Le groupe Renault, qui emploie 87 000 personnes en Europe dont 63 000 en France, s’est fixé un objectif de 6 000 départs (dont 4 000 en France et 2 000 dans d’autres pays européens) chez les personnels de structure.
Premier constat : les propositions ("projet professionnel ou personnel, départ en retraite, congé de reclassement ou retour au pays pour les salariés de nationalité étrangère") qui accompagnent ce plan sont à ce jour bien en dessous des attentes des personnes susceptibles d’être candidates au départ.
Antoine Rufenacht, le maire du Havre a depuis plusieurs semaines alerté l’entourage de Christine Lagarde, afin de trouver une solution. Cette dernière ne semble guère réactive.
Comme le proposent certains à Bercy, une façon de sauver Sandouville serait un positionnement sur les petites voitures, celles qui se vendent le mieux. L’aventure de la Smart prouve qu’il est possible de fabriquer en France – en Lorraine en l’occurrence – des petits modèles et de faire des bénéfices.
Plus spécifiquement, Sandouville pourrait construire des voitures électriques.
Cette solution serait bien la moindre pour le chef de l’État, qui, la semaine dernière encore, s’est affirmé à Saint-Nazaire comme "le président de l’industrie nationale"...
Comment pouvons-nous accepter de telles suppressions d’emplois de la part d’un groupe recevant régulièrement des aides publiques ? Il n’est plus acceptable que la collectivité aide à hauteur de plusieurs millions d’euros chaque année des entreprises qui ne créent jamais les emplois promis et qui aggravent les conditions de travail (cf. les nombreux suicides au sein de l’entreprise). La conditionnalité des aides publiques est bien d’actualité.
Certes, Carlos Ghosn est un patron qui a su racheter Nissan et redresser l’entreprise. Certes, Renault connaît aujourd’hui une crise importante. Mais, au-delà du contexte mondial, de la hausse des matières premières et du pétrole, la responsabilité en vient aussi à son équipe dirigeante, incapable d’établir des prévisions réalistes ni de se prémunir contre ce type de risques. C’est l’illustration même des dérives de notre système et de la recherche toujours immédiate du maximum de profits, sans aucune analyse sur le long terme.
Dans de telles conditions, comment accepter que Carlos Ghosn perçoive (en 2007) 3,41 millions d’euros de rémunération (+29 % par rapport à 2006) et 19,3 millions d’euros en revenus du capital ?
Est-ce que les privilégiés qui se rémunèrent grassement et demandent toujours des sacrifices aux autres ne se rendent pas compte que cela ne peut plus durer ?
Attention à la révolte contre les privilèges...

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