procès, avoir œuvré au nom de la science... La question ne se pose pas dans les mêmes termes pour un individu mu par une idéologie, puisqu'il ne reconnaît aucune autre légitimité que la sienne et qu'il se doit d'imposer aux autres. « On n'est pas religieux seulement quand on adore une divinité, mais quand on met toutes les ressources de son esprit, toutes les soumissions de sa volonté, toutes les ardeurs du fanatisme, au service d'une cause ou d'un être devenu le but, le guide des sentiments et des actions. » (Psychologie des foules par Gustave Le Bon, 1905).

L'homme n'est qu'imparfaitement civilisé, une part du sauvage sommeille toujours en nous. Le passage à l'acte dépend du phénomène déclencheur, de la personnalité, du choix de la méthode et de sa gradation ou non, des circonstances, et des moyens disponibles. Tous les hommes qui agissent au quotidien en obéissant à des ordres, instructions, injonctions provenant d'un supérieur, font un jour ou l'autre un sale boulot. Qui faut-il blâmer : la hiérarchie - la passivité des exécutants - ou remettre en cause le mode de gouvernance ?

 

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22 réactions à cet article    


  • Tall Tall 16 décembre 2016 18:38

    Au moyen-âge, on écartelait les suppliciés en place publique le dimanche après la messe, ou alors c’était la roue, ou encore le bûcher ...

    Il y avait toujours du spectacle dans une chouette ambiance festive, avec les marchands de boudins, les troubadours, les magiciens ... les enfants adoraient ça. C’était très familial et bon-enfant, et ça favorisait les liens sociaux.

    Bien mieux qu’aujourd’hui où il n’y a plus qu’à la Tv qu’on peut voir un peu d’hémoglobine... et encore, seulement dans les films, parce qu’ au JT, bof ... les bombardement sont filmés de trop loin.
     
    Pourquoi est-ce qu’on ne met pas des caméras dans les avions qui bombardent comme on fait sur les bagnoles dans les courses de F1 ?
     
    Vivement une petite guerre mondiale qu’on se marre un peu !
    J’espère que Trump et Poutine vont mettre un peu d’ambiance
     

    • Harry Stotte Harry Stotte 16 décembre 2016 18:48

      « L’armée française a pratiqué l’interrogatoire « musclé » essentiellement pendant la « bataille d’Alger » et dirigé contre des individus convaincus de préparer des attentats contre des civils dans l’espoir de démanteler les réseaux secrets du FLN. »



      Et la bataille d’Alger a été gagnée. 

      • ddacoudre ddacoudre 16 décembre 2016 19:19

        bonjour Desmaretz .G

        excellent article, seulement une petite remarque. « une part du sauvage sommeille toujours en nous ». la torture et toutes les souffrances’ guerre« etc. que »nous nous infligeons sont de nature culturelle. le sauvage animalier dans une société d’abondance ne se livre aucunement à se genre d’activité, il se contente d’assumer sa suprématie dans le groupe. l’humain ne dispose d’aucun moyen naturel pour tuer, ni dents effilés ni griffes acérées capable d’infliger des blessure mortelles. pour manger de la viande il a d’abord du être charognard avant de trouver le moyen de taillader la peau et la viande. je dis souvent en plaisantant nous étions chasseur de grenouilles. c’est avec la rareté que l’humain a commencé à façonner des outils et découvert leurs usages pour assurer sa prédominance, et petit a petit sortir de ce que tu appelles l’état sauvage ou d’autres disent l’état naturel. toujours est -il qu’il faut qu’il dispose d’une accoutumance à la souffrance et à la mort de ces victimes que ce soit pour se nourrir ou répondre au développement culturel qu’a entrainé sa sédentarisation et la production de biens et services rares.à ce titre le travail est directement issu de la souffrance auquel étaient soumis ceux qui peinaient pour nourrir les autres notables comme distorsion du dominant animalier « culturalisé ».
        cordialement. http://ddacoudre.over-blog.com/pages/La-rarete-est-une-invention-geniale-7886790.html


        • Victor 16 décembre 2016 19:47

          La phénoménologie de l’altérité, de l’ennemi
           
          ceci n’a rien à voir avec la civilisation (la technique) mais à voir avec la culture (la vision du monde)
           
          Pour le nazi (civilisé) le juif était ennemi mortel, donc pas « des siens » (culturellement, le Volkisch)
           
          Dans 50 ans les allemands de souche ne seront plus que 22 millions sur 75 millions (à majorité musulmane)


          • Sergio Sergio57 16 décembre 2016 21:55

            J’aurai tendance à penser que depuis que je vote, j’ai un masochiste qui sommeille en moi. 

            Je ne suis pas assez courageux pour être un tortionnaire, il faut une sacrée paire couilles pour brancher une gégéne à celles des autres

            • fred.foyn 17 décembre 2016 06:54

              Petit rappel pendant la dernière guerre dans les camps de concentrations...Qui "enfournait les cadavres dans les fours...des juifs tout simplement pour éviter d’être à leur tour supprimé...etc !

              l’homme est bien capable de n’importe quoi pour sauver ses fesses...

              • Sergio Sergio57 17 décembre 2016 12:02

                @fred.foyn


                l’homme est bien capable de n’importe quoi pour sauver ses fesses...


                « Que celui qui n’a pas péché me jette la première pierre »

                Dans votre votre cas, si la pierre eut été un boomerang, vous l’auriez prise dans la .....

              • arthes arthes 17 décembre 2016 08:00

                Ce n est pas tant pour sauver ses fesses ...Ce qui pose question c est comment pouvait il trouver cela normal ? Normal de traiter des humains de maniere aussi immonde ?


                Cette question je me la suis vraiment posee : Qu y a t il en moi qui pourrait faire que je me conduise aussi monstrueusement envers mes pairs ?

                C est une question que chacun devrait se poser , INDIVIDUELLEME NT de maniere a debusquer « la bete en lui » , et connaitre ou il en est de son « sur moi » , ce garde fou ethique propre a chacun.

                Parce que tant que l ethique morale n est pas comme ressentie comme une lumiere qui vient de l interieur , propre a chaque etre, c est a dire tant qu elle sera appliquee comme une loi dictee aux hommes par d autres hommes, alors elle ne reposera que sur de la soumission aux preceptes, pas comme un phenomene naturel porte en soi , c est l ethique par conformite avec peur et culpabilite de deroger a....

                Concretement : Si je ne torture pas mon voisin, ce n est pas parce qu on m a dit que c etait mal, mais bien parce que la detresse et la souffrance d un innocent me sont insupportables.
                Si je ne le tue pas c est que je sais que je n y prendrai pas de plaisir.
                Et si je n aime pas le pouvoir c est que l idee d asservir ou d etre asservie m est odieuse.
                Etc...

                Maintenant, s agissant de torturer un assassin afin de le faire parler .L ethique peut s effacer , c est vrais.

                Nous sommes « des humains en traveaux perpetuels », pas parfaits quoi.


                • fred.foyn 17 décembre 2016 08:26

                  @arthes.........(Maintenant, s agissant de torturer un assassin afin de le faire parler .L ethique peut s effacer , c est vrais)...ça laisse rêveur... !


                • Le Gaïagénaire 17 décembre 2016 18:31

                  @arthes 17 décembre 08:00


                  « Qu y a t il en moi qui pourrait faire que je me conduise aussi monstrueusement envers mes pairs ? »

                  Si vous remplaciez « mes pairs », qui peuvent se défendre et se venger, par MON BÉBÉ sans défense, vous me sembleriez plus congruente.

                • arthes arthes 18 décembre 2016 08:24

                  @fred.foyn

                  Ah bon, vous aimez ? smiley

                  Je precise quand meme que je n emploie pas le verbe « peut » dans le sens « doit » (s effacer) mais que certaines circonstances font que la brutalite peut s averer plus payante que la douceur s il s agit d obtenir des renseignements pour sauver des vies.
                  Mais que , meme devant un tel imperatif, notre ethique morale devrait nous permettre d agir autrement, mais il faudrait pour cela que cette ethique soit puissant, sincere er profonde, et ce n est le cas chez personne.
                  On est pas Bouddha, ni Christ.

                • JL JL 18 décembre 2016 09:37

                  @arthes
                   

                   vous parlez de surmoi. Vous devez savoir qu’il y a surmoi et surmoi. Certains d’entre nous s’en portent très bien et leur entourage aussi. Mais hélas, pour d’autres il n’en est pas de même. Avez vous entendu parler de surmoi sadique ? C’est ainsi que, pour échapper à leurs tourments, des individus sont amenés à en tourmenter d’autres. 

                • arthes arthes 19 décembre 2016 12:02

                  @JL

                  Je ne sais pas si il y a surmoi et surmoi, en gros parlons nous bien de la même chose ?

                  S’en sortir très bien, dans toutes les occasions de la vie, ce qui signifie ; dans son boulot, dans son rapport avec ses proches, dans tout ce qui touche à l’intime ? Il faut être aveuglé pour le croire.
                  Disons que certains s’en sortent mieux que d’autres, et leur entourage aussi, mais pour autant, cela n’empêche pas que tout le monde devrait faire des remises en questions .

                  Le surmoi sadique, je connais pas, en revanche certaines pulsions violentes qui assaillent nos ames peuvent être de nature sadique et quand ces dernières dominent la conscience humaine, il n’y a pas de surmoi« garde fou » alors on a affaire tout simplement , en extrême à des psychopathes qui prennent plaisir à la douleur réelle de ceux qu’ils tourmentent, incapables de compassion, et de manière édulcorée on se limitera au poncif "chef de bureau qui aime humilier son personnel histoire de sentir qu’il a du pouvoir.

                  Maintenant, je ne pense pas que les tourments feront de monsieur tout le monde un sadique psychopathe.

                • JL JL 19 décembre 2016 12:22

                  @arthes
                   

                   je croyais que vous aviez parlé de surmoi en premier. Je ne retrouve pas.
                   
                   Mes excuses.

                • arthes arthes 19 décembre 2016 14:19

                  @JL

                  Précisément, je parlais de sur moi, dans le sens que je lui attribue c’est à dire le « moi supérieur » qui est le siège de la morale éthique , libre et propre à chacun .
                  Le garde fou de nos petites consciences (le petit moi ) malmenées par nos émotions, nos tentations, nos envies, nos excès, nos violences, notre orgueil, bref le monde de nos pulsions qui s’exprime sous toutes ces formes.

                  L’humain est simple et à la fois extrêmement complexe.

                  Heureusement que ce « sur moi » est la car il fait que bien des idées de violences envers autrui , pour x raisons : colère, sentiment d’injustice etc..., ne se traduisent pas par des actes...Enfin, pas toujours.

                  Vous savez, j’en parle parce que l’humain me passionne, mais je sais que je suis faible parfois et que je me laisse emporter par mes pulsions, mais faire souffrir gratuitement, ça non...Et quant à l’exemple des camps de concentration, je sais que jamais je n’aurai pu seulement conduire un train avec des pauvres gens entassés comme du bétail...C’est immonde.

                  Maintenant, nous parquons , avec des grands beaux sentiments affichés des gens comme du bétail, ce sont des immigrés, des réfugiés.
                  C’est dégueulasse, d’autant que ce sont nos civilisations évoluées (mouarf) occidentales en pleine déliquéscence qui ont provoqué cet afflux, entre autres en semant le chaos dans leurs pays d’origine, et nous sommes incapables de gérer correctement, et ça va forcément mal se passer.


                • JL JL 19 décembre 2016 14:29

                  @arthes
                   

                   en effet, vous parliez de sur moi, et non de surmoi. Nuance donc, nous ne parlions pas de la même chose.
                   
                  Bien à vous.
                   
                   

                • rocla+ rocla+ 17 décembre 2016 08:53

                  C ’est vrai  il y a un fonctionnaire en chacun de nous .


                  • astus astus 17 décembre 2016 15:38
                    @Desmarez Gérard
                    Merci pour votre travail.
                    On peut remarquer que les expériences de Milgram, reproduites plusieurs fois, dont il y a assez peu de temps à la télévision, donnent à peu près toujours les mêmes résultats. Nous pouvons presque tous devenir des tortionnaires en puissance dans certaines circonstances alors même que ces méthodes n’ont jamais prouvé leur efficacité supposée.





                    • JL JL 18 décembre 2016 09:59

                      @astus

                       
                      Le succès du capitalisme financier est la confirmation grandeur nature et en live des expériences de Milgram.

                    • baleti baleti 17 décembre 2016 16:52

                      Vu comme sont poser les questions, on pouvait pas avoir d’autre réponse



                      Accepterez vous la torture d’un voleur de poule qui avait faim. ?
                      Accepteriez vous la torture d’une personne qui détient votre enfant en otage ?
                      Les gens sont en faveur de la torture.

                      En posant la question, je construit la réponse. .

                      Ses sondages a la con, ou l’on nous dit jamais combien il y a de participant. 
                      2 oui 1 non, 66,6% des français ..............
                      Quand on fouille on trouve, cassement, jamais les sondages, ne dépasse le millier de participant.

                      Des mouton qui joue, une fois au cluedo, et après au monopoly 

                      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 17 décembre 2016 17:43

                        Pour info, hier, sur Agoravox, il y avait cet article de bibi !

                        Les droits-de-l’hommiste, ben n’ont guerre appréciés !!

                        Islamofascistes emprisonnés, ils refusent de parler, un petit coup de « gégène », pardon de « sérum de vérité »,... et c’est tout bon !

                        + P@py



                        • philippe baron-abrioux 18 décembre 2016 10:05

                          @Gilbert Spagnolo dit P@py

                           Bonjour , Gardien de la paix à la retraite !

                           je vois que vous avez pris connaissance de cet article : j’avais d’ailleurs envisagé de vous faire part de sa publication pour compléter, par la lecture de certains procédés décrits, votre plaisir , voire votre jouissance et votre délectation : vous m’avez donc devancé, parfait !

                          «  »"Les droits-de-l’hommiste, ben n’ont guerre appréciés !!« 

                           décidément , vous faites une fixation sur les »droits de l’hommistes« .

                           votre remarque est pleine de bon sens car comment les »droits de l’hommistes « pourraient ils apprécier un traitement aussi éloigné de ce qui fait qu’un Homme par sa capacité de réflexion , ses actes , sa civilisation peut se revendiquer comme tel en instaurant ainsi une distinction définitive entre lui et tout autre être vivant .

                           lisez donc le livre de Jacques Ruffié  »de la biologie à la culture « .

                           votre histoire personnelle (que je respecte totalement ) a déposé dans votre mémoire des souvenirs d’actes pratiqués en temps de guerre (ou d’ »événements" comme dénommés à l’époque ) par des hommes ( souvent du contingent , donc non préparés ) sous les ordres de haut- gradés , le plus souvent humiliés par leurs récentes défaites (au Vietnam par exemple ou en débâcle en 1940) qui devaient redorer leur blason , le plus souvent sans que leur hiérarchie, trainant elle aussi derrière elle de terribles défaites militaires , ne trouve rien à redire ,

                           le ressentiment de leurs défaites , leur humiliation d’avoir été vaincus au Vietnam par des femmes et des hommes qui se battaient pour leur indépendance et leur dignité , les a conduits à pratiquer des actes indignes ,tout comme en gravité et en responsabilité , ceux pratiqués par les Nazis .

                           la Guerre a des règles et si elles ont été définies de façon contraignante , énonçant les interdictions d’actes dégradants , ou des utilisations de moyens proscrits , il y a là matière à penser que ce sont ces règles qui, dans quelque situation que ce soit, garantissent à chacun des belligérants qu’il sera reconnu comme faisant encore partie de l’Humanité .

                           je vous le répète courtoisement : les droits de l’Homme sont de portée universelle , s’appliquent et doivent être reconnus à TOUS , et donc à VOUS , même si cela vous porte à rire et sans même que vous ayez à les revendiquer : d’autres plus clairvoyants l’ont fait , à charge pour ceux qui, comme moi et des foules d’autres y sont attachés, de les faire vivre, de les défendre et de les rappeler à ceux qui chercheraient à les renier à certains sous quelque mauvais prétexte que ce soit .

                           bonne humaine journée !

                           P.B.A

                           

                           

                           

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