Où une rencontre fortuite dans un restaurant permet à l'auteur de mieux comprendre ce que pensent nos riches concitoyens candidats à l'exil fiscal.
En ce moment, je travaille dans le XVIe arrondissement et j'en profite pour faire de temps à autre un bon gueuleton. Je suis allé aujourd'hui dans un restaurant près de la Place du chancelier Adenauer où on sert des spécialités "bearno-basques" (bon, un pot-au-feu, je ne suis pas sûr que ça soit vraiment une spécialité du Sud-Ouest, mais passons...). Un endroit où on voit apparemment passer des contribuables domiciliés dans le quartier...
Comme par exemple ce couple qui s'est assis à la table juste à côté de la mienne. Début de quarantaine, visiblement instruits, ils parlent (vraiment sans rechercher la discrétion, si bien que tout le restaurant est en mesure de suivre leur conversation) de leurs études et des études de leurs enfants. Commentaires de textes, essais, visiblement leurs enfants sont lycéens...
Peu à peu, la conversation dérive vers des sujets plus politiques. L'homme expose son irritation après avoir entendu parler d'une propostion de loi de trois députes la majorité PS : taxer les transactions immobilières des logements de luxe afin de financer la rénovation des habitats insalubres.
Son point de vue est que les députés PS sont complètement fous, qu'ils ont perdu les pédales, que les impôts en France deviennent une charge financière totalement insupportable et qu'il en a assez, il veut quitter la France et partir vivre à l'étranger, au pays du Coca-Cola et de CNN, par exemple. Malheureusement, la ville où il aimerait s'établir et où le couple a visiblement des connaissances n'est pas dotée d'un lycée français, et donc la scolarité de leurs enfants pourrait en pâtir. Il refuse de prendre la responsabilité de contraindre ses enfants à entrer dans le cursus étasunien, etc.
Apparemment, ce monsieur ne se rend pas compte à quel point ses propos sont involontairement ironiques : il refuse de payer sa part d'impôts, bien qu'ayant probablement un très bon revenu, mais compte bien sur la présence d'un lycée français financé par lesdits impôts dans la ville étrangère où il envisage de s'installer afin justement d'échapper à la fiscalité française...
Et bien entendu, il ne se rend pas compte ou feint d'ignorer que la mauvaise santé financière de la France nécessite une hausse de la fiscalité, puisque il semble qu'on ait malheureusement décidé d'honorer les dettes iniques qui sont apparues comme par enchantement sans qu'on sache exactement où est passé l'argent ainsi emprunté. Ne pas les honorer signifierait signer l'arrêt de mort du système bancaire, et ça, c'est impossible à envisager, n'est-ce pas ? Le problème, c'est que si les riches refusent de payer leur part et menacent de quitter la France (vers des villes étrangères pourvues d'un lycée français, donc), ce sont les pauvres qui vont payer la totalité de l'addition.
Je propose donc une mesure d'économie qui me parait tout à fait prioritaire, en ces temps où le sujet semble "à la mode" : la majorité du peuple français tire-t-elle vraiment profit de l'existence de prestigieuses écoles françaises à l'étranger ? Avons-nous vraiment intérêt à aider ainsi les riches français qui ont décidé d'échapper à leurs responsabilités en s'expatriant ?
Alors que Sarkozy a démagogiquement décidé de la gratuité des écoles françaises à l'étranger pour les citoyens français expatriés (pourtant le plus souvent déjà bien pourvus financièrement), ne faudrait-il pas au contraire introduire des frais de scolarité élevés, par exemple en les rendant proportionnels aux revenus des parents, ce qui permettrait néammoins de protéger les expatriés pour raison professionnelle ? On pourrait même réfléchir à une fermeture pure et simple de ces écoles, dont l'utilité pour le pays, au-delà d'un prestige qui devrait être le cadet de nos soucis, est franchement discutable, mais ça nécessiterait une étude plus approndie des impacts.

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@rocla : donc en fait, ce que vous dites, ce n’est pas que tout allait bien quand vous (...)
13/10 19:57 - TrarothBravo Waldgänger, Cet volée de bois vert en forme de tir à répétition mérite sa place au (...)
13/10 10:02 - JL« Bien sûr que le mac-do peut être meilleur qu’ une immonde gargote . » ca vient de chez (...)
12/10 21:29 - foufouilleTiens Yohan a avalé un clown... :-)
12/10 21:25 - jajaPoupin, Poutou et Joufflu, ça m’a tout l’air d’une crèche ton NPA ;-) :-)) (...)
12/10 21:08 - Yohan
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