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Vingt ans après la mort de Thomas Sankara : « on peut tuer un homme mais pas ses idées »

« On peut tuer un homme mais pas ses idées », avait l’habitude de dire Thomas Sankara, le « président du Faso », comme l’appellent encore les Burkinabés.

Sankara a été tué il y a vingt-cinq ans, le 15 octobre 1987, mais ses idées, ses valeurs, ses enseignements sont plus vivants que jamais. Le jour de ce sinistre anniversaire, nous devons nous rappeler qui était Thomas Sankara, le Che Guevara de l'Afrique. Son histoire révolutionnaire commence en Haute-Volta le 4 août 1983 lorsque, capitaine de l’armée voltaïque, il prend le pouvoir à la faveur d’un coup d'État sans effusion de sang. Le pays, ancienne colonie française, abandonne bientôt son nom colonial et devient officiellement le Burkina Faso, qui signifie « terre des hommes intègres  ».

Et c’est cette intégrité qui poussa Sankara à changer les choses. « Nous ne pouvons pas faire partie d’une riche classe dirigeante alors que nous sommes dans un pays pauvre », disait-il. Les actes valant souvent mieux que les paroles, il fit très rapidement remplacer les très confortables voitures bleues des hauts fonctionnaires du gouvernement par des voitures plus « utilitaires ». « Il est inacceptable qu'il y ait des hommes propriétaires d'une quinzaine de villas à cinq kilomètres de Ouagadougou quand les gens n'ont même pas assez d'argent pour acheter de la nivaquine », disait le Président du Faso qui continuait de vivre dans un foyer modeste. Á lire sa déclaration de revenus de 1987, on estime qu’il possédait à l’époque une vieille Renault 5, des livres, une moto, quatre vélos, deux guitares, des meubles et un appartement d'une chambre avec un prêt hypothécaire. Afin de relancer l'économie du pays dont la terre n’a jamais été fertile, il décida de compter sur ses propres forces, de « vivre à l’africaine ».

« Il n'y aura pas de salut pour notre peuple si nous ne tournons pas résolument le dos aux modèles que des charlatans ont essayé de nous vendre à tous crins pendant des années ».

« Nous consommons Burkina Faso », pouvait-on lire sur les murs de Ouagadougou, tandis que, pour encourager l’industrie textile locale, les ministres étaient obligés de revêtir le faso dan fani, le vêtement traditionnel de coton, tout comme Gandhi l'a fait en Inde avec le khādī. Sankara a utilisé les ressources de l'État pour lutter contre l'analphabétisme, les maladies telles que la fièvre jaune, le choléra ou la rougeole, et fournir au moins dix litres d'eau et deux repas par jour à chaque Burkinabé, tout en faisant en sorte que l'eau ne tombe dans l’escarcelle des multinationales étasuniennes et françaises.

En très peu de temps, le président du Burkina a acquis le rang de célébrité en Afrique, ce qui soulève l'inquiétude des grandes puissances et des multinationales. Et ses grands combats - le problème de la dette en Afrique, la lutte contre la corruption, l’émancipation de la femme, les problèmes des zones rurales, l'éducation - ont été très vite considérés comme des exemples à suivre. Mais sa renommée et sa détermination ont fini par lui coûter cher. C'est à l'occasion de l'assemblée de l’Organisation de l'unité africaine réunie le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba, en Éthiopie, que Sankara signa son arrêt de mort en annonçant son intention de ne pas payer la dette : « Nous sommes étrangers à la création de cette dette et nous n’avons donc pas à payer pour cela. (...) La dette sous sa forme actuelle est une reconquête coloniale organisée avec soin. (...) Si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas, soyons-en sûrs ; par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir, soyons-en sûrs également ».

En outre, dans son discours à Addis-Abeba, Sankara a déclaré, en présence de dirigeants africains : « Nous devons dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais monsieur le Président, je voudrais que nous désarmions. Parce que je ne possède qu’une unique arme, alors que d'autres ont camouflé les leurs. Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pouvons également utiliser ces immenses potentialités pour développer l'Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches ».

Quelques mois après ce discours, le président Sankara a été assassiné avec ses camarades lors du coup d’État orchestré par son meilleur ami Blaise Compaoré, avec le soutien de la France, des États-Unis et de la Côte d 'Ivoire. Sur le certificat de décès du président assassiné, la mention « mort naturelle » apparaissait encore en 2008, date à partir de laquelle l'ONU a contraint les autorités du Burkina Faso à supprimer le mot « naturel ». Son corps a été jeté dans une fosse commune à Ouagadougou, situé à un jet de pierre d’une décharge à ciel ouvert. Vingt-cinq années plus tard, la justice n'a toujours pas été rendue et la plupart des protagonistes de sa mort, parmi lesquels figure en bonne place l’actuel président Blaise Compaoré, sont encore au pouvoir. Mais le mythe de Sankara est plus vivant que jamais ...

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/...




par Résistance (son site) vendredi 19 octobre 2012 - 43 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par tonimarus45 (---.---.---.53) 19 octobre 2012 10:15

    bonjour— la brune— ignoble votre post ;imputer a cet home des crimes qu’il aurait pu commettre plus tard , il faut vraiement avoir l’esprit tordu.quand a guevara j’ai saisi a travers vos articles que vous lui preferez pinochet ou franco.pour parodier les propos d’un certain homme politique americain ;;«  »« ce sont des putains de dictateurs mais ce sont les votres »"

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.190) 19 octobre 2012 08:48

    en regle general, on ne peut laisser se développer des régimes plus justes dans des pays dits pauvres, car si ces pays peuvent améliorer le sort de leur population ; comment des pays dits riches ne le pourraient-il pas ?
    L’Afrique en a eut la preuve avec
    Thomas Sankara mais aussi entre autre avec, Sylvanus Olympio ou Patrice Lumumba...

    Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/06/07/punir-les-mauvais-eleves/

  • Par latitude zéro (---.---.---.145) 19 octobre 2012 15:29

    Christian Labrune
    Un rien provocateur votre speudo !

    Vous devriez croiser vos sources et lire de vrais historiens qui ont fait la biographie du Che , au lieu d’asséner vos mensonges tirés directement des sites de l’extrême droite Cubaine de Miami.
    Des sites qui ne savent plus quoi inventer pour chier sur Cuba et casser l’image du Che.

    En voilà 2 parmi les plus documentés et les plus impartiales .
    Le Che par Paco Ignacio Taibo II
    Des milliers de documents d’archives et d’interviews .

    Che de Pierre Falkon
    5 ans d’études à travers l’Amérique Latine et Cuba

    N’hésitez pas à revenir en discuter dés que vous les aurez lus.
    Moi j’ai fait la même démarche dans l’autre sens ( il y a bien longtemps) pour en extirper la vérité .
    Bonnes lectures !

    A moins que la vérité ne vous importe nullement et que votre intervention n’était qu’une nouvelle tentative de désinformer.

  • Par latitude zéro (---.---.---.145) 19 octobre 2012 15:45

    Faut tout dire quand on donne un lien, a moins que tu espérais que personne ne vérifie !

    "Par ailleurs, le gouvernement français de l’époque (cohabitation entre Jacques Chirac qui gouverne et François Mitterrand qui préside) est soupçonné d’avoir joué un rôle dans cet assassinat, ainsi que plusieurs autres gouvernements africains gouvernés par des amis de la France7,4. Kadhafi pourrait être impliqué et avoir utilisé ce meurtre pour redevenir un ami de la France."

    L’implication directe de la France et des Etats-Unis dans l’assassinat de Sankara ne fait aucun doute, aucun historien sérieux ne soutiendra le contraire .

    Try again !!!
    Tu peux y aller comme tu veux d’ailleurs car je n’ai plus le temps de commenter . J’ai du boulot !

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