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Accueil du site > Tribune Libre > Une question essentielle à vous poser...

Une question essentielle à vous poser...

Question, sous forme de lettre ouverte, aux gouvernants, aux medias, aux politiques, aux économistes, aux banquiers, et à tous ceux dont l’avis et la parole comptent dans notre société...

Madame, Monsieur,
 

J’ai une question essentielle à vous poser...

Comme vous, sans doute, je me sens très concerné par la dégradation des conditions de vie sur notre planète. Pourtant, en dépit des bonnes intentions, et quelles que soient les mesures prises par les gouvernements successifs depuis une trentaine d’années, la situation globale ne cesse de se détériorer : déploiement d’une dynamique qui favorise la croissance d’îlots peuplés d’une élite cumulant fortune, pouvoirs et privilèges, au milieu d’un océan grandissant de misère, d’injustice sociale, d’exclusion, bref de souffrances génératrices de violences sous toutes ses formes, tout cela sur fond de menace écologique pressante. Comment expliquer une telle impuissance à une époque où, paradoxalement, l’humanité n’a jamais disposé d’autant de connaissances et de moyens technologiques ?

À vrai dire la situation est purement absurde : qu’il s’agisse de l’emploi, la santé, l’éducation, l’énergie, l’alimentation, etc. nous n’avons pas une, mais un vaste choix de solutions possibles.

Sur quoi butte-t-on ? Sur le manque d’argent qui permettrait de mettre en oeuvre ces solutions. Car on ne meurt pas de faim faute de nourriture, on meurt de faim faute de l’argent qui permettrait d’y accéder. On ne meurt pas de maladie faute de médicaments, on meurt faute de pouvoir les acheter ; on n’est pas au chômage faute d’emploi, on y est faute de pouvoir rémunérer le travail. Et ainsi de suite...

Alors, tous les efforts portent sur la recherche d’une croissance forte qui serait, dit-on, la seule méthode susceptible d’apporter les ressources financières suffisantes pour relever les défis de notre temps. Mais n’est-ce pas vouloir éteindre l’incendie avec de l’essence quand on sait que le plus grand danger qui menace la planète vient justement des dommages collatéraux causés par la croissance ? N’est-ce pas aussi ignorer que la nature de l’argent moderne permettrait, si on le voulait vraiment, de l’émettre à la hauteur de ce que l’urgence humanitaire et écologique exige ? Si vous êtes renseigné(e), et vous êtes à une place qui vous permet de l’être plus que tout autre, vous n’êtes pas sans savoir ce qui suit :

    - L’argent aujourd’hui n’est plus limité comme avant par une quantité de matière précieuse. Il est totalement dématérialisé depuis 1971. Il est créé et ne prend « existence » que par simple inscription dans une comptabilité bancaire. Les seules limites sont les règles que la société se donne.

    - Il y a peu de temps encore (avant le 3 janvier 1973), la Banque de France avait le droit d’émettre en faveur des Collectivités - et en particulier de l’État - la monnaie nécessaire à financer leurs développements. Ainsi, pas d’intérêts ruineux puisque ces intérêts n’étaient dus qu’à la Banque de France et donc revenaient à l’ensemble de la collectivité au travers de sa banque nationale.

Or, qui crée aujourd’hui cette monnaie dont nous avons collectivement tant besoin ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont les banques privées par le moyen du crédit.

Que l’on puisse créer de l’argent à partir de rien sort tellement de nos schémas mentaux que nous refusons de le voir, d’autant plus que l’iceberg ne montre que sa partie émergée. Ce qui est visible, c’est l’utilisation de l’épargne. Il semble à l’évidence que les banques prêtent aux uns les sommes épargnées par d’autres. Et c’est vrai en partie. Quand l’État emprunte sur les marchés financiers, il y a bien derrière des investisseurs - banques, compagnies d’assurance, fonds de pension, particuliers - qui « achètent » de la dette publique avec des sommes épargnées.

Mais la partie immergée de l’iceberg cache le fait que l’argent est devenu une dette par nature, car pour qu’il y en ait, il faut au préalable qu’il ait été créé lors d’un crédit. Ainsi, contrairement à ce que pense la plupart des gens, ce n’est pas l’épargne qui permet l’emprunt mais l’emprunt qui permet l’épargne.

Dès lors, la vraie question est de déterminer QUI a LÉGITIMITÉ quant au pouvoir de créer la monnaie-crédit, dans quelles conditions et pour en faire quoi ?

- Le privé  ? Dans ce cas, l’argent ne peut être créé que de manière sélective, sur des critères de rentabilité et de solvabilité au service prioritaire des actionnaires du système, sans souci de l’intérêt général.
- Le public  ? Dans ce cas, l’argent peut être créé sur des critères d’intérêt commun.

Force est de constater que malheureusement, aujourd’hui, sans débat public préalable, les Nations sont rabaissées au même rang que chacun de leurs citoyens. Elles sont obligées d’emprunter l’argent tiré initialement du néant auprès du privé et de payer de substantiels intérêts, ce qu’elles n’auraient pas à faire si elles exerçaient leur droit légitime d’émettre leur propre monnaie.

Nous payons, bon an mal an, 40 milliards d’euros par an pour les seuls intérêts, ce qu’on appelle élégamment "le service de la dette". C’est l’équivalent de 240 airbus A350, ou de 3 porte-avions "Charles de Gaulle. C’est prélever sur notre travail et notre production plus de 100 millions d’euros par jour, oui, par jour, et le transférer à ceux qui sont déjà les plus riches, eux qui, d’ailleurs, peuvent ainsi nous les reprêter, à nouveau contre intérêt... Et tandis que la richesse publique sert à gonfler chaque année un peu plus les poches des plus privilégiés, nous laissons se détériorer les services publics, nous supprimons des acquis sociaux et nous ne trouvons pas l’argent nécessaire aux investissements structurels qu’exigent la gravité et l’urgence des problèmes actuels !

Imaginez-vous la force que nous aurions à notre disposition si les États pouvaient de nouveau mobiliser toutes les ressources de leurs Peuples pour affronter ensemble les terribles problèmes que connaît notre planète, au lieu de s’éreinter à chercher une vaine croissance qui ne profite de toute façon qu’à la minorité la plus nantie ?

Alors voici ma question :

Pourquoi personne parmi nos représentants ne se lève pour pointer le ridicule et le scandale d’une situation qui est à l’origine de la plupart des maux dont souffrent les peuples ?

Si la vie de votre enfant était en jeu, accepteriez-vous de le laisser partir alors que tout est là pour le sauver ? Eh bien oui, sa vie est en jeu ainsi que celle de tous les enfants de la Terre, et je pense que, comme moi, vous ne pouvez accepter l’idée de les condamner au seul motif de faire semblant d’ignorer que la cause essentielle des problèmes vient de ce que le pouvoir de création monétaire, revenant de droit aux Nations, a été abandonné au système bancaire privé.

Je vous demande donc de me dire clairement quelle est votre position à ce sujet et ce que vous comptez faire concrètement pour que la création monétaire - au moins celle nécessaire à l’équipement et à l’investissement de la Nation et qui n’est donc pas inflationniste - soit reprise au privé et rendue au public, comme le suggèrent plusieurs économistes, afin que nous puissions mettre en œuvre, sans frein, toutes les ressources humaines et technologiques dont nous disposons pour répondre aux défis de notre temps. Et ne me répondez surtout pas que c’est chose impossible dans le système mondialisé actuel : les systèmes que nous construisons sont à l’image de ce que nous voulons. Voulez-vous un monde inféodé aux intérêts de la finance privée, ou un monde où vos enfants pourront vivre libres, en paix, et dans une suffisance heureuse au milieu de peuples solidaires ? Les lois votées jusqu’à présent ont livré le monde aux banquiers... Si tel n’est pas votre choix, il faut en proposer d’autres.

Comptant sur votre réponse et plus encore sur un réel engagement de votre part dans cette voie, je vous prie d’agréer mes salutations citoyennes.


Pour mémoire, un historique de l’évolution depuis 1973 :

  • 3 janvier 1973 - Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la Banque de France, nous trouvons en particulier cet Article 25 très court qui bloque toute possibilité d’avance au Trésor : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la Nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens. La dette publique trouve son origine précisément là.

  • 1976 - Sans aucune justification économique, sans débat public préalable, le Gouvernement de Raymond Barre décide que l’État paiera les intérêts de sa dette au-delà du taux d’inflation. Ce faisant, il place l’État au service des créanciers. Et l’on s’étonne du montant de la dette publique après trente-deux ans de ce régime ?

  • 1992 - La gauche au pouvoir nous invite à ratifier par référendum, les yeux fermés, le traité de Maastricht qui précise en son article104 : « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales" d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

  • 4 août 1993 - La loi n° 93.980 est votée. Cette loi donne son « indépendance » à la Banque de France et interdit à celle-ci, dans son article 3, d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l’acquisition des titres de leur dette. L’État est désormais condamné par le plus haut niveau du droit à subir une charge non nécessaire d’intérêts.

  • 2008 - Alors que le Traité pour une Constitution Européenne, qui réaffirmait l’article 104 du Traité de Maastricht, était rejeté par une large majorité du peuple français lors du référendum de 2005, ce traité, remodelé dans la forme mais pas dans le fond et baptisé Traité de Lisbonne est cette fois ratifié par l’Assemblée Nationale

  • N’oublions pas, dans ce parcours, la proposition de loi organique du député et économiste Tovy Grjebine, n° 157, enregistrée le 22 juillet 1981. Cette loi avait pour but de limiter le rôle de l’endettement dans la création de la monnaie et de permettre une nouvelle politique économique assurant la résorption du chômage et l’indépendance énergétique, en utilisant une technique de financement obtenu par le changement des contreparties monétaires. Cette loi qui aurait permis à la Nation de financer son développement sans s’endetter n’a pas été votée.


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25 réactions à cet article    


  • Trashon Trashon 24 décembre 2008 13:08

    Et dire que l’on savait depuis plus de 2 siècles :

    "I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies. If the American people ever allow private banks to control the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until their children wake-up homeless on the continent their fathers conquered"

    Thomas Jefferson 1802

    Soit pour les anglophobes :

    "je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie,
    les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"


    • ProPeace 24 décembre 2008 13:57

      Ha bah... C’est malin... J’ai bien eu 3 ou 4 orgasmes en lisant cet article, même s’il n’apprendra quelque chose qu’à ceux qui n’ont pas encore commencé à s’informer (pour rester poli).
      <8P

      Puis, je réfléchis... Et... Je débande...
      Ca fait "pchiiit" comme a dit je ne sais plus quel grand philosophe...

      L’intérêt de la population pour ce problème crucial qu’est la finance, et donc pour la crise qui s’anonce, est-il à l’image du relatif "je m’en foutisme" qu’on peut voir partout, jusque dans les espaces de discussion sur Internet... ? Agoravox ne faisant pas exception...

      Ca ne vous saoule pas un peu le Vendée Globe ? 52 réactions.
      Mais qu’est-ce qu’on s’en fout du Vendée Globe ?
      On pourrait se dire qu’il faut bien aussi penser à autre chose, mais devant une telle futilité, rassemblant 50 commentaires, on serait en droit d’en attendre 200 pour tout sujet autrement plus important... Non seulement nous en sommes loin, mais nous en sommes même à l’opposé, à croire qu’on se fout de ce qu’il va se passer.

      Crise de confiance : une France s’inquiète, une autre s’amuse. 13 réactions.
      Il semble que l’inquiétude ne concerne qu’une minorité, il est sûrement bien plus bandant de s’amuser... N’oubliez pas de profiter de noël pour engraisser encore un bon coup cette société de sur-consommation ; tant qu’on veut, on peut.


      Est-ce qu’il me prendrait de faire un article sur les Bisounours alors que la maison brûle ??? Non, j’aurais l’impression de faire un reportage sur la traite des chèvres dans un fond de campagne, dans un certain journal d’un présentateur au nom d’alcool... A la votre, inconscients... !

      Réveillez-vous bordel !
      Foutez une baffe à vos amis ! Surprenez votre petite amie ! Secouez votre père ! Gueulez votre rage à votre mère ! Eveillez vos collègues ! Réveillez-vous... ! Bande d’inconscients !

      Ce spectacle nauséabond est propre à faire vomir tout humaniste...  smiley


      • JONAS Virgule 24 décembre 2008 16:07

        @ L’Auteur :

        Mon cher Monsieur, point n’est nécessaire d’aller plus loin que les premières phrases de votre article.

        Vous accusez ! Vous accusez, les privilégies des misères du monde.

        Il y a moins de 100 ans, il y avait des tribus cannibales en Afrique, des épidémies, des cataclysmes, mais les médias faute de moyens et d’informations ne diffusaient ces nouvelles.

        Vote père ou grand père, allés danser dans les guinguettes des bords de Seine la conscience tranquille.

        Alors, vous nous faites un flan avec la pauvreté ! Vous prendriez-vous avec les humanistes de tous poils, pour des nouveaux " dieux " ?

        Et avec quels moyens, auriez-vous la possibilité de sauver ces pauvres gens ?

        Avec l’argent des autres bien sûr ! Pas celui des " riches ", car même en leur confisquant tous leurs biens, vous ne feriez pas vivre plus de 2 milliards d’homme pendant plus de 2 ou 3 ans. Ils se reproduiraient d’autant plus vite que l’aide serait substantielle.

        Avec votre méthode, les " riches " donneront de leurs superflus ! Les pauvres riches du monde Occidental de leur essentiel.

        Votre question est une réponse, vous vous livrez à une manipulation enfantine, dont la sournoiserie me révolte.  smiley

        @ ---

         


        • ProPeace 24 décembre 2008 18:00


          Vous accusez ! Vous accusez, les privilégies des misères du monde.

          Il y a de quoi, vu que les 3/4 de la population mondiale doit se contenter d’1/4 des richesses. Rapport qu’on trouve à l’intérieure de chaque pays "industrialisé"...

          Il y a moins de 100 ans, il y avait des tribus cannibales en Afrique, des épidémies, des cataclysmes, mais les médias faute de moyens et d’informations ne diffusaient ces nouvelles.

          Donc ce qui change, c’est les moyens d’information, pas la situation... On n’a donc pas à changer de comportement...

          Quel raisonnement crétin.

          Alors, vous nous faites un flan avec la pauvreté ! Vous prendriez-vous avec les humanistes de tous poils, pour des nouveaux " dieux " ?
          Et avec quels moyens, auriez-vous la possibilité de sauver ces pauvres gens ?
          Avec l’argent des autres bien sûr !

          Ceux qui se prennent pour des Dieux, sont ceux qui s’approprient les richesses au détriment des autres. Ces richesses, en ressources ou financières, appartiennent à tous, avant d’appartenir à celui qui l’a gagné, bien souvent malhonnêtement pour les plus privilégiés, le système pyramidale lui-même étant malhonnête...

          Pas celui des " riches ", car même en leur confisquant tous leurs biens, vous ne feriez pas vivre plus de 2 milliards d’homme pendant plus de 2 ou 3 ans. Ils se reproduiraient d’autant plus vite que l’aide serait substantielle.

          Complètement faux.
          Si les ressources de la société servaient les intérêts de la population, plutôt que les intérêts des plus puissants, la majeure partie des problèmes pourraient trouver solution.

          Mais la solution n’est pas pour plaire aux capitalistes, car elle impose d’accepter que bien qu’il y ait assez de ressources pour tous (cultures hydroponiques à étages par ex. pour juguler la pollution de nos terres), il n’y a pas de travail pour tout le monde. Ca signifie que la société doit assurer un niveau de vie à tous ses citoyens, travailleurs ou pas... Les nouveaux Dieux doivent donc devenir les agriculteurs, les scientifiques, etc... etc...

          Forcément, ça trou l’cul des illégitimes puissants actuels.

          Ils se reproduiraient d’autant plus vite que l’aide serait substantielle.

          Complètement faux.
          On sait qu’un pays organisé et suffisament prospère donne un résultat contraire à ton affirmation. Il suffit de regarder les 30 glorieuses, où le nombre d’enfants est passé de près de 5 par mère, à 2 enfants par foyer parental (moins 2 orteils).

          Tu devrais réviser tes cours de géographie, la partie démographie, de tes cours de collège.

          Votre question est une réponse, vous vous livrez à une manipulation enfantine, dont la sournoiserie me révolte.

          Accuser son interlocuteur de ses propres tares, est une stratégie largement éprouvée, notamment par les politiques...
          Elle a aujourd’hui de moins en moins d’effet. Au contraire, j’aurais plutôt tendance à m’en servir pour identifier les collaborateurs au système en toute conscience de leurs actes, et les imbéciles, la différence n’étant pas facile à cerner.


        • ProPeace 24 décembre 2008 18:05

          Je me cite, parce que je le vaux bien :

          [...] Les nouveaux Dieux doivent donc devenir les agriculteurs, les scientifiques, etc... etc...

          Forcément, ça trou l’cul des illégitimes puissants actuels.


          Ca leur trou l’cul, car

          - Ils n’ont aucune envie d’aller labourer la terre

          - Ils sont loin d’avoir la capacité de devenir des scientifiques

          Kikoolol comme a dit un grand philosophe...  smiley


        • philderu 24 décembre 2008 19:02

          Bonjour,

          Peut être avez vous eu tort de vous limiter aux premières lignes de notre texte. Que la misère du monde ne vous indigne pas, ça, ça vous regarde... Je vous rappelle toutefois qu’au delà de la pauvreté il y a une crise écologique au sujet de laquelle tous les scientifiques s’accordent et qui menace la vie même sur cette terre, que l’on soit riche ou pauvre (cette question là vous concerne peut être un peu plus surtout si vous avez des enfants...).
          Or cette crise écologique plante ses racines dans la même cause : le système capitaliste libéral fondé sur l’individualisme, la compétition, l’accumulation infinie de capital, et la recherche du maximum de profit financier dans le plus court terme possible. La pauvreté et le ravage de la planète sont les enfants naturels de ce système. Oh ! ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ; quand le capitalisme a été conçu voilà plus de deux siècles, il était certainement très adapté à son temps : 1 milliard de terriens, un outils de production artisanal incapable de répondre aux besoins de tous, et une empreinte écologique quasi inxistante. Le capitalisme a permis de s’affranchir des contraintes de la seule survie et d’atteindre au moins en occident des conditions de confort très appréciables. Mais nous voilà a l’aube du XXIeme siècle avec 6,5 milliards d’habitants et un mode de production et de vie qui épuise à grande vitesse les ressources naturelles non renouvelables sans parler de la pollution de l’air, de l’eau, du sol des plus alarmante. La question que nous posons ne se limite pas à la seule erradication de la pauvreté mais à relever un défi que l’humanité n’a encore jamais eu à relever.
          Là, si vous poursuivez la lecture de l’article vous verrez qu’à aucun moment nous suggérons d’aller chercher l’argent dans la poche des autres. Nous disons que l’argent moderne se crée ex nihilo et donc n’’est aucunement limité en quantité si ce n’est par les seules règles du jeu qu’on se donne. Mais nous dénonçons le fait que la monnaie, outils par essence public, a été privatisée, ce qui a conduit, dérive après dérive à n’avoir plus que 2% utiles à l’économie réelle, le reste servant à l’économie spéculative qui aujourd"hui nous explose à la figure. Si encore elle n’affectait que les joueurs : on gagne on perd... c’est la règle... Mais dans sa folie elle va en plus ébranler cruellement l’économie réelle et frapper encore plus durement en premier les plus démunis. Les sauvetages actuels à grand coups de centaines de milliards démontrent bien comme il est facile de "créer de l’argent" ; malheureusement ce ne sont que des milliards qui s’additionnent aux précédents dan le seul but de sauver un système, déjà sous respiration artificielle et cause première des crises actuelles. C’est de l’économie réelle dont on demande de s’occuper, car l’air, l’eau la terre et la vie ne se crééent pas comme la monnaie et pour financer les immenses chantiers que nous avons à entreprendre, loin d’aller puiser dans la poche des autres, nous suggérons que la gouvernance et la création monétaire soient rendues au plublic afin que la monnaie puisse être créée à hauteur de ce qui est nécesaire pour relever les défis exceptionnels de notre temps ; bref que la monnaie serve le bien commun essentiel au bien particulier.
          Joyeuses fêtes à tous
          Philippe Derudder


        • Asp Explorer Asp Explorer 24 décembre 2008 19:15

          @Virgule : je ne l’aurai pas formulé ainsi, mais je suis néanmoins d’accord avec l’os de votre propos. Le fait que les conditions de vie se dégradent est en soi contestable, et le reste de l’article, basé sur ce postulat, ne tient pas debout et n’est qu’une énième antienne sur la décadence des moeurs, le tous pourri et le "c’était mieux avant". Souvenons-nous de Socrate qui se plaignait de la médiocrité de la jeunesse de son temps, c’était pourtant le siècle d’or de la Grèce.


        • ProPeace 24 décembre 2008 19:29

          Wouaw... Quelle perf’, Virgule.

          Autant d’assurance dans sa véhémence, sans le moindre argument, c’est priceless...

           smiley

          Dans le genre, on pourrait vous répondre "bande d’inconscients", sans vous donner plus d’explications...
          Ou on peut chercher à vous expliquer, mais je crois que c’est peine perdue : vous êtes trop médiocres, ou feintez de l’être...

          Et comme vous ne cherchez pas à débattre, j’en conclu que votre seule mission sur Agoravox est de maintenir une opinion divergente, afin d’empêcher le consensus...

          Mais qu’on s’en suce !  :->

          Bravo à l’auteur de l’article, il faut informer, même si ceux que ça dérange tentent de s’opposer à l’honnêteté.  smiley


        • Fadge Fadge 24 décembre 2008 22:49

          BRAVO
          Je vous remercie pour cet article du fond du coeur. Je suis d’accord sur tout.
          c’est bien cause de la création monétaire publique qui est vraiment la plus importante a l’heure actuelle.

          Mais un bemol la forme pour l’article :
          Le titre de l’article, pas assez accrocheur, et le manque d’une photo ou image.
          Cette faiblesse d’accroche, malheureusement va faire que beaucoup de gens ne verront pas cet article.

          Sur AgoraVox et ailleurs, je n’ai de cesse de rappeler sur casiment tous les sujets que c’est bien la creation monetaire le coeur du problème économique.
          Heureusement, cela commence a se savoir, même si ce n’est pas encore suffisant pour créer un vrai mouvement populaire autour de cette idée fondamentale.

          Par contre, je ne vous suis pas sur l’eco-societalisme.
          Je trouve ca, beaucoup trop radical comme changement d’emblée, c’est beaucoup trop orienté "collectivisme" ce que les gens rejètent au vue de l’expérience désastreuse du communisme.
          De plus, les gens sont conscient que le capitalisme, est malgré tout ce qu’on lui reproche, le système qui promeut la plus, la créativité, l’innovation, et la meritocratie.
          Les gens ne sont pas prêt a abandonner l’argent qui est quand même le moyen le plus efficace de faire des echanges, et l’abandon de la propriété privée n’est tout simplement pas imaginable pour eux.
          De plus le côté "internationaliste" de l’eco-societalisme, parait vraiment trop utopique, et surtout va dans le sens de la "gouvernance mondiale" que l’elite financière veux nous imposer pour affirmer leur domination pour toujours. A moins, que vous proposiez un système de transition progressif, je ne sais pas, il faut que je lise votre livre. Ce que je fais faire très rapidement
          Personnellement, je prône le système créditiste qui est beaucoup plus applicable tout de suite.
          Vous devez sûrement connaitre. L’avantage c’est qu’il se base sur le système capitaliste actuel et petit à petit change le système, tout en changeant les mentalités. Les gens s’apecoivent que la mecanisation/automatisation supprimant des emplois ne diminue pas le pouvoir d’achat. Le dividende mensuel versé a chacun augmentant, les prix baissant, le pouvoir d’achat augmentant, les besoins etant satisfaient, les gens font l’expérience de l’efficacité de ce système économique et se l’approprient.
          Petit a petit, le systeme creditiste, fait sortir les gens du materialisme, donc au final, la fin de la propriété privée et de l’argent, mais pas en commencant par cela comme dans l’eco-societalisme.
          (enfin si j’ai bien compris l’eco-societalisme)
          Dit plus simplement : "On ne nourris pas sa famille avec une utopie".
          Les gens ne veulent pas d’une revolution economique qui risquerais de provoquer des problèmes de production au demarrage.
          De plus, pour ceux de la mouvance nationale, dont je fais partie, le système creditiste qui promeut l’idée que les citoyens sont co-capitalistes de leur Etat, recevant les dividendes de sa réussitte, de sa production, de ses innovations, et remplacant l’assistanat, est vraiment très bien percue.
          Enfin, le systeme creditiste est appliquable dans un pays et avoir des echanges avec les autres pays non-creditistes.

          Dans tout les cas, que ce soit l’eco-societalisme, ou le creditisme, l’essentiel est en premier lieu de retrouver le pouvoir de creation monétaire publique.

          bravo pour tout ce que vous faite pour amener ces problématiques au grand public.
          Bonne continuation





          • Romain Desbois 24 décembre 2008 23:51

            Allez ne vous formalisez pas pour Asp et Virgule, les deux vilains petits canards d’Agoravox.
            Deux poils à gratter, parfois accompagnés d’une touffe quand ils se donnent le mot, qui au final nous font réagir et permettent à d’excellents articles de monter dans la hiérarchie des articles les plus lus et commentés.
            Merci à eux ;o)

            Sur le fond, dire AJH que le problème est un manque d’argent est un peu simplifier ; je dirais plutôt que le problème est la mauvaise répartition de l’argent ou bien la mauvaise utilisation de l’argent.

            Des trilliards de milliards sont dépensés dans la recherche spatiale (Mars ne peut-elle pas attendre quelques décennies ?)

            En France, d’après le réseau sortir du nucléaire, le nucléaire civil et militaire a déjà couté l’équivalent de sa dette actuelle.

            Nous sommes dans une société où l’on finance le superflu (distractions sportives par exemple) et l’on rechigne à financer l’essentiel (voir les sans logis, les mals logés, etc...).

            Tant que l’économie s’appuiera sur le soin des symptomes et moins sur la résolution de la cause, l’on tournera en rond.

            De plus les élus ne bossent que les courbent des chiffres, alors que cela veut tout et rien dire.
            La balance commerciale, particulièrement l’exportation est donnée en chiffres bruts. Personne ne songe à défalquer les aides et subventions à l’exportation, ni le trou de la Coface que l’Etat bouche tous les ans. Trou de l’aveu même du PDG de la Coface, monsieur David, équivalent à celui de la sécu !!!!

            Je n’ai jamais compris pourquoi le capitalisme se tire une balle dans le pied en ne rémunérant pas suffisamment les salariés. Comme Ford je pense qu’une entreprise, un commerçant n’a aucun intérêt à avoir des clients pauvres.



            • Fadge Fadge 25 décembre 2008 00:32

              Augmenter les alaires est un leurre.

              Cela ne produit que k’augmentation des prix, et retour a la case départ.
              C’est ce qui c’est passé en 1981 avec Mitterand.

              Par contre :
              "Sur le fond, dire AJH que le problème est un manque d’argent est un peu simplifier ; je dirais plutôt que le problème est la mauvaise répartition de l’argent ou bien la mauvaise utilisation de l’argent."
              NON, l’analyse est parfaite

              Seulement il faut integrer ce qu’est la nature de l’argent et de son cycle de vie : creation et destruction.
              Casiment tous les problemes sociaux sont dues a un manque d’argent.
              Supprimmer le nucleaire, ou la course a l’espace n’est rien en terme de financement par rapport a tout ce qu’il faudrais financer actuellement : reconstruction complete des banlieues, des universités, des hopitaux, etc etc
              Si l’Etat créé de l’argent a partir de rien (comme les banques le font) mais sans interets pour financer cela, alors tous ces projets deviennent réalité.
              On passe a une economie de ressources : c’est a dire qu’on ne se demande plus si c’est financable, mais si on a les ressources pour le faire (matieres premieres, technologie, humain).
              Et cela, sans faire d’inflation, ni de dettes publiques imremboursable.

              Ensuite pour un systeme vraiment parfais, il faut faire encore plus avec le systeme creditiste par exemple


            • JONAS Virgule 25 décembre 2008 02:50

              Aux derniers commentateurs, faire fonctionner la planche à billets est délirant !

              Il vous faudra une brouette de monnaie pour acheter une flûte de pain !

              Vos salaires seront payés en monnaie de singe.

              Augmenté la masse monétaire, s’est dévalué la valeur de l’argent.

              Je persiste à dire, qu’à vouloir sauver tout le monde, on finit par suicider tout le monde.

              La bombe démographique tuera plus de monde que les bombes atomiques.

              Vous n’êtes pas des " dieux ", mais vous avez la prétention d’en être et vos propositions sont farfelues.

              En réalité vous n’avez aucunes solutions si ce n’est de faire la charité avec l’argent des autres qui sont " riches ".Pas un de vous n’a proposé de faire des heures supplémentaires chaque mois, de fonder une banque d’assistance aux pauvres.  smiley

              Vos accusations sont à la mesure de vos intentions, vous donner bonne conscience avec l’argent des autres.

              Vous n’êtes que des hypocrites et des menteurs.

              @ ---


              • Claude Simon Tzecoatl 25 décembre 2008 07:20

                "Aux derniers commentateurs, faire fonctionner la planche à billets est délirant !

                Il vous faudra une brouette de monnaie pour acheter une flûte de pain !"
                Oui, dès que je vois un billet de banque, je pense à Weimar, c’est systématique. D’ailleurs les 30 glorieuses étaient clairement weimariennes.
                 

                "Vos salaires seront payés en monnaie de singe."
                Pour l’instant, le salaire que d’aucuns définissent comme un esclavage est payé par un autre esclavage de monnaie d’endettement.

                "Augmenté la masse monétaire, s’est dévalué la valeur de l’argent."
                Non, pas forcément, mais la monnaie d’endettement, c’est clairement forcer l’inflation de masse monétaire.

                "Je persiste à dire, qu’à vouloir sauver tout le monde, on finit par suicider tout le monde."
                Et à vouloir ne sauver personne, on se suicide également. Les banques ont bien compris que le système actuelle leur faisait du tord. Elles ont été criées pitié à l’Elysée, et là où l’on demandait à l’économie réelle privée de toujours s’endetter plus, c’est pour l’instant l’état qui s’endette toujours plus. Ce modèle d’endettement exponentiel n’est, qu’il soit public ou privé, nullement viable à terme. Il va falloir annuler des dettes ou créer de la monnaie, pour limiter la non-monnaie représentant les intérêts non-monétisés.

                "La bombe démographique tuera plus de monde que les bombes atomiques."
                On continuera à jouer au feu avec la démographie, à moins que cela soit votre intention d’aller légiférer ce que les individus font dans leur lit.

                "Vous n’êtes pas des " dieux ", mais vous avez la prétention d’en être et vos propositions sont farfelues."
                Votre critique n’est que lobbyiste.

                "En réalité vous n’avez aucunes solutions si ce n’est de faire la charité avec l’argent des autres qui sont " riches ".Pas un de vous n’a proposé de faire des heures supplémentaires chaque mois, de fonder une banque d’assistance aux pauvres. "
                Pour monter une banque, il faut l’accord des autres banques, donc de ses concurrents, de l’état. Bref, bel exemple de corporatisme pré-1789.

                "Vos accusations sont à la mesure de vos intentions, vous donner bonne conscience avec l’argent des autres."
                Non, il s’agit de briser l’esclavage moderne qu’incarne la monnaie d’endettement.

                "Vous n’êtes que des hypocrites et des menteurs."
                Au pire progressiste et réaliste.


              • JONAS Virgule 25 décembre 2008 10:55

                @ Tzecoatl :

                Merci d’avoir répondu point par point à mon commentaire.

                Vous alléguez : " Et à vouloir ne sauver personne, on se suicide également ".

                Je m’inscris en faux contre cette affirmation.

                Si vous avez un canot de sauvetage qui ne peut contenir que 30 personnes, si vous en faites monter 60, vous coulez avec les 60. Il vaut mieux en sauver 30, qu’aucune !

                J’ai employé le mot banque, vous vous engouffrez dans cette erreur dans mes propos, j’aurai dû employer le mot Fondation, fond de solidarité, etc. Ce n’est pas un problème, c’est le mot travail de solidarité qui vous rebute ! Déjà, le travail pour nos vieux est à peine accepter, alors, pour des étrangers ! Toutes les objections seront avancées.

                Ne vous prenez plus pour des " dieux " que vous n’êtes pas, vous vous en porterez que mieux. Le monde existait avant votre naissance, les pauvres mouraient et vous n’êtes pas venu sur cette terre pour les sauver !

                Jésus lui-même, a été crucifié pour avoir eu cette prétention. Il était pourtant beaucoup plus intelligent que vous ! Sinon, on n’en parlerait pas depuis 2 000 ans.

                Joyeux Noël.

                 

                 


                • Claude Simon Tzecoatl 25 décembre 2008 16:40

                  "

                  Si vous avez un canot de sauvetage qui ne peut contenir que 30 personnes, si vous en faites monter 60, vous coulez avec les 60. Il vaut mieux en sauver 30, qu’aucune !"

                  Oui, à vouloir sauver tout le monde, on se suicide également.

                  "Jésus lui-même, a été crucifié pour avoir eu cette prétention. Il était pourtant beaucoup plus intelligent que vous ! Sinon, on n’en parlerait pas depuis 2 000 ans."
                  Non, erreur, Jésus-Christ (Apôtre ? Chapître ? Verset ?) n’avait pas cette prétention. La richesse financière a un intérêt très limité, d’autres choses ont au moins autant d’intérêt.


                • Claude Simon Tzecoatl 25 décembre 2008 23:49

                  "Et toi, que fais-tu ? Tu montes sur un canot ou laisses-tu ta place ?"

                  Le titanic relevant de l’image d’Epinal, j’ai régulièrement laissé ma place, car aujourd’hui, garder une place ne sauve pas pour autant mon p’tit cul.



                • Dolores 25 décembre 2008 18:26

                  Comment choisiriez- vous les 30 à sauver grâce à votre canot, Virgule ?

                  Sûrement les 30 plus riches, vous n’auriez rien à espérer des autres !!!!!


                  • JONAS Virgule 25 décembre 2008 21:03

                    @ Dolores :

                    En tant qu’ancien Pompier, rien de plus simple : Les femmes et les enfants prioritairement, ensuite des gaillards pour les aider et qualitativement, médecins pharmaciens, paysans, charpentier ou menuisiers. Pour le reste tirage au sort.

                    Bien à vous.


                    • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 10:27

                      Virgule, vous choisiriez qui doit vivre et qui doit mourir, sur la base de critères moraux qui sont les vôtres, (et donc discutables, puisque purement liés à votre culture, vos croyances, etc) ? Vous décideriez arbitrairement qui sera "utile" à la société issue du naufrage, et abandonneriez à leur triste sort tous les "moins utiles" et les inutiles" ?

                      Puis vous accusez ceux qui voudraient sauver tout le monde de se prendre pour des dieux ?

                      Quand on s’engage dans ce type de discussion, il faut être totalement cohérent (ou du moins essayer de l’être), et commencer par ne pas accuser les autres de faire, dire ou penser exactement comme l’on fait, dit ou pense soi même smiley

                      Bonnes fêtes,

                      Brieuc


                    • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 10:18

                      Il y a assez de canots de sauvetage pour toute l’humanité. A condition que personne n’emporte le moindre bagage.

                      Autrement dit, la question cruciale de l’économie mondiale n’est pas le nombre de personnes, mais la répartition des biens indispensables. Si l’économie était tournée vers la réalisation des besoins de base de chaque humain, plutôt que vers la captation des ressources financières des plus riches (=classes moyennes occidentales), le monde commencerait (peut-être) à évoluer dans la bonne direction.

                      Or, une économie du développement doit absolument allouer des ressources en quantité aux activités non rentables que sont la distribution gratuite d’eau potable et de nourriture aux plus démunis, l’éducation, la santé, etc. Chose impossible quand ce sont des institutions privées qui décident de la création monétaire. Chose impossible quand c’est le plus total "laisser faire" qui gouverne le monde.

                      Dans l’absolu, pour reprendre l’analogie de Virgule, l’humanité a choisi de couler d’abord tous les canots, puis de sauter à l’eau. C’est l’application à la lettre du principe "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens".

                      Tout ceci me permet de conclure que finalement, l’article discuté ici est en plein dans le mille : le développement ne peut et ne doit pas être une question purement économique. C’est d’abord et avant tout une question essentiellement politique. Or, sans moyen d’action sur l’économie, c’est à dire sans son principal outil, le politique ne peut rien pour le développement. Et il se trouve que le premier instrument de l’outil économique aux mains du politique, c’est la monnaie. Sans monnaie publique, sans une refonte du système monétaire et financier, jamais aucune politique de développement digne de ce nom ne verra le jour.

                      Le développement humain ne sera pas le fait d’une "main invisible" qui irait, de manière totalement immanente, distribuer au bon endroit les bonnes richesses. Adam Smith s’est planté en beauté. Non, le développement sera le fruit d’un action humaine concertée, décidée. Le fruit d’une politique de développement.

                      Pour faire taire de suite les commentaires sur l’aspect "collectivisme" qui pourrait être perçu de mes propos, je le dis tout net : une politique de développement n’est pas incompatible avec la libre entreprise. Au contraire : une véritable politique de développement crée avant tout les conditions d’existence d’une libre entreprise dédiée au développement. Le libéralisme actuel ne laisse d’autres choix d’activité que la vente à ceux qui peuvent encore acheter de babioles dont ils n’ont pas besoin (deuxième portable, troisième télé, changer la cuisine, refaire sa garde-robe, etc). Rien pour ceux qui ont faim ou soif, mais pas de monnaie. Rien pour ceux qui ont froid mais pas de monnaie. Rien pour ceux qui sont malades mais n’ont pas de monnaie.

                      Monnaie, monnaie, monnaie. Tout est devenu une question de monnaie. La monnaie est une barière mentale, un mur psychologique contre lequel l’humanité est en train de se fracasser le crâne. Posez-vous cette simple question : qu’est-ce qui empêche un pays comme la France, ou une région continentale comme l’Europe, ou même votre commune de résidence, d’entreprendre la réalisation d’un besoin pour lequel elle dispose des ressources nécessaires en matériaux, maîtrise de compétence et main d’oeuvre ? L’argent. L’humanité a décidé que la possession de monnaie était LE préalable à toute activité productrice, puis elle a décidé de ne pas créer suffisament d’argent pour permettre TOUTES les activités productrices possibles, ni même simplement pour celles qui seraient souhaitable. C’est tout bonnement stupide.

                      Et cela va nous tuer tous, si rien n’est fait pour changer de mentalité. Qu’importe à la rigueur la forme finale de l’économie adoptée (créditiste, écosociétaliste, distributiste, etc). Ce qui compte, c’est de parvenir à allouer aux activités du développement la masse de ressources nécessaires, sans plus en attendre aucune rentabilité financière.

                      Bonnes fêtes à tout le monde,

                      Brieuc


                      • JONAS Virgule 26 décembre 2008 12:15

                        @ Brieuc Le Fèvre :

                        Excusez-moi, mais votre commentaire est complètement utopiste !

                        Mieux, il va à l’encontre de la théorie de Darwin sur l’évolution ! L’évolution est basée sur une sélection sans concessions. Ce sont les meilleurs, les plus intelligents qui font évoluer les espèces. L’homme n’échappe pas à cette règle, car il est un prédateur et au sommet de la pyramide !
                        L’Humanisme vous colle à la peau et surtout au cerveau, vous vous donnez bonne conscience avec des mots. Malheureusement, le véritable humanisme, c’est de la risquer pour les autres sa peau, sans considération de couleurs ou de religions !

                        Ce que j’ai fait avec mes collègues Pompiers pendant des années.

                        Mais lorsqu’il s’agit du monde ou d’une civilisation, voire du sauvetage de l’espèce et de la planète, le raisonnement n’est plus le même, on n’a le temps de recul pour l’analyse d’une situation. La peur de la mort fait perdre à beaucoup de gens la raison !

                        Je me répète : II y a 100 ans à peine, personne ne se préoccuper des tributs cannibales d’Afrique, ni de la vie des Chinois ou des Vietnamiens, etc.
                        Alors, vous découvrez une réalité qui existe depuis des millénaires et soudain !

                        Vous vous prenez pour des " dieux ! ". Aucune personne normale ne peut approuver la mort d’un humain, MAIS, j’en reviens à mon histoire de canot de sauvetage, à vouloir sauver tout le monde, on finit par suicider tout le monde.

                        Vous prétendez sauver tout le monde avec des idées utopistes, fournir de l’eau de la nourriture, des soins, l’éducation ! Vous ne provoquerez qu’une explosion démographique fulgurante ! Car pour éduquer un homme, il faut 20 ans, c’est une génération. La Chine avec Mao à réaliser cette éducation, a mis en place une régulation des naissances et a donné l’accès à un minimum de ses paysans pauvres, ce que vous préconisez.

                        Pourtant, leurs populations vont augmenter encore d’environ 20 %, idem pour l’Inde, soit en moins de 20 ans la population de l’Europe des 27.
                        Nous ne disposons plus des ressources, alimentaires, énergétiques, minières pour donner à toutes ces personnes, des moyens de vies descentes ou voisine des nôtres.
                        Vos propositions, relégueraient tous les humains à une vie moyenâgeuse et à une régression dans tous les domaines.

                        Pour être moins agressif, je dirai que vous êtes un doux rêveur.

                        Bien à vous.


                        • Armand 26 décembre 2008 14:21

                          Votre pensée est très très dangereuse : S’il est une particularité de l’Homme, c’est justement de pouvoir CHOISIR de ne pas subir le "Darwinisme". Car justement, l’Homme fait exception à la sélection naturelle.... les pompiers par exemple, portent secours aux plus faibles et ceci est bien un choix... qui va à l’encontre de la sélection naturelle. 

                          Prenez les Hommes pour des animaux, et vous pourrez justifier les pires atrocités.


                        • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 14:17

                          @ Virgule,

                          Je vous laisse l’entière responsabilité de vos propos, mais je vous rappelle que l’espèce humaine est un peu en dehors des lois de l’évolution des espèces, depuis plusieurs millénaires, et entre autres depuis qu’elle s’évertue à sauver, sans distinction, tous ceux de l’espèce (ce que vous fîtes dans votre vie professionnelle, et c’est tout à votre honneur). Vous parlez des "plus forts, plus intelligents", qui se sauvent d’eux mêmes, par leurs qualités intrinsèques. Je vous rétorquerai par un seul contre-exemple, qui suffit à démolir votre système de pensée : Stephen Hawking. Cet homme est, selon Darwin, destiné à mourir sans échappatoire, puisqu’il est atteint d’une maladie génétique dégénérative, qu’il ne peut ni se déplacer, ni se nourrir, ni même communiquer sans assistance. Et pourtant, il possède un des cerveaux les plus brillants de notre temps, et ses découvertes sur la structure intime de l’espace et du temps pourraient, à terme, nous apporter des solutions aujourd’hui inimaginables sur le transport, l’énergie, etc. Il est titulaire de la prestigieuse chaire de mathématique de l’université de Cambridge, qui fût, en son temps, celle de Newton.

                          Ce que vous oubliez, cher Virgule, c’est que l’humanisme n’est pas seulement une belle conscience, qu’il n’est pas réservé aux idéalistes ni aux doux rêveurs. Il est l’espérance que l’homme moderne ne trouve plus dans les religions, mais qu’il place dans sa propre action. Il est le fer de lance de l’émancipation de l’humanité. Par contre, ce sont des gens comme vous qui affirmaient, il y a un siècle et demi, que l’esclavage avait toujours existé, et que toujours il existerait, que le monde était ainsi, et que penser un monde sans esclave était pure utopie, douce rêverie d’humaniste à la belle conscience.

                          Par ailleurs, vous avez totalement tort de croire que donner du confort de vie et de la sécurité à l’ensemble de l’humanité apporterait une explosion démographique irrepressible. Si c’était le cas, les pays occidentaux devraient avoir un énorme problème de surpopulation, surtout dans les tranches d’âge les plus jeunes. Or, ce qui est observé, c’est un vieillissement de la population et une stagnation de la natalité. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’élévation du niveau de vie s’accompagne immanquablement d’une baisse de la natalité, pour diverses raisons a posteriori que je n’exposerai pas ici. Ce fait n’a jamais été pris en défaut, même si il reste une observation qui, peut-être, n’attend que son démenti. Toutefois, en l’état actuel des choses, il me semble que le vrai suicide, c’est de laisser des populations pauvres se reproduire comme des castors, plutôt que de leur apporter un développement qui ferait, mécaniquement, baisser leur natalité, d’après tous les exemples de développement que nous avons pu observer jusqu’ici.

                          Autrement dit, l’humanisme est peut-être notre seule planche de salut, et nous avons intérêt à nous y accrocher rapidement, parce que la planète est au bord d’une surpopulation destructrice. Encore quelques décennies de laisser-faire, et la population pauvre atteindra des sommets ingérables. La seule solution à ce point sera effectivement de suivre vos préceptes : tout le monde à la baille, et que les meilleurs nagent.

                          J’espère ne pas avoir à vivre cela, alors je continuerai à penser humaniste, et à propager la pensée humaniste, ne vous en déplaise.

                          Brieuc


                          • Bof 27 décembre 2008 20:14

                            Il est écrit : " Et l’on s’étonne du montant de la dette publique après trente-deux ans de ce régime ?" mais...si nous avions eu des responsables politiques ’responsables et coupables ’’ ...ou bien notre pays irait bien ou bien ils seraient " punis" et cela servirait d’exemple aux incompétents qui restent comme scotchés sous le ’robinet’ au grand détriment du peuple donc de nous.


                            • Cha-No-Yu 28 décembre 2008 01:27

                              Bonjour,

                              (...) la dégradation des conditions de vie sur notre planète. (...) depuis une trentaine d’années, la situation globale ne cesse de se détériorer (...)
                              J’ai beau chercher des références sur cette affirmation, je ne trouve rien. Toutes les statistiques que j’ai pu lire indiquent que la pauvreté absolue et relative baissent dans le monde.

                              Sur quoi butte-t-on ? Sur le manque d’argent qui permettrait de mettre en oeuvre ces solutions. Car on ne meurt pas de faim faute de nourriture, (...). Et ainsi de suite...
                              Le manque d’argent ? J’avais l’impression qu’il a eu une crise à cause de l’inverse : qu’il y avait trop d’argent par rapport à la valeur réelle. A mon avis, ce n’est pas un problème de quantité d’argent mais un problème de valeur de l’argent, de garantie de cet argent. Et finalement de confiance.
                              Si les "pauvres" qui n’ont pas d’argent pour s’acheter de la nourriture, des médicaments... avaient des diamants, par exemple, hé, bien, ils n’auraient pas de problème pour acheter ces produits. C’est donc bien un problème de valeur et non de quantité d’argent (intermédiaire de la valeur).
                              Il est d’ailleurs étonnant que vous parliez d’argent sans parler de valeur.

                              L’argent aujourd’hui n’est plus limité comme avant par une quantité de matière précieuse. Il est totalement dématérialisé depuis 1971. Il est créé et ne prend « existence » que par simple inscription dans une comptabilité bancaire. Les seules limites sont les règles que la société se donne.
                              Le fait que l’argent ne soit plus indexé sur l’or ne signifie pas pour autant qu’il est dématérialisé. Au contraire, tout peut être argent, ou pour plus exact garantie/support de l’argent. Et même une reconnaissance de dette, qui a effectivement une valeur...

                              Nous payons, bon an mal an, 40 milliards d’euros par an pour les seuls intérêts, ce qu’on appelle élégamment "le service de la dette".
                              C’est exact. Mais, combien les français payaient-ils d’impôt masqué auparavant ?
                              Car, s’il y avait création de monnaie via la planche à billets, il y a avait dévaluation de celle-ci qui touchait TOUS les français, un peu comme si on augmentait la TVA. Etonnant que personne ne parle d’un tel impôt masqué qui touche (relativement parlant) plus les pauvres que les riches. Je n’ai rien entendu, ni à droite, ni à gauche... Bizarre...
                              Et le principe de dette n’est pas forcément mauvais. Ce n’est pas obligatoirement un signe de maladie économique. Cela peut, au contraire, être un signe de confiance, d’investissement et donc de projection positive dans l’avenir.

                              Bon, pour le reste, c’est la litanie de l’"argent-dette" qui ne m’a toujours pas convaincu.
                              Si on s’intéresse à la croissance de la valeur et à L’"argent-investissement" et non à l’"argent-dette", je ne vois guère le problème.
                              Mais, je dois être un salaud ou un imbécile d’ultra-libéral...

                              Paix à nous tous !

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