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Accueil du site > Tribune Libre > Politiques & citoyens > Eloge d’une voie humaine

Eloge d’une voie humaine

Le libéralisme est arrivé à son terme.

Pour comprendre la crise actuelle - crise du sens, crise du lien social, crise globale – il faut remonter à la genèse du projet libéral. 

Issu des guerres de religion particulièrement meurtrières, le libéralisme avait pour projet de résoudre la question de la violence par la « privatisation » des questions du vrai et du bien. Ainsi, il a supprimé la catégorie du bien transcendant en le remplaçant par des valeurs, propres à chaque individu. Il a crée une société neutre, où chacun est libre de vivre selon son bon désir, dès lors qu’il respecte la liberté d’autrui. Et par là, a réussi à faire vivre ensemble des individus aux croyances très diverses. 

C’est beaucoup. 

Mais, c’est aussi ce qui a conduit au relativisme, à l’effacement du souci du vrai et à la destruction du lien social. 

Le cadre juridico-politique mis en place, la voie en effet, était libre. Main dans la main, les libéralismes culturel et économique ont radicalement transformé, en très peu de temps, tout l’ordre sur lequel reposait l’ancien monde. Le guerrier s’est drapé de l’étoffe du doux commerçant, l’aristocrate a cédé sa place au trader efficace, les intérêts se sont substitués aux passions… 

Hier, l’économie libérale, a permis de démocratiser l’accès à la machine à laver. Et c’était un progrès.

Et puis chacun étant équipé, le libéralisme a instrumentalisé un ressort profondément humain, qui est celui du désir et c’est ainsi qu’a été créée la société de consommation. 

« Consomme », dit le Marché, « Jouis sans entraves » disent les libertaires. Consomme de la jouissance, jouis de ta consommation. Le couple est parfait… 

Tant et si bien qu’à la question fondamentale « quel est le sens de ma vie ? », l’individu de la société libérale-libertaire s’est mis progressivement et inéluctablement à répondre « c’est la satisfaction de mon désir, et celui du voisin m’importe peu. » 

Et puisque tout est équivalent dans un monde sans norme, l’homme est devenu lui-même un objet de consommation. Nous sommes ainsi passés du « droit de l’homme » au « droit à l’homme », du « droit de l’enfant » au « droit à l’enfant », du respect de la dignité inaliénable de chacun à son mépris éhonté. 

Certains dès lors peuvent acheter, sans mauvaise conscience aucune, des organes en provenance des pays pauvres. D’autres « débranchent » un parent malade parce qu’il n’est plus productif. Bientôt, on pourra commander des bébés sur Internet, car le désir individuel n’a plus de limites. Les conflits entre libertés individuelles se réglant devant l’instance « neutre » du juge. 

La « méthode » libérale de pacification, par la neutralisation de l’espace public, a une faille. Et par cette faille, l’acide corrosif s’est immiscé dans la sphère privée. Le libéralisme victorieux a généré de la désagrégation et du vide. 

Plus de deux siècles après l’invention libérale, que reste-t-il en somme ? 

Un homme sans histoire ni attache. Un atome sans alliance passant des contrats économiques, affectifs, virtuels, avec d’autres atomes. Si le propre de l’alliance est le don gratuit et total de soi, le contrat, révocable, n’engage pas l’être. 

Cet homme universel et imaginaire, prôné par les médias et les élites pseudo progressistes, ne croit en rien parce qu’on lui dit « tu peux croire ce que tu veux, tant que tu penses que cela n’a pas valeur de vérité. » « Tu peux vouloir faire le bien et rester fidèle aux tiens et à tes convictions. Oui, tant que cela n’a pas de poids. » 

Le vide donc, mais encore ? 

Mère Nature… Gaïa prend la place de Dieu. Panthéisme ? Dans un monde fatigué « on oublie les individus pour ne considérer que l’espèce », annonçait Tocqueville. 

 « Arrêtons de faire des enfants », car il n’y a plus rien à attendre de l’homme. Le niveau des océans monte, « sauvons l’arche, mais surtout pas Noé ! », nous disent les écologistes radicaux.

 L’homme devient second par rapport à la planète. Gaïa devient totalitaire. Telle est la réponse ultime de la « deep ecology » aux excès engendrés par l’incroyable machine planétaire à créer et à satisfaire nos désirs. 

Fin de l’histoire ? 

Bien au contraire. 

La crise est profonde, certes. Mais elle nous appelle à rechercher l’essentiel et provoque notre imagination. 

Devant le mur devant lequel nous sommes, de nouvelles pistes doivent être ouvertes. 

Nous devons trouver le moyen de recréer du lien, sans lequel aucune civilisation ne peut durer. 

Cela, nous le ferons en expérimentant la liberté non plus dans l’arrachement de toutes contraintes mais dans le fait d’agir et de s’associer avec d’autres. Entendons-nous bien, nous sommes pour la liberté, nous sommes des militants de la liberté ! Mais nous ne voulons pas d’une « liberté pour moi seul ». Pour nous, la liberté s’exerce dans la responsabilité et dans le souci de l’intérêt général. 

Nous le ferons aussi en réintroduisant le don au sein même de l’économie, car si la logique de la gratuité disparaît alors le lien social disparaît. Changer nos indicateurs de richesse en serait le chemin.

Nos libertés individuelles exacerbées doivent être régulées, sans quoi nous encourons le risque d’une « guerre de tous contre tous ». Etrange paradoxe, c’est ce que précisément le projet libéral voulait à tout prix éviter… 

Il faut donc encadrer le « marché des désirs ». Réaffirmer une chose fondamentale, à savoir que l’homme n’a pas de prix mais qu’il a une valeur inestimable. 

C’est à ces conditions que le 21ème siècle sera un siècle formidable.  

Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate


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183 réactions à cet article


  • ZEN ZEN 14 octobre 2010 12:18

    Merci Amaury pour cet aveu


  • JL JL 14 octobre 2010 15:37

     smiley  smiley  smiley


  • friedrich 14 octobre 2010 18:46
    ♪♫♪♫♪♫ Quand un’ bigote
    ♫♫♪♪♫♪ Rencontre un’ aut’ bigote,
    ♫♪♫♫♪♫ Qu’est-c’qu’elles chuchotent ?
    ♪♫♪♫♫ ♪ Des histoir’s de bigotes

  • Fergus Fergus 14 octobre 2010 10:06

    Bravo, Christine !

    Très beau et très convaincant, votre discours. « L’homme n’a pas de prix » est un formidable slogan auquel tous les humanistes ne peuvent qu’adhérer, qu’il soient croyants comme vous ou mécréants comme moi.

    Mais pourquoi Diable (pardon pour cette référence au malin) avoir si longtemps soutenu, avant d’être virée du gouvernement, cette politique de droite dure, si inégalitaire, si destructrice du lien social, si pourvoyeuse de détresse des classes populaires.

    Comment croire que votre nouvelle profession de foi puisse l’emporter sur votre désir de vendre cher un ralliement futur à Sarkozy ou quelque autre cacique qui vous réintègrerait dans le giron du pouvoir libéral ?

    Désolé, mais je ne vous fais pas confiance, et si je vous accorde une part de conviction dans vos propos, je la crois parfaitement soluble dans le creuset de vos ambitions personnelles !

    Je vous souhaite une excellente journée.


    • Taverne Taverne 14 octobre 2010 11:10

      Christine Boutin a fait plus pour le logement social que son successeur, l’arriviste Benoît Apparu, d’ailleurs très impopulaire dans le milieu du logement social et qui a Sarkozy pour seul modèle. Il n’y connaît rien à rien ! Il paraît que lors du congrès annuel des bailleurs sociaux, on a entendu scander « Revenez, Christine Boutin ! » C’est dire à quel point il est incompétent et même dangereux ce type...


    • Salsabil 14 octobre 2010 11:26

      Bravo Fergus !


    • Fergus Fergus 14 octobre 2010 11:47

      Merci, Gül.

      Comme tu l’as compris, la tartufferie m’indispose, et celle de Christine Boutin s’apparente à celle de ces dévôts, prompts par devant à manier les grands principes humanistes, et à les trahir aussitôt par derrière pour peu que leurs intérêts soient en jeu.

      Amitiés !


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 14 octobre 2010 16:38

      La critique du néolibéralisme progresse dans les esprits, c’est bien. Maintenant, et là je suis un peu comme Fergus, je doute vraiment de la sincérité de C.Boutin.


    • Daniel Roux Daniel Roux 14 octobre 2010 17:48

      @ Fergus

      Merci Fergus et bien vu :

      « votre désir de vendre cher un ralliement futur à Sarkozy ou à tout autre cacique.. »


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 octobre 2010 17:55

      Bonjour Fergus


      Je vous vois incrédule ; qui ne le serait pas ? Mais douter n"est pas nier. Vu de mon côté de l’Atlantique, ce message n’ est plus l’occasion d’un acte de foi en quiconque exécuterait ce programme, mais d’un coup de chapeau à cette esquisse qui peut avoir sa vie propre. Correspond-elle - je parle de l’esquisse - a ce que souhaiterait une fraction significative des Français ? 

      Si oui, elle mérite d’être diffusée et j’inviterai Madame Boutin a s’exprimer sur nos pages ou à nous autoriser la publication de ce message. D’autres l’on fait déjà et ont suscité beaucoup d’intérêt. Le Québec a vocation d’être le Ferney d’une France où la censure n’est plus un lointain et improbable péril mais une réalité quotidienne… Je m’en remets à vous.

      PIerre JC Allard




    • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 octobre 2010 17:58

      Un Ferney-Brancard ...... smiley


    • JL JL 14 octobre 2010 18:52

      Bonjour PJCA. A votre avis, spéculer sur les denrées et matières premières, cela relève-t-il d’un désir dont on pourrait légiférer dans notre beau pays de France, ainsi que le propose dame Boutin, je cite : « Il faut donc encadrer le « marché des désirs ». »


    • Fergus Fergus 14 octobre 2010 19:16

      Bonjour, Pierre.

      « Douter n’est pas nier », en effet, et je suis prêt à accorder un certain crédit à Christine Boutin pour l’avenir si elle prolonge cette prise de parole par des initiatives susceptibles de lui donner du corps et du sens, loin des petits arrangements d’appareil que je soupçonne en sous-main.

      Que le Québec puisse être un nouveau Ferney, pourquoi pas ? La terre est accueillante et les habitants ouverts aux débats venus de France et, à l’évidence, beaucoup plus fins connaisseurs de notre réalité sociopolitique que bien des Français. A Christine Boutin de voir si elle franchit l’Atlantique...

      Cordiales salutations.


    • morice morice 14 octobre 2010 23:55

      « L’homme n’a pas de prix »


      comme Dieu a fait l’homme à son image la conclusion s’impose : Dieu ne vaut pas un clou.

    • stefcor 18 octobre 2010 13:53

      cet article est rafraichissant mais ses opposants reproche à ce discourt son ton critique car en fait nous pratiquons la servitude volontaire vis à vis de la consommation et evidenment c’est blessant quand on nous le prouve : mais enfin le plaisir est-il reellement au rendez vous quand on consomme puisque la vente d’anti depresseur augmente : j’en doute ; mais comme tout aliéné nous le croyons et bien sur comme tout les fous nous sommes normaux


    • frugeky 14 octobre 2010 10:12

      C’est seulement quand on vous retire la gamelle que vous vous mettez à cracher dans la soupe ?


      • morice morice 14 octobre 2010 23:55

        réflexe pavlovien...


      • TSS 14 octobre 2010 10:17

        1)je n’accorde aucun credit moral aux « grenouilles » de benitier !!

        2)l’invention liberale, vous en avez bien profité durant votre carrière et notamment la dernière

         sinecure ,grassement payée, qui vous été proposée... !!


        • Capone13000 Capone13000 14 octobre 2010 10:25

          La bonne blague, pourquoi n’avait vous rien fait de visible au gouvernement qui aille dans ce sens ?
          Vous savez très bien comment fonctionne notre système aujourd’hui, l’idéologie néo-libérale made in USA a appauvri l’ensemble de la planète au profit de quelques uns. Vous avez lachement participé à ce système qui vous enrichissait.

          La seul chose que je retiendrais de vous positive c’est vos doutes sur la version officielle des attentats du 11 Septembre.


          • UltraLord 14 octobre 2010 10:27

            Ce sont les deux grands problèmes de notre siècle que de savoir comment recréer un lien social qui s’amenuise jour après jour et comment réintégrer l’éthique et l’égalité sociale dans la société, le travail, ...

            Malheureusement, la société de consommation a encore de beaux jours devant elle, et avec elle, le non respect de l’individu ... Tant que les gens continueront d’acheter des jouets made in china, des petits enfants continueront de travailler ... Et tant que les gens n’auront pas plus de moyens, ils continueront d’acheter bas prix, et donc chinois.

            Les inégalités se creusent de plus en plus. Mais c’est une révolution idéologique dont la société a besoin. De choisir dans quelle mesure l’individu souhaite travailler pour lui seul ou dans quelle mesure il accepte de participer à la solidarité.

            Reste le constat pour moi que le politique ne peut résoudre ce problème puisqu’il reste le choix individuel de toute personne. Ainsi donc, je ne peux qu’acquiescer vos idées. Mais pour vos solutions, je crains qu’elles ne puissent qu’au mieux participer à ne pas dégrader la situation.

            Aujourd’hui, ce n’est même plus le gouvernement qui doit changer ... c’est l’homme !


            • plancherDesVaches 14 octobre 2010 20:42

              Effectivement, Gros Con.
              Le « pouvoir » ayant été acheté par les puissances financières, ta remarque est une merde dont je suis le seul qui daigne te dire que tu es un sous-humain de basse-fosse qui doit juste rapporter du fric.

              Sinon : dégages.


            • liberta 14 octobre 2010 10:28


              @ Mme Boutin

              vous dites ---"réaffirmer une chose fondamentale, à savoir que l’homme n’a pas de prix----------

              Que de belles paroles Madame !!!!!!!!!! Que faisiez vous donc avec un si bel esprit au gouvernement Sarkozy, qui plus est au Ministère du Logement ?

              D’ailleurs qu’avez vous fait à ce Ministère de si éclatant qu’on s’en souviendrait aujourd’hui ?

              D’ailleurs, dès que vous avez été évincée de ce gouvernement je me souviens de vos airs outragés et menaçant Sarkozy !!!

              Afin de vous calmer il vous a fourni une mission (je ne sais plus sur quoi) TRES BIEN REMUNEREE !!! avec le fruit de nos impôts évidemment !!!!

              Alors votre article aujourd’"hui dans la droite ligne de vos pensées bienfaitrices, voyez vous me
               
              rappelle une autre face de Christine Boutin, un peu moins près du bénitier !!!!!

              Vous avez deux faces Madame !! et quand on a des responsabilités civiques, je trouve ça gênant






              • Yvance77 14 octobre 2010 10:34

                Bonjour,

                Pourquoi avoir défendu le libéralisme de Sarko pendant tant d’années alors ?

                Si vous nous aviez écouté nous nous savions déjà que c’était voué à l’échec !

                Vous me faites penser à ces femmes éconduites par leurs nouvels amants et qui s’en retournent vers leurs anciens amours une fois décues de l’actuel

                A peluche


                • zototo 14 octobre 2010 10:36

                  « à savoir que l’homme n’a pas de prix » La formule est joli est pleine de sens....


                  Mais en étant avec la majorité qui met a mal les avantages sociaux (retraites et sécu), ça relève du grand écart...

                  Enfin c’est logique qu’une catholique se sente assez mal dans un gouvernement qui mets en place le nouvel ordre des malades mentaux...

                  • Jowurz 14 octobre 2010 11:53

                    Zozoto,

                    Il faut comprendre « l’homme n’a pas de prix » au sens sarkozien c’est-à-dire L’homme ne vaut rien.

                    Je me demande si la formule est aussi belle que d’aucuns le disent ?


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 octobre 2010 10:54

                    Bonjour Cri-Cri

                    Bienvenue chez les fous .


                    • LE CHAT LE CHAT 14 octobre 2010 11:03

                      nous encourons le risque d’une « guerre de tous contre tous ». Etrange paradoxe, c’est ce que précisément le projet libéral voulait à tout prix éviter… 

                      l’ultralibéralisme tel qu’il est pratiqué , ce n’est que la loi de la jungle !  smiley


                      • Daniel Roux Daniel Roux 14 octobre 2010 11:16

                        Christine Boutin a la nostalgie du monde d’antan. Ah qu’elle était belle l’époque bénie où chacun restait à sa place.

                        La bourgeoisie exploitait le prolétariat, la charité apaisait les consciences, le curé régnait sur les âmes, fustigeait le révolutionnaire et promettait le paradis aux « pauvres mais honnêtes », la norme sociale était défendue par la bienséance et le voisinage, les réfractaires et révoltés étaient envoyés en prison ou dans l’armée coloniale combattre les « terroristes » de l’époque, la police tirait sur les manifestants ou les jetait dans la Seine, les jeunes femmes, abandonnées ou désespérée, avortaient dans la clandestinité ou subissait la honte d’être « fille mère », les ouvriers épuisés, s’abrutissaient au bistrot ou transcendait leur état dans le parti communiste et les syndicats, sous la surveillance soupçonneuse du pouvoir, la marmaille jouait dans les terrains vagues.

                        Aujourd’hui le peuple sait qu’il est trahi par ceux là même qu’il fait vivre et qui réclament sa confiance. Il sait que la justice est un outil pour l’opprimer, que les hommes politiques sont corrompus par le grand capital et ne gouvernent qu’en sa faveur, que l’avidité des riches n’a pas de bornes et que tout est bon pour s’enrichir davantage y compris la guerres, les crimes, les vols, l’empoisonnement des hommes et de la terre.

                        Si vous voulez vous rendre utile, madame Boutin, dénoncez ce que vous savez du monde politique, sa corruption, ses magouilles, ses fromages, ses caisses noires, ses ententes illicites. Dénoncez au peuple ce que vous savez des secrets et des affaires de tous ceux qui ont l’audace et l’arrogance de nous donner des leçons de morale républicaine.


                        • Fergus Fergus 14 octobre 2010 11:51

                          Bonjour, Daniel.

                          Je m’associe à ce commentaire, et particulièrement au dernier paragraphe. Christine Boutin en sortirait grandie et son mouvement pourrait alors avoir quelque crédibilité.


                        • Catherine Segurane Catherine Segurane 15 octobre 2010 06:20

                          Même analyse que Daniel Roux


                        • Deneb Deneb 14 octobre 2010 11:17

                          Bonjour Mme Boutin

                          Parlons de consommation. On consomme quelque chose qui se consume. Qui s’épuise. On consomme de la nourriture. On consomme de l’énergie, encore que celle-ci existe en quantités illimités, il suffit de l’apprivoiser, ce que l’Humain fait depuis la nuit des temps. Mais en parlant de la jouissance, du plaisir, du désir, de la motivation, de l’enthousiasme, de la passion ... Peut-on consommer ces valeurs ? Peut-on vraiment parler de la consommation en parlant de la culture ? S’épuise-t-elle lorsque l’on en profite ? Non, c’est même le contraire. La culture et le plaisir ne sont pas des biens consommables. Ce qui leur attribue leur puissance c’est le

                          partage. La culture ne croît que si tout le monde en profite.

                          Vous dites qu’il faille encadrer le « marché des désirs ». Les désirs sont-ils des biens consommables pouvant faire l’objet d’un marché ? Les désirs sont-ils taxables ? Je crois, comme vous, que l’Humain, pas seulement l’homme comme vous dites, n’a pas de prix, ni de valeur marchande. Ni ses rêves, ni ses désirs, d’ailleurs.

                          Nous sombrons peu-à-peu dans la douce illusion que l’argent peut tout acheter, que tout peut faire objet d’un marché. Sans doute à cause de cet amalgame entre la consommation et l’enrichissement culturel, intellectuel et spirituel qui n’est pourtant pas une ressource épuisable donc consommable ; Elle n’existe en effet que dans la mesure de sa propagation et du partage qu’elle suscite.

                          J’ai la vision d’une société future où les gens consommeront de moins en moins de biens matériels, mais s’enrichiront sans scrupule sur le plan culturel, intellectuel, spirituel. Où l’on jouira sans entraves des fruits de l’imagination et de l’ingéniosité humaines.

                          Pourtant le gouvernement dont vous faîtes parti veut réduire la culture, ce temple de l’imagination humaine, à un simple bien de consommation. En traquant les méchants cinéphiles et autres mélomanes récidivistes, qui « volent » les oeuvres, en évoquant la culture avec une sémantique consumériste, votre gouvernement n’a-t-il pas installé ses étals dans ce temple ? Vous croyez en Jesus-Christ, ce qui n’est pas mon cas, je me considère athée. Mais j’ai la foi en société humaine qui finira inévitablement par renverser ces étals et libérer la culture du carcan mercantile dans lequel veut l’enfermer le Pouvoir.

                          Avec tous mes respects.


                          • Fergus Fergus 14 octobre 2010 11:56

                            Bonjour, Amaury.

                            Vous avez raison concernant les prisons, et c’est là l’une des réelles qualités que je reconnais à Christine Boutin.

                            Mais pour le reste, sa dénonciation des errements du libéralisme se heurte, que vous le vouliez ou non, à son passé de complice de ces errements et au manque total de crédibilité de son mouvement. Un mouvement qui, faute de position politique clairement en rupture avec cette calamité qu’est le sarkozysme laisse augurer un ralliement lorsque le fromage sera jugé suffisamment appétissant par la dame des Yvelines.


                          • Jowurz 14 octobre 2010 16:06

                            Vu son âge (66 ans), la visite des prisons relève plus du grand frisson polisson que de l’aventure patronnesse. Qu’à-t-elle donc à offrir cette Monserrat Caballé des geôles ? L’éloge d’une voie humaine ? 

                            En génèral l’adjectif humain qualifie ce qui est pitoyable voire dégueulasse. Alors s’il faut faire l’éloge de la voie dégueulasse prise par certains hommes politiques. Sans moi !

                            Mais j’ignorais qu’elle essaie des solutions d’une voie humaine pour prononcer son discours anti-libéral un peu comme Aragon écrivait dans « le Mot d’ordre ». Alors je plagie le poète : « Le Monde est rempli de faux témoins »


                          • emile wolf 14 octobre 2010 16:21

                            elle ne fait pas que parler de la misère, elle essaie des solutions.

                            C’est vrai : ses solutions sont misérables  !

                            ce poème d’Aragon, « la rose et le réséda ».

                            Mais n’est-ce pas Aragon qui dans son traité du style écrivait : « .Le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard »  ?"


                          • Deenye Deenye 14 octobre 2010 11:24

                            Donc, voilà le résultat de la mission fictive de Mme Boutin : un article sans le moindre intérêt sur AgoraVox...

                            ...et je prends le pari qu’elle ne viendra pas répondre aux nombreuses questions qui lui seront posées dans les commentaires...

                            AVox est devenu le refuge des politicards n’ayant pas les ’moyens’ de publier une tribune dans le Monde, ou dans les pages Rebonds de Libé...

                            Ici, ils savent qu’ils seront publiés et qu’ils auront quelques commentaires...

                            ...qu’ils s’abstiennent bien sûr de commenter à leur tour tant ils méprisent leurs éventuels lecteurs...

                            En ce qui me concerne, je n’attends qu’une seule chose de Mme Boutin : qu’elle ait le courage d’appeler à voter CONTRE Sarkozy en 2012, au 1er tour ET au 2ème tour...


                            • François 14 octobre 2010 13:28

                              Bonjour Deenye,

                              Je ne vois pas où sont tes questions...


                            • Salsabil 14 octobre 2010 11:25

                              Quel joli texte !

                              Qui oserait donc dire le contraire de ce que vous affirmez ?

                              Mais alors, que faites-vous donc à l’UMP ?

                              A moins qu’en tant que conseillère politique de ce même parti vous éprouviez actuellement comme un besoin de faire comprendre à ces crétins de français individualistes et trop libres que le pays ne fonctionne plus ainsi, qu’il leur faut marcher au pas.
                              Et quelle meilleure façon de leur faire comprendre que cette fichue réforme des retraites qui mécontente 70% d’entre eux, n’est qu’une forme de « don » qui crée du « lien social » !

                              Et cette histoire de trop de liberté qui tuerait la liberté et empêcherait donc d’aller au bout des choses. Libérons Nicolas ! Il n’est pas vide, lui !

                              « une guerre de tous contre tous » ???
                              Non, Madame, une guerre entamée par les élites contre le peuple, ne soyez pas surprise que ce dernier rentre à son tour dans l’action.

                              Et enfin, plutôt que tenter une leçon de morale généraliste, balayez donc devant votre porte auparavant !

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