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Un vaccin contre le socialisme - Ayn Rand (1905-1982)

La gauche hait l’individualisme parce que cette dernière sait que si les gens se respectent eux-mêmes et se préoccupent de leur bien-être, jamais ils n’accepteront de se soumettre. Telle est la leçon que nous enseignait l’essayiste et romancière américaine d’origine russe dont l’œuvre connaît aujourd’hui un regain de succès de l’autre côté de l’Atlantique – un phénomène que l’on peut certainement lier au rejet de la politique d’Obama par la majorité de la population américaine et à l’apparition des Tea Parties.

Toute la vie, on vous a appris que cultiver son esprit ou se préoccuper de son développement personnel était le fait d’un être égoïste, et dès lors que l’on se libère de la tyrannie de l’intérêt propre, on devient un citoyen « conscientisé » et « engagé » (sic). La grande réussite du socialisme a consisté à convaincre la société que le bien collectif est le seul auquel on doive aspirer et que les fins personnelles sont perverses, parce que l’individu agit moralement seulement quand on l’oblige ou quand il ne prétend pas obtenir le moindre bénéfice. Si l’on écoute attentivement un « progressiste », on se rend vite compte que rien ne le dérange plus que le bonheur d’autrui car il dépend, lui, de la souffrance. Voyant un riche, il ne peut que penser à un pauvre famélique qui n’a rien à se mettre sous la dent ; la faute, comme on s’en doute, est celle de la vile obsession du millionnaire, qui ne pense qu’à lui.

La romancière Ayn Rand (1905-1982) – auteur de livres comme La source vive (The Fountainhead), qui fut adapté à l’écran sous le titre Le rebelle, ou Atlas Shrugged, dont on prévoit également une prochaine adaptation cinématographique – vit clairement que la gauche haïssait l’individualisme parce que cette dernière savait que si les gens se respectaient eux-mêmes et se préoccupaient de leur bien-être, jamais ils n’accepteraient de se soumettre. Mais à partir du moment où l’on introduit le sentiment de culpabilité dans l’esprit de l’homme, on intronise le vice comme éthique. Ainsi, Rand écrivait/dénonçait :

« Si les travailleurs luttent pour de plus hauts salaires, ces derniers sont présentés comme des avantages sociaux ; si les entrepreneurs luttent pour des bénéfices plus grands, on les traite d’avares égoïstes. »

Pour Rand, d’origine russe, après avoir souffert du socialisme soviétique, il était évident que la liberté court un grand danger quand on accepte directement ou indirectement la philosophie tribale de la gauche. Dans La vertu d’égoïsme, Rand remit en question ce genre de vision, et eut énormément de succès. Comme avec le reste de ses ouvrages, qui ont été lus par des dizaines de millions de personnes dans le monde, et qui aujourd’hui encore se classent parmi les dix meilleures ventes de la littérature classique aux États-Unis. Dans ce livre, elle pose les bases d’une éthique individualiste dénommée « objectivisme », parce qu’elle part de la reconnaissance du fait que la réalité est un fait absolu qui ne peut être dévoyée par les désirs de personne et qui est seulement accessible à travers de la raison.

Selon cette philosophie, le monde nous enseigne que l’homme est dépourvu d’instincts et qu’il peut seulement survivre avec sa raison. Pour cela, il a besoin que ses actions ne se voient pas parasitées par des hordes ou des pillards qui le privent des fruits de son travail. Lui et lui seul est l’unique souverain de son existence, qui sait ce qu’il veut et comment il le veut. Pour cette raison, personne n’a le droit de décider à sa place. L’objectivisme n’est pas une éthique du caprice ou un subjectivisme, mais un corpus de normes qui exige que l’homme mène à son terme ses potentialités, comme le recommandait l’unique philosophe dont Rand reconnaissait s’être inspiré, Aristote.

« Le principe social de base de l’éthique objectiviste est que, de même que la vie est une fin en soi, de même tout être humain est une fin en soi, et non un moyen pour la fin ou le bien-être des autres [...] Vivre pour son propre profit signifie que le propos moral le plus élevé de l’être humain est l’obtention de sa propre félicité. »

La société qui dérive de cet individualisme n’est pas une jungle que tant de clercs et d’intellectuels ont tenté de nous vendre comme quelque chose de mal ou de pervers. L’unique société qui se base sur une éthique comme celle que propose Rand est celle des marchands, qui vivent en paix en échangeant des biens contre des biens, de la valeur contre de la valeur, qui se fient à la parole donnée, qui travaillent dur pour progresser et qui ne se consacrent pas à l’extorsion ou à la criminalité, parce qu’ils respectent l’idée que chacun puisse mener sa vie à sa guise. Cette société n’est pas une jungle ; mais, au contraire, un lieu où les personnes sont traitées comme telles et où l’État se limite à protéger les droits individuels

Dans une de ses citations les plus célèbres, Rand signalait que les droits individuels étaient « les moyens de subordination de la société à la loi morale ». En ce sens, elle reconnut que les uniques droits sont le droit à la vie et son corollaire, celui de propriété. Sans propriété, les personnes ne sont pas maîtres de leurs propres efforts, puisqu’ils ne peuvent acquérir leurs moyens de subsistance. C’est ainsi quelle arrivait à la conclusion :

« L’homme qui produit pendant que d’autres disposent du produit de son effort est un esclave. »

Des phrases comme celle-ci ont valu à Rand le mépris de nombreux défenseurs de la liberté. Peut-être ont-ils raison en qualifiant sa philosophie d’extrême. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons devant un cruel dilemme. Si nous acceptons que servir le prochain et nous sacrifier pour la société est un axiome, comme c’est le cas actuellement, comment pouvons-nous empêcher que le gouvernement établisse des impôts confiscatoires, emprisonne des innocents, libère des criminels et exproprie des propriétaires ? Arrivé à ce point, il ne reste probablement plus d’autre option que d’en appeler à l’inefficience du socialisme comme unique explication de son échec. Si telle est la philosophie que nous employons, l’utilitarisme, nous pouvons commencer à creuser notre tombe.

Mais il est encore temps d’éviter que le torrent de boue socialiste nous emporte. Cependant, nous ne pourrons triompher que si nous adoptons une philosophie claire qui explique pourquoi nous avons des droits et pourquoi ils sont inaliénables. Au vu de l’atrophie intellectuelle de la gauche, montrer que le roi est nu et que leurs idées peuvent se réfuter rien qu’en les exposant à la lumière de la logique n’est pas si difficile qu’il y paraît à première vue. La vertu de l’égoïsme peut être le combustible qui fait fonctionner ce moteur qui fait bouger le monde, comme le pensait Aristote, et qui n’est rien d’autre que l’être humain. 
 
 
par Lucilio (son site) vendredi 5 mars 2010 - 109 réactions
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  • Par nhjsenior (xxx.xxx.xxx.3) 5 mars 2010 10:30

    Mort de rire à la lecture de cet article

    Comme si la propriété était un acquis génétique, comme si la pensée politique américaine était la panacée.

    Non mais descendez de vos arbres les gars. La pensée américaine domine le monde depuis bientôt 50 ans. Et vous affirmeriez que le résultat de cette domination est digne de louange. Les désastres économiques, les pays ravagés par la guerre, les ingérences dans les gouvernements du monde, l’uniformisation des cultures, le vol des matières premières : nous vivons la pire époque de l’humanité avec un impérialisme le plus dur, lu plus violent que l’on n’ait jamais vu, alors que la Terre pourrait largement produire le nécessaire au bonheur de l’humanité.

    Même le peuple américain devient une proie pour ces libéraux que vous n’osez pas nommer.
    Et pourquoi opposez cette pensée à la pensée de gauche ? Comme si défendre des idées de gauche était plus dangereux que la pensée de droite !!!! (je tiens à vous rassurer je ne suis pas de gauche !!)

    Mais qui êtes vous monsieur l’auteur de cet article pour encenser une philosophie aussi lamentable. Ouvrez grands vos yeux et remarquez combien les états (même socialistes) protègent d’abord les riches, les nantis et les grandes industries brefs tous ceux qui prônent le respect de l’individualisme et de la propriété. A première vue cela n’a pas l’air de rendre le monde heureux. En dernier lieu que Ayn Rand soit un succès de librairie ne prouve rien. Le prix Nobel d’économie fut bien attribué à un certain Friedmann dont les frasques ont entrainées des millions de mort.

    En conclusion permettez moi de vous proposer une alternative à votre philosophie politique. : Les droits principaux de l’homme sont de survivre et l’aspiration au bonheur.

    Parler de la propriété comme une aspiration éthique !!! c’est pathetique

  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.8) 5 mars 2010 10:38
    sisyphe

    La gauche hait l’individualisme parce que cette dernière sait que si les gens se respectent eux-mêmes et se préoccupent de leur bien-être, jamais ils n’accepteront de se soumettre.

    Une phrase, une seule ; la première, et on s’évite ainsi de lire tout le torchon qui suit !

    Quelqu’un peut tirer la chasse ?
    Merci.

  • Par saint_sebastien (xxx.xxx.xxx.148) 5 mars 2010 12:42
    saint_sebastien

    Le libéralisme , n’est pas la libre entreprise , c’est le vol. L’appropriation et le vol des terres des indiens , le vol des terres des améridiens , le colonialisme britannique ou français , la transformation de toutes les ressources gratuites ( eau , air , terre ) en ressources payantes , les cartels , les oligopoles , etc ...

    L’état final du libéralisme , quand un business a écrasé tout ces concurrents , c’est le fascisme , la fusion de l’industrie privée et de l’état , puisque il s’agit de maximiser son profit , autant dicter les lois qui vont permettre de le faire.
    Le libéralisme est aussi utopique que le communisme et conduit de la même manière au despotisme , car la faiblesse d’un système n’est pas le système lui même , mais la nature de l’homme, un prédateur qui voudra toujours détruire son voisin pour le dominer.

    L’Amérique , championne du "libéralisme" a les plus grosses dépenses publiques et un déficit public bien supérieur à la France.

    Les gogos libéraux français oublient toujours de le signaler... puisque leurs amis industriels américains se servent dans la caisse via la corruption et l’attribution des marchés publics truquée.
  • Par Cug (xxx.xxx.xxx.171) 5 mars 2010 10:39
    Cug

    Dsl mais vu la teneur de l’article, la "RAND corpo" va très bien avec !

    Limite je dirai que cet article est sponsorisé soit par l’extrème droite ou des marchands d’armes.

    Dans le premier cas la soi disant liberté de chacun est garanti par l’armée et la police face aux cohortes de pauvres et dans le second par vous même ...

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