• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Politiques & citoyens > Lettre ouverte à Etienne Balibar

Lettre ouverte à Etienne Balibar

Etienne Balibar, dans un récent article, rappelle qu’il a voté non, appelle à un fédéralisme européen et appelle à voter Ségolène Royal. Ce positionnement peu cohérent peut être compris et donc amendé.

Cher Etienne, je découvre avec satisfaction dans Libération du vendredi 6 avril que tu es partisan d’un « fédéralisme européen » aux institutions « démocratisées », « ouvertes aux actions de masse, en faveur d’un nouveau pacte social », et je m’en réjouis. Je découvre également avec quelque surprise que tu appelles à voter pour Ségolène Royal car il faut « faire échec à la droite ». Tu précises : « De plus, je ne crois pas qu’une défaite pour la gauche se solderait par une traversée du désert salvatrice mais plutôt par une décomposition dont il serait difficile de se remettre ».

Comme tu signales toutefois que tu as voté non au référendum, je me trouve dans la plus grande perplexité. Car, enfin, un homme de ton instruction sait parfaitement que la différence entre le TCE et le traité de Maastricht-Nice, qui régit l’Europe depuis des années, tient justement en ces mots : « fédéralisme, démocratisation, ouverture aux mouvements sociaux pour un pacte social ». Il te suffisait pour t’en convaincre de lire, et tu l’as certainement fait, la comparaison, paragraphe par paragraphe, du nouveau traité avec celui qu’il remplaçait, par exemple dans l’édition du Sénat français.

Fédéralisme : par ce mot on désigne en général des regroupements d’Etats où les décisions sont prises à la majorité des citoyens de l’ensemble, et non par accord entre les chefs des exécutifs des différentes composantes (on parle alors de confédération). Or, par rapport au traité de Maastricht-Nice, le TCE se caractérisait par le déplacement massif en faveur du vote à la majorité du Conseil des gouvernements, pondérée par la population, et en codécision avec le Parlement, élu au suffrage universel direct.

Démocratisation : par ce mot, on désigne les situations où les élus contrôlent les exécutifs, et là encore, c’est bien ce qui distinguait le TCE du traité de Maastricht.

Mouvement sociaux pour un pacte social : le TCE constitutionnalisait une longue Charte des droits fondamentaux qui pour la plupart ne sont pas encore acquis dans les nouveaux pays adhérents, et qui aurait par exemple, en France, interdit le CNE et le CPE. Il prévoyait en outre que des innovations législatives pouvaient être introduites par des initiatives citoyennes regroupant au moins un million de signatures en Europe, chose qui ne peut être organisée que par des mouvements sociaux.

Naturellement, je pense que le TCE aurait été encore loin de l’Europe fédérale dont nous rêvons toi et moi. Par exemple, s’il faisait passer de 45 à 100% la part des dépenses budgétaires votées par le Parlement, il laissait toujours aux gouvernements le soin de fixer le budget recettes. Mais il prévoyait que des amendements ultérieurs pourraient être adoptés s’ils étaient ratifiés dans 4/5e des Etats, alors que l’actuelle Constitution de Maastricht-Nice exige l’unanimité.

Bref, après quelques semaines d’hésitations à l’été 2004, je me suis rendu aux arguments de la Confédération européenne des syndicats, comme à ceux du « G8 environnement » (les huit plus grandes organisations de défense de l’environnement en Europe). Il constituait un progrès substantiel, et j’avais appelé à voter oui, au nom du principe « le mieux est l’ennemi du bien ».

Ce principe (le mieux est l’ennemi du bien), tu le fais tien en appelant à voter pour Ségolène Royal plutôt que pour des candidats plus fédéralistes européens et plus antilibéraux . Comme tu tiens à te démarquer de la gauche de la gauche, « de son souverainisme, de son protectionnisme et de son étatisme », je ne vois qu’une seule candidate qui aurait dû trouver grâce à tes yeux, celle des Verts, Dominique Voynet, à la fois fédéraliste et antilibérale (elle s’était d’ailleurs opposée aux traités de Maastricht, Amsterdam et Nice, et donc avait voté oui au projet qui les remplaçait). Mais non : de façon tactique, tu préfères appeler d’emblée à voter pour Ségolène Royal.

Comment alors comprendre que tu appliques le principe tactique « le mieux est l’ennemi du bien » dans le cas du vote pour la présidentielle en France, alors que tu as refusé de l’appliquer à l’espace politique dont tu dis toi-même qu’il est dominant, l’Europe ? Comme je ne saurais te soupçonner ni d’illogisme ni de mauvaise foi, je suis amené à penser que c’est l’expérience même d’un vote excessivement téméraire sur le TCE qui te conduit à choisir un vote excessivement prudent pour la présidentielle française. Pour reprendre ce que tu appelais jadis « lecture symptomale », la petite phrase « je ne crois pas qu’une défaite pour la gauche se solderait par une traversée du désert salvatrice mais plutôt par une décomposition dont il serait difficile de se remettre » me semble résumer exactement la situation de l’Europe après les non français et hollandais au TCE, dont le second, tu le reconnaîtras, était clairement libéral et xénophobe. Tu sais donc retenir les leçons de l’histoire.

Le problème n’est-il pas maintenant que tu sur-réagis un peu trop à cette amère expérience ? Et alors, pourquoi mettre le curseur de la prudence sur Ségolène Royal ? Tous les sondages montrent qu’elle serait battue au second tour, alors que Bayrou battrait Sarkozy. Ton appel à voter pour elle ne peut d’ailleurs qu’aggraver sa situation puisque qu’il ne s’adresse pas aux électeurs de Bayrou, mais à ceux qui seraient tentés de voter à gauche de la gauche ou écologiste, ce qui dilapiderait son réservoir de voix pour le second tour.

En l’état actuel des choses, je vois ce qui te retient : le raisonnement strictement tactique que je viens d’esquisser (voter pour l’héritier de Giscard afin d’éviter l’héritier de Marcellin) t’entraînerait trop loin de tes convictions. Pourtant le fait est là : à abjurer la stratégie, à ne plus jouer que la tactique, on y perd son latin. Aider Ségolène Royal à battre Bayrou au premier tour, c’est très probablement entraîner la victoire de Sarkozy au second tour, ce qui est le contraire de ton intention tactique !

Dans une telle situation où la raison pratique capitule, je ne vois guère qu’une solution, le principe kantien : « Fais ce que dois, advienne que pourra ». C’est-à-dire, pour un fédéraliste européen partisan d’une Europe démocratisée ouverte aux mouvements sociaux, voter Voynet au premier tour et Royal (ou à défaut Bayrou) au second tour.

En toute amitié,

Alain


Moyenne des avis sur cet article :  3.09/5   (65 votes)




Réagissez à l'article

35 réactions à cet article    


  • chti (---.---.61.65) 16 avril 2007 13:34

    ce n’est plus de la langue de bois,c’est incompréhensible, cela vous ressemble monsieur, tortueux en diable.


    • Jason Nicolas 16 avril 2007 13:34

      Bonjour M. Lipietz,

      Je vous remercie de prendre le temps d’exposer votre opinion sur la position d’Etienne Balibar. Personnellement, je ne vous connais vraiment ni l’un , ni l’autre. Alors pourquoi je ferais l’effort d’un commentaire ? C’est que, comme beaucoup de mes compatriotes je n’ai aucune confiance en vous tous, là-bas, à Bruxelles ou Strasbourg, avec des bureaux au Luxembourg, ou ailleurs... Le gouvernement européen, pour moi, c’est encore plus loin que la Nouvelle Guinée.

      Quand on pense à ce pauvre M. Murray qui, avec une poignée de fonctionnaires défend les intérêts des consommateurs face à 15.000 lobbyistes, qu’on voit un Pascal Lamy pratiquer la théorie des avantages comparatifs à la Ricardo et foutre allègrement des dizaines de milliers d’employés sur la paille grâce au moulin à vents commercial qu’est devenue l’Europe, je passerai de côté le comportement de l’Angleterre, celui de la Pologne et sans doute de quelques autres... Sans oublier le fameux compromis de REACH, cette pantalonnade ! De quelle crédibilité voulez-vous vous prévaloir ?

      La télé française parle de l’Europe une fois de temps en temps, après la chronique des « chiens écrasés ». A cela s’ajoute tout ce qu’on ne sait pas et qu’on ne saura jamais.

      M. Lipietz, la liste serait trop longue, vous en savez beaucoup plus que nous, et ça, c’est gravissime, car vous n’en dites rien.

      Le citoyen lambda n’a plus confiance non seulement dans ses classes politiques françaises, mais aussi dans cette Europe approximative aux idéologies flapies, qui dirige sans vouloir se faire connaître.

      Merci d’être venu, mais à votre place, je m’inquiéterais ; et c’est de cela que j’aimerais entendre parler sur ce site.


      • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:15

        Vous avez raison, c’est pourquoi je m’efforce de rendre compte, plus d’une fois par semaine, de mon travail à l’Europe où les électeurs m’ont expédié.

        Vous trouverez ce « compte rendu de mandat » quasi permanent en http://lipietz.net


      • arturh (---.---.119.98) 16 avril 2007 13:48

        Les « progrès vers la démocratie » ça n’existe pas. Il y a démocratie ou pas démocratie. Et dans l’UE, la démocratie n’existe pas. L’UE, qui a décidé, pour des raisons principalement économiques, par le Traité de Maastricht, que les citoyens des pays de l’UE étaient des citoyens européens a aussi décidé que ces citoyens n’auraient pas les droits démocratiques fondamentaux, en particulier d’élire directement des pouvoirs exécutifs, législatifs et judicaires suprêmes strictement séparés.

        L’Europe est en train de vivre la dernière grande bataille politique pour faire encore obstacle à la démocratie.

        De ce point de vue, le TCE n’était qu’une version mise à jour du Traité de Vienne de 1815 qui fut l’enterrement définitif des aspirations à la démocratie nées notamment de la révolution française de 1789.

        Il n’est pas étonnant de voir un idéologue marxiste comme Etienne Balibar prendre une part active à faire obstacle à la démocratie.


        • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:21

          C’est un peu plus complexe. L’Assemblée legislative de 1790 etait moin démocratique que la Convention, mais l’une et l’autre refusaient le droit de vote aux femmes et aux esclaves.

          Une constitution est plus ou moins démocratique et ce qui nous aparait aujourd’hui democratique nous paraitra peu démocratique demain.

          Le TCE l’aurait été davantage que Maastricht Nice : mais ce n’est pas la première fois que par referendum les Français chioisissent une régression de la démocratie.


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 19:32

          « Le TCE l’aurait été davantage que Maastricht Nice »

          Balivernes. C’est aussi ce que disait Giscard d’Estaing quand il était venu à Montluçon.

          Cependant, le principe « un homme, une voix », ne joue pas pour l’élection au Parlement européen. Ce scrutin n’est pas « égal ».

          Les micro-Etats sont sur-représentés, l’électeur luxembourgeois (l’Europe d’en haut), par exemple, pesant dix fois plus que l’électeur français.

          Or ce défaut aurait été aggravé par le TCE (article I-20, § 2) qui relevait de 5 à 6 le minimum de députés accordés aux micros-Etats.

          Giscard m’a dit publiquement ce jour-là que cela, cette régression démocratique, avait été imposé par les Etats à la Convention.

          Voir le lien pour plus de précisions.


        • Manat 19 avril 2007 13:52

          Quid de ce qui nous apparaît aujourd’hui peu démocratique ?

          Comment cela nous paraîtra-t-il demain ?


        • Alain Lipietz Alain Lipietz 19 avril 2007 16:53

          Vous trouverez dans le n° de mars de la revue « La Recherche » un excellent article sur ce que doit être le système de vote dans une fédération , assurant non seulement une juste « représentation » mais une egale « puissance » à tous les électeurs. Pour ce dernier critère, le coefficent doit etre proportionnel à la racine carrée de la population (donc les petits Etats surreprésentés).

          Je pense pour ma part que le critère de représentativité est plus important, en tout cas au Parlement, donc je milite pour que le parlement soit plutot à la proportionnelle de la population.

          Mais, comme vous le notez justement, dans l’Europe de Maastricht-Nice, ce sont les gouvernements qui décident des projets de traités. Dans le TCE, le Parlement européen aurait eu le droit d’initiative constitutionnelle, et certainement proposé, dans le « premier amendement » qui aurait dû être examiner dès le 2 novembre 2006, conformément à son vote du 12 janvier 2005 (voir mon blog : http://lipietz.net/spip.php ?breve30 ), une évolution plus proportionnaliste de la répartition des sièges.

          Enfin, tout ça c’est « de l’Histoire qui aurait pu être » ! Les Non ont gané et on restera à la constitution intergouvernamentaliste et ultra-libérale de Maastricht-Nice.


        • Sarro Philippe (---.---.124.107) 16 avril 2007 13:57

          Qu’est ce que vous en savez que Ségolène Royal ne batrait pas Sarkozy au second tour, faut pas se fier aux sondages. On peut votez quand même pour ses convictions. Assez de cette histoire de vote utile. Si voulez voter Bayrou, libre à vous. Mais laissez aussi les autres votez aussi qui ils veulent et selon leur conviction.


          • Alain Lipietz Alain Lipietz 19 avril 2007 17:02

            C’est exactement le sens de ma réponse à Balibar et à tous ceux qui qui nous font du chantage au soi-disant vote utile, alors qu’ils sont incapables de démontrer, même tactiquement, que leur proposition (dans ce cas : Ségolène dès le premier tour) est la plus utile (dans ce cas : pour battre Sarkozy).

            Pour ma part, vu le flou de popositions de Ségolène, je considère qu’au premier tour il est inutile de voter Ségolène. Je voterai stratégiquement pour l’intéret de la société française et de la planète, je voterai selon mes convictions, je voterai Voynet. Voyez par exemple : http://blog.voynet2007.fr/index.php?2007/04/18/345-prenez-5-minutes-avant-de-perdre-5-ans

            Et au second tour seulement, je vote « tactique », j’élimine celui qui me déplait le plus.


          • Pierre (---.---.240.139) 16 avril 2007 15:12

            Texte remarquable. Et pourtant je ne voterai pas Voynet.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 16 avril 2007 18:25

              « Aider Ségolène Royal à battre Bayrou au premier tour, c’est très probablement entraîner la victoire de Sarkozy au second tour, ce qui est le contraire de ton intention tactique ! »

              Cher Alain, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

              Qu’est-ce que c’est que ce pronostic manipulateur et frauduleux aux dires de tous les spécialistes des sondages et du CSA ? Comme si le résultat du second tour ne dépendait pas du premier et de la campagne pour le second tour qui suivra. La gauche n’a rien à gagner à reprendre un argument aussi politiquement irrationnel. C’est le seul argument de FB pour dissuader les électeurs de gauche de voter à gauche que ce soit SR, ou DV au premier tour.

              Décidément on est en pleine confusion ces jours-ci. Tu en viens à combattre une confusion à propos du TCE, celle d’Etienne Balibar, par une autre, reposant sur un fétichisme sondagier, celle de FB.


              • Asp Explorer Asp Explorer 17 avril 2007 07:42

                Les militants socialistes avaient à choisir entre deux voies politiques, entre le mitterrandiste Fabius et le social-démocrate Strauss-Kahn. Ils ont choisi Ségolène Royal, dont la vacuité politique était compensée uniquement par le fait qu’elle passait pour être la seule y pouvoir battre Sarkozy... dans les sondages de l’an dernier. Il est facile d’accuser les sondages de mentir maintenant qu’ils sont contre vous, mais souvenez-vous...


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 avril 2007 09:44

                Je n’accuse pas les sondages mais la sondomanie, perversion de la démocratie , à savoir :

                Faire croire que le second tour est joué avant le premier et donc le détermine, ce qui est démenti par tous les spécialistes des sondages, des analystes politiques et le CSA qui parle de manipulation (ou d’intox) à ce propos.

                Accréditer l’idée que les sondages devrait déterminer l’attitude citoyenne dans le débat politique concernant l’intérêt général.

                Vous remarquerez que je ne fais jamais allusion, dans mes interventions, d’une manière positive à l’usage -ou mieux au mésusage- des sondages comme argument de choix politique.

                Ce sont les faux démocrates ou « populistes » qui le font. Et je vous engage à faire de même, quelle que soit votre position, si elle se refuse à la démagogie.


              • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:29

                Non, pas du tout, il faut lire mon article jusqu’à la fin ! Etienne Balibar pretend qu’il faut voter dès le premier tour pour Segolène parce que les sondages la donneraient menacée et que l’essentiel est de battre Sarkozy. Je lui reponds (ironiquement ?) que des sondages montrent aussi que Bayrou battrait Sarkozy plus facilement que ne le fairait Royal (c’est d’ailleurs assez logique...) Donc l’argument « tactique » d’E Balibar se mord la queue.

                Et j’en conclus : que chacun vote selon ses convictions stratégiques au premier tour, il sera bien temps de battre Sarkozy au second tour...


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 18 avril 2007 23:07

                le principe kantien « Fais ce que dois, advienne que pourra » me parait en la circonstance l’essentiel.

                Mais pour répondre sur le fond à Sylvain Reboul, je pense qu’il ne faut pas oublier le problème de la majorité parlementaire et, dans un sens plus large, politique. Le PS comme l’UMP sont aujourd’hui divisés sur des choix politiques stratégiques.

                Même si j’ai souvent plus de sympathie pour Bové, ou même pour Besancenot, que pour Bayrou et DSK, à un certain moment il faut bien comprendre qu’on ne fait pas des coalitions opérationnelles que sur la base de la sympathie.


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 18 avril 2007 23:08

                Pour le PS et l’UMP, je voulais dire divisés de l’intérieur.


              • Manat 19 avril 2007 13:57

                « il sera bien temps de battre Sarkozy au second tour... »
                En votant Lepen ?


              • prgrokrouk 16 avril 2007 18:35

                Oh, pardon ! j’allais dire une bêtise...


                • alpo47 (---.---.213.80) 16 avril 2007 20:36

                  Interessant de voir les politiciens venir ici vendre leur salade...

                  Désolé, monsieur, mais D.Voynet est décridibilisée et les écologistes avec elle. Votre score, je le prédis, va être RIDICULE. Peut être, sera ce pour vous tous, l’occasion d’un bilan et d’une remise en question(on peut rêver, non ?). Car, si l’écologie est une cause essentielle pour l’avenir, qu’en avez vous fait ? Grotesque. Dérisoire. Risible.

                  Quand à VOTRE Europe, je dois vous rappeler qu’une grande majorité de vos électeurs à voté NON ! Alors, qui représentez vous ? A qui parlez vous ?! Que faites vous encore là ?

                  N’avez vous pas le sentiment d’être totalement décalé de l’opinion publique ? VOTRE europe veut nous priver de nos libertés, nous réduire à des numéros, mais des millions de consciences s’éveillent, des dizaines de millions de personnes se lèvent et vous allez perdre .


                  • (---.---.162.15) 16 avril 2007 23:37

                    Comment l’écologie politique aujourd’hui peut-elle voter oui au dogme de la concurrence libre et non faussée ? Voynet et Lepage se sont décrébilisés lors du vote du TCE (et voyez le genre de réflexion stérile où ça conduit Alain Lipietz...). Heureusement, il reste José Bové pour reprendre le sillon de René Dumont ! Oui, il faut aller résolument vers un autre monde qui remette en cause les logiques économiques actuelles...

                    Exemple de témoignage d’un écologiste de la première heure montrant les méfaits du libéralisme : http://unisavecbove37.info/spip.php?article55

                    Am.


                  • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:35

                    Votre Europe, celle que vous avez choisi de conserver, celle de Maastricht Nice, n’a apporté au peuple français et autre peuples européens qu’un cortège de malheurs.

                    L’Europe que proposait le TCE ne s’en éloignait pas suffisemment, mais substanciellement. Elle a été préférée par 55 % des électeurs européens votant directement par referendum et par la majorité des pays représentant la majorité de la population.

                    Mais, contrairement à vous , je reconnais votre droit absolu d’avoir preferé Maastricht et Nice et d’être encore là...


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 19:41

                    Le principe de ratification du TCE était l’unanimité. Alors inutile, et vraiment contre-productif pour votre image, d’invoquer maintenant la majorité.

                    Cette falsification des règles internationales ne vous honore pas davantage que votre tentative de racket sur la SNCF.


                  • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:41

                    Je suis persuadé que mon ami René Dumont aurait préféré le TCE , qui donnait aux élus direct des citoyens le controle sur la politique agricole et les autorisation d’OGM, contre le traité actuel de Maasticht Nice qui fait de l’agriculture le monopole des technocraties des Etats et de la Commission de Bruxelles.

                    Il aurait préféré la formulation du TCE « un espace où la concurrence est libre et non faussée » (par le dumping) à celle que vous avez préféré garder « concurrence libre et ouverte » (tous les coups sont permis !)qui nous a fait tant de mal (voyez les delocalisations... consequences directes de votre « concurrence libre et ouverte »)


                  • Alain Lipietz Alain Lipietz 17 avril 2007 19:49

                    Je suis tout à fait d’accord que la regle pour sortir de Maastricht- Nice etait l’unanimité. Donc c’est reglé, les Nonistes français ont gagné : on en reste , et je le déplore, à Maastricht Nice. C’est une des raisons pour les quelles j’etais pour le TCE qui pouvait etre amendé par 4/5 des pays.

                    Quant au « racket de la Sncf » (tres joli nom pour désigner la réparation d’un crime contre l’Humanité !), vous faites sans doute allusion au procès qu’ont intenté mon oncle et mon père, déportés, à la direction antisémite et collabo de la Sncf de l’epoque. Vous trouverez tous les details de ce procès et de cet abominable voyage en première page de mon site http://lipietz.net.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 19:53

                    "Ne faites pas semblant de croire que c’est la seule France qui a tout bloqué ; les Pays-Bas ont également rejeté le Traité, d’autres Etats membres ont préféré ne pas se poser la question, et parmi ceux qui ont approuvé, tous n’ont pas ratifié, et parmi ceux qui ont ratifié, tous n’ont pas encore déposé à Rome les instruments de ratification.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 19:55

                    «  »racket de la Sncf« (tres joli nom pour désigner la réparation d’un crime contre l’Humanité !) »

                    Il ne semble pas s’agir de cela, de la réparation d’un crime contre l’Humanité, puisque vous avez perdu en première instance devant les tribunaux français.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 20:04

                    Qui paierait vos royalties, si ce n’est vos co-contribuables, et non les vrais coupables des déportations de l’époque ?

                    Et vous avez le culot d’appeler cela « réparation » ? Vous êtes bien dépourvu de sens moral !!


                  • Manat 19 avril 2007 14:09

                    Il ne faut pas tout mélanger s’il vous plaît.

                    Il me semble légitime de

                    1. demander à ce qu’un crime soit reconnu même sans donner lieu à compensation et
                    2. montrer que la responsabilité des personnes est engagée dès lors qu’elles concourent à une action malveillante et répréhensible ou n’agissent pas pour empêcher cette action.

                    Pour ce qui est du 29 mai 2005, un texte intitulé « Constitution » et approuvé par référendum n’a évidemment pas le même poids politique qu’un traité signé par des chefs d’états après moult tractations.

                    De plus il me semble que ce sont justement ces chefs d’états qui ont voulu s’en remettre aux citoyens par manque de courage personnel. En effet pourquoi ne pas avoir signé un nouveau traité permettant un fonctionnement plus démocratique ?


                  • Alain Lipietz Alain Lipietz 19 avril 2007 17:19

                    En première instance, la justice administrative française (tribunal de Toulouse) a condamné l’Etat et la Sncf à payer des réparations à leurs victimes (et pas à leurs héritiers !!) dans le cadre de la Shoah . Voir ce jugement en http://www.ta-toulouse.juradm.fr/ta/toulouse/index_ta_ac.shtml

                    L’Etat français n’a pas fait appel, il se considère coupable et responsable, et il a payé.

                    La Sncf a fait appel . La Cour d’appel de Bordeaux lui a donné raison au motif que la SNCF n’étant pas un service public (! !) , la justice administrative est incompétente. Voir mon blog http://lipietz.net/breve220.

                    L’affaire est dorénavant devant le Conseil d’Etat.

                    Si vous considérez que l’Etat et ses services publics ne doivent pas payer de réparation aux victimes de leurs fautes, lisez http://lipietz.net/spip.php?rubrique76.


                  • Asp Explorer Asp Explorer 17 avril 2007 07:36

                    Cher monsieur Lipietz,

                    Comme vous le soulignez vous-même, vous hésitâtes quelques semaines en 2004, avant de vous ranger à un avis extérieur. Pour ma part, j’ai hésité quelques semaines avant de me ranger à mon avis, qui me criait de voter non. Deux ans après, je suis toujours aussi persuadé d’avoir bien fait. Est-il donc si inconcevable pour vous que l’on puisse être d’un autre avis que le votre ? Quelque chose vous choque-t-il dans le fait qu’en démocratie, l’avis de la majorité fait loi ? Auquel cas, pourquoi contester le résultat d’un référendum vieux de deux ans, et pas l’élection de Chirac ? La constitution est morte, et vos débats sont stériles autant que les gloses infinies sur l’opportunité qu’il y avait de donner son indépendance à l’Algérie il y a 45 ans. Vous dites que le mieux est l’ennemi du bien, sans doute. La politique des petits est sans gloire, mais elle a son efficacité. Encore faut-il que ces petits pas se fassent dans le bon sens, et vous avez échoué à convaincre les Français que c’était le cas. Prenez-en donc votre parti une bonne fois pour toutes.

                    Petite digression pour en revenir à Ségolène : vous semblez reprocher aux électeurs de gauche de faire le calcul Bayrou pour battre Sarkozy, sur la base de sondages. C’est bien possible. Toutefois, sur quels critères les socialistes ont-ils choisi Ségolène Royal pour candidate, si ce n’est sur la foi de sondages prévoyant qu’elle était la mieux placée pour battre Sarkozy ? Est-il juste de reprocher aux électeurs d’utiliser les sondages dont on les abreuve quotidiennement bien malgré eux ?


                    • JL (---.---.73.200) 17 avril 2007 09:29

                      Parfaitement exact : S. Royal a été choisie par les militants PS sur la foi des sondages la donnant gagnante contre Sarkozy. En se tournant aujourd’hui vers Bayrou ou les candidats à gauche du parti, les mêmes feraient preuve de bon sens, puisque les sondages donnent S. Royal perdante.

                      La preuve que les sondages nous manipulent via leur publications par les media : après avoir ’organisé’ un deuxième tour Royal Sarkozy, ils essayaient d’accréditer l’idée d’une défaite de la gauche. Cette manœuvre n’a pas marché. Et ceci explique pourquoi on voit aujourd’hui un sondage qui affiche un score prévu au deuxième tour de Royal équivalent à celui de Sarkozy. Cela sent la manipulation grossière.

                      En réalité, les apparatchiks du PS ont prévu et accepté de longue date de perdre devant Sarkozy pour cause de patate chaude : la relance de l’UE. Et ils sont là aux abois parce qu’une défaite devant Bayrou, ferait exploser ce parti. Et c’est cela que nous voulons, pour ouvrir la voie à la construction d’une opposition authentique, forte, cohérente et capable à terme de proposer une alternative crédible.


                    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 avril 2007 19:46

                      « les sondages nous manipulent »

                      N’est-ce pas plutôt : notre connaissance de l’opinion nous permet d’orienter mieux notre action ?


                    • Alain Lipietz Alain Lipietz 19 avril 2007 17:45

                      Mais je respecte la règle du jeu !! nous restons à Maastricht Nice (au fait, meme le TCE s’appelle « Traité.. », ne jouons pas sur les mots) parce que la majorité des Français et des Néerlandais l’a décidé, meme si la majorité des autres Européens avait choisi l’Europe plus fédérale que prétend souhaiter Balibar. J’ignore vos critères pour préférer Maastricht-Nice au TCE, je voulais seulement dire que selon ceux de Balibar, qui sont aussi les miens, il aurait dû préférer le TCE à Maastricht Nice, comme il préfère Ségolène à Sarkozy.

                      Quant au fait que j’aie pris l’avis des autres (la Confédératioon européenne des syndicats, Greenpeace Europe, les Amis de la Terre Europe etc) avant de me décider, cela découle de deux facteurs :

                      - Une formation personnelle d’ancien chercheur, qui me porte à croire qu’on a intérêt pour se faire une opinion à discuter avec d’autres qui ont de longue date et avec des critères précis réfléchi au sujet (ici : les grandes organisations et syndicats habitués à travailler à l’échelle européenne) ,

                      - Un fonction de député : j’ai été élu sur un programme ecologiste et social, alors j’ai tendance à reflèter l’opinion des syndicalistes et des associations ecologistes.

                      Mais vous pouvez bien sur avoir de tout autres critères....


                    • Manat 19 avril 2007 13:49

                      Il n’y a pas d’« actuelle Constitution de Maastricht-Nice » mais un traité de Maastricht.

                      N’est-ce pas une tentative de tordre les mots pour... pourquoi au fait ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires