Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

Où en sommes-nous ?

Beaucoup de décisions ou de débats lancés par les pouvoirs publics trouvent leur origine, non dans la proposition qui est avancée, mais dans la réalité de nos finances publiques qui ne permettent plus de faire les choix les plus opportuns. La dette abyssale jointe à des risques non négligeables, liés à la nécessité d’emprunter en permanence, ne permettent plus de poser les questions en termes de coûts réels, à court, moyen et long terme et encore moins en termes de politique.

L’affaire des 1500 démolitions des maisons des Pays de la Loire entre dans cette réflexion. Outre le caractère choquant (après 30 ans de laxisme) de mesures aussi rapides et aussi radicales – et sans aborder la question juridique qui n’est de loin pas mince, le choix de démolitions expresses s’explique en grande partie par le fait qu’ordonner la démolition en application du droit reconnu à l’Etat d’exproprier en cas de risque majeur d’origine naturelle permet de recourir au fonds Barnier, au demeurant insuffisant. En revanche, faire les travaux de confortation de digues impose de recourir aux fonds publics, ce qui est probablement impossible à budgéter. Voilà ce qui provoque la décision des zones noires avec une tentative de passage en force. En effet, l’application de la loi permet aux personnes de recourir au juge de l’expropriation après enquête publique, laquelle doit comporter un dossier justifiant à la fois d’un risque majeur et du fait qu’il est moins coûteux d’exproprier que de protéger…

Cela reste à démontrer …sauf que ce n’est pas la même caisse qui paye. Voilà ce qui justifie le choix délibéré de sacrifier des zones qui peut-être pourraient permettre le maintien d’habitations : éviter des travaux, même peu onéreux.

Certes, on peut déplorer que les PPRI n’aient pas été mis en place, que la spéculation se soit attaquée à des zones fragiles et à risques, mais les maisons existent au moins pour certaines d’entre elles. Leur démolition devrait aboutir à une politique identique dans toutes les zones à risque majeur, ce qui conduirait à des changements de cap considérables et à un financement spécifique bien au-delà de ce que permet aujourd’hui le fonds Barnier. De plus, le retard pris pour la mise en œuvre les PPRT (Plans d’exposition aux risques technologiques) est dû à l’insuffisance de moyens pour payer le départ des habitants qui l’auraient demandé. Et pourtant ! L’existence de zones létales au voisinage d’usines Seveso est un fait.

Alors, qu’en est-il ? L’Etat a voulu frapper un grand coup sur la table. Mais outre le fait que la décision ne soit pas nécessairement légale ni opportune, elle ouvre un immense sujet pour lequel il n’est pas financièrement en état d’agir.

Alors, que faire ?

Sortir d’abord d’un mode de faire qui confond urgence et précipitation.

Ensuite, prendre le temps de l’évaluation des choix en ne faisant pas de la trésorerie l’alpha et l’oméga des décisions. Une orientation est une question, son mode de financement en est une autre.

Enfin, changer de priorités, car celles qui ont été poursuivies jusqu’à présent dans ce domaine, à savoir le laxisme et la cécité nous ont conduit au drame que nous vivons et auquel l’Etat est en passe d’ajouter l’injustice comme un deuxième traumatisme. Il est grand temps d’admettre que le XXIème siècle ne se satisfait plus des recettes du XXème.



Sur le même thème

Réaliser des économies d’impôts avec le dispositif Loi Pinel
Prospective mondiale : L’Allemagne, du Frein à la Croissance de l’Europe à une grave Rechute de l’Economie mondiale à l’horizon 2015-2017
Analyse des débats sur la Loi dite de transition énergétique à l’Assemblée nationale [1]
La manipulation de l'opinion publique selon son inventeur
Des gouvernements de la zone euro faibles subissant le diktat des « politiques d’austérité » de l’Allemagne, au détriment de l’intérêt de leurs peuples et de l’absorption mondiale


Les réactions les plus appréciées

  • Par Emile Red (---.---.---.177) 14 avril 2010 12:00
    Emile Red

    En bon voisin de la Charente, et provincial bouseux comme une grande quantité de Français, je me pose des questions sur le possible débordement de la Seine à Paris...

    A la suite d’une telle catastrophe est-il prévu de raser les quartiers qui eurent déjà les pieds dans l’eau maintes fois ? De fermer définitivement les lignes de métro sujettes à l’invasion aquatique ? D’apprendre à nager, autrement qu’en eaux troubles, aux députés et élus de tous bords qui ne cessent de déraisonner ?

    Y at-il un moyen de faire comprendre aux élites que le principe de précaution ce n’est pas après coup qu’il faut l’appliquer ?

    En attendant on peu vendre l’Airbus de Sarko ça permettra de réparer quelques digues, et puis réduire les émoluements scandaleux des élus, pour qu’ils montrent un peu de cette solidarité qu’ils sont si prompts à nous demander, et pour une fois, nous avons tant fait de cadeaux à Bouygues, il serait temps qu’il se comporte en homme et participe avec ses pauvres moyens...

    Quelques idées ne tuent pas, elles ne nécessitent que vrai courage et abnégation, ce qui fait tant défaut à la classe politique qui se gargarise de faux semblants.

    A ce propos puisque nous avons une représentante du peuple, les élus, eux aussi, vont ils cotiser plus longtemps pour leur scandaleuse retraite royale ?

  • Par Julien (---.---.---.11) 14 avril 2010 13:10
    Julien

    Corinne,


    Vous parlez de la dette. Connaissez-vous l’origine de la dette ?
    Je vous invite très fortement à vous renseigner :

    La loi Pompidou-Giscard de 1973, l’article 104 du traité de Maastricht, l’article 123 du traité de Lisbonne, cela vous dit-il quelque chose ? Tout le mal est pourtant là. Il faudrait peut-être que les politiciens commencent à en parler. Pourquoi l’Etat est obligé d’emprunter aux banques avec intérêt ? Pourquoi les banques prêtent avec intérêt de l’argent qu’elles n’ont pas ?

    Voici une page intéressante concernant la dette publique de la France, sans les intérêts payés aux banques :


    Bref, il faut arrêter les banques. Je suis en train de lire « La face cachée des banques » par Eric Laurent, et ça fait peur !


    Le problème est que c’est un problème pas du tout abordé par les médias et les politiciens. Rendez-vous compte de la vacuité des informations disponibles à la radio et la télé, de la vacuité du discours des politiciens.

    La seule solution que je vois pour l’instant, c’est voter pour le seul homme politique qui dénonce les pratiques des banques, Mélenchon. Peut-être il est le seul à en parler parce qu’il est un des seuls à comprendre le fonctionnement du système (bon, il y a aussi Jacques Cheminade).
    Rendez-vous compte par exemple de l’ignorance du journaliste d’« Arrêt sur Images », et de sa stupéfaction lorsqu’il se rend compte qu’effectivement, comme l’affirme le document vidéo BANKSTER, les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas avec intérêt :


    Voyez ce que dit Mélenchon sur les banques :

  • Par JL (---.---.---.152) 14 avril 2010 14:40
    JL

     l’Etat autorise le tabagisme qui fait 60 000 morts chaque année

    Et que dire de l’amiante ? Et des autres polluants ?

    En effet, la seule attitude convenable est de construire des digues, et indemniser ceux et seulement qui veulent partir parce qu’on leur a attribué des permis de construire ! Et encore, en tant que contribuable je réclame une enquête à ce sujet.

    Mais c’est cela aussi, le fascisme, qui consite à traiter ses citoyens comme des sous-hommes !

  • Par caramico (---.---.---.87) 14 avril 2010 11:15

    J’ai bien peur que le XXIème siècle soit une pâle imitation du XIXème, où on se foutait comme d’une guigne du traumatisme humain, ce qui est bien le cas présent.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

ECRIVEZ UN ARTICLE !






Palmarès







Partenaires