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Aspects de la ville américaine

Elu de la ville de Bordeaux, je suis aux Etats-Unis invité par le Département d’Etat pour participer au programme d’étude « International Visitor Leadership program » du 17 juillet au 6 août (plus d’infos : http://www.fabienrobert.com/index.php/sud-ouest-14072010-fabien-robert-invite-par-de-departement-detat-americain/)
 
Vous trouverez ci-dessous des billets ecrits tout au long de mon séjour ainsi que des photos sur www.fabienrobert.com.

Le dernier, ci-dessous, traite de la ville américiane type.

Pour relater mon séjour à Omaha dans le Nebraska, j’ai pensé intéressant de vous décrire la ville américaine type, en tout cas l’image que j’en ai après quatre étapes urbaines très différentes.

Deux éléments me semblent fondamentaux pour bien saisir la forme et le fonctionnement actuel des villes aux Etats-Unis : leur relative jeunesse et la grandeur de leur superficie.

Aux USA, la construction des villes a débuté au milieu du 18ème siècle et leur croissance s’est faite au XIXème et au XXème siècle. Omaha, lors de sa fondation en 1854 par des spéculateurs venus d’une ville voisine comptait 1500 habitants. En 2006, elle est peuplée de 420 000 âmes, soit l’une des plus importantes progressions démographiques du pays. Et pour cause, l’espace est une ressource illimitée aux Etats-Unis : 9 629 048 kilomètres carrés, ce qui en fait le quatrième pays le plus vaste du monde. Ces deux éléments impactent la morphologie des aires urbaines.

 

Ville à perte de vue...

Ville à perte de vue...

La ville américaine est très spacieuse comparativement à la ville française.

Elle s’étale sur plusieurs kilomètres le long de grandes avenues perpendiculaires rarement perturbées. Le concept de « centre historique » n’existe presque pas.

Alors, comment repérer le centre ville, si il y en a un ? Il est situé aux pieds des gratte-ciels présents dans toutes les grandes villes. Le cœur de la ville américaine est haut et souvent dédié au business.

Le trait de caractère fondamental d’un américain, c’est probablement son attachement viscéral aux libertés individuelles. Ce qui explique probablement une part de la réussite économique du pays mais implique également un individualisme omniprésent palpable notamment en matière de transports. La bagnole est reine : larges avenues (2*6 voies), grands parkings au sol dans la ville, des autoroutes partout… Vous pouvez trouver, en plein cœur de ville, un espace dédié au stationnement sur plusieurs centaines de m². Il est évident qu’en France un tel espace aurait été aménagé en jardin ou utilisé pour construire des logements.

Cette utilisation excessive de la voiture est renforcée par une politique de développement des transports en commun présente dans le discours mais quasiment absente des réalités budgétaires. A Omaha, le Maire envisage un tramway dans les années qui viennent… mais pour le moment on rénove les routes.

De cet excès d’espace résulte une ignorance (ou presque) du principe de lutte contre l’étalement urbain. La ville est loin de dévorer la campagne : les Etats-Unis restent un pays « vide » !

Le bon côté des choses c’est que la ville est aérée et très verte. L’ombre très présente est agréable en été mais limite parfois la qualité de l’éclairage public la nuit.

L’utilisation du vélo, elle aussi liée à la place démesurée laissée à la voiture, est très contrastée : alors que les arceaux à vélos sont désespérément vides à Omaha, Portland (j’en reparlerai longuement dans mes prochains billets) a su développer des pistes aménagées et les cyclistes sont nombreux.

Les américains sont plutôt civiques : les villes sont propres et les règles de vie commune respectées. C’est très agréable.

Conséquence ultime de ce mélange d’héritage et de (non) volonté politique : les villes américaines sont plutôt moches. L’une des personnes rencontrées nous confesse même que les américains ont dans ce domaine une tolérance à la laideur bien supérieure à celle des européens, tant que l’intérieur de leur appartement est agréable. La Nouvelle Orléans échappe à cette règle : c’est l’une des 5 ou 6 belles villes des Etats-Unis (avec Portland, que je découvre en ce moment même).

Un dernier détail frappant pour un français : impossible de regarder dans une direction sans apercevoir, sur un immeuble ou devant une résidence privée, le drapeau américain flotter fièrement. Au moment même où j’écris ce billet, j’en aperçois quatre sur des lieux différents depuis la fenêtre de ma chambre d’hôtel…

 
Fabien ROBERT
Maire-adjoint de la ville de Bordeaux
Conseiller à la Communauté Urbaine de Bordeaux
Tel : 06 20 33 23 74
www.fabienrobert.com
 

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7 réactions à cet article    


  • Jean-paul 3 août 2010 14:06

    Et les Malls ?
    Et les Flea markets ?


    • paul 3 août 2010 17:23

      Fabien, cette description naïve et fraiche des villes américaines inciterait à plusser l’article .
      Mais la réalité qui en ressort, en arrière-plan, est sinistre .
      Restez bien dans cette belle ville de Bordeaux, et bon courage pour la suite .


      • Jean-paul 3 août 2010 18:03

        @ paul
        Allez visiter l’Amerique .Pas sur internet .


        • Jean-paul 3 août 2010 18:18

          Sinon il est vrai quedans les villes americaines il y a des quartiers ou tu ne te risques pas d’entrer tout comme en France ,A Paris j’evite a tout prix de visiter la Courneuve .


          • jaja jaja 8 août 2010 09:21

            La ségrégation spatiale selon la classe sociale à laquelle on appartient est quand même moins marquée en France qu’aux États-Unis.

            Ceci étant dit pour habiter La Courneuve (ce Bronx Français dans votre tête) il en coûte environ la bagatelle de 700 euros de loyer pour un 50 m2....

            Jusqu’à quand les pauvres vont-ils se laisser prendre pour des cons eux qui doivent essuyer le mépris de gens comme vous bien qu’ils laissent ce qui est une fortune pour eux pour habiter ce que vous qualifiez de « ghetto ».

            A quand un soulèvement général du peuple contre l’oligarchie dirigeante pour le repartage des richesses selon le bon vieux principe « Tout est à nous »...« Rien n’est à eux »....


          • jaja jaja 8 août 2010 09:40

            Je ne parle pas ici des HLM devenus inaccessibles en banlieue car, sauf passe-droits, il faut attendre plusieurs années pour en obtenir un...

            Et là aussi c’est cher. Ma fille son mari et ses deux enfants payent 700 euros en logement social pour un 4 pièces à Drancy (93)...

            De plus en plus on en arrive à une situation à l’Américaine où se renforcent les divisions entre zones riches et zones d’exclusion, stigmatisées en plus par ceux qui vivent dans les quartiers les plus riches...


          • Krokodilo Krokodilo 8 août 2010 15:39

            Ce serait plus intéressant de vous demander pourquoi le gouvernement américain vous offre un séjour tous frais payés, quel retour sur investissement ils espèrent, influence politique, soutien à l’hégémonie de leur langue dans l’UE, soutien à la guerre en Afghanistan ? A moins que ce soit un pur accès de générosité ?

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