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Une officine de soutien scolaire, Acadomia, affiche son ignorance sans le savoir

Ce n’est plus un secret. Les carences de l’École publique ont ouvert une voie royale à des officines dites de soutien scolaire qui aguichent le client en lui promettant tout de go la réussite qui lui est refusée. Parmi elles, s’il en est une qui se distingue, du moins par sa capacité publicitaire, gage d’une aisance financière, c’est « Acadomia ».

Son nom à lui seul est un programme : un simple remplacement de la lettre « é » par la lettre « o », et c’est « l’académie » à « domicile » qui est garantie ! Peut-on rêver mieux ?

Une campagne publicitaire de cette « fée du logis », actuellement en cours, est de la même veine. « Elle a pris le pouvoir sur le français », trompette Acadomia-soutien scolaire pour présenter une adolescente qu’elle exhibe sur une affiche, campée devant un drapeau flottant au vent dont elle tient fermement du poing la hampe fixée au sol.

Une parodie d’insurrection patriotique

L’attrape, pour capter l’attention, offre une parodie d’insurrection patriotique.

- Le drapeau tricolore français claquant au vent envahit le champ de l’image. La gamine elle-même est à l’unisson : sa chevelure flotte au même vent et ses vêtements sont assortis aux couleurs nationales : jupe rouge, chemise blanche et veste bleue. Sans doute s’agit-il par l’image du drapeau français de symboliser la langue française qu’Acadomia prétend enseigner. Mais par cette saturation tricolore l’officine a une autre visée : elle exhibe outrancièrement les couleurs nationales, comme c’est l’usage aujourd’hui dans les stades, pour stimuler chez les clients potentiels les réflexes de patriotisme ou de nationalisme propres à déclencher des préférences exclusives. Acadomia affiche la couleur : plus français que moi, on ne trouve pas !

- Une belle métonymie accentue d’ailleurs la stimulation de ces réflexes : la gamine pose fermement plantée sur ses jambes légèrement écartées, cheveux au vent comme le drapeau, l’air buté, les yeux toisant par en dessous le lecteur pour l’assurer de la volonté farouche qui lui a permis de vaincre. Cette façon de planter les yeux dans ceux du lecteur, c’est le procédé de l’image mise en abîme qui crée un simulacre de relation interpersonnelle supposée être plus persuasive. C’est donc une victoire à l’arraché qui est ainsi exhibée : le lecteur est invité à en déduire que la cause de cette victoire ou plutôt le mérite en revient à Acadomia et à sa logistique patriotique.

- Une intericonicité renforce cette impression : on reconnaît dans la pose de la gamine diverses postures guerrières connues où le drapeau est brandi ou planté sur un site conquis. Parmi elles, on songe à l’allégorie de Delacroix, La Liberté guidant le peuple, sous les traits d’une jeune femme, la poitrine dénudée dans l’emportement impétueux pour brandir le drapeau et entraîner les insurgés. Mais de plus frustes se souviendront plutôt de la couverture de Paris-Match, en juillet 1998, au lendemain de la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde de football. On est prié en tout cas de croire que la maîtrise du français n’est pas une promenade de santé, mais un combat et qu’Acadomia organise victorieusement l’insurrection qu’exige cette conquête de la langue française.

- Sans doute le leurre d’appel sexuel est-il ici plus discret que celui du tableau de Delacroix : nulle poitrine juvénile offerte au vent dans l’élan emportée ! C’eût été malséant, voire suspect, pour un organe éducatif de l’exhiber. Acadomia se contente d’une petite mini-jupe s’arrêtant à mi-cuisses, juste de quoi découvrir de larges plages de peau nue : ce peu d’étoffe permet sans doute une plus grande liberté de mouvement qu’exige l’effort à produire. Toute autre explication manquerait de bienveillance.

Le paradoxe d’une insurgée dans un appartement cossu

Or, déjà emphatique, cette parodie d’insurrection pour symboliser l’apprentissage de la langue française se heurte en plus à un paradoxe : que vient donc faire cette « Gavroche » ou cette « Marianne guerrière » dans un appartement cossu d’un blanc immaculé ? Elle est, en effet, plantée devant une haute fenêtre ouverte sur un balcon à balustrade en fer forgé avec pour tout vis-à-vis un grand ciel bleu et ses nuages. Existe-t-il plus explicite métonymie que cet indice d’un riche appartement ? Acadomia n’hésite pas à désigner la clientèle qu’elle cible : celle des beaux quartiers. On en avait le soupçon ! Mais si équivoque il y avait, elle est levée : ce soutien scolaire exige de solides moyens financiers. Smicards ? S’abstenir !

Un solécisme pour enseigne de sa compétence en langue française

Tout compte fait, ça vaut peut-être mieux : les enfants de smicards ne perdent rien, si l’on en juge par le slogan choisi : « Elle a pris le pouvoir sur le français », prétend Acadomia pour présenter cette gamine de bonne famille déguisée en patriotarde de salon, de celles et de ceux qui ne se sont jamais tant amusés que sous l’Occupation et qui se sont proclamés résistants après la Libération. Peut-on, en effet, afficher maîtrise moins assurée de la langue française qu’en prenant pour enseigne ce beau solécisme ? On convient volontiers que cette parodie d’insurrection se veut humoristique. Mais si l’humour fait oublier l’emphase par le sourire, il ne saurait excuser une expression incorrecte. Que peut bien signifier « prendre le pouvoir sur le français » ? Maîtriser une langue, que l’on sache, n’est pas « prendre le pouvoir sur elle », mais au contraire se soumettre à ses règles, comme « on ne maîtrise bien la nature qu’en lui obéissant », selon Bacon. Au mieux, ce slogan est une impropriété de termes. Au pis, il ne signifie rien du tout, sinon qu’on ne maîtrise pas soi-même la langue française qu’on prétend enseigner.

C’est un peu fort de bouillon pour un organisme privé dit de soutien scolaire offrant ses services à des élèves en échec dans les classes de l’École publique ! Mais peut-être n’est-ce pas surprenant ! Qu’ils viennent du privé ou du public, les professeurs de ces officines ont une formation comparable. On ne leur a pas appris davantage à lire une image. « L’éducation aux médias » reste toujours maltraitée. C’est un rapport de doctes inspecteurs généraux de l’Éducation nationale qui vient récemment de le rappeler, sans proposer d’ailleurs de véritables remèdes.
Il est difficile dans ces conditions de ne pas se laisser emporter par les vents dominants du moment, comme ceux de la volonté de puissance individualiste drapée dans les oripeaux du nationalisme déguisé en patriotisme, quand ils font flotter de concert drapeaux et chevelure jusqu’au comble du ridicule, en transgressant au besoin - car on s’en fout - les règles de la langue française. Paul Villach

Documents joints à cet article

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130 réactions à cet article


  • JoëlP JoëlP 7 janvier 2008 09:59

    L’analyse de l’affiche est pas mal mais il aurait été plus intéressant de savoir combien de ces officines sévissent, si ce marché fonctionne bien, les chiffres d’affaire...


    • snoopy86 7 janvier 2008 10:36

      Acadomia est leader incontesté sur « son marché ». Tous ses chiffres sont aisément consultables.


    • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 12:24

      Qui le conteste ? Est-ce le sujet de mon article ?

      Il est seulement pitoyable de voir qu’être leader sur le marché n’empêche pas de vouloir « prendre le pouvoir sur la langue française », c’est-à-dire lui imposer son sabir sous prétexte que c’est une langue vivante ! Paul Villach


    • snoopy86 7 janvier 2008 13:07

      @ Paul Villach

      je répondais au commentaire de Joël...


    • Cangivas 7 janvier 2008 22:04

      A l’auteur,

      L’effet recherché par cette affiche est d’éviter toute méprise.

      On peut dire que c’est réussi... je n’ai jamais croisé un enseignant du public avec un drapeau tricolore. Même en rêve.

      C’est tout à l’honneur d’Acadomia de ne pas avoir souhaité qu’on puisse la confondre avec l’Education Nationale.


    • Tonio Tonio 7 janvier 2008 10:10

      Je me souviens en effet avoir passé un trajet de métro entier à me demander ce que pouvait bien vouloir dire « prendre le pouvoir sur le français »...


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 janvier 2008 10:11

        Paul, une idée au passage

        Si dans la notation du Ministre de l’Education on faisait entrer le chiffre d’affaire d’Acadomia et autres officines. Plus ça monte, moins l’EN remplit sa fonction


        • Zalka Zalka 7 janvier 2008 10:29

          C’est le début de la privatisation de l’éducation. D’ici quelques temps on se retrouvera avec un systèmes de précepteurs.


        • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 11:57

          L’ennui, cher Bernard, c’est que ces officines ne sont pas des thermomètres fiables, vu cette publicité qui a dû, pour être adoptée, passer par bien des filtres dont celui de la direction. Paul Villach


        • snoopy86 7 janvier 2008 10:28

          @ Paul

          Je comprends que tout comme moi vous n’ayiez guère de sympathie pour ce que vous appelez une « officine ».

          Il n’aurait quand même pas été inutile de rappeler que cette « officine » est côtée en bourse et réalise plus de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires.

          Accessoirement vous auriez pu mentionner qu’elle emploie des milliers d’ enseignants dont une grande majorité de vos collègues ou ex-collégues de l’éducation nationale qui ne détestent pas , à l’occasion, d’arrondir les fins de mois.

          http://www.boursorama.com/profil/resume_societe.phtml?symbole=1rPMLACA-OTC


          • John 7 janvier 2008 10:29

            Cet article n’est que du vent qui passe à coté du vrai sujet : le soutien scolaire et l’école.

            Les slogans et images de cet affiche ne sont que des codes publicitaires destinés à accrocher une clientèle cible. En analysant cette affiche, c’est l’agence de pub que l’on juge, pas l’officine de soutien scolaire.


            • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 12:16

              @ Mister John

              Le sujet de cet article est, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, une affiche publicitaire d’une officine de soutien scolaire et non le soutien scolaire. Vous êtes donc hors sujet ! C’est toujours plus commode pour démolir l’adversaire de lui faire dire ce qu’il ne dit pas !

              Cette officine entend donner d’elle-même l’image la plus attrayante qui soit pour attirer des clients. J’ose espérer que sa direction qui a sans doute confié la réalisation de cette affiche à une agence de publicité, en a approuvé la justesse et donné le « bon à tirer », ou alors elle est inconsciente ou incompétente en langue française !

              Voilà pourquoi cette affiche qui devait offrir la meilleure image qui soit de l’officine, en offre une déplorable.

              Désolé, mais vous auriez pu vous dipenser de montrer aussi superbement en trois lignes votre ignorance. Paul Villach


            • Viv 7 janvier 2008 15:45

              Cet article est ni plus ni moins que de la masturbation cérébrale ! C’est juste une pub, plutôt réussie et sympa d’ailleurs, donc arrêter de toujours chercher la petite bête !

              ++


            • Viv 7 janvier 2008 15:46

              D’ailleurs, « arrêtez » c’est mieux ;)


            • ZEN ZEN 7 janvier 2008 10:32

              "Maîtriser une langue, que l’on sache, n’est pas « prendre le pouvoir sur elle », mais au contraire se soumettre à ses règles, comme « on ne maîtrise bien la nature qu’en lui obéissant ». Bonne démystification

              Merci, Paul , pour ta vigilance républicaine et ton talent de décodeur. Ces officines jouent sur l’angoisse parentale et certaines carences de l’EN ,qu’on a peut-être dans certains cas sciemment entretenus...Il resterait à faire le bilan de toutes ces « écoles parallèles » qui font leur beurre sur ces données et qui cachent parfois des objectifs peu avouables.


              • snoopy86 7 janvier 2008 10:52

                @ Zen

                Quelques cours pour Acadomia et, hop !, un nouveau vélo...


              • snoopy86 7 janvier 2008 11:17

                @ Léon

                Le vélo serait-il un sport bourgeois ?


              • ZEN ZEN 7 janvier 2008 12:48

                Dear Mister John,

                Nous connaissons vos performances en matière de « moinssage » et nous savons que vous avez vos « têtes »...Serait-ce trop vous demander de lire l’article et de comprendre le sens des commentaires avant de mettre une appréciation .

                Thanks !


              • ZEN ZEN 7 janvier 2008 13:47

                Bravo, John, un -10 en si peu de temps...cela tient du record (qui me rappelle le +21 de M. en quelques minutes hier soir...vous suivez... smiley) !

                Mais si vous saviez comme je me moque des notes ! Enfin , faites-vous plaisir comme vous pouvez... smiley


              • Le péripate Le péripate 7 janvier 2008 14:20

                Zen, quelle surprise de découvrir que tu fais partie des extrémistes ! Du moins si j’en crois ton score. J’esaie de corriger cela à ma modeste mesure, mais, je suis seul, et mes connaissances en bidouillage informatique sont limitées....


              • Etienne CAMBARRE 14 janvier 2008 11:03

                 "cachent parfois des objectifs peu avouables." lit-on ci-dessus.

                Oh, fort avoués, et pourquoi s’en cacheraient-ils ? Une entreprise est destinée à faire des bénéfices, faire vivre ses salariés, se développer, avoir une clientèle. C’est l’objet même d’une entreprise, quelle qu’elle soit. Faire dans le soutien scolaire n’est que le moyen choisi par cette entreprise pour vivre. N’oublions pas qu’elle est privée. Elle n’est pas l’Education nationale, elle est totalement libre de ses activités, de son mode de fonctionnement et des moyens qu’elle entend se donner. Elle n’a strictement aucune mission de service public.

                On ne demande pas à un magasin d’alimentation d’être Les Restos du Cœur, à un restaurant d’appliquer les tarifs d’une cantine scolaire, à un magasin de luminaires ceux d’EDF-GDF !


              • Etienne CAMBARRE 14 janvier 2008 11:09

                 "cachent parfois des objectifs peu avouables." lit-on ci-dessus.

                Oh, fort avoués, et pourquoi s’en cacheraient-ils ? Une entreprise est destinée à faire des bénéfices, faire vivre ses salariés, se développer, avoir une clientèle. C’est l’objet même d’une entreprise, quelle qu’elle soit. Faire dans le soutien scolaire n’est que le moyen choisi par cette entreprise pour vivre. N’oublions pas qu’elle est privée. Elle n’est pas l’Education nationale, elle est totalement libre de ses activités, de son mode de fonctionnement et des moyens qu’elle entend se donner. Elle n’a strictement aucune mission de service public.

                On ne demande pas à un magasin d’alimentation d’être Les Restos du Cœur, à un restaurant d’appliquer les tarifs d’une cantine scolaire, à un magasin de luminaires ceux d’EDF-GDF !


              • dan 7 janvier 2008 10:53

                En voyant la prolifération et surtout la réussite de ce que vous appelez avec dédain des « officines » (en attendant heureusemment qu’elles existent), le parent d’élève que je suis se pose de nombreuses questions.

                Pourquoi ces « officines » obtiennent les résultats que n’obtiennent pas l’école ? Ce n’est pas un problème de volonté des enfants puisque ces derniers acceptent de prendre sur leur temps de loisir pour apprendre.

                Pourquoi les profs de ces « officines » obtiennent des résultats que n’obtiennent pas les profs de l’école. Seraient-elles plus sélectives dans le choix des profs. Peut être n’ont elles pas les problèmes d’absentéisme qui ronge l’école de la république (la prof d’anglais de ma fille n’était présente que 4 mois l’année dernière, et l’on a appris qu’elle travaillait dans une de ces « officines »).

                Les profs de l’école ne sont ils pas en train de se créer eux même un bon moyen d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Comme le disait snoopy86, n’oublions pas que l’essentiel des profs de ces « officines » sont les mêmes que ceux de l’école. Et dire qu’ils se plaignaient de trop travailler.

                Bref, voilà les vrais questions à se poser, les affiches d’Acadomia n’intéressent pas les parents d’élèves.


                • Zalka Zalka 7 janvier 2008 11:44

                  J’ai fait partie d’acadomia durant mes études, et je vais donc tenter de vous répondre.

                  1/Si une partie des profs de ces établissements sont effectivement dans l’éducation nationale, la majorité d’entre eux sont des étudiants, comme je le fus moi même. C’est à dire que s’ils sont à un niveau suffisament avancé pour aider des collégiens ou des lycéens, ils n’ont certainement pas la pédagogie ni l’expérience d’un prof (ils n’ont peut être pas non plus la lassitude).

                  2/ La réussite de ces officines est largement sujetes à caution. La réussite dépendra également de la situation dans l’établissement scolaire, du niveau de l’élève et de sa motivation au travail. Certains de mes élèves travaillaient dur et ils ont obtenu des résultats. D’autres ne bossaient qu’une heure par semaine : avec moi. Inutile de dire qu’il restèrent dans l’échec.

                  3/Ce sont des cours particulier : je n’ai jamais eu à faire face à 30 ados de niveau très divers en devant m’assurer que tous comprennent le cours. D’ailleurs, à part pour les élèves en très grandes difficultés, je n’avais pas à leur faire comprendre la totalité du cours, mais uniquement une partie un peu obscure. Mon job était donc largement plus facile. La réussite ne venait pas d’acadomia proprement dit, mais des cours du lycée auquel mon aide s’additionnait.

                  4/Le fait de payer change le point de vue des parents d’élèves : dans l’esprit des gens ce qui est gratuit ne vaut rien. L’éducation de Jules Ferry ne vaut donc rien. On râle en permanence sur ces feignants de profs, sur leurs incompétance etc...

                  Dans le même temps, les parents d’enfants dans le privé ou suivant des cours particuliers, ne tarissent pas d’éloges sur ces systèmes : pourtant les profs certifiés sont éxactement les mêmes. Pis, dans le privé vous pourrez parfaitement tomber sur des enseignants sans diplôme : une de mes cousines a fait l’institutrice plusieurs années dans le privé avant de décrocher le cape et de pouvoir enseigner dans le privé. Un de mes camarades de license a enseigné à des 6èmes dans une institution ultra sélect de Pontoise (d’après lui, Louis Sarkosy y était inscris, mais j’ai de gros doute). Que reste-t-il du privé ? L’entre soi, la sélection sociale : un élitisme malsain qui pousse en avant les « fils de » plutôt que les meilleurs. (Pas de généralités sur tous ces élèves, mais juste une constatation : de bon éléments du public seront exclus quand de mauvais éléments fils à papa auront leurs places).

                  Pour les cours privés, c’est pareil : nous n’avons pour la plupart pas de diplômes d’enseignement. Mais c’est peut être moins grave vu que nous ne faisons qu’aider sur des sujets restreint : quand vous avez trentes élèves, il se peut que ceux ci aient trentes problèmes différents de compréhension : aucun profs n’auraient le temps de tout régler. Un prof de cours particulier n’a que peu de problèmes à régler.

                  5/Juste un exemple de tarif : Acadomia paye de 12.5€ (pour un cours de 6ème à paris) à 22€ (pour un élève de prépa dans le val d’oise). D’autres cours privé (comme le st Laurent ou Florent, je ne sais plus), rétribuent jusqu’à 50€ : la différence étant supporté par le client. Où enseigne-t-on à ce tarif ? Les arrondissements chics de Paris, Versailles, St-Germain, Neuilly. Là encore, on retrouve le mécanisme « je paye donc je suis satifait », sauf qu’étant donné la clientèle, c’est « je paye beaucoup plus que les classes moyennes, donc je suis content ». Pourtant là encore ce sont une fois de plus les mêmes profs qu’ailleurs : comme un autre de mes camarades de facs. Personnellement, étant donné les lieux d’enseignements et le coût du trajet, j’avais fait une croix dessus.


                • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 12:32

                  Libre à vous de ne pas vous intéresser aux affiches de ces officines. Elle en disent plus long que vous ne croyez sur leurs compétences. Car on a jamais vu une entreprise se lancer dans une campagne publicitaire pour ruiner son image !

                  Je comprends que mettre son gosse entre les mains de gens qui baragouinent sans rougir un tel sabir, ça dérange !

                  On attendrait au moins de ces officines dont l’ambition est « un soutien scolaire » qu’elle se soumette d’abord aux règles de la langue française.

                  Si votre gosse adopte le sabir en usage dans cette officine, ne venez pas vous plaindre ! Vous aurez été prévenu ! Paul Villach


                • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 13:25

                  @ Zalka

                  Merci de ce témoignage qui donnera à réfléchir à quelques commentateurs.

                  Mais ce n’est pas sûr : quand on leur met un problème sous les yeux qui est très , très, très gênant (une officine de soutien scolaire qui use du solécisme pour faire sa publicité) ils détournent la tête pour poser le grand sujet du soutien scolaire qui n’est pas le sujet traité par cet article !


                • ZEN ZEN 7 janvier 2008 13:49

                  Zaîka parle d’expérience..et non pas sur la base de préjugés largement et complaisamment répandus.


                • BFranck 7 janvier 2008 16:54

                  Zalka,

                  Votre témoignage est, j’en conviens, d’une certaine utilité puisque vous avez vécu le fonctionnement de l’entreprise Acadomia de l’intérieur (tout comme moi, d’ailleurs).

                  Bien que votre témoignage sur ce type d’entreprise puisse parraître très partial et peu représentatif, j’appuierai assez vos arguments et je ne rajouterai rien de particulier à ce propos. Je conseillerai seulement à toute personne ayant un bac+3, et souhaitant se faire une idée du niveau de compétence de ce type d’organisme, de s’y présenter et de passer leur « sélection ».

                  Par contre, je ne peux pas laisser vos affirmations sur l’enseignement privé sans réaction. En effet, là aussi vous évoquez des situations particulières en ayant tendance à présenter cela comme des généralités. Or, je me dois de rectifier et clarifier quelques points.

                  Vous affirmez que les enseignants du privé et du public ont généralement la même formation. Ceci me semble une contre-vérité et je tiens à apporter des précisions. Effectivement, les personnes visant les concours de l’éduction nationale (public ou privé) passent généralement par le même cursus académique leur donnant le bac+3 nécessaire pour se présenter au concours. Toutefois, jusqu’à il y a peu, leurs parcours divergeaient généralement totalement à partir de cette étape. Je vais décrire les situations les plus fréquemment rencontrées :

                  1) Pour l’enseignement public, les gens s’inscrivent à l’IUFM pour suivre la « prépa CAPES » obligatoire, dont on sait largement à quel point la « formation » (formatage ?) est désastreuse et coupée de la réalité du métier d’enseignant. Une fois le fameux CAPES obtenu (ce qui peut prendre plusieurs années), les apprentis profs passent en 2e année d’IUFM (année de stage, ou de validation) durant laquelle ils suivent des cours de « pédagogie » et assurent un service d’enseigement allégé. Ce n’est qu’à partir de cette étape que les gens concernés touchent enfin à l’enseignement, et qu’ils peuvent donc se rendre compte que ce métier n’est pas fait pour eux ... gloups !

                  2) Pour l’enseignement privé sous contrat, les enseignants étaient recrutés directement par le chef d’établissement comme contractuels sur candidature directe, après étude des dossiers, entretien, et rencontre avec une ou plusieurs personnes de l’équipe pédagogique en place (pour ceux n’ayant pas déjà le CAFEP). Les gens sont donc ensuite en poste et préparent le concours tout en travaillant. Effectivement, préparer le concours dans ces conditions n’a rien d’évident et peut même parraître impossible. L’avantage, c’est que si le métier ne convient pas ou si le prof ne fait pas l’affaire, la collaboration s’arrête (les contrats sont des CDD d’1 an renouvelables). Si ça dure, après avoir acquis 3 ans d’ancienneté, l’enseignant peut passer le concours « interne », qui est beaucoup plus abordable que l’externe, pour devenir titulaire de son poste.

                  3) Pour le privé hors contrat, les enseignants ne sont pas fonctionnaires ou assimilés. Salariés de l’établissement, ils sont recrutés directement et n’ont aucun concours à passer pour être « titularisés ».

                  Maintenant, les status de l’enseignement privé sous contrat ont été récemment modifiés. Le chef d’établissement a beaucoup moins d’autonomie pour choisir ses enseignants, le recteur ayant récupéré plus de poids. De plus, la mise en conformité de la France avec les directives européennes fait que personne ne peut plus rester agent contractuel de l’état pendant plus de 6 ans (exit les CDD à vie dans le public). C’est une bonne chose. Mais en pratique, comment ça se passe pour un enseignant « contractuel » qui au bout de 6 ans n’a pas le concours ? Il est titularisé d’office, ou mis dehors ? De plus, les enseignants du privé sous contrat doivent maintenant obligatoirement suivre une partie de formation IUFM pour valider leur concours.

                  Voila. Les précisions ci-dessus sont sans doute incomplètes mais me parraissent davantage représentatives des situations réelles que ce que laissent penser les propos de Zalka.


                • Zalka Zalka 7 janvier 2008 17:20

                  Merci pour ces précisions et rectifications nécessaires. Néanmoins, je maintiens mon avis sur le point suivant : les profs du privé ne sont pas nécessairement meilleurs (comme on se l’imagine souvent) que les enseignants du public et que la réussite des élèves de privés tient en grande partie à une grande concentration de personnes issus des classes sociales les plus favorisés.


                • vraitravailleur 7 janvier 2008 17:43

                  Cher Zalka,

                  Votre texte est-il une provocation ? Si, en effet, vous avez été choisi pour enseigner chez Acadomia alors que vous ne maîtrisez encore ni l’orthographe ni la grammaire du français, cette entreprise peut être effectivement considérée comme une officine escroquant les parents prêts à payer pour donner une formation complémentaire à leurs enfants.

                  Comment pouvez-vous enseigner ce que vous ne savez pas vous-même ? Il est vrai que j’ai rencontré des institutrices, pardon ! des professeurs des écoles, qui ne connaissaient pas encore la différence entre l’infinitif en er et le participe passé en é. vraitravailleur


                • Zalka Zalka 7 janvier 2008 17:51

                  C’est surtout que je ne me suis pas relu. Par contre, je n’ai jamais prétendu avoir enseigné le français, mais les maths en l’occurence.

                  Je m’efforce la plupart du temps d’écrire correctement : en particulier dans le cadre de mon travail. De plus rien ne m’insupporte plus que le langage SMS. Mais lorsque je tape un pavé en 5 minutes sans me relire, c’est bourré d’hénaurmes fotte d’aurtografe. Lapidez moi !


                • Yohan Yohan 8 janvier 2008 00:38

                  d’accord avec vous


                • BFranck 10 janvier 2008 09:59

                  @ Zalka.

                   

                  Lors de mon précédent commentaire visant à clarifier et rectifier vos propos, je me disais bien avoir oublié un point important. Il s’agit évidemment de votre affirmation du fait que les établissements privés sont fréquentés par des élèves de catégories sociales plus élevées que les établissements publics.

                   

                  N’ayant aucune statistique officielle à disposition sur ce sujet, je ne peux ni confirmer ni infirmer ces propos. Toutefois, votre affirmation appelle plusieurs remarques qui peuvent la nuancer :

                  1) La politique d’un établissement privé quant à l’acceptation ou le refus de l’inscription d’un élève dépend beaucoup du réseau auquel appartient l’établissement, ainsi que du chef d’établissement lui-même. Il serait faux de prétendre que tous les établissement privé n’acceptent que la descendance de "l’élite de la nation".

                  2) Nombre d’élèves exclus de l’enseignement public se retrouvent dans des établissement privés.

                  3) De nombreux établissement privés peuvent à la fois mettre en place des facilités de paiement pour les familles, mais également revoir les frais de scolarité à la baisse. C’est toujours du cas par cas, mais il serait faux de dire qu’une famille sans grands moyens financiers voit obligatoirement ses enfants exclus de l’enseignement privé, sauf à se "saigner". Pour information, les frais "sans ristourne" d’un des grands lycées privés de province reviennent à 42€ par mois (c’est moins cher pour le collège, et encore moins pour le primaire). La suppression de l’abonnement à la TV satellite (qui abrutit toute la famille) et du portable du gamin permettront aisément de payer ces frais.

                  4) Effectivement, peu d’établissements privés sont occupés à 80% par des jeunes ayant des origines africaines, de confession musulmane ou autre. Mais cela tient principalement au fait que la grande majorité de l’enseignement privé sous contrat avec l’Education Nationale est catholique.


                • Tonio Tonio 7 janvier 2008 10:57

                  ben peut être tout simplement que le cours particulier, c’est lus efficace que la cours à 30 ?


                  • Au delà de ce parfait décodage la cruelle réalité est bien là !! notre école de la République continue à ne pas même permettre à un enfant de dix ans de savoir lire, écrire et compter au moment où il entre en sixième. Le désastre est là....ouvrant évidemment, tout grand le marché aux sauveteurs des parents épouvantés. Message de la BBC : CAMBRONNE que penses-tu du jour de CAMERONE mais en janvier ?


                    • 5A3N5D 7 janvier 2008 11:49

                      «  »« notre école de la République continue à ne pas même permettre à un enfant de dix ans de savoir lire, écrire et compter au moment où il entre en sixième. »«  »

                      Il est vrai qu’en introduisant à l’école (maternelle si possible) des cours de « déchiffrage des médias », on ne ferait que charger la barque un peu plus, alors qu’elle est déjà aussi au-dessous de la ligne de flottaison que le Titanic lors de sa première traversée.

                      L’école de la République ne peut plus apprendre à lire à ses enfants ? Ne croyez pas que ce soit anodin : c’est une volonté délibérée. Nous sommes sur la bonne voie de l’analphabétisation à l’américaine. Soyons modernes ! Ce que l’école pouvait encore faire dans les années 1970 ne serait plus possible aujourd’hui ? Rien de plus faux ! Ce sont les programmes (et leurs auteurs) qu’il faut changer. Mais, curieusement, personne ne semble en avoir la volonté.


                    • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 12:44

                      Je ne nie pas le problème, mon Colonel !

                      J’ai voulu simplement relever une affiche qui montre que le respect de la langue française (avec ce sabir) et du client (avec cette parodie d’insurrection ridicule) n’est pas forcément prioritaire dans cette officine dont la prétention est tout de même de réussir là où le public a échoué.

                      Zen a raison de souligner qu’il est facile de jouer avec l’angoisse des parents sur le sujet.

                      En tout cas pour une officine qui se présente comme une solution de rechange, la première des choses est de se montrer plus rigoureuse dans sa « communication ». Paul Villach


                    • Dark Mind Dark Mind 7 janvier 2008 11:03

                      N’ayant point fait d’études de lettres classiques, d’histoire ou de sciences politiques mon interprétation du message est beaucoup plus primaire... Selon moi l’image guerrière et le slogan « Elle a pris le pouvoir sur le français » nous indique simplement qu’elle (ou plutôt ses parents) est entrée en résistance contre les difficultés du français... Qu’elle a décidé de lutter contre l’échec scolaire galopant dont il est difficile de nier l’existence aujourd’hui. Il est toujours plus simple de tirer à boulets bleus, blancs, rouges sur l’action pseudo-citoyenne de certaines sociétés commerciales que de chercher les vraies raisons de leur existence...


                      • Paul Villach Paul Villach 7 janvier 2008 12:48

                        Il est surtout plus facile de fuir le sujet d’un article pour éviter d’avoir à admettre qu’il fait mouche !

                        Montrez moi donc que cette affiche offre de cette officine une preuve de compétence.

                        Vous ignorez peut-être qu’une campagne publicitaire coûte cher et qu’elle fait l’objet de la plus grande attention d’une direction qui la lance. En cela, c’est accablant ! Paul Villach


                      • titi 7 janvier 2008 13:40

                        @Paul,

                        Pourquoi pensez vous que cette affiche est là pour faire la preuve d’une quelconque compétence ?

                        Il s’agit de publicité. Point barre. Elle doit attirer le coup d’oeil dans le bus ou le métro. Si pendant tout un trajet un parent, ou un élève, se pose la question du sens de l’accroche, ou de la mise en scène, alors le créatif qui a pondu celà, a gagné.

                        Que ce soit pour vendre des cours de francais ou des cornichons, il faut :
                         Un fille propre sur elle qui montre ses gambettes ;
                         Un cadre clean : un immeuble bourgeois ou une villa de rêve
                         et un ciel bleu. Qu’auriez vous voulu voir à la place ? Un immeuble HLM ? Un temps gris avec la pluie qui tombe. Si l’affiche reprend les classiques du genre c’est que la cible est la même que pour de la lessive. Pourquoi voudriez vous que vendre des cours de soutien soit différent ?

                        Concernant les couleurs et le coté « patriotique » on peut rappeler que plusieurs campagnes (galerie lafayette par exemple) ont, en ses temps electifs, repris le thème.

                        C’est ainsi également que je juge l’accroche. Il ne s’agit pas de savoir si « maitriser la langue c’est prendre le pouvoir dessus » ou non. Il s’agit d’avoir un slogan qui peut, à la suite d’une élection majeure, apparaitre comme un clin d’oeil à l’actualité. Et qui doit faire mouche en 10 sec.

                        Vous pensez que c’est une allégorie de la « liberté » et donc y voyez une allégorie « insurrectionnelle ». Moi j’y vois plutot la Victoire, ou même la France (le siège de Paris de Meisonnier). Du coup je ne trouve aucune dissonnance avec le cadre cossu.

                        Il s’agit d’une bête affiche... Je ne vois pas en quoi Acadomia aurait à rougir.

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