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Un autre bilan de Vancouver

 
Les JO de Vancouver se terminent à peine, et déjà l’heure est au bilan. Denis Masseglia, président du Comité national olympique, a exprimé sa satisfaction dans le journal La Croix, du 28 février "Le total de médailles est conforme à nos prévisions".
 
Et il précise que ce résultat est atteint alors que " L’environnement concurrentiel est beaucoup plus universel qu’auparavant". La lecture des résultats peut laisser dubitatif quant au caractère universel de ces JO. En effet, si l’on se réfère aux données disponibles sur le site officiel, 258 médailles ont été distribuées, elles se répartissent ainsi 161 en Europe, 63 en Amérique, Etats-Unis et Canada, 31 en Asie, Japon, Chine, Corée, Kazakhstan et 3 en Océanie, Australie. Visiblement l’universel exclut la totalité de l’Afrique, l’Amérique latine, et la majorité de l’Asie. Des jeux olympiques de pays riches ?
 
Denis Masseglia se satisfait que l’équipe de France ait égalé sa meilleure performance, celle de Salt Lake City, 11 médailles, ce qui la positionne au dixième rang des médailles, derrière notamment la Norvège, avec 23 médailles pour une population de 4, 9 millions d’habitants. En effet dans le domaine sportif, tous les participants sont présumés égaux au départ de la compétition, la Chine avec son milliards trois cent cinquante millions d’habitants et l’Estonie avec un million trois cent mille habitants.
 
Les grandes compétitions sportives internationales seraient elles le symbole le plus éclatant de l’égalité des chances prônée par le libéralisme ambiant.
Pour équilibrer les comparaisons, d’autres critères pourraient être intégrés. Un classement basé non sur le nombre de médailles mais sur le nombre de médailles rapporté à la population totale donnerait d’autres résultats. Le podium serait alors le suivant : Norvège, une médaille pour deux cent dix mille habitants, Autriche une médaille pour cinq cent vingt mille habitants et la Slovénie avec une médaille pour six cent quatre-vingt milles habitants. Les Etats-Unis seraient loin derrière avec une médaille pour huit millions d’habitants, et la Chine en fin de peloton avec une médaille pour cent vingt trois millions d’habitants.
 
Ce type de comparaison, non basée uniquement sur le résultat, devrait inciter à un peu plus de modestie et à s’interroger sur les notions même de classement.
 
Le 3 mars 2010
 
Jean-Michel Arberet
Conseiller municipal d’Arcueil
Partenaire du groupe communiste
 
 
 
 

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11 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 4 mars 2010 11:54

    Bonjour, Jean-Michel.

    Votre constat est parfaitement lucide : le bilan français des Jeux d’hiver est médiocre, pour ne pas dire mauvais.

    Pour deux raisons :
    1) Le nombre d’épreuves a augmenté d’édition en édition, et il conviendrait, si l’on voulait avoir une idée plus juste du bilan, de pondérer le nombre des médailles par le nombre des épreuves.
    2) 6 des 11 médailles ont été obtenues par le biathlon, un sport marginal qui ne compte qu’environ... 300 licenciés et ne survit que grâce aux emplois très allégés fournis à ses meilleurs athlètes par l’armée et les douanes. Quant à la médaille d’or de Lamy-Chapuis, elle est est venue récompenser un sport encore plus confidentiel (environ 200 licenciés) et pratiqué par des athlètes de second plan, pas assez bon pour s’imposer au saut à ski ou en ski de fond.

    Ne rien avoir décroché en ski alpin est autrement plus significatif, non d’un marasme de cette discipline, mais une nouvelle fois d’un grave défaut de préparation si l’on se réfère aux nombreuses victoires décrochées par les Français... avant les Jeux ! Quant à invoquer, comme l’a fait le DTN,les conditions particulières de neige à vancouver, c’est carrément se moquer du monde, car si cette neige n’est pas celle des grandes étapes de la Coupe du Monde, elle était la même pour tous, autrement dit pour tous ces compétiteurs qui participent chaque hiver au grand Cirque blanc !


    • matthius matthius 18 mars 2010 15:59

      L’auteur omet de dire que les resultats sportifs dans le sport de haut niveau sont principalement dus au dopage. En effet l’EPO est toujours de vigueur parce que l’on n’interdit pas les medicaments.

      Antoine Vayer attend toujours qu’on lui fasse confiance :
      http://matthieu.giroux.free.fr/FTP/2007-07-30_VAYER_FRANCE-2.avi

      Un article sur le sport de haut niveau :
      http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/sports/article/le-sport-de-haut-niveau-dans-le-49038


    • zvalief 4 mars 2010 12:06

      @ l’auteur,
      votre lecture du classement occulte un « détail » important, aux JO d’hiver il y a des sports d’hiver, tout ce que je vois moi c’est que les pays qui ont des montagnes et un fort taux d’enneigement, donc les meilleures possibilités d’entrainements, sont devant.
      votre comparaison nombre de médailles par rapport aux nombre total d’habitant est elle aussi erronée, car là aussi vous occultez un point essentiel, chaque pays a une culture sportive différente, je pense qu’il faudrait plutot rapporter le nombre de médailles par rapport aux nombre de licenciés qui est selon moi bien plus révélateur du mérite des athlètes, en effet un nombre élevé de licenciés amène des moyens d’entrainement plus importants, provoque une concurrence plus rude et donc élève le niveau des athlètes. à titre d’exemple, je trouve qu’un français qui récolte une médaille en biathlon a bien plus de mérite qu’un norvégien, car malgré une population plus de dix fois supérieure, la france à un nombre de licenciés beaucoup plus faible que la norvège, où biathlon et ski de fond sont un peu ce que sont le football au brésil ou le rugby à la nouvelle-zélande.


      • Fergus Fergus 4 mars 2010 12:55

        Il ne faut pas prendre au pied de la lettre la rapport population/médaille évoqué par l’auteur. En outre, les pays qu’il a cités disposent tous de montagnes et d’équipements de sports d’hiver. Y compris la Chine évoquée là pour accentuer la distorsion.

        Concernant le biathlon (un sport que j’aime beaucoup à titre personnel), effectivement très pratiqué en Norvège mais aussi en Allemagne, il serait intéressant de savoir si les pratiquants de haut niveau bénéficient dans ces pays de « rélèves » professionnelles aussi généreuses qu’en France. Le « mérite » français réside peut être dans cette organisation avantageuse digne de l’époque soviétique en matière de facilités accordées aux athlètes.

        Pour en revenir au fond de l’article, le bilan français global n’en est pas moins mauvais à mes yeux. Ce qui n’a strictement aucune importance pour moi, ancien éducateur de sport, qui continue naïvement d’attacher plus d’importance à la participation qu’au résultat !


      • Charles Martel Charles Martel 4 mars 2010 13:01

        La question est :

        pourquoi s’intéresser autant à ce nombre de breloques ?

        Il y a un paradoxe flagrant en France c’est que la fédération se donne des objectifs de nombre de médailles tout en ne faisant rien pour augmenter ce nombre.

        Il faut savoir : si l’essentiel est de participer ; alors le nombre de breloques et leur couleur importe pas, surtout rapporté au nombre d’habitant ou de licenciés. Donc ces bilans n’ont pas lieu d’être.

        si on considère que les jeux comme compétition de prestige national, alors dans ce cas le nombre de breloques importe ; mais dans ce cas aussi ; il est du devoir de la fédération française d’avoir un programme permettant d’obtenir un maximum de médailles. Par exemple en ciblant le patin de vitesse (où il n’existe aucune structure en France) susceptible de rapporter 60 médailles potentielles, plutôt que l’artistique (12 et sujettes à appréciation de juges) ;

        Actuellement il me semble que beaucoup sont assis entre deux chaises : aucune rentabilité ou efficacité exigée mais on dresse quand même un bilan comptable. Cela ne peut conduire qu’à des déceptions et à la rétrogradation de la France au classement des médailles ; sauf exploits individuels masquant les manques flagrants.

        Et ça c’est déjà si on considère que tout ces événements ont un quelconque intérêt.


        • Jurassix Jurassix 4 mars 2010 13:11

          Euhh, je ne comprend pas l’article. Est ce que le but, c’est de dire « L’Afrique et l’Océanie sont exclues des podiums » ?
          Si c’est ça, on peut aussi se demander pourquoi le Turkménistan ne gagne jamais le trophée Jules Vernes.... Ces 2 continents sont bien plus présents aux JO d’été, et c’est bien normal non ? Qu’est ce qui vous choque ?

          Pour le nombre de médailles rapporté à la population, pareil. Le nombre d’athlètes d’un pays n’est pas proportionnel à sa population, sinon, on aurait la moitié des athlète chinois ou indiens...


          • orage mécanique orage mécanique 4 mars 2010 14:19

            Si on veut prendre le nombre de la population en référence, il faut aussi exclure ceux qui sont loin des montagnes.... un champion de Curling Normand ça c’est jamais vu et un fondeur Ch’ti ça n’existe pas,

            Il faudrait aussi enlever les habitants qui ne s’intéressent pas au ski, les immigrés, les non sportifs, les pauvres....

            Il faudrait aussi dégager les habitant de la moyenne montagne parceque eux, ils ne sont pas très forts

            et hop La france est number one ... Vive le sport et les médailles .... allons z’enfants de la PPPPAAATRRRIII Y E 


            • faxtronic faxtronic 4 mars 2010 14:20

              on s en fout


              • pingveno 4 mars 2010 15:10

                En effet, classer les nations en nombre de médailles sans tenir compte du nombre d’athlètes est proprement ridicule.
                Un exemple encore plus frappant de ce délire est l’Indy car, « équivalent » américain de la Formule 1. Contrairement à la F1 il y a un classement par nations... remporté haut la main chaque année par les USA et le Canada, sachant que 80% des participants viennent de ces deux pays.

                Mais pour répondre à votre article, je préférerais une pondération sur le nombre d’athlètes engagés plutôt que sur la population du pays. Ainsi des pays qui choisissent de n’engager personne dans des disciplines pour lesquelles ils n’ont pas de fédération (comme dit dans d’autres commentaires, à quoi bon s’engager en ski pour un pays n’ayant pas de montagnes ?) ne seraient pas pénalisés.


                • Fergus Fergus 4 mars 2010 15:44

                  @ Pingveno.

                  Votre dernière suggestion reviendrait à inciter les nations à n’inscrire quasiment que des athlètes ayant une chance de disputer des médailles. Les effets pervers sont partout !


                • pingveno 4 mars 2010 16:52


                  Votre dernière suggestion reviendrait à inciter les nations à n’inscrire quasiment que des athlètes ayant une chance de disputer des médailles.

                  Ceci est, me semble-t-il, la définition du sport de haut niveau.
                  Ou alors on revient aux JO « amateur » ce à quoi je suis 100% favorable à condition de cesser toutes les manœuvres financières qu’il y a autour et qui deviennent plus importantes que le sport lui-même. Oui aux amateurs à condition que ce soit sans sponsors !

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