Rien à dire, schémas tournant en rond, situation intellectuelle bloquée, miroir de la vie politique en pitoyable état après les événements du TCE, des banlieues et du CPE. Sentiment de faire du sur-place. Toujours cette idée qui revient, celle d’une Europe bloquée, qui n’avance pas, se transforme à petits pas, produit, fait du commerce, innove dans quelques secteurs à haute valeur ajoutée, tient la route dans les technologies de pointe mais en fin de compte, rien de neuf sur le plan social. Dans les années 1970, la gauche, subtilement prise en main par Mitterrand, entretenait le mythe d’une société nouvelle, d’une vie qui serait changée, d’une France conquérante et juste à l’égard des travailleurs et bienveillante pour les créateurs. En 1981, l’illusion a été parfaite, certain ont évoqué un passage de l’ombre à la lumière et puis, Reagan aux States, Thatcher en Grande-Bretagne et la course économique sur fond de globalisation. L’Europe a été obligée de suivre. Avec les résultats que l’on sait. Un autre mythe a cours actuellement, sur fond de contestation du modèle social. Reagan et Thatcher passent pour des héros du libéralisme et du démantèlement de l’Etat providence, ce mythe, c’est celui de la rupture par la réforme, entretenu par un Sarkozy qui s’est emparé de l’UMP comme Mitterrand l’avait fait pour le PS. Le rupto-réformisme est la figure inversée du socialisme mitterrandien. Il est censé nous faire passer, non pas de l’ombre à la lumière mais de l’archaïsme étatique au modernisme libéral concerté. L’idée de changer la vie et de propager le bonheur est révolue. Cette illusion du politique comme action éthique a été remplacée par le réalisme historique. Il faut passer des structures obsolètes aux structures modernes et performantes, autrement dit faire comme si on se délestait d’un vieux logiciel inopérant avec des programmes lent, générant des bug, bouffant de la mémoire vive, pour tourner avec un logiciel récent, contenant des applications plus performantes. C’est ce qu’on appelle la marche du Temps. Se délester de l’obsolète pour le remplacer par du moderne.
La rupture ne me fait pas peur mais celle que propose Sarkozy ne m’inspire guère. Toutes ces spéculations et autres petites phrases rapportées dans la presse me paraissent relever du mythe, de la rumeur, du fantasme. Le jour venu, notre apôtre de la rupture sortira son livre, certainement à la rentrée 2006. Les gens pourront se faire une idée du programme et se dire, pourquoi pas l’essayer en 2007***. Il faudra être prudent. Une fois lancée, l’application Sarkozy ne peut être interrompue avant une durée prévue pour cinq ans. Je ne crois pas que la société sera quadrillée de policiers et chaque citoyen fiché. C’est du fantasme qui n’est pas sans évoquer les sentiments d’une petite bourgeoisie en 1978, craignant que l’Etat ne vienne les dépossédé de leur voilier de 5 mètres pour le mettre au service de la collectivité.
Evidemment, je souhaite que la gauche puisse elle aussi proposer un programme de rupture mais elle n’en prend pas le chemin. Quant à ma position, elle reste faite, comme celle de bien des Français, de vague opinion avec comme thème dominant, celui d’une société qui doit changer et d’une économie devenue déséquilibrée entre les gros profits d’un côté et l’asservissement allié à la pauvreté d’un autre côté. N’étant pas économiste, j’avoue ne pas avoir de certitude, excepté celle qu’il doit bien exister cette voie pour une réforme du système monétaire et qu’il faut examiner cette alternative avec sérieux. Pour le reste, mes compétences relevant du domaine des sciences, je maintiens ces projets d’institutions qu’il faut créer pour les mettre au service de la transversalité des savoirs et du partage des connaissances. Pour l’instant ces propositions sont restées dans le placard. Les structures mentales des gestionnaires du CNRS et de l’Université doivent être réformées elles aussi ! Il faudra bien un jour faire exploser le centralisme étatiques, libérer les autonomies et surtout donner des moyens pour le développement des intelligences. Parfois, je me dis que si Sarkozy passe, ça ne peut pas desservir mes projets, ce n’est pas pire que Lang, alors que si la gauche reprend le pouvoir, tout restera en l’état.
***Texte écrit en 2001 : demandez le programme
Oui, quels programmes ? parlons-en ! Il se trouve que le Chirac 95 ne sera plus utilisable, comme d’ailleurs le Windows 95 dont la durée de vie arrive à son terme. Le Jospin 97 est prévu pour servir jusqu’en 2004 et donc, c’est un peu mieux que le Windows 98 et largement meilleur que le Chirac 95. On attend avec impatience le Chirac 2002. Mais je me pose quand même une question ? En vertu des règles de compatibilité ascendante que l’on sait être très problématiques, si l’Elysée utilise le Chirac 2002, et que l’assemblée est élue pour fonctionner avec le Jospin 97, alors on risque d’avoir quelques applications qui ne fonctionnent pas. Aussi, pour ne pas avoir besoin de déboguer avec l’article 43-5 de la constitution ou bien avec les motions de censure, je conseille vivement à Jospin de mettre sur le marché des programmes le Jospin 2002. Le Lipietz 2002 est également prévu mais c’est comme avec le Mac, cela ne fonctionne pas toujours, il faut convertir d’un programme vert à un autre rose et en plus, ce n’est pas sûr que ça fonctionne avec l’ADSL. Bon, après tout ceci nous aurons le Laguiller 2002 qui n’a guère progressé par rapport au Laguiller 95, lui-même pâle copie du Laguiller 88. Autant se contenter de l’original, je ne sais plus son nom, cela doit être le Laguiller 74, mais pour le charger, il vous faudra un lecteur de disquette 8 pouces et demi. Je ne m’étends pas sur les autres programmes. Le Madelin 2002 risque d’être une modification du Madelin 93, même chose pour le Bayrou...
Après, faut voir comment le logiciel fonctionne. A l’assemblée, ils n’ont pas les mêmes processeurs. C’est sûr que le Juppé 2 gigahertz est plus puissant que le Dray 800 mégahertz, et en plus, il dispose d’un disque dur encore plus dur que les autres, et presque impossible à défragmenter, si bien qu’en cas de chargement d’un nouveau fichier, certains programmes risquent de fonctionner en boucle. Le Raymond Barre cadencé à 166 mégahertz devient carrément limite, surtout pour les décrets d’application en 3D, d’autant plus qu’on n’est plus sûr du bon fonctionnement de la SDRAM.