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Accueil du site > Tribune Libre > Politiques & citoyens > A quand une démocratie adulte ?

A quand une démocratie adulte ?

C’était serré, mais elle est passée. La réforme de la Constitution a été adoptée sur le fil, dans une ambiance de psychodrame typiquement française, mais elle est passée quand même, et c’est cela qui compte. Mais dans quelles conditions ?

On va pouvoir ergoter longtemps, sur la maîtrise partagée de l’ordre du jour entre le Parlement et le gouvernement, la discussion sur le texte amendé par la commission, la limitation de l’usage du 49-3, l’encadrement de la procédure d’urgence, la règle d’or budgétaire - à la rédaction timide, mais qui a le mérite d’exister.

Mais l’essentiel est ailleurs. Quand est-ce que la classe politique se décidera enfin à voter sur le fond des textes et non en fonction de la "victoire" que l’on rêve d’obtenir ou de la "défaite" politique que l’on rêve d’infliger à son adversaire ?

Le pire dans tout cela est que cette dramaturgie a été prévue et organisée dès le début. Inventaire des manœuvres pour torpiller le projet :

Acte 1 : demander à la majorité des concessions dont on sait à l’avance qu’elle ne peut pas les accepter, tout en se moquant de savoir si ces concessions relèvent de la Constitution.

Acte 1.1 : demander la révision du mode d’élection des sénateurs. Le mode d’élection des sénateurs n’est pas fixé par la Constitution, il ne l’a jamais été. Pour quelle raison celui-ci aurait-il dû être discuté lors de ce débat ? La question est d’autant plus biaisée qu’elle se résumait - au vu des résultats des élections locales des dernières années, ni plus ni moins à "changer le mode de scrutin des sénateurs pour qu’on soit sûrs de prendre la majorité au Sénat, que ce soit cette année ou en 2011".

Acte 1.2 : demander la limitation de la parole du président de la République dans les médias, en confondant son temps de parole avec celui de la majorité parlementaire. Outre qu’il n’y a pas que deux camps dans une démocratie - et donc que les nuances politiques vont bien au-delà du binaire majorité/opposition ("gentils"/"méchants" en fonction de l’endroit où l’on se situe) - ce sujet n’avait lui aussi aucune place dans un débat sur les institutions.

La ficelle était un peu grosse. Non seulement fallait-il que la droite offre le Sénat sur un plateau d’argent à la gauche, mais ce n’était pas suffisant, il fallait en plus bâillonner le président ? Comment un parlementaire de droite pouvait-il accepter des conditions pareilles ?

Acte 1 : demander des concessions impossibles - étant bien orchestrée, la gauche pouvait passer à la phase suivante.

Acte 2 : fustiger le manque d’ouverture de la majorité et justifier de la sorte un vote d’opposition non pas sur le texte, mais sur le président de la République.

Et là, la machine médiatique, que les socialistes savent mine de rien très bien manier, tourne à plein régime. Un même argumentaire, répété à l’envi par tous les responsables sur l’ensemble des médias, pour occulter un fait pourtant indéniable : une très grande partie du contenu de cette réforme a été défendue pendant de nombreuses années par le Parti socialiste.

Et c’est là où l’on tombe dans le paradoxe le plus total : l’opposition à la personne du président de la République, lors de l’examen d’un texte, alimente le phénomène que l’on prétend combattre : l’omni- (ou l’hyper-, c’est selon) présidence.

En se prononçant pour ou contre un homme politique, et non pour ou contre les textes en discussion, on renforce la personnalisation de la politique. On donne la primauté à l’individu sur les lois, à la posture plutôt qu’au contenu. La loi devient la chose d’un homme ou d’une femme. Si on l’aime bien on vote pour, si on ne l’aime pas on vote contre.

Et comme une posture n’existe que par l’apparence, elle entraîne ceux qui la manient vers une autre posture, destinée à masquer la posture précédente en détournant l’attention. De postures en impostures, on s’enfonce dans le vide.

Acte 3 : dénoncer les marchandages et les pressions que l’on a rendus inévitables chez son adversaire, et que l’on utilise allègrement dans son propre camp.

Cela permet de se préparer, malgré tout, à avoir le beau rôle. Si la réforme passe, elle est entachée de manœuvres irrégulières, et si elle échoue, c’est grâce au combat héroïque mené par les chevaliers blancs de l’opposition.

La réalité est loin de cette fiction.

Si besoin en était, le déchaînement de violences verbales sur Jack Lang permet de mesurer à quel point les pressions ont été fortes dans le camp des socialistes. Les loups sont lâchés sur celui qui a eu l’outrecuidance d’oser voter pour une réforme qu’il a contribué à bâtir.

Moins médiatique, mais tout aussi fort, le vote contre la réforme des 14 députés PS signataires de la tribune publiée dans le journal Le Monde. Ils avaient appelé à voter pour, les voilà contraints de passer par les fourches caudines du vote du groupe. "Nous avons voté contre, mais nous étions pour". Voilà un message politique clair qu’il sera facile de faire comprendre aux électeurs.

Face à cela la droite était bien obligée de faire bloc, et la France a donc, une fois de plus, raté une occasion d’avoir de la part de ses représentants une attitude politique responsable.

Nous restons depuis trop longtemps embourbés dans ce système où il est plus important d’infliger un revers médiatique plutôt que d’enregistrer une avancée démocratique.

Tant que nous ne changerons pas cette façon de faire, nous resterons des enfants capricieux, adeptes du tout ou rien, incapables de faire la part des choses, incapables de comprendre qu’une petite avancée tout de suite est toujours préférable à un hypothétique grand bond en avant cinq ans plus tard.

A quand, une démocratie adulte ?

Vincent Perrier-Trudov

http://vincentperriertrudov.wordpress.com


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17 réactions à cet article    


  • MagicBuster 23 juillet 2008 13:26

    Avec un président en pleine crise d’adolescence, la démocratie adulte devra attendre la fin la crise de puberté.. . ou à défaut , 4 ans, le temps qu’un(e) autre prenne la place.

    Vivement la suite.


    • RilaX RilaX 23 juillet 2008 13:50

      Je n’etais pas tres chaud pour cette reforme de notre constitution, habillement renommé "reforme des institution", pour la simple et bonne raison que je trouve ce gouvernement mauvais, et que je n’aime pas beaucoup que des gens mauvais touchent a quelquechose d’aussi sensible que notre constitution. Ce qui ne veux pas dire que le texte soit mauvais, ni qu’il n’apporte pas d’avancées.

      Et de l’autre coté, nous avons encore une fois assisté a une attitude totalement débile de la gauche qui me décoit encore une fois.

      Pour moi, pour que cette reforme soit bien mené, il aurait fallu associé tous les groupes parlementaire, et les citoyens aux débats. Mais au lieu de cela, la droite a fait la réforme dans son coin, et a cédé quelques babioles face à la peur que ca ne passe pas. On a assisté à un combat entre 2 clans qui s’echangent le pouvoir regulierement. C’est lamentable, notre démocratie est en piteux état.


      • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 23 juillet 2008 14:03

        Vous comprendrez que je ne partage pas votre affirmation selon laquelle ce gouvernement est "mauvais".

        Il y a eu de bonnes choses qui ont été faites ou qui sont en cours (je pense notamment à la RGPP), et je ne désespère pas de voir le Gouvernement se ranger à plus de réalisme quant à l’état de nos finances publiques.

        Il y a également de bonnes choses à venir (la simplification du millefeuille administratif français).

        En ce qui concerne la révision de la Constitution du 21 juillet, vu le nombre d’articles qui ont été touchés, il y a bien sûr des éléments, qui sont moins bons que d’autres.

        La prise de parole du Président devant le Parlement réuni en Congrès me semble plus tenir du "gadget" institutionnel. Ceux qui hurlent au loup, agitant la menace d’une soi-disante "monocratie" en se fondant sur cet article sont au mieux naïfs au pire démagogues.

        En revanche, un certain nombre d’avancées, sur lesquelles il sera très difficile de revenir ultérieurement me semblent très importantes. Il y a bien sûr la toujours trop timide règle d’or budgétaire, le partage de l’ordre du jour, la discussion sur le texte voté en commission.

        Ces avancées n’ont évidemment pas complètement désarmé le Gouvernement, mais elles sont les premières pierres vers un Parlement moins enrégimenté qu’à l’heure actuelle.

        Et cela méritait bien un vote positif.


      • RilaX RilaX 23 juillet 2008 14:19

        Juste une précision, je n’affirme pas que le gouvernement est mauvais, je le trouve mauvais.

        Je ne dis meme pas que tout ce qu’il fait est mauvais. Mais entre la reforme des 35h, le reforme de la carte judiciaire, celle de l’armée et la loi HADOPI ... C’est surtout leur methode de non certation que je critique. Ils ne sont certes pas aidé par notre gauche enquilosé, mais il me parait clair qu’il ne travail pas dans l’unique interet de la nation et de ses citoyens. Il travail surtout pour les interet de quelques particuliers, et parfois fait de bonne chose. Mais tout cela n’est que mon avis a moi que je partage avec moi meme, un citoyen lambda.


      • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 23 juillet 2008 14:35

        Le manque de concertation que vous relevez - notamment sur la question de la carte judiciaire - est à mon sens l’un des éléments du cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons.

        Puisque lorsque l’on propose un dialogue, l’opposition s’arrange pour se retrouver dans une opposition bloc contre bloc (comme pour la réforme constitutionnelle), certains pensent que le dialogue ne sert à rien. Et donc décident de tout, en fonction de critères qui ne sont pas communiqués.

        Et c’est d’autant plus dommage qu’il s’agissait là de la mise à disposition et de l’accès à la justice pour les citoyens sur l’ensemble du territoire.

        Dans le domaine économique, je trouve également que le Gouvernement ne fait pas assez dans le soutien aux PME. L’accent est un peu trop mis en faveur des grandes entreprises, alors qu’il faudrait multiplier ce qui est fait dans le cadre des pôles de compétitivité.

        En tout cas, il va bien falloir que l’on sorte de cette détestable habitude de transformer n’importe quel sujet en raison de se haïr à mort jusqu’à la 7ème génération.

        Ce n’est quand même pas difficile de comprendre que si l’on n’est pas d’accord sur un sujet, cela ne veut pas dire que l’on est un ennemi.

        Et de ce point de vue là, l’UMP serait bien inspirée, vis-à-vis du Nouveau Centre, de se comporter de manière un peu plus... apaisée.

         smiley


      • Francis Francis 23 juillet 2008 16:26

        N’oubliez pas que cette "détestation" n’est que de façade, si vous alliez faire un tour à la buvette de l’Assemblée Nationale, vous auriez de sacrés surprises !


      • whiteh 23 juillet 2008 20:26

        Salutation à vous.

        Qu’il est intéressant d’avoir enfin quelques points de vue de gens de droit sur Agoravox. Merci de votre article. Toutefois, nous savons avoir la gauche la plus "bête" du monde. Et je suis d’accord concernant votre point de vue sur cette révision de la constitution.

        Je vous crois sincère dans vos idéaux de droite. Et pourtant, vous aurez bien du mal à faire croire que ce gouvernement oeuvre pour le bien du peuple. Difficile de défendre en conscience les projets de loi sécuritaires qui s’emplient les uns sur les autres. Difficile voir impossible d’ignorer la main mise de la gouvernance à l’endroit des médias "traditionnelles". Difficile également d’appuyer des privatisations quand les résultats ne sont pas la (autrement que pour les nouveaux actionnaires).

        Pouvez vous en homme de droit avancer quelques nouveaux arguments. Je suis de nature curieuse.
        Amicalement à vous.

        Whiteh


      • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 24 juillet 2008 09:16

        Bonjour,

        Je vous remercie de votre message. Mais je vais commencer par une précision importante : je ne suis pas de droite.

        Il est vrai qu’en France, on a tendance à ne réfléchir qu’en termes de droite et de gauche, justement parce que nous sommes les champions du monde des tragédies politico-médiatiques, qui ne sont souvent que des tempêtes dans un verre d’eau.

        Donc, je ne suis pas de droite, encore moins de gauche, je suis du centre.

        Etre du centre, cela veut dire quoi ? Cela veut dire avoir avant tout une vision équilibrée de la politique.

        Cela veut dire qu’on préfèrera toujours un accord, même moins ambitieux qu’on ne l’aurait souhaité, mais qui rassemble, plutôt qu’une décision brutale où les plus forts écrasent les plus faibles.

        Cela veut dire, du point de vue économique, qu’on ne considère pas les chômeurs comme des fainéants, les travailleurs pauvres comme des loosers, ni que l’Etat peut tout faire à la place de tous, distribuer tout à tout le monde, et peu importe s’il n’en a pas les moyens.

        Etre du centre, c’est également estimer qu’en politique, la forme ne prime pas sur le fond, qu’il n’est pas forcément nécessaire de faire du grabuge pour faire du bon travail. Que ce n’est pas sur les plateaux de télévision ou au journal de 20h que se règlent les problèmes de la France.

        Etre du centre, enfin, et pour toutes les raisons que je viens de citer avant, c’est se battre pour que l’Europe aille beaucoup plus loin qu’aujourd’hui. Qu’il est injuste de lui faire porter tous les maux de la terre, surtout que l’on sait pertinemment que toutes les décisions prises à Bruxelles ont forcément reçu l’aval de notre propre Gouvernement.

        C’est vouloir qu’en plus du grand marché commun et de la monnaie qui nous unit, il faut désormais construire une Europe sociale, qui aille beaucoup plus loin dans la protection des individus face aux excès de la mondialisation.

        C’est enfin, à terme, une Europe de la Défense - vaste projet s’il en est - qui nous permette à la fois d’avoir une place dans les relations internationales qui soit en rapport avec le poids économique que nous représentons, et de nous affranchir des pressions de nos amis américains lorsqu’ils veulent nous entraîner dans leurs aventures pour des raisons de politique intérieure.

        Voilà ce qu’est pour moi être du Centre.

        Vous verrez que nombre de personnes du Modem se retrouveront dans cette description. Et c’est normal. Nous faisons partie d’une même famille politique, qui s’est déchirée pour une raison de choix politique au lendemain du 1er tour des présidentielles en 2007.

        Je n’ai aucun doute que, d’ici quelques années, nous nous retrouvions pour un grand parti du Centre, européen et humaniste.


      • Di Girolamo 23 juillet 2008 19:44

        Qu’est ce qu’une démocratie adulte ? 

        Nous éprouvons toujours le besoin de requalifier la démocratie : elle est adulte , elle est participative etc...Bref tout cela pour dire qu’il lui manque toujours quelque chose à cette pauvre démocratie .
        Pourtant sa définition est simple et donnée par le Larousse : la démocratie est un régime politique dans lequel c’est le peuple , les citoyens, nous mêmes qui détenont la souveraineté , le pouvoir.

        Et là on peut partir d’un grand éclat de rire ! Parce que s’il y a bien quelque chose que nous n’avons pas , c’est bien le pouvoir !!!!!! 

        Et le plus sidérant dans l’histoire c’est que : habitude oblige, nous trouvons cet état de fait des plus normal et uluberluesque de penser autrement .
        Je fais parti des (rares) uluberlus qui pense autrement : je réclame mon dû de citoyen et ne m’accomode pas d’un buletin de vote épisodique et alternatif élisant des "représentants" qui ne me représentent pas .

        Je souhaite pouvoir participer à des débats publics afin de participer à l’élaboration du projet national : quelle société construire ensemble face aux grands enjeux (climat, énergie .....)

        Je réclame un Président dont le rôle est d’organiser et faire vivre dans de bonnes conditions ces débats nationaux : un président NON PARTISAN et QUI NE GOUVERNE PAS  ; tiens !!! C’est exactement ce que dit la Constitution !!!!!
        Un président qui veille au bon déroulement de ce qui fonde la démocratie : le pouvoir aux citoyens .
        Notre démocratie de partis alternant au pouvoir ce n’est pas la démocratie ; ni adulte ni participative , tout simplement pas la démocratie.


        • Imhotep Imhotep 23 juillet 2008 21:33

           Petit correctif :
          D’un côté 14 signataires prêts à voter pour la constitution. Ils sont au PS. Par pression ou non ils vont voter contre.

          A l’UMP ils sont environ 100 à vouloir voter contre. Parmi ceux-ci certains l’ont annoncé avec violence sur leur blog, genre : il m’a fallu une longue et profonde réflexion pour me décider et en mon âme et conscience je vais voter contre. Ils ont d’ailleurs voter contre par deux fois à l’AN. Parmi eux Tron et surtout Debré. Il fallait aussi lire l’avant veille Charles Pasqua dans le Figaro qui ne savait pas s’il voterait contre ou s’abstiendrait. En tout cas il ne voterait pas pour.

          Donc d’un côté 14 signataires et de l’autre une centaine. Si chacun avait voté en son âme et conscience comme le réclame à grands cris l’auteur nous aurions eu 539 moins 100 plus 14 soit 453 et 357 plus 100 - 14 soit 443. C’est à dire que les 3/5 étaient très très loin. A ceci s’ajoute les voix des radicaux de gauche (nouveau groupe promis à l’AN) et certains UDF (Arthuis présidence de la commission au Sénat conservée, Mercier ministère confirmé : voir la note de Dominique Paillé remise à Sarkozy Le Monde) et on voit que cette constitution, en son, âme et conscience n’avait non sulement pas les 3/5 mais même pas la majorité. Ceci pour dire que la démonstration de l’auteur démontre que la constitution entre gens adultes n’auraient pas dû passer. Et dans une démocratie adulte il n’y aurait jamais de cellule à l’Elysée, payée par l’Elysée et les impôts des Français, pour détruire un parti adversaire par tous les moyens sauf ceux du débat d’idée (déstabilisation, fausse information, détournement des hommes, achats, prébendes, menaces, trafics électoraux, mise sur pied de candidat du PS à Pau etc...) ce qui est terriblement anti-démocratique, liberticide, amoral, immoral, lourd de conséquence et de mentalité sous-tendue et ce avec la complicité du NC issu de l’UDF.


          • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 24 juillet 2008 09:22

            Bienvenue sur mon post, Imhotep !
            "Avec des si..."

            Le Nouveau Centre a défendu cette révision de la Constitution, parce qu’il a estimé qu’elle comportait plus d’avantages que d’inconvénients par rapport au statu quo.

            Rien que de très légitime !


          • vivelecentre 25 juillet 2008 07:58

            d’accord ; Mage !!

            par contre et pour parler de "democratie adulte" je trouve que l’on a pas assez souligné le vote responsable des sénateurs udf modem qui dans leur grande majorité , ont voté en leurs âmes et consciences selon leurs convictions et selon le principe cher à F Bayrou de voter pour quand un texte est bon ( ou , bien sur , s’opposer dans le cas contraire... )
            Puisqu’a l’ Udf, Modem, apparemment, il n’y avait pas de consigne de vote, cette formation aura eu le comportement le moins "godillot" sur ce scrutin !

            Ne tenons pas non plus rigueur à F Bayrou d’avoir voter contre cette reforme qui donne ( un peu ) plus de poids au parlement.
            Lui , perpétuel candidat aux plus hautes fonctions, ne fera jamais rien pour diminuer la fonction présidentielle , bien au contraire ( de l’inversion du calendrier au vote non a cette reforme, c’est suffisamment clair !)

            Bravo au modem udf !


            • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 25 juillet 2008 13:46

              Je suis assez d’accord avec vous. Heureusement qu’ils n’ont pas cédé à la facilité de s’opposer pour s’offrir un peu de visibilité médiatique...


            • vivelecentre 25 juillet 2008 14:09

              MERCI

              ce que je ne comprends pas , c’est que les militants modem habituels sur ce forum ne s’en felicite pas plus au lieu de focaliser sur les cas Lang ou Tapie..
              (marianne, imhotep etc )


            • vivelecentre 25 juillet 2008 19:16

              Je veux bien que l’on "moinsse" mon intervention et celle de Vincent Perrier , mais pour les contre arguments , on fait comment ?


              • JPL 25 juillet 2008 20:48

                à l’auteur qui fait partie de ceux qui ont gobé ou veulent nous faire gober le conte de Noël suivant lequel la réforme des institutions irait "dans le sens d’une réduction des pouvoirs présidentiels", sans aller comme certains jusqu’à parler de "démocratisation"


                Veuillez jeter un oeil sur cette dépêche AFP publiée dans le Point, je cite :

                "La réforme des institutions visant à rééquilibrer les pouvoirs devrait surtout profiter aux groupes majoritaires des deux chambres, actuellement l’UMP, mais n’empêchera en rien l’exécutif de garder la haute main sur le Parlement."

                ""Pour l’exécutif, il va falloir plus argumenter et convaincre que faire acte d’autorité" sur la majorité, estime le constitutionnaliste Didier Maus.
                Mais pour son collègue Dominique Rousseau, la réforme renforce le "pouvoir présidentiel" et constitue non pas "un pouvoir gagné par le Parlement, mais un pouvoir supplémentaire" pour les députés UMP.
                "

                "Cela n’a pas échappé aux sénateurs : Jean-Jacques Hyest (UMP) a évoqué "des garanties très insuffisantes"
                et
                "de nombreuses possibilités d’empiètement" pour l’exécutif." Sur l’assez virtuelle initiative parlementaire : ""on ne peut pas imaginer qu’un texte arrive en séance sans que les ministres aient dit ce qu’ils en pensaient" en commission, prévient Roger Karoutchi (Parlement)."
                dixit le secretaire d’état chargé des relations avec le parlement... etc.

                Je rappelle que les déclarations dans le papier cité viennent d’élus de droite voire d’un membre du gouvernement (soutenus par Vincent Perrie-Trudot et par vivelecentre) et de constitutionnalistes pas réputés pour être TSS ou socialistes, tandis que la dépêche est publiée dans Le Point.
                Je ne vous cite donc pas la bile d’opposants TSS aigris etc.

                Voilà des constats factuels que je voudrais vous voir contester.

                J’ajoute les arguments mis en avant par un groupe de jeunes députés socialistes quelque temps avant le vote :


                - le droit d’amendement sera soumis au bon vouloir de la majorité parlementaire, laquelle a rejeté tous les amendements de l’opposition dans le débat sur cette réforme et dans plusieurs débats parlementaires depuis quelques années


                - la réforme constitutionnalise la prééminence de la droite au congrès en plafonnant le nombre de sièges de députés au nombre actuel mais celui des sénateurs à un nombre supérieur, sachant que le mode de scrutin sénatorial favorise la droite. Quand on reproche à la gauche de ne pas avoir fait de réforme constitutionnelle il est souvent omis de dire qu’elle ne pouvait guère le faire : le découpage électoral lui rend quasi impossible d’avoir une très large majorité à l’assemblée tandis que la droite a par construction la majorité au sénat


                - le contre pouvoir censément instauré quant aux nominations n’a pas d’existence concrète en cas de majorité de droite, l’opposition de gauche ne pouvant jamais rassembler 3 votes sur 5 au parlement ou dans ses commissions

                etc.


                Après quelques semaines de propagande / communication infernale les yeux se descillent et on commence à faire de vrais constats... après le vote, ce qui est l’essentiel pour certains manipulateurs...



                • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 28 juillet 2008 11:09

                  Vous analysez cette question en statique et non en dynamique.

                  La question n’est pas "est-ce que cette réforme est idéale ?" mais "apporte-t-elle un progrès par rapport à la situation existante ?"
                  Si la réponse à la première question est plus proche du "non", la réponse à la première est indéniablement "Oui".

                  Il faudrait que vous sortiez de votre bulle et que vous regardiez les choses un peu en face. Une grande part des avancées adoptées étaient dans les programmes socialistes, et n’ont jamais été mises en oeuvre lorsque le PS était au pouvoir.

                  Voici l’impression que dégage votre attitude et celle du Modem : les réformes que vous proposez, vous ne les proposez pas pour les réformes elles-mêmes, mais pour que ce soit vous-mêmes qui les mettiez en oeuvre. Si quelqu’un d’autre défend la même idée et les applique, vous vous opposez.

                  Pourriez-vous m’expliquer ce paradoxe ?

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